La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR), appelée également la Coalition nationale syrienne (CNS)À ne pas confondre avec le Conseil national syrien qui a adhéré à la coalition., est une autorité politique de transition syrienne créée le à Doha, au Qatar, lors de la guerre civile syrienne et siégeant au CaireSyrie : deux des principaux groupes islamistes rejettent la Coalition nationale, Le Monde, 19 novembre 2012. Elle a pour but de coordonner les opposants au régime de Bachar el-Assad, au moyen d'opérations en Syrie ainsi que dans des pays tiers. Cette organisation fait suite aux demandes pressantes des États-Unis, mais aussi de la France et des monarchies du Golfe« Après Assad: l'opposition veut-elle rééditer le scénario irakien ? », Georges Malbrunot pour Le Figaro, 12 novembre 2012.
Le , à l'issue de la chute du régime baasiste de Bachar el-Assad, le président de la Coalition nationale syrienne Hadi Al-Bahra déclare que la Syrie devrait bénéficier d'une période de transition de 18 mois pour établir « un environnement sûr, neutre et calme » afin d'organiser des élections libres.
Structure et composition Présidence de Mouaz al-Khatib (2012-2013) À sa création, la Coalition réunit de nombreuses composantes de l'opposition, dont notamment le Conseil national syrien, dirigé par le chrétien Georges Sabra et qui était jusqu'ici la principale coalition d'opposition. La nouvelle coalition est dirigée par Mouaz Al-Khatib, un musulman sunnite. Les quatre vice-présidents élus sont Riad Seif, Suheir Atassi, Georges Sabra (qui ont tous trois pris part au déclenchement de la révolution) et un représentant du Conseil national kurdeLes « Amis de la Syrie » vont-ils entendre enfin les appels du peuple syrien ?, Ignace Leverrier pour Le Monde, 12 décembre 2012. Par ailleurs, la Coalition a mis en place .
Les comités locaux de coordination, qui animent la contestation sur le terrain, ont pris part à cette coalition, quelques jours après avoir quitté le Conseil national syrienComposition de la « Coalition nationale des Forces de la Révolution et de l’Opposition syrienne » sur Le Monde.. Néanmoins, celle-ci ne comprend ni le Comité national de coordination des forces de changement démocratique de Haytham Manaa, qui soutient les positions russes, ni le Forum démocratique syrien de l'opposant historique Michel Kilo« L'opposition syrienne se rassemble », Le Figaro, 11 novembre 2012 (qui finira par l'intégrer), ni la gauche syrienne, ni le Parti kurde, ni les deux plus importants groupes islamistes armés en Syrie (Liwa al-Tawhid et le Front al-Nosra).
En , la Coalition crée un comité restreint de six personnes chargé de consulter les forces de la révolution, l'opposition, l'Armée syrienne libre et les pays frères et amis sur la composition d'un futur gouvernement provisoire. Il comprend le président Moaz al-Khatib, Georges Sabra, Burhan Ghalioun, Ahmed Sayyed Yousef, Ahmad Assi Jarba et Moustapha Sabbagh (secrétaire général de l'organisation). Il est édicté qu'aucune de ces personnes ne pourra être membre du gouvernement provisoire en questionAvant la réunion de Paris, la Coalition Nationale syrienne presse le pas, Ignace Leverrier pour Le Monde, 21 janvier 2013.
L'organisation avait prévu de se donner un Premier ministre à Istanbul le Où va l'opposition politique syrienne ?, Le Nouvel Observateur, 4 mars 2013. Cette décision est finalement prise le , Ghassan Hitto, un ancien expatrié aux États-Unis, étant élu premier ministre intérimaireGhassan Hitto élu premier ministre intérimaire par l'opposition syrienne, Le Monde, 19 mars 2013. Celui-ci remporte l'élection .
Le , Mouaz al-Khatib annonce sa démission de la présidence. La désignation de Ghassan Hitto comme Premier ministre d'un gouvernement provisoire et l'insuffisance de l'aide apportée par la communauté internationale figurent parmi les raisons de cette décision, rejetée par la Coalition et les autorités du QatarLa Coalition nationale syrienne refuse la démission de son chef, Le Monde, 24 mars 2013Ahmed Moazz Al Khatib reste à la tête de la Coalition Nationale syrienne, Ignace Leverrier pour Le Monde, 24 mars 2013. Un peu plus tôt, la vice-présidente Suheir Atassi avait également démissionné Moaz al-Khatib's resignation plunges Syrian opposition into chaos, The Guardian, 24 mars 2013.
