La course Paris-Bordeaux-Paris du est considérée comme la véritable première grande course automobile de l'histoire, bien qu'un mois plus tôt, le en Italie, cinq concurrents prennent le départ de la course de Turin à Asti, un aller-retour de , et qu'en , un concours automobile de Paris à Rouen, ait eu lieu mais n'était pas une course. Elle est aussi considérée rétrospectivement comme étant le premier Grand Prix automobile de l'ACF.
thumb|left|Paris-Bordeaux-Paris 1895, avant le départ de Versailles. thumb|René de Knyff, vainqueur du Paris-Bordeaux 1898 (à Bordeaux; mécanicien embarqué Aristide). thumb|Fernand Charron vainqueur de Paris-Bordeaux 1899 (après avoir été deuxième en 1898). thumb|Henri Fournier, vainqueur de Paris-Bordeaux 1901 sur Mors (et record du monde de l'heure avec ). thumb|Départ de Paris-Bordeaux-Paris, place de l'Étoile (11 juin 1895). thumb|Arrivée d'Émile Levassor Porte Maillot (13 juin 1895). thumb|Isaac et Paul Koechlin de Valentigney, donnés vainqueurs sur Peugeot-Daimler Type 7 phaéton (4-places). thumb|Émile Levassor et Charles d'Hostingue, futurs premiers effectifs en Panhard & Levassor-Phenix 2 places. thumb|La Panhard & Levassor 5 d'Émile Levassor et Charles d'Hostingue, victorieuse du Paris-Bordeaux-Paris 1895. thumb|L'éclair des frères Michelin en 1895 au Paris-Bordeaux-Paris (première voiture au monde sur pneumatiques -avec un châssis Peugeot-, à l'arrivée, dernière inscrite au départ avec le numéro 46). thumb|La Nouvelle, voiture de 1880 pilotée par Amédée Bollée père au Paris-Bordeaux-Paris, ici de retour de la course. thumb|Hans Thum, à l'arrivée sur Benz (pour l'écurie Émile Roger de Paris, de deux voitures).
La distance est de avec le départ d'un concurrent toutes les deux minutes, le était réservé aux voitures à quatre places et transportant autant de passagers qu'il y avait de places. La course marqua le triomphe des moteurs à pétrole sur les autres énergies. Émile Levassor, arrivé premier à Paris sur Panhard & Levassor, remporta le car sa voiture n'avait que deux places.
Après de course et de moins que son prédécesseur, la victoire fut décernée à Paul Koechlin qui est arrivé quatrième sur sa Peugeot , 11 heures après Émile Levassor.
Cette course ne doit pas être confondue avec trois autres d'importance organisées jusqu'en 1901 entre Paris et Bordeaux, pour un aller simple cette fois : le Critérium des Entraîneurs de 1898 -vainqueur René de Knyff le sur Panhard après deux jours de compétition et une halte à Tours, en cumulées, à de moyenne horaire1898 Grand Prix - Team DAN.-, une deuxième édition en 1899 cette fois en une journée -vainqueur le Fernand Charron en , d'une traite à , et toujours sur Panhard1899 Grand Prix - Team DAN.-, puis une troisième course en 1901, le -Henri Fournier gagnant sur Mors en 1901 Grand Prix - Team DAN.-. Le Paris-Madrid 1903 peut aussi être considéré comme un cinquième trajet de Paris à Bordeaux, puisqu'il fut stoppé d'autorité dans cette ville par le politique français -vainqueur Fernand Gabriel en , soit un gain de en cinq ans, Panhard n'étant désormais plus que cinquième. Jusqu'en 1903, l'ensemble des arrivées à Bordeaux se font aux Quatre-Pavillons, devant la propriété de M. Journu. En est encore organisé un Paris-Bordeaux-Paris, par l'Autocycle Club de France, cette fois pour seules motocyclettes de tourisme sur Paris-Bordeaux-Paris 1904 motocycliste (Jules Beau, tome 26)..
Organisation Sur l'initiative du Comte De Dion et sous la présidence de M. Deprez et M. Berger, un comité s'est formé pour organiser une grande course. Le comité réunissait de généreux donateurs tels que le Baron de Zuylen, des constructeurs et plusieurs personnes s'intéressant à la locomotion automobile, dont Paul Meyan qui s'investira grandement dans l'organisation de l'épreuve.
