Les femmes sont présentes en astronomie depuis des millénaires. La civilisation de Sumer, , a aussi fait de sorte que, du côté des femmes du , des astronomes sumériennes dirigent des grands temples observatoires. De Christine de Suède, Émilie du Châtelet qui traduit Newton, et Nicole-Reine LepauteCentre national de la recherche scientifique : CNRS.INT LES FEMMES DU CNRS., jusqu'au début du , c'est en tant que « calculatrices », sortes d'ordinateurs humains, que plusieurs femmes s'impliquent ou sont engagées par les observatoires afin d'extraire l'information de données complexes. Certaines s'illustrent alors, telle que l'Américaine Annie Jump CannonUniversité de l'Alabama, Département de physique et d'astronomie : CANNON, ANNIE JUMP, astronomer (1863-1941). En 1992, des astronomes dont Claudia Megan Urry établissent The Baltimore Charter for Women in Astronomy qui vise à assurer des chances égales aux femmesChristopher Gordon De Pree, Kevin Marvel, Alan Axelrod, Recent Advances and Issues in Astronomy, 2003, ..

Les historiens qui s'intéressent au genre et la science, comme Londa Schiebinger et Yaël Nazé, et ont mis en lumière les efforts scientifiques et les réalisations des femmes, les obstacles rencontrés et les stratégies mises en œuvre pour que leur travail soit accepté par leurs pairs.

thumb|400px|Le Harem de Pickering devant le Building C au Harvard College Observatory, 13 mai 1913.

Occident Antiquité

Aglaonice de Thessalie est souvent considérée comme la première femme astronomeCette indication est sans doute exagérée. Ainsi, dans son Voyage d'Anacharsis, où il évoque Aglaonice, l'abbé Barthélémy parle d'« une autre femme de Thessalie, qui, dès les siècles héroïques, exerçait sur cet astre un pouvoir souverain » (chapitre 34).. Fille d'Hégétor de Thessalie selon Plutarque mais d'Hégémon selon une scholie d'Apollonios de Rhodes, elle vit en Grèce où elle passe pour une sorcière. Ainsi, selon le témoignage de Plutarque, elle « connaissait la cause des éclipses complètes de lune et prévoyait le moment où il arrive à cet astre d'entrer dans l'ombre de la Terre, elle abusait les autres femmes en les persuadant qu'elle faisait descendre la lune »Préceptes conjugaux, traduction de Victor Bétolaud, 1870..

Certaines des premières contributions historiques des femmes en astronomie sont dues à Hypatie, qui a vécu entre 350 et 370-415 à Alexandrie. L'historien chrétien Socrate le Scolastique rapporte dans son Histoire ecclésiastique (vers 440) :

D'après Jean de Nikiou (Nicée), au Jean de Nikiou, trad. an. : Chronicle, 84, 87–103 (online version) . :

Siècle des Lumières et révolution scientifique

Au siècle des Lumières, lors de la révolution scientifique en Allemagne aux et , la tradition de la participation des femmes à la production artisanale permet à certaines femmes de s'impliquer dans les sciences d'observation, en particulier l'astronomie. Entre 1650 et 1710, les femmes représentaient 14 % de tous les astronomes allemandsSpielvogel, Jackson J., Western Civilization, Volume B: 1300-1815. Thomson / Wadsworth, 2009. .. La plus célèbre des astronomes en Allemagne à l'époque était Maria Winkelmann, dont les problèmes avec l'Académie de Berlin sont une réflexion des obstacles auxquels font face les femmes à se faire accepter dans le travail scientifique, qui était considéré comme exclusif aux hommes..

Aucune femme n'a été invitée soit à la Royal Society de Londres, ni à l'Académie des sciences jusqu'au . La plupart des gens du voit une vie consacrée à tout type d'érudition comme étant en contradiction avec les tâches domestiques que les femmes sont appelées à accomplirBurns, William E. 2003. Science in the Enlightenment. Santa Barbara, CA: ABC-CLIO. Entry: 253..

Elisabeth Hevelius de la république des Deux Nations Elisabeth Hevelius, née Elisabeth Koopmann, à Dantzig, en 1647, alors en république des Deux Nations, maintenant en Pologne, est la deuxième femme de Johannes Hevelius (1611-1687), lui-même astronome et brasseur, de vingt ans plus âgé qu'elle.

L'astronomie l'intéressait déjà avant son mariage avec Hevelius (à 16 ans). Ils partagent cette passion de l'observation du ciel. En 1679, leur brasserie est détruite par un incendie, ainsi que de nombreux documents, et son mari en meurt peu après. Elle poursuit alors seule ces observations menées pendant des années ensemble et fait paraître en 1688 le catalogue de étoiles établi par eux deux. C'est alors le plus important catalogues d'étoiles, et le dernier qui ait été établi par des observations sans télescope.

La première femme à ma connaissance qui n'ait pas craint d'affronter la fatigue des observations et des calculs astronomiques.

vignette|Frontispice de la traduction des Principia de Newton. Émilie du Châtelet y est dépeinte comme la muse de Voltaire.

Le est caractérisé par trois points de vue divergents à l'égard des femmes : que les femmes étaient mentalement et socialement inférieures aux hommes, qu'ils étaient égaux mais différents, et que les femmes étaient potentiellement égales en termes de capacités mentales et pour leur contribution à la société. Bien que les rôles de genre ont été largement définis au , les femmes ont connu de grands progrès en science.

À cette époque, les femmes ont fait de grands progrès vers l'égalité entre les sexes en astronomie : par exemple, les observations scientifiques de l'Anglaise Caroline Herschel ont ajouté aux connaissances astronomiques de l'époque. Herschel naît à Hanovre, mais déménage en Angleterre où elle agit comme assistante de son frère, William Herschel, et découvre sept comètes, dont la fameuse comète périodique d’Encke en 1786 et 1795Ainsi, elle fit huit observations, et ce n'est qu'en 1819 que Johann Franz Encke publia un article sur cette comète à courte période et montra que les observations de 1786 et 1795 portaient sur le même objet. Cavendish est la première Anglaise à écrire de nombreux articles sur la science la nature et de la philosophie, et publie les Observations sur la philosophie expérimentale (1666)Cavendish, Margaret. Observations upon Experimental Philosophy. Ed. Eileen O'Neill. New York: Cambridge UP, 2001., qui a pour but de stimuler l'intérêt des femmes pour la science.

C'est aussi à cette époque que Émilie du Châtelet traduit et commente les Principia de Newton La présentation des Principia d'Isaac Newton par la marquise du Châtelet, texte et analyse sur le site BibNum. : la traduction française est publiée à Paris en 1756, sous le titre Principes mathématiques de la philosophie naturelle. C’est Voltaire qui par son influence, l’encourage à approfondir ses connaissances en physique et en mathématiques, matières pour lesquelles il lui reconnaissait des aptitudes particulières, la considérant supérieure à lui-même en ce domaine de la « Philosophie Naturelle », car c'est ainsi qu'on appelait à l'époque les sciences physiques. Dans un domaine qui fut longtemps presque exclusivement masculin, Émilie du Châtelet est considérée comme l'une des premières femmes scientifiques d'influence dont on ait conservé les écrits.

vignette|right|Mary Somerville La science est restée une profession largement amateur pendant la première partie du . La contribution des femmes a été limitée du fait de leur exclusion de la plupart de l'enseignement scientifique formel, mais a commencé à être reconnue par l'admission dans des sociétés savantes au cours de cette période.

Au , la scientifique écossaise Mary Fairfax Somerville effectue des expériences en magnétisme et présente un document intitulé « Les propriétés magnétiques des rayons violets du spectre solaire » à la Royal Society en 1826 ; c'est la deuxième femme à accomplir une telle chose. Elle est également l'auteur de plusieurs textes mathématiques, astronomiques, physiques et géographiques (On the Connexion of the Physical Sciences (1834), Physical Geography (1848) et Molecular and Microscopic Science (1869)), la traductrice de la Mécanique Céleste de Laplace (The Mechanism of the Heavens), et a été un ardent défenseur de l'éducation des femmes.. En 1835, elle et Caroline Herschel ont été les deux premières femmes à être élues à la Royal Astronomical Society.

Vers la fin du siècle, Annie Scott Dill Maunder est un pionnier de la photographie astronomique, en particulier des taches solaires. Elle est diplômée en mathématiques de Girton College, Cambridge, et a d'abord été embauchée (en 1890) comme assistante pour Edward Walter Maunder, découvreur du minimum de Maunder, le chef du département solaire à l'Observatoire de Greenwich. Ils travaillent ensemble pour observer les taches solaires et d'affiner les techniques de la photographie solaire et se marient en 1895. Les compétences en mathématiques d'Annie Scott Dill Maunder ont permis d'analyser les données des taches solaires qu'Edward Walter Maunder avait mis des années à recueillir à Greenwich. Avant qu'elle ne soit membre de la Royal Astronomical Society, plusieurs de ses observations sont publiés sous le nom de son mariMary Mulvihill, Lab coats and lace : the lives and legacies of inspiring Irish women scientists and pioneers, Dublin : WITS (Women in Technology & Science), 2009, p. 80. ..

Orient, Afrique, Amérique pré-colombienne

Antiquité

right|thumb|Plan d'un cercle de pierres à Nabta Playa, Égypte. Une ligne vise la position calculée du lever du soleil au solstice d'été, au moment où le calendrier a été construit ; cette position correspond au début de la saison des pluies dans le désert.

La civilisation de Sumer a produit quelques-uns des tout premiers astronomes historiques, assemblant ainsi des étoiles et leur position en constellations, dont plusieurs survivent aujourd'hui et qui étaient également reconnues par les grecs anciensGary Thompson : History of Constellation and Star Names .. Du côté des femmes du , des astronomes sumériennes sont dirigeantes des grands temples observatoires. Par exemple, Enheduanna (v. 2285-2250 ) est une astronome et poétesse sumérienne.

En Égypte antique, les femmes de toute classe sociale pouvaient travailler comme pleureuses ou musiciennes, professions qui étaient communes. Les femmes nobles pouvaient être prêtresses d'un dieu ou d'une déesse.. À l'époque romaine, Clément d'Alexandrie, dans un écrit, donne une idée de l'importance des observations astronomiques associées aux rites sacrésEt après la chanteuse, avance l'astrologue (ὡροσκόπος), avec une horloge (ὡρολόγιον) dans sa main et une palme (φοίνιξ), les symboles de l'astrologie. Il doit savoir par cœur les Hermetica (livres astrologiques), qui sont au nombre de quatre. Parmi ceux-ci, l'un est sur la disposition des étoiles fixes qui sont visibles, un autre sur les positions du soleil, de la lune et cinq planètes, un autre encore sur les conjonctions des phases du soleil et la lune..., Clément d'Alexandrie, Stromata, vi. 4..

Monde arabe

Pour naviguer sur mer mais aussi dans le désert, les civilisations arabes avaient besoin de données très précises. Dérivée des astronomies indienne et grecque, l'astronomie arabe culminera vers le .

Monde chinois

Sous la dynastie Qing, Wang Zhenyi est l'auteur de douze publications en astronomie et en mathématiques, concernant la gravité et plus particulièrement les éclipses lunaires. Elle a aussi défendu le droit des femmes à l'éducation.

Sous-continent indien

Le statut de la femme dans l’Inde ancienne est toujours débattu : si certains universitaires estiment que les femmes bénéficiaient de la parité avec les hommes dans tous les aspects de la vie civile, d’autres sont plus réservés. Mais avec l’entrée en vigueur de la manou smriti, vers 500 av. J.-C., le statut social des femmes commença à régresser. L’invasion musulmane de Bâbur et de l'Empire moghol, et enfin l’arrivée des Chrétiens achevèrent de cantonner les femmes à un rôle subalterne., malgré les tentatives de certains mouvements réformateurs hindouistes comme le Jaïnisme de rendre aux femmes une place dans la ReligionD'après .