Ces dissensions au sein de l'opposition révèlent l'existence de deux axes concurrents : d'un côté, le Qatar et la Turquie liés aux Frères musulmans et soutenant la formation d'un gouvernement intérimaire ; de l'autre, l'Arabie saoudite et les États-Unis, qui préfèrent soutenir les conseils militaires dirigés par des dissidents de l’armée et les courants modérés et laïques, plutôt que les djihadistes (notamment ceux du Front al-Nosra)Syrie: les divisions de l’opposition, fruits des rivalités entre Doha et Ryad, Libération, 27 mars 2013Syrie : les mauvais jeux diplomatiques déstabilisent la révolution, Mediapart, 2 avril 2013. Cette rivalité s'est notamment concrétisée lors de l'élection du Premier ministre par le soutien de deux candidats distincts de la part du Qatar et de l'Arabie saoudite, à savoir respectivement Ghassan Hitto et l'ancien ministre Asaad MoustaphaLes Frères syriens sous le feu des critiques. 1 / La désignation de Ghassan Hitto, Ignace Leverrier pour Le Monde, 4 avril 2013. Cette rivalité se retrouve lors de la réunion de la CNFOR à Istanbul en , l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis faisant pression sur l'organisation pour inclure au moins 30 nouveaux membres et ainsi diminuer l'influence des Frères musulmansSyrie : l'armée avance à Qoussair, les opposants piétinent à Istanbul, Le Monde, 25 mai 2013. De fait, la CNFOR intègre 51 nouveaux membres au terme de cette réunion, ce qui porte ses effectifs à 114 individus ; le Conseil national syrien conservant 40 % des siègesSyrie. Echos de l’assemblée générale de la Coalition nationale (dernière journée), Ignace Leverrier pour Le Monde, 31 mai 2013.
C'est alors que la Commission générale de la révolution syrienne décide de quitter la CNFOR, accusant certains dirigeants de servir leurs ambitions personnelles et d'avoir utilisé l'argent à leur profit, et reprochant à la coalition de ne pas avoir respecté son engagement de réserver un tiers des sièges aux rebelles sur le terrain sous l'influence de puissances étrangèresSyrie: la Coalition de l'opposition perd un allié de poids, L'Express, 3 juin 2013.
Présidence de Ahmad Assi Jarba (2013-2014) Le , Ahmad Assi Jarba est élu président de la CNFOR et succède à Georges Sabra qui avait assuré l'intérim à ce poste après le départ de Mouaz al-Khatib ; il est soutenu par l'Arabie saoudite dans le cadre de la lutte d'influence qui se joue au sein de l'organisation, alors que le Qatar était proche de son rival Mustafa al-SabbaghSyrie: Jarba élu président de la Coalition de l’opposition, Libération, 6 juillet 2013. Deux jours plus tard intervient la démission du Premier ministre Ghassan Hitto, dont la nomination avait été soutenue par le QatarSyrie : le premier ministre de l'opposition démissionne, Le Monde, 8 juillet 2013.
Le , la CNFOR élit un nouveau Premier ministre en la personne de Ahmad Toumeh. Secrétaire général de la Déclaration de Damas, , il est qualifié dans la presse d'L'opposition syrienne élit Ahmad Toumeh Premier ministre, Le Nouvel Observateur, 14 septembre 2013.
Le , un communiqué commun d'importants groupes rebelles islamistes annonce que la Coalition nationale, ne saurait les représenter et ne reconnaît d'autre source à une future législation que la chariaSyrie : d'importants groupes rebelles prônent la charia et rejettent la Coalition nationale, lemonde.fr, 25 septembre 2013.
