thumb|Exercices dans une école de filles au Japon en 1911 L'histoire de l'éducation au Japon remonte au moins au quand l'étude du chinois est introduite à la cour de Yamato. Les civilisations étrangères ont souvent fourni de nouvelles idées pour le développement de la culture du Japon.

Du au L'enseignement et les idées chinoises pénètrent le Japon à partir du jusqu'au . Parallèlement à l'introduction du bouddhisme au Japon, arrivent le système d'écriture chinois et sa tradition littéraire ainsi que le confucianisme.

Au , Heian-kyō (l'actuelle Kyoto), la capitale impériale, dispose de cinq établissements d'enseignement supérieur, et pendant le reste de l'époque de Heian, d'autres écoles sont établies par la noblesse et la cour impériale. Au cours de la période médiévale (1185-1600), les monastères bouddhistes zen sont des centres d'enseignement particulièrement importants, et l’école Ashikaga, Ashikaga gakkō, prospère au comme centre d'enseignement supérieur.

Au et au début du , les contacts du Japon avec les grandes puissances européennes sont intenses. Les missionnaires jésuites qui accompagnent les commerçants portugais, prêchent le christianisme et ouvrent un certain nombre d'écoles religieuses. Les étudiants japonais commencent ainsi à étudier le latin et la musique classique occidentale comme leur propre langue.

voir Époque du commerce Nanban

Époque d'Edo L'unification du Japon s'opère par le shogunat Tokugawa (1600–1867) et l'académie néo-confucéenne, le Yushima Seidō à Edo est la principale institution éducative de l'État. Son siège administratif est appelé Daigaku-no-kami en tant que tête de l'école de formation Tokugawa pour les bureaucrates du shogunatKelly, Boyd. (1999). Encyclopedia of Historians and Historical Writing, Vol. 1, .De Bary, William et al. (2005). Sources of Japanese Tradition, Vol. 2, ..

Lorsque commence la période Tokugawa, peu de gens du commun au Japon savent lire ou écrire. À la fin de cette même période, l'enseignement s'est généralisé. L'éducation Tokugawa laisse un précieux héritage : une population de plus en plus lettrée, une idéologie de la méritocratie et l'accent mis sur la discipline et la performance compétente. Sous la direction Meiji qui suit, cette solide fondation facilite la rapide transition du Japon de pays à la société féodale en nation qui se moderniseR. P. Dore, The Legacy of Tokugawa Education", in Marius B. Jansen, ed., Changing Japanese attitudes toward modernization (1965) .

Au cours de la période Tokugawa, le rôle d'un grand nombre de bushi, ou samouraï, passe de guerrier à bureaucrate du gouvernement et par conséquent, leur éducation formelle et leur niveau d'alphabétisation augmentent proportionnellement. Les programmes d'études des samouraï mettent l'accent sur la moralité et comprennent une formation militaire aussi bien que littéraire. Les Classiques chinois sont mémorisés et leur lecture et leur récitation sont des méthodes courantes d'étude. L'arithmétique et la calligraphie font aussi partie de la formation. La plupart des samouraï fréquentent des écoles parrainées par leur han (domaine) et à l'époque de la restauration de Meiji de 1868, plus de 200 des 276 han ont établi des écoles, appelées écoles han. Quelques samouraï et même des gens du peuple fréquentent aussi des académies privées qui se spécialisent souvent sur des thèmes japonais spécifiques, sur la médecine occidentale, la science militaire moderne, l'artillerie ou le rangaku (« études hollandaises ») comme sont appelées les études européennes.

L'éducation des roturiers est généralement orientée vers la pratique, la formation de base en lecture, écriture et arithmétique, en insistant sur la calligraphie et l'utilisation du boulier. Une grande partie de cette formation est menée dans les écoles des temples dites terakoya, dérivées de précédentes écoles bouddhistes. Ces écoles ne sont plus des institutions religieuses, et ne sont plus, en 1867, principalement situées dans les temples. À la fin de la période Tokugawa, il existe plus de de ces écoles, fréquentées par élèves. Les techniques d'enseignement consistent à lire différents manuels, à mémoriser, à se servir d'abaques et à copier régulièrement des sinogrammes et des écrits japonais.

