vignette|Le jardin japonais du Musée d'Art Adachi fondé en 1970 (Adachi Zenko, 1899-1999).Collection d'art moderne japonais depuis Yokoyama Taikan (1858-1968).

L’art japonais désigne les productions artistiques et artisanales du peuple japonais. Il englobe un large éventail de styles et de supports : peinture, sculpture, gravure, architecture, céramique, laque ainsi que des formes plus contemporaines comme le manga et l'animation (anime). Son histoire est longue et s'étend des débuts de l'occupation humaine au Japon jusqu'à nos jours.

Plusieurs domaines artistiques ne sont pas abordés dans cet article mais font l'objet d'articles spécifiques : l'ikebana (« voie des fleurs »), le cinéma japonais, la littérature japonaise et la poésie japonaise, le théâtre japonais, la musique japonaise et la danse japonaisePour accéder aux articles concernant la danse japonaise passer par :Catégorie:Danse au Japon., dont le butō. Les formes d'écriture du japonais peuvent donner lieu à l'exercice de la calligraphie, reconnu comme art au même titre que la peinture.

L'art japonais s'est construit sur les traditions nationales de l'archipel, aussi bien religieuses que culturelles, tout en intégrant des influences étrangères venues principalement de Chine mais aussi, dès la fin du , d'Occident.vignette|Deux pages des poèmes de Kiyohara no Motosuke (908-990). Époque de Heian. H. , L. . Argent, or, couleur et encre sur papier ornementé. Volume qui lui est dédié dans l'anthologie des . Nishi-Hongan-ji, Kyoto. vignette|Statues de Fūjin et Raijin. Bois peint, Fūjin: H.112 cm. Raijin: . Mi . Époque de Kamakura. Temple de Sanjūsangen-dō. Kyoto. Les dieux du vent (Fujin) et du tonnerre (Raijin) se dressent au sommet des nuages. Fujin porte les vents dans un sac sur ses épaules. Raijin est entouré d'un cercle de tambours qu'il bat avec un pilon dans chaque main.

Généralités vignette| Katsushika Hokusai, 1849, Dragon volant au-dessus du mont Fuji. Kakemono, encre et couleur sur soie, , Obuse, musée Hokusai. |567x567px

L'« Art » ou l'« art » au Japon Le mot « art » a été introduit au Japon en 1873 sous la forme « Art », traduction de « Beaux-Arts » tel que ce concept était employé dans le monde occidental depuis le milieu du Voir la partie intitulée « Bijutsu. « Beaux-Arts » : expositions universelles 1873 - 1900 dans l'article "Nihonga" ». Références : Christophe Marquet, « La conception des Beaux-Arts à l'époque de Maiji »in et .. Cette introduction s'est accompagnée d'une distinction nette et hiérarchique entre art noble et art manufacturier, amenant à écarter certains genres comme la peinture satirique et l'imagerie populaire d'ŌtsuExposition : ŌTSU-E: Another History of Edo Painting, Tokyo Station Gallery, 2020. (dites « primitives »), et la peinture érotique (shunga).. Ce n'est qu'avec les années 1920 que seront redécouvertes les peintures « primitives » prémodernes.

Vue d'ensemble Tout au long de son histoire, le peuple japonais a développé des cultures adaptées aux contraintes géo-climatiques de l'archipel et des formes d'art qui leur étaient propres. Il a aussi intégré des savoirs pratiques et des idées extérieures et nouvelles. Les anciens habitants du Japon ont toujours su assimiler ou imiter ces éléments issus de cultures étrangères, en les complétant de leurs propres préférences esthétiques. L'art japonais connut un évènement décisif au de notre ère, plus précisément en 538 ou 552, lorsque le bouddhisme fut introduit dans l'archipel par l'intermédiaire d'une ambassade coréenne. Cette décision relia la culture japonaise à l'ensemble des pays touchés par le bouddhisme, en particulier la Chine des Tang. Au , alors que les contacts avec la Chine diminuaient, le Japon commença à développer des formes d'expression indigènes dans lesquelles les arts profanes occupaient une très grande importance. Ces formes d'art, au même titre que l'art religieux, fleurirent jusqu'à la fin du . Après la , le Japon entra dans une période de perturbations politiques, sociales et économiques qui dura pendant tout le . Dans l'État qui émergea au début de l'époque Edo, dominé par le clan Tokugawa, la religion joua un rôle moins important et les formes d'art qui y survécurent furent essentiellement profanes.