Le , Ahmad Jarba affirme que la coalition . Il assure également L'opposition syrienne pose ses conditions avant la conférence de Genève 2, Le Monde, 3 novembre 2013. La coalition accepte finalement de participer après avoir posé plusieurs conditions, dont un accès libre aux zones assiégées pour les organisations humanitaires, la libération des prisonniers politiques et l'objectif d'une transition politiqueSyrie : l'opposition accepte de participer à la conférence Genève 2, Le Monde, 11 novembre 2013.
Le , Ahmed Toumeh soumet au vote de l'assemblée générale la liste des douze ministres qu'il souhaite voir figurer dans son gouvernement provisoire. Seuls neuf d'entre eux obtiennent les 62 voix requisesSyrie. Que révèle la composition du gouvernement provisoire d’Ahmed Tomeh ? (1/2), blog d'Ignace Leverrier associé au Monde, 25 novembre 2013. Ce gouvernement, qui s'installe à Gaziantep en Turquie faute de pouvoir s'installer à Alep comme il en avait l'intention, est partagé entre "islamistes modérés" et "laïcs modérés". En revanche, Blog d'Ignace Leverrier pour Le Monde, Syrie. Que nous dit la composition du gouvernement provisoire d’Ahmed Tomeh ? (2/2), 16 décembre 2013.
Ahmad Jarba est réélu, le à Istanbul, à la tête de la Coalition nationale, par 63 votes contre 13 à Riad Hijab« Ahmed Jarba réélu à la tête de la Coalition nationale syrienne », in Le Figaro, lundi 6 janvier 2014, page 7.. Le , après que le Comité de coordination nationale pour les forces de changement démocratique (CCND, opposition de l'intérieur) a indiqué qu'il ne participerait pas à la conférence de paix dite de Genève 2, la Coalition confirme sa participation à cette dernière : selon Ahmad Jarba, L'opposition syrienne en exil participera à la conférence de paix de Genève 2, Le Monde, 18 janvier 2014. La Coalition exige néanmoins l'absence de l'Iran à cette conférence, ce qu'elle obtient du secrétariat général de l'ONU qui justifie cette décision par le refus iranien de soutenir un gouvernement de transition en SyrieSyrie : Ban Ki-moon retire à l'Iran son invitation pour la conférence de paix de Genève, Le Figaro, 20 janvier 2014.
En , le gouvernement américain décide de donner aux bureaux de l'opposition syrienne se trouvant dans son territoire le statut de mission diplomatique étrangèreSyrie: Washington soutient l’opposition, BBC Afrique, 5 mai 2014.
Présidence de Hadi el-Bahra (2014-2015) Le , Hadi el-Bahra est élu président de la CNFOR face à Mouwafaq NayrabiyehSyrie: la coalition regroupant l'opposition a un nouveau chef, Le Point, 10 juillet 2014.
Liste des Présidents de la CNFOR № Portrait Nom(date de naissance) Début de mandat Fin de mandat Parti politique Note(s) 1 80pxMoaz al-Khatib(1960–) 11 novembre 2012 22 avril 2013 Indépendant — 80pxGeorges Sabra(1947–) 22 avril 2013 6 juillet 2013 Conseil national syrien Président du Conseil national syrien 2 80pxAhmad Jarba(1969–) 6 juillet 2013 9 juillet 2014 Conseil national syrienRéélu le 5 janvier 2014. 3 80pxHadi al-Bahra(1959–) 9 juillet 2014 4 janvier 2015 Indépendant 4 80pxKhaled Khoja(1965–) 4 janvier 2015 5 mars 2016 Indépendant Réélu le 3 août 2015. 5 Anas al-Abdeh(1967–) 5 mars 2016 6 mai 2017 Conseil national syrien 6 Riad Seïf(1946–) 6 mai 2017 6 mai 2018 Indépendant 7 80pxAbdurrahman Mustafa(1964–) 6 mai 2018 29 juin 2019 Indépendant 8 Anas al-Abdeh(1967–) 29 juin 2019 12 juillet 2020 Conseil national syrien 9 60pxNasser el-Hariri(1977–) 12 juillet 2020 12 juillet 2021 Mouvement révolutionnaire indépendant 10 Salem al-Meslet(1959–) 12 juillet 2021 12 septembre 2023 Conseil syrien des tribus et des clans 11 80pxHadi al-Bahra(1959–) 12 septembre 2023 en fonction Indépendant
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