L'enseignement public est fourni aux samouraïs tandis que les gens ordinaires enseignent les rudiments à leurs propres enfants ou unissent leurs efforts pour embaucher un jeune professeur. Dans les années 1860, 40 % à 50 % des garçons japonais et 15 % des filles ont fréquenté l'école en dehors de la maison. Ces taux sont comparables aux grandes nations européennes à l'époque (hormis l'Allemagne où la scolarité est obligatoire)Bryon K. Marshall, "Universal Social Dilemmas and Japanese Educational History: The Writings of R. P. Dore, History of Education Quarterly, (1972) 12#1 in JSTOR.

Sous l'empire du Japon

En 1871, est créé un ministère de l'Éducation, chargé de mettre en place un système éducatif à l'échelle du pays. L'éducation de la population est une des priorités du régime, car celui-ci la considère comme un prérequis à la modernisation du Japon.. Une éducation primaire obligatoire de quatre ans est instaurée. Malgré un budget insuffisant, des résultats sont assez rapidement enregistrés. Une enquête de 1875 relève que près de vingt mille écoles primaires sont en activité, mais que les conditions matérielles dans lesquelles elles opèrent sont assez variées : 40 % sont hébergées dans des temples bouddhistes (souvent d'anciennes Terakoya), 33 %, dans des maisons de particuliers, et 18 %, dans des bâtiments nouveaux destinés à l'éducation.. La scolarisation est aussi marquée par un déficit de l'éducation des filles : toujours en 1875, seulement 20 % d'entre elles sont scolarisées, contre 50 % pour les garçons — ce retard ne sera rattrapé que vers 1900. L'alphabétisation progresse assez lentement, l'absentéisme pouvant être élevé. En 1892, une enquête de l'armée indique que 27 % des recrues sont totalement illettrées, et 34 % le sont partiellement. Plus largement, l'efficacité des politiques décidées au ministère se heurte à l'autonomie des autorités locales, le contenu des cours pouvant grandement varier d'une école à une autre. Bien que l'éducation soit obligatoire, son financement reste à la charge des familles et des collectivités locales. Les parents sont également réticents à laisser leurs enfants aller à l'école, au lieu de les faire travailler pour financer les besoins de la famille.

Pour pallier les différents écueils enregistrés lors des premières années, et dans le cadre de la réorganisation du gouvernement en cabinet, un premier « ministre de l'Éducation » est nommé en 1885, Mori Arinori. Celui-ci réforme le système éducatif et lui impose une organisation qui perdure jusqu'à la fin de la période impériale. Très centralisé, le ministère de l'Éducation place un système universitaire public à son sommet et constitue un réseau d'universités impérialesLa première, l'université de Tokyo, est inaugurée en 1877. Elle est suivie par l'université de Kyōto en 1897 et l'université du Tōhoku à Sendai en 1907. Au total neuf universités sont créées, dont deux dans les colonies : l'université impériale de Keijō en 1924 et l'université impériale de Taihoku en 1928. dans les plus grandes villes du pays. Mori met aussi en place une école de formation à Tokyo, chargée d'uniformiser la formation des enseignants, et ainsi de s'assurer leur loyauté envers l'État, et non envers un pouvoir local. En 1890, le Rescrit impérial fournit un cadre moral à l'éducation. Le taux de scolarisation s'élève à 69 % dès 1898, et atteint presque 100 % à la fin de l'ère Meiji. En 1907, la durée de scolarité obligatoire est étendue à six ans.

Au début de l'ère Meiji, s'ouvrent également de très nombreuses écoles privées, dont le cursus est destiné à l'enseignement de l'anglais et/ou de savoirs occidentaux. Si la plupart d'entre elles périclitent, certaines évoluent pour constituer les premières universités privées. Ces écoles sont en majeure partie situées à Tokyo, mais des centres culturels importants comme Kyoto sont aussi concernés. Si ces écoles sont surtout animées par des formateurs japonais, certaines d'entre elles, comme Dōshisha à Kyoto, sont fondées par divers mouvements chrétiens.. D'autres, comme Waseda ou Keiō, sont liées à des personnalités politiques ou intellectuelles..

Même si la jeunesse est de plus en plus éduquée, les possibilités d'ascension sociale sont réduites, puisqu'au cours des , seul augmente le nombre de postes subalternes dans les entreprises. Dans le même temps, cette population éduquée bénéficie d'un plus large accès aux écrits de journalistes et de critiques. L'enseignement universitaire accueille aussi de plus en plus d'étudiants : de en 1915, leur nombre passe à en 1940.. Ce développement de l'enseignement supérieur est encouragé par la loi sur l'université de 1918 qui permet à plusieurs écoles spécialisées de se constituer en universités privées. Ces dernières sont au nombre de 30 en 1930 et diplôment quinze mille étudiants par an, pour des effectifs totaux d'environ quarante mille étudiants. Les diplômés de l'enseignement supérieur constituent cependant une infime minorité ne dépassant pas 0,3 % de la population dans les . Les femmes restent aussi sous-représentées et n'atteignent que 9,9 % de la population étudiante en 1937. Presque exclues des universités nationales, elles peuvent néanmoins compter sur une cinquantaine d'écoles et d'universités réservées aux femmes.

Au cours de cette période, la politisation gagne l'enseignement supérieur. À partir des années 1890, les idées marxistes se diffusent. Dès les années 1910, se constituent des associations politiques étudiantes radicales — de gauche, comme de droite. Les lois de préservation de la paix de 1925 visent les campus et, en application de celles-ci, trois mille étudiants sont arrêtés pour leurs activités à l'extrême-gauche, dont pour la seule année 1932, et mille de plus entre 1937 et 1945. Des enseignants sont aussi emprisonnés pour les mêmes raisons.

Dès le début de la guerre contre la Chine en 1937, le système éducatif est assez largement mis à contribution dans le cadre de l'effort de guerre. Dans l'enseignement supérieur, l'accent est mis sur la formation d'ingénieurs et de médecins au travers de la création de nombreux instituts de recherche. Entre 1935 et 1945, le nombre d'étudiants dans les facultés de sciences passe de neuf mille à trente mille, et dans les facultés d'ingénierie, de à Ces chiffres intègrent les étudiants d'universités, mais aussi ceux de collèges universitaires aux formations plus courtes... Un entraînement militaire obligatoire est aussi institué, dès 1924 dans l'enseignement secondaire, puis en 1939, dans les universités. Les étudiants sont assez largement épargnés par la conscription, mais la situation change à partir du déclenchement de la guerre contre la Chine en 1937, et l'âge est peu à peu abaissé pour intégrer la plupart d'entre eux. C'est ainsi qu'en 1943, cent trente mille étudiants sont mobilisés par l'armée. Les élèves du secondaire et les étudiants servent aussi de réserve de main-d'œuvre pour les secteurs prioritaires. En 1939 est instauré un service de travail des élèves, ou gakuto dōin. Au , environ d'élèves et d'étudiants travaillent par ce biais dans des fermes, des usines, ou des hôpitaux pour pallier le manque de main-d'œuvre..

Période de l'Occupation

En 1945, le système éducatif japonais est dévasté et la défaite apporte le discrédit sur l'essentiel de la pensée d'avant-guerre. Une nouvelle vague d'idées étrangères est introduite au cours de la période d'après-guerre de l'Occupation du Japon. La nouvelle constitution du Japon instaurée en 1947 pose dans son le droit à l'éducation.