Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) est une association française, créée en 2003 et dissoute en 2020.

Son objectif affiché est la lutte contre l'islamophobie . À cet effet, le CCIF publie notamment un rapport annuel et propose une assistance juridique aux intéressés.

Les activités du collectif sont controversées. Il est l'objet de critiques portant sur la qualification des actes islamophobes, sur la validité de ses données statistiques, ou sur l'instauration d', et fréquemment attaqué pour son communautarisme supposé ou sa proximité alléguée avec la mouvance intellectuelle des Frères musulmans. Est notamment ciblé son ancien porte-parole et ancien directeur exécutif Marwan Muhammad.

À la fin de l’année 2020, à la suite de l'assassinat de Samuel Paty, le CCIF affirme qu’il s’est auto-dissous et a redéployé ses actifs à l’étranger, après que le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a déclaré qu’il était une et annoncé son intention d’engager sa dissolution. En , le Collectif contre l'islamophobie en Europe (CCIE) est créé en Belgique pour prendre le relai du CCIF à l'échelle européenne et, en , le CCIF est dissous en tant que groupement de fait, le recours de certains de ses anciens membres devant le Conseil d'État contre le décret de dissolution est rejeté.

Présentation La création de l'ADDH-CCIF, en 2003, fait suite, en particulier, aux propos de Claude Imbert , tenus sur la chaîne d’information en continu LCI. :

Le fondateur et président de l'association est Samy Debah. Selon Sylvain Mouillard et Bernadette Sauvaget (de Libération), c'est un ancien prédicateur du Tabligh qui indique ne pas être Frère musulman mais pour qui .

Selon Bernard Godard, ancien « Monsieur islam » du ministère de l'Intérieur, le CCIF est Il ajoute que le fondateur et leader du CCIF, Selon Éric Dupin, Samy Debah a .

Le CCIF n'a pas de lien avec les organisations musulmanes cultuelles (Fédération nationale de la Grande Mosquée de Paris proche de l'Algérie, Fédération nationale des musulmans de France proche du Maroc et Comité de coordination des musulmans turcs de France) auxquelles elle a plusieurs fois reproché une forme de passivité.

En , le porte-parole est Yasser Louati ...

En 2016, le CCIF indique que son équipe est constituée de quatre juristes, une assistante juridique, une chargée de communication, deux chargés de projet et quatre psychologues, ainsi que de bénévoles. Lila Charef est la responsable du service juridique.

Reconnaissance officielle En 2011, le Conseil économique et social (ECOSOC) de l’Organisation des Nations unies accorde le à l'associationFiche de l'ADDH sur le site de l'ECOSOC.. La contribution de l’ADDH-CCIF à des activités conformes à la Charte des Nations unies, fait l'objet d'un rapport quadriennal présenté à l'ECOSOC, qui le transmet, pour analyse au Comité chargé des ONG.

Le premier rapport est transmis en 2015. Ce rapport note, entre autres, que l'ADDH-CCIF 10 et 11 du .

Le CCIF est invité chaque année par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

En , le président du CCIF est invité

L'association est régulièrement auditionnée par la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) qui, d'après le journal Libération en 2016, juge son travail .

Adhérents En 2013, l'association revendique et 8 antennes régionales..

En , à la suite des polémiques apparues avec le port du burkini en France, l'association mène une campagne d'adhésions en ligne et revendique adhérents en trois semaines, dont . Et en , le directeur affirme que l'association compte désormais près de adhérents contre en 2015..

Le pic ayant été atteint avec l'affaire des burkinis, l'organisation voit dans les mois qui suivent une diminution des adhésions du fait de leur non renouvellement, retombant à 5 000 membres..

Régime fiscal En , le CCIF est reconnu d’intérêt général. En France, Articles et .

L'un des rôles de l'administration fiscale est de contrôler a posteriori que les reçus sont délivrés dans les conditions légales ..

Lutte contre l'islamophobie et ambiguïté sémantique du terme

Le CCIF se donne pour objectif de lutter contre l'islamophobie, dont l'association propose la définition suivante :

Le CCIF est le premier propagateur français du terme.. Selon LCI, . En France, l'expression est acceptée par les intellectuels et les autorités quand la confusion est levée et qu'elle est utilisée pour qualifier . Selon Isabelle Kersimon, fondatrice de l'Institut de recherches et d'études sur les radicalités (INRER), la vision de l'islamophobie du CCIF est , ce qui et ..

Le CCIF plaide pour l'abrogation de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques françaises qui a fait partie de ses premiers chevaux de bataille ; dans un tweet de 2014, le collectif estime que cette disposition législative traduit une .

Dans son rapport sur présenté en , la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) prend le parti ,, 20. La commission a, selon Libération, le travail du collectif dans sa lutte contre l'islamophobie. Sa présidente, Christine Lazerges, .

Malgré ces précisions apportées progressivement à la portée du terme islamophobe, le doute persiste pour certains observateurs qui considèrent que la légitime lutte, contre les actes d’« intolérance et de discrimination envers les musulmans », peut être instrumentalisée afin d'empêcher toute critique de l'islam. C'est, par exemple, le point de vue de l'ethnologue Jeanne Favret-Saada qui affirme :

Selon Jean-Christophe Moreau . Il ajoute que ces critères dénotent , les chiffres comprenant par exemple les expulsions d'imams controversés ou encore des mosquées proches du mouvement salafiste. Campagnes médiatiques, lobbying et rapports Le CCIF organise des événements sur le thème de l'islamophobie, répertorie et recense les actes islamophobes, apporte une assistance juridique aux victimes et leur propose, si elles le souhaitent, un soutien psychologique. Ces actions se doublent parfois d'actions militantes.

Selon le sociologue Marwan Mohammed, le CCIF est issu d'une génération qui . Une d'acteurs qui sont ..

En 2014, discutant des raisons pour lesquelles le collectif se désolidarise d'un appel à la mobilisation contre l'État islamique, lancé par des musulmans de France, Alain Gresh écrit que le CCIF ..

La , Jean-Christophe Moreau reconnaît qu'.

Le Canard enchaîné, dans un article publié le , écrit que « Des islamistes qui avancent mosquée », Le Canard enchaîné, 17 août 2016. En 2017, Alain Léauthier, de Marianne, écrit que le collectif est .

Campagnes de communication À la suite d'une déclaration de Jean-François Copé qui déplorait qu'un élève puisse se faire , le CCIF organise une distribution gratuite de pains au chocolat à la gare Saint-Lazare le « Islamophobie : des pains au chocolat gratuits à Paris », Le Figaro, 10 octobre 2012.« Le Collectif contre l'islamophobie distribue des pains au chocolat en réponse à Copé », Libération, 10 octobre 2012. « French right wing hijacks the pain au chocolat », The Guardian, 11 octobre 2012..

Fin , le CCIF lance une campagne intitulée Nous (aussi) sommes la Nation, destinée à .. La campagne, refusée par la RATP, est en partie financée par la fondation Open Society, créée par le milliardaire américain George Soros, qui a accordé au CCIF..

La critique de cette campagne par le journaliste Ivan Rioufol a entraîné une action en justice de la part du CCIF., qui a été débouté de sa plainte par la chambre du tribunal correctionnel de Paris..

Port du voile et du burkini

En , le patron d'un restaurant refuse de servir deux femmes voilées. Laurence Rossignol saisit la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), le parquet de Bobigny ouvre une enquête pour « discrimination à caractère racial », le CCIF appelle, quant à lui, à : .

En 2016, le CCIF dépose un recours contre l'arrêté pris par la commune de Villeneuve-Loubet : en conséquence, celui-ci est suspendu par le Conseil d'État qui dans son ordonnance du .. Le , le collectif assigne en justice plusieurs communes qui maintiennent la mesure.

Au nom de mères qui, , le Collectif contre l'islamophobie en France adresse en une lettre à Vincent Peillon, le ministre de l'Éducation nationale, lui demandant l'abrogation d'une circulaire de la rentrée 2012 signée par son prédécesseur, Luc Chatel. Au nom du principe de , celle-ci préconise Stéphanie Le Bars, « Vincent Peillon interpellé sur le cas des mères voilées à l'école », Le Monde, 13 septembre 2012...

La journaliste Isabelle Kersimon écrit, en 2015, dans Le Figaro : .. Le CCIF s'est également opposé à la loi El Khomri de 2016, laquelle permet aux employeurs d'imposer une à leurs salariés ; le CCIF la considère comme un Judith Waintraub et Vincent Nouzille, « L'islamosphère », Le Figaro Magazine, semaine du 6 octobre 2017, pages 50-56..

Rapport annuel sur l'islamophobie en France Le CCIF publie un rapport annuel commenté, chargé de dresser un bilan de l'islamophobie, d'en analyser l'évolution, et de recenser les actes islamophobes. C'est également une des missions de l'observatoire de l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM).

Les deux associations utilisent des méthodologies différentes pour obtenir leurs statistiques : l'observatoire de l'islamophobie tire ses données des plaintes et mains courantes que la police et la gendarmerie lui fournissent ; le CCIF prend en compte dans son rapport les actes qui lui sont directement signalés sans avoir systématiquement fait l'objet de dépôt de plaintes.

En 2015, Alice Géraud, de Libération, note que quels que soient les utilisés, . Elle précise que la majorité des actes, recensés en 2014 par le CCIF, sont des discriminations concernant en particulier des femmes, très peu étant suivis de plaintes.

Le premier rapport, sorti en 2008 et réalisé par une doctorante en sciences politiques, Ouria Shéhérazade Khalil, recense les actes de 2005 à 2007.

Année Visant lespersonnes Visant lesbiens Total 2005202545 2006411354 200763720 2008Rapport CCIF de 2008592180 2009Rapport CCIF de 200916321184 2010Rapport CCIF de 2010, (sur les actes commis en 2010)15236188 2011Rapport CCIF de 2012, (sur les actes commis en 2011)26236298 2012Rapport CCIF de 201341851469 2013Rapport CCIF de 201464051691 2014Rapport CCIF de 2015……764 2015……905 2016……580

En , le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve révèle que le nombre d'actes antimusulmans, recensés par ses services, a triplé pour s'établir à environ .

En , Mathilde Goanec du magazine Mediapart écrit :

L'un des membres de l'institution le Défenseur des droits, dirigée par Jacques Toubon, .

Critique des chiffres du CCIF En ce qui concerne les actes islamophobes, Il existe des écarts, entre les chiffres officiels du Gouvernement et ceux fournis par le CCIF. Le ministère comptabilise uniquement les plaintes reçues, la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) recense également les plaintes effectives enregistrées par le ministère de l'intérieur, tandis que le CCIF ..

Laure Daussy de Charlie Hebdo relève que .

En 2013, en commentant la position du CCIF, lors des émeutes de Trappes, Abdallah Zekri reproche : . À la suite de l'article du Figaro qui rapporte ces propos, Samy Debah déclare dans le droit de réponse qui lui est accordé ; . Note : à la suite de cette publication, le journal est poursuivi pour diffamation et condamné ..

En 2014, Jean-Christophe Moreau, remarque que, depuis l'accès au Statut Consultatif spécial du Conseil économique et social des Nations unies, le recensement des « actes islamophobes » du rapport annuel du CCIF ne propose plus d'inventaire détaillé..

En 2015, Jack Dion, du magazine Marianne, note ..

Le Monde rappelle que la loi de 2004 interdit , et précise que la plupart des cas recensés par le CCIF concernaient la longueur de la jupe. Pour la porte-parole du CCIF, Elsa Ray, .