Le , le comité d'organisation de la course se réunit et établit les 4 premiers articles du règlementLe Figaro, 19 décembre 1894.Le , le Baron de Zuylen offre un somptueux banquet aux membres du comitéLe Figaro, 6 mars 1895.
Du 6 au , une exposition de locomotion automobile est organisée à la galerie Rapp (sur le Champ-de-Mars à Paris) pour permettre au public d'examiner les 46 voitures en détail avant la course et constater leur état après le grand effort qu'elles avaient eu à fournir.
Règlement Le Vélo, édition du samedi : Art. 1 : La course est internationale. Les constructeurs ou inventeurs seuls pourront y prendre part. Art. 2 : La course se fera de Paris à Bordeaux, aller et retour d'une seule traite (environ 1200 km). Les véhicules montés au moins par deux personnes pourront seuls prendre part au concours, exception est faite pour les bicyclettes, tricycles et quadricycles, mentionnés à l'article 13. Art. 3 : Les véhicules ne seront admis à concourir qu'à la condition d'être actionnés par un moteur autre qu'une force animale. Art. 4 : Les sommes provenant de la souscription, ainsi que l'argent provenant des inscriptions, exposition, etc., déduction faite de 5000 francs mentionnés à l'article 13, ainsi que les frais effectués à l'organisation générale de la course seront ainsi repartis : à Paris ⇒ 50 % à Paris ⇒ 20 % à Paris ⇒ 10 % les 4 suivants ⇒ 5 % Art. 5 : Le premier prix ne pourra être attribué qu'à une voiture de quatre places et au-dessus. Art. 6 : Il sera organisé une Exposition d'une durée de quinze jours, qui commencera le jeudi , à 9 heures du matin. Elle sera obligatoire, sous peine de disqualification, les 6, 7, 8 et , pour tous les concurrents et facultative après la course. Elle se tiendra à la galerie Rapp (Champ de Mars). Art. 7 : Chaque véhicule engagé avant le devra payer une entrée de 200 francs. Art. 8 : Les véhicules engagés à partir du payeront une entrée double, soit 400 francs. Art. 9 : le nombre des voitures n'est pas limité, mais les concurrents ne pourront pas présenter plusieurs voitures du même type et de dimensions similaires. Art. 10 : Les concurrents pourront changer de conducteurs en cours de route. Art. 11 : les véhicules devront toujours porter le nombre de voyageurs prévu dans leur engagement ou un poids mort équivalent, fixé à 75 kilos par voyageur manquant. Art. 12 : Aucune réparation en cours de route, de quelque nature quelle soit, ne pourra être faite que par le personnel monté sur la voiture, et avec les ressources du matériel de réparation emporté par chaque voiture ; toute infraction entraînera la disqualification. Art. 13 : Il sera distrait une somme de 5.000 francs sur le montant des sommes disponibles pour donner un prix spécial aux quadricycles, tricycles et bicyclettes mécaniques à une place, n'excédant pas un poids de en ordre de marche et sans voyageur. Ces 5.000 francs seront ainsi répartis : 2.500 francs au premier arrivé à Paris 1.500 francs au deuxième 500 francs aux deux suivants Tous ces prix spéciaux ne pourront être décernés qu'aux véhicules ayant fait le trajet dans un temps maximum de 100 heures. Dans le cas où aucun de ces cycles ne ferait le trajet dans le délai prévu, cette somme de 5.000 francs serait reportée sur les prix à décerner aux voitures. Art. 14 : Le Comité se réserve le droit de mettre son poinçon, pendant la période de l'exposition, sur telles parties du mécanisme ou pièces de rechange qu'il jugera convenable. Art. 15 : Les voitures inscrites pour la course Bordeaux-Paris devront être rendues, prêtes à partir, le à 9h1/2 très précises du matin, sur la place de la ConcordeLe 8 juin 1895, le comité décide que le départ aura lieu à l'Arc de Triomphe., pour se mettre à la disposition des membres du Comité désignés spécialement pour les placer.(Les membres du Comité porteront un brassard rouge). Art. 16 : Le départ sera donné le à 10 heures. Les voitures, à un signal donné, se mettront en marche sans pouvoir se dépasser jusqu'à Versailles. Elles défileront ainsi, en restant autant que possible à une quarantaine de mètres les unes derrière les autres. Art. 17 : Arrivées à Versailles, les voitures se rangeront sur la place d'Armes dans l'ordre déterminé par un tirage au sort, suivant les indications qui seront communiquées aux concurrents par les membres du Comité. Les voitures partiront ensuite successivement, à des intervalles de deux minutes, dans l'ordre dans lequel elles auront été rangées. Art. 18 : Il sera tenu compte à l'arrivée des différences d'heures du départ. Art. 19 : Au moment du départ, les voitures recevront les jetons de contrôle. Elles se mettront ensuite en marche sur l'ordre du membre du Comité délégué à cet effet. Art. 20 : Dans les départements de la Seine et Seine-et-Oise, les conducteurs et leurs véhicules devront être en règle avec l'ordonnance de la préfecture de police du (, ). Art. 21 : Les concurrents devront se conformer également aux dispositions des lois et règlements sur la police du roulage, notamment à celle des titres I et III du décret du . Les véhicules actionnés par la vapeur devront, en outre, se conformer aux prescriptions du décret du . Art. 22 : Les conducteurs devront porter constamment leur attention sur l'état de la route, sur l'approche des voitures ou des personnes et ralentir ou arrêter, en cas d'obstacles, suivant les circonstances. Art. 23 : Quelle que soit leur vitesse de marche, les conducteurs devront rester maîtres de leur voiture, c'est-à-dire être assurés, en tout temps, de pouvoir l'arrêter dans l'espace de route libre qu'ils voient devant eux. Art. 24 : L'approche des véhicules devra être signalée, toutes les fois que besoin sera, au moyen d'une corne, d'une trompe ou de tout autre instrument du même genre, dont toutes les voitures devront être munies, à l'exclusion des sirènes ou des sifflets à vapeur. Art. 25 : Pendant la nuit, chaque voiture devra être munie de lanternes présentant au moins deux feux blancs à l'avant et un feu rouge à l'arrière. Les bicyclettes, tricycles et quadricycles tiendront compte dans la mesure du possible de ces prescriptions. Les lanternes d'avant auront un pouvoir éclairant tel que le conducteur puisse distinguer nettement la voie et les objets en avant de lui dans un champ assez étendu pour pouvoir s'arrêter en temps utile. Art. 26 : Quand deux voitures, marchant dans le même sens et à des vitesses différentes, se trouveront à proximité l'une de l'autre, celle qui marche le moins vite se rangera sur sa droite à première réquisition, de façon à laisser au moins la moitié de la route libre. Elle ne devra tenter aucune manœuvre pour empêcher son concurrent de la dépasser et cela sous peine d'être disqualifiée. Art. 27 : Si plusieurs voitures se présentent ensemble ou successivement devant un obstacle de route qui oblige la première à s'arrêter (accident, contrôle, passage à niveau, virage, etc.), les voitures devront s'arrêter l'une derrière l'autre et repartir dans leur ordre d'arrivée, sans chercher à se dépasser avant un parcours d'au moins 100 mètres. Art. 28 : En aucun cas, deux voitures ne devront marcher de front. Art. 29 : Aucune voiture ne pourra être poussée ou tirée d'un mauvais pas que par les personnes transportées par cette voiture, et cela sous peine de disqualification, sous les réserves de l'article 39. Art. 30 : Les concurrents devront s'arrêter devant les contrôles désignés ci-après, se soumettre à l'inspection des contrôleurs qui porteront un brassard bleu et leur remettre un des jetons donnés au conducteur de la voiture au moment du départ. Les conducteurs seront tenus de faire reconnaître, sur réquisition des contrôleurs, le poinçonnage des roues, châssis et essieux. Art. 31 : Des contrôles seront établis dans les villes suivantes : 1 Orléans, hôtel Saint-Aignan. 2 Tours, hôtel du Faisan. 3 Poitiers, hôtel Tribot. 4 Angoulême, buffet de la gare. 5 Bordeaux (virage). 6 Angoulême. 7 Poitiers. 8 Tours. 9 Orléans. 10 Versailles, place d'Armes. 11 Paris, restaurant Gillet (Porte Maillot).