La peinture était pratiquée au Japon aussi bien par des professionnels que par des amateurs. Les Japonais ont écrit avec un pinceau jusqu'à l'époque moderne ; leur familiarité avec le maniement du pinceau les a rendus particulièrement sensibles à des valeurs picturales dominées par le trait. Avec l'essor de la culture populaire pendant l'époque Edo, la gravure sur bois de lukiyo-e () devint un art majeur lorsque ses techniques, en particulier l'usage de nombreuses couleurs, furent perfectionnées... Ces estampes traitaient des sujets très variés associés à la nouvelle culture urbaine de l'époque Edo : affiches de théâtres, portraits de courtisanes, paysages du Japon et d'Edo, scènes érotiques, illustrations de grands romans japonais, calendriers décorés...

La sculpture japonaise connut de grands développements à partir de l'introduction du bouddhisme dans l'archipel. Majoritairement religieuse, elle a présenté tout au long de son histoire des styles et des techniques variés développés par de grands ateliers ou des artistes itinérants.

Les céramiques constituent la plus ancienne forme d'art au Japon. Elles ont connu deux âges d'or : celui des grès japonais, du au et celui de la porcelaine japonaise, à partir du .. La céramique reste un art très pratiqué à l'époque contemporaine.

Le travail de la laque est un art très poussé au Japon. Les artisans laqueurs exploitaient toutes les possibilités offertes par ce matériau, de la sculpture à la confection d'objets raffinés portant des décors dorés et incrustés de nacre.

L'architecture japonaise montre une préférence marquée pour les matériaux naturels et les interactions entre les espaces intérieurs et extérieursLa grande maison paysanne ou, plus largement, populaire, dans tous les types de minka traditionnelles qui existent, tout autant que les bâtiments de la villa impériale de Katsura, avec leurs matériaux et leurs jeux d'espace, peuvent servir de référence ici.. Son influence sur l'évolution de l'architecture mondiale moderne s'est manifestée par de nombreux échanges entre le Japon et les architectes occidentaux comme Bruno Taut, Le Corbusier et Charlotte Perriand. De grands architectes japonais contemporains, comme Kenzo Tange, Arata Isozaki ou Tadao Andō jouissent d'une renommée internationale.

L'art japonais est caractérisé par des oppositions marquées entre formes complexes et goût pour la simplicité et l'épure. L'architecture japonaise offre de telles oppositions au : le est un exercice de simplicité mettant l'accent sur les matériaux naturels et bruts, et témoigne d'une recherche de beauté subtile ; le mausolée du Tōshō-gū () de Nikkō est une structure symétrique rigide recouverte sur chacune de ses surfaces visibles de gravures en relief colorées avec éclat. Avec ces deux exemples apparaissent deux autres caractères opposés : les effets de symétrie, l'art du détail maîtrisé, associés à l'expression du pouvoir et au bouddhisme d'origine continentale, selon les codes d'origine chinoise ; d'autre part, les effets d'asymétrie et d'inachevé, les matières « pauvres » et naturelles associés à la culture proprement japonaiseKatō Shūichi (Le temps et l'espace dans la culture japonaise, CNRS éd. 2009, p. 203 sq.) établit la relation entre symétrie/asymétrie, Chine/Japon, et la poésie où il est difficile voire impossible de construire des vers parallèles dans la poésie japonaise, extrêmement courte, alors que c'est le contraire dans la poésie chinoise. développée depuis l'époque de Heian. L'art japonais, valorisé non seulement par sa simplicité, mais également par son exubérance colorée, a considérablement influencé la peinture occidentale du (avec le japonisme) et l'architecture occidentale du .

Période Jōmon

vignette|left|170px|Jarre funéraire profonde, pour un enfant. Décor cordé, incisé (et gravé ?), v. 5000 AEC. Jomon Museum à Sannai Maruyama.

Après la période du Paléolithique du Japon, et pendant près de , au cours de la à cause du nom des typiques des poteries de cette époque, étaient des chasseurs-cueