Le chapeau de paille de Florence (en italien, ), connu aussi sous l'appellation anglophone de , est un couvre-chef en paille. Ses qualités sont attestées depuis de nombreux siècles et il est traditionnellement originaire de Signa en Toscane.

Description Il s'agit d'un chapeau de paille caractérisé par 40 rangées () de tresses cousues, chacune composée de 13 fils. La paille utilisée provient principalement du blé Encyclopédie Treccani en ligne , puis à partir du début du , du blé (varietés et ) reconnu pour sa finesse et sa brillance. La paille de seigle est aussi utilisé. Ses modèles sont nombreux et suivent les tendances de la mode tel le (grand chapeau rond à large bord) ou le en forme de cône tronqué.

Historique Le commerce de la paille est attesté dès 1341 Janilla Bruckmann, La paglia di Fiesole, Edizione Regione Toscana-Giunta regionale, Firenze, 1987 – 13 . Les chapeliers de paille, appartenant à une catégorie professionnelle, sont présents dès 1574. Dans les statuts de la douane de Florence () du et publiés le , les chapeaux de paille apparaissent dans la rubrique des produits soumis à une taxe douanière Lorenzo Cantini, Legislazione Toscana vol III, Florence 1800-1808, p.168. En 1718, sur des parcelles entre Signa et Lastra a Signa, Domenico Michelacci À Signa, le musée de la paille et de l'entrelacement porte son nom. réussit la première sélection d'un type de blé dit « », culture destinée uniquement au tressage (et non à une consommation alimentaire).

Grâce à cette nouvelle semence, dans la deuxième moitié du , la paille tressée devient une véritable industrie locale et occupe une grande partie de la population de Signa ainsi que celles des vallées de l'Arno, de l'Ombrone, du Bisenzio et de la Pesa, et dont la production est principalement destinée Angelita Benelli Ganugi, La manifattura della paglia e l'estrazione della materia gregia attraverso i documenti degli Accademici Georgofili nell'800, in Edizioni Polistampa – Firenze – 2006, à une clientèle étrangère. Depuis les vallées productrices, les chapeaux et les tresses de paille sont exportés par l'intermédiaire du où les bateliers () transportaient la marchandise jusqu'au port de Livourne (en anglais ).

Lors de la période napoléonienne, le commerce extérieur est quasi inexistant.

Dès 1810, les exportations reprennent notamment vers l'Allemagne et la France : le commerce est très florissant et même la foire de LeipzigAntologia, Vol. XX, 1825, 29 (à l'époque véritable plate-forme commerciale du chapeau toscan) ne réussit pas à satisfaire la demande des importateurs internationaux.

Entre la fin du et la première moitié du , l'agriculture toscane connaît un renouveau grâce à la collaboration du gouvernement grand-ducal et l': sur les conseils de cette institution, les souverains Ferdinand III puis Leopold II actualisent le cadastre, améliorent le système douanier, promeuvent l'enseignement de l'agriculture, créent la ligne de chemin de fer (avec une gare à Signa) Florence-Livourne dit ...

Dans les années 1820, à la suite des nombreuses tentatives d'imitation de la production d'origine, un débatAngelita Benelli Ganugi, Ibid., 31-101, paru dans le périodique , est ouvert entre académiciens georgophiles sur l'opportunité d'exporter de la matière première (paille toscane), que de nombreux pays européens cherchent à se procurer.

Vers 1827, en utilisant de la paille toscane, les Anglais, suivis par d'autres pays (France, Suisse, Allemagne et États-Unis), obtiennent un produit similaire avec des tresses à 11 fils cousues différemment plus compétitifAngelita Benelli Ganugi, Ibid., 10. Cette situation de concurrence, ajoutée à une main-d’œuvre qualifiée partie à l'étranger avec les secrets du métier, plonge la Toscane dans une grave crise économico-financière jusqu'en 1840, où les marchés internationaux sont reconquis grâce à la tresse dite et à des collections particulièrement élégantes, telles les Angelita Benelli Ganugi, Ibid., 12.

Selon la définition du Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricoleAlexandre Baudrimont, Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricole, Chez Baillière, vol III, Paris – 1835, 219 de 1835 : . À noter, toutefois, toujours d'après des ouvrages du milieu du , que les chapeaux de paille fabriqués à Brozzi sont considérés comme les plus réputés McCulloch, Dictionary practical, theoritical and historical of commerce, Londres, 1850, 664Alexandre Baudrimont, Ibid., 222.

Lors de la première Exposition universelle qui se déroule à Londres en 1851, les fabricants Nannucci (Florence) et (Prato) sont distingués par un prix. De même, à l'occasion de l'Exposition universelle de Paris en 1855, dans la catégorie « Fabrication des objets de mode et de fantaisie », les ouvriers et les ouvrières de tresses de chapeaux de paille de Toscane sont récompensés par une médaille d'honneur décernée par l’empereur Napoléon III et dans le GuideVisites et études de S. A. I. le prince Napoléon au palais de l'industrie, ou Guide pratique et complet à l'Exposition universelle de 1855 – Bibliothèque numérique Gallica pratique et complet de l'Exposition, il est écrit : .

Conservé dans un étui en argent ciselé, parmi ses reliques, le chapeau de paille de sainte Catherine de Ricci a été l'objet de dévotion Compendium de la vie de sainte Catherine de Ricci – Fratelli Giachetti, Prato – 1848, 6.

Dans la deuxième moitié du , outre la production de nombreuses imitations d'origine européenne, à partir de 1885, la diffusion à bas prix sur les marchés d'articles, entre autres chinois, semblables à la tresse florentine provoque la chute du marché toscan (le salaire des et des couturières se réduit à une cinquantaine de centimes de lires par jour alors qu'il oscillait entre deux et huit lires par jour dans les années 1810). Mécontentes de leur salaire, les (et les ) décident de se révolter et se mettent en grève le , ce qui constitue une des premières grèves dans l'histoire de l'Italie contemporaine : des actions spectaculaires sont menées, comme le blocage du tramway de la chargé de tresses. À cette période de dépression succède une période plus ou moins d'expansion jusqu'à la Première Guerre mondiale puis après celle-ci.

Jusque dans les années 1924-25, sur le territoire de la commune de Signa, la fabrication des chapeaux de paille occupe encore environ Archivio Storico del Comune di Signa, cat. XIV, 1926.. Puis vers la fin de la première moitié du , face à la production chinoise offrant des tresses de paille à des prix très compétitifs, les fabricants de chapeaux toscans transforment progressivement leur production vers les secteurs du textile, de la chaussure et de la peausserie.

Fabrication

Notoriété L'expression « Chapeau de paille de Florence » se trouve chez : Romans et contes de Théophile Gautier Un opéra de Nino Rota (1946) Dans les « Propos sur l’Amérique » de Talleyrand.

Photothèque

Notes et références

Catégorie:Chapeau Catégorie:Métier de l'artisanat Catégorie:Signa Catégorie:Couvre-chef en paille