La tour de Constance est une fortification située dans la ville close d'Aigues-Mortes, dans le département du Gard, en région Occitanie, en France. La terrasse sommitale est surmontée d'une tourelle de guet qui, du , servait de phare..

Historique Construction pour la septième croisade Jusque dans les années 1200, le lieu était une plaine littorale instable et insalubre où on trouvait de nombreux étangs dont certains étaient salés entre deux foyers commerciaux importants, Montpellier et Saint-Gilles-du-Gard. Progressivement, l'abbaye de Psalmody a acquis des terres et les a mises en valeur. Les Templiers implantés à Saint-Gilles avaient établi un mole sur le petit bras du Rhône à Albaron.

La tour de Constance est érigée à partir de 1242 à Aigues-Mortes, par Saint Louis, sur ce que l’on pensa longtemps être l'ancien emplacement de la Tour Matafère, construite par Charlemagne vers 790, pour abriter la garnison du roi. Cette construction entre dans le cadre de la transformation d'Aigues-Mortes en un point stratégique avec un port ouvrant sur la Méditerranée. En effet, à cette époque, Marseille appartient à Charles Ier de Sicile, roi de Naples, Agde au Comte de Toulouse et Montpellier au roi d'Aragon.

Les travaux se terminent en 1254. Par deux fois, Aigues-Mortes fut le port de départ de Louis IX pour les croisades : la septième en 1248 et la huitième en 1270 pour Tunis.

Utilisation comme prison

Au début du , Philippe le Bel utilisa le site fortifié pour y incarcérer les Templiers. Entre le 8 et le , quarante-cinq d'entre eux furent mis à la question, reconnus coupables et retenus prisonniers dans la tour de ConstanceMichel Melot, Guide de la mer mystérieuse, Éd. Tchou et Éditions Maritimes et d'Outre-Mer, Paris, 1970, ..

Après la révocation de l'édit de Nantes, le protestantisme fut interdit dans le Languedoc comme dans le reste de la France, et la tour de Constance servit de prison pour les femmes « hérétiques »Les martyrs d'Aigues-Mortes par Charles Bost. 1922. Prisonniers et prisonnières protestantes enfermés dans les tours d'Aigues-Mortes, et particulièrement dans la tour de Constance, dont la plus connue est Marie Durand, sœur d'un pasteur clandestin, détenue à l'âge de et libérée seulement 38 ans plus tardLes Mystères du Moyen Âge du 28 juin 2016, Hors série , grâce aux efforts de M. de Canetta, lieutenant du roi à Aigues-Mortes, et du prince de Beauvau, gouverneur du Languedoc.

La tour fut ensuite utilisée comme maison de force pour les femmes condamnées en Languedoc. Marie-Jeanne Vallet y fut enfermée en 1779 pendant 3 années.

Protection La tour de Constance est classée au titre des monuments historiques le .

Description La tour, véritable donjon forteresse, a un diamètre de . Sa hauteur sur la terrasse atteint 32 m en ajoutant logiquement son important soubassement. La tourelle de guet mesure environ 11 m. Cette dernière est surmontée d'une cage de fer, exceptionnel ouvrage de ferronnerie du milieu ou de la fin du . C'est ici que des feux étaient allumés. La dernière partie de l'élévation se compose d'une couverture en fer et zinc de forme conique que couronne, à près de 50 m de hauteur, une grande girouette. L'épaisseur des murs, à la base, construite en fruit sur pieux de bois pour garantir une meilleure assise, est de .

La tour est ceinte par une douve. Il est important de noter qu'elle est ainsi totalement isolée du reste des fortifications de la ville, son seul accès, à l'origine, étant un pont levis, garantissant ainsi un espace de retranchement en cas de prise de la cité.

Au rez-de-chaussée, on trouve la salle des gardes, avec son accès protégé par une herse. Au centre de la pièce, une ouverture circulaire permet d'accéder aux sous-sols qui servaient de garde-manger, de réserve à munitions et aussi de cachots. Ce lieu s'appelle les « culs-de-basse-fosse ». Les deux salles principales atteignent de hauteur et sont couvertes d'une spectaculaire coupole divisée en 12 quartiers qui reposent sur de fines colonnettes de style gothique.

Au premier étage, on accède à la salle des chevaliers. Elle ressemble, par sa structure, à la salle des gardes. C'est dans cette salle que furent emprisonnées au des protestantes dont la plus connue est Marie Durand. On lui attribue la gravure sur la margelle du puits du mot REGISTER (résister). Ce mot est toujours visible de nos jours.

Entre ces deux salles, un étroit chemin de ronde est construit dans l'épaisseur du mur pour surveiller la salle basse.

Après la salle des chevaliers, on accède à la terrasse qui offre un large panorama sur la région, représentant ainsi un poste de surveillance idéal. Les prisonnières étaient quelquefois autorisées à venir y respirer l'air pur.

Sur la terrasse se dresse la tourelle, ancien phare qui guidait et surveillait les bateaux.

La tour est reliée au logis, lui-même fortifié, par un pont à trois arches.

La tour de Constance fait l'objet d'un classement au titre des Monuments historiques depuis 1903.

Notes et références

Annexes

Bibliographie

Lettres de Marie Durand Journal de Samuel de Pechels, fut aussi enfermé dans la tour.

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Articles connexes Liste des monuments historiques du Gard

Liens externes Les prisonnières de la tour de Constance, vidéo de la série "Un lieu, une histoire", diffusée le 11/06/2013, sur chaîne Public Sénat (durée 14 minutes) Présentation sur le site du centre des monuments nationaux

Catégorie:Monument historique dans le Gard Catégorie:Monument historique classé en 1903 Catégorie:Architecture philippienne Catégorie:Monument en Camargue Catégorie:Aigues-Mortes Catégorie:Édifice géré par le Centre des monuments nationaux Catégorie:Édifice représenté sur une pièce de monnaie Catégorie:Répression du protestantisme Catégorie:Alleu, fief ou seigneurie de l'ordre du Temple Catégorie:Ancienne prison dans le Gard Catégorie:Prison pour femmes en France