Le massacre de Dampierre, le à Gargilesse-Dampierre, dans l'Indre (France), est un épisode de la Résistance intérieure française pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours duquel douze Résistants et civils sont massacrés par l'armée allemande.

Contexte Le maquis de Dampierre, créé au débarquement du 6 juin 1944 par un instituteur d'Éguzon, Ange EsmelinVoir Jean-Louis Laubry, "Un Résistant communiste dans le sud de l'Indre", note , Bulletin de l'ASPHARSESD, , 1996, Éguzon, commandant Soulié, réunit de nombreux Résistants, dont des légauxMenant leur vie civile le jour et devenant Résistants la nuit. Il campe au Moulin-Garat, aux environs d'Éguzon-Chantôme, mais aussi dans les fermes avoisinantes de Château-Gaillard et de la Mothe.

Le maquis prend de l'importance mais ne peut être ravitaillé par parachutages du fait de la proximité de la DCA allemande du barrage d'Éguzon et d'un grand nombre de pylônes et de câblés aériens à haute tension. Le site parait cependant convenir à un maquis. Il est à proximité de différents moyens de transport : voie ferrée Paris-Toulouse, RN 20, lignes d'électricité à haute tension. La garnison allemande du barrage n'est pas menaçante car elle est entièrement destinée à la garde des installations, considérée comme un enjeu stratégique, et ne sort pas de son périmètre de protection. Le lieu est isolé et parait très sûrCe point de vue est cependant contesté par Daniel Paquet qui estime que le site n'était pas sécurisé ; v. son article référencé dans les sources.. Les Résistants campent pour leur plus grand nombre au Moulin-Garat, dans le ravin de la rivière Gargilesse, entre Dampierre et La Mothe. Sont gardés au Moulin-Garat les soldats allemands faits prisonniers à la gare d'Argenton-sur-Creuse le lors de l'attaque par les FFI d'un convoi allemand de carburant..

Le massacre Le , une alerte entraîne l'évacuation du maquisV. les Mémoires de Georges Pirot qui a été averti du massacre alors qu'il se rendait au maquis de Dampierre.. Rien ne s'étant produit, les hommes reviennent, s'estimant en sécurité. Le 26, l'état-major des FFI de l'Indre-Sud s'installe à la ferme de Château-Gaillard. Le 27 vers , 250 à 300 Allemands de la colonne du lieutenant-colonel StengerSur la colonne Stenger, constituée de compagnies de sécurité motorisées et très rapides, chargées de contrôler la région en semant la terreur, voir Jean-Louis Laubry, La répression allemande durant l'été 1944., montés sur automitrailleuses et camions, escortés et guidés par des miliciens, arrivent simultanément au bourg de Dampierre, au hameau des Minières et aux fermes de Château-Gaillard et de la Mothe. Leur objectif parait être de libérer les prisonniers et de détruire le maquis. Ils abordent à pied la ferme de Château-Gaillard en utilisant des défilements et la cernent. Il n'y a pas de sentinelles en place. Cinq maquisards dont quatre gradés sont surpris alors qu'ils déjeunent avec les fermiers. Les cinq FFI et trois civils de la ferme sont alignés au bord de la mare. Ils sont dépouillés et subissent debout des sévices tout l'après-midi. Six sont abattus le soir et leurs visages écrasés à coups de crosses. Les bâtiments sont pillés et saccagés puis incendiés.

Les maquisards du Moulin-Garat, avertis, réussissent à quitter le camp, laissant sur place les prisonniers allemands. Deux maquisards, Roger Duris et Vincent Csali, qui étaient à Dampierre et avaient vu passer la colonne allemande se précipitent vers le Moulin-Garat mais se font prendre et sont exécutés. Les prisonniers allemands sont libérés. La ferme est incendiéeV. Jacqueline Mousseau, La Mothe et ses environs, décembre 2013. et les prisonniers amenés à la ferme de Château-Gaillard pour y identifier leurs gardiens et les fermiers complices. C'est à la suite de cette confrontation que six hommes ont été exécutés le soir.

Des habitants de Dampierre sont réquisitionnés pour monter au village les armes trouvées au Moulin-Garat. Certains sont molestés mais aucun n'est abattu.

Au total, l'attaque a permis aux Allemands de récupérer les prisonniers mais non de démanteler le maquis et a fait douze victimes françaises, huit FFI et quatre civils, tous massacrés.

Les morts À la ferme de Château-Gaillard Sylvain Braud (né le à Paris ( arr.)) soldat FTP-FFI Jean-Louis Carré (°1924), lieutenant FTP-FFI Henri Ferret (°1897), capitaine FTP-FFI Jean (Gabriel) LOUIS (°né le à Orsennes) fermier à Château-Gaillard FTP-FFI, exécuté à l'âge de . Marcel LOUIS (né le à Maillet), fils de Marcel et de Marie Louise Thibaud, cultivateur à Malicornay (sans lien de parenté avec le précédent) FTP-FFI Émile Mer (°1898), capitaine FTP-FFI.

A la ferme de la Mothe Lucien Déchéron (° à Gargilesse), le fermier de la Mothe, battu, les dents brisées et exécuté le , à l'âge de .

Au Moulin-Garat Pierre Bordat (°1924) FTP-FFI Camille Bruneau (°1921), jeune civil pris en otage aux Minières pour guider les attaquants et abattu Vincent Csali (°1903), FTP-FFI d'origine hongroise Roger Duris (né le à Cuzion, Indre), cultivateur à Cuzion, FTP-FFI.

Mémoriaux upright|thumb|plaque à Moulin Garat plaque à Château Gaillard|thumb

Monument à Dampierre, érigé en 1945 Plaque à Château-Gaillard Plaque au Moulin-Garat Plaque à Malicornay à la mémoire de Marcel Louis.

Sources Rapport au préfet de l'Indre, "Commune de Gargilesse", Henri Cerclier, sous-préfet de La Châtre, , Archives Nationales, F41-394 Mémoires d'un petit paysan berrichon du Boischaut, sud de l'Indre, Georges Pirot, 205 p., Société d'Éditions Nouvelles de l'Indre, Châteauroux, 1981 Dampierre , N'oublions pas, ville de Gargilesse, 2004 Combats des maquisards Indre été 1944, préface de Jean Grazon, 167 p., ANACR, 2012

Notes et références

Catégorie:1944 en France Catégorie:Massacre ou atrocité de la Seconde Guerre mondiale en France Catégorie:Histoire de l'Indre Catégorie:Histoire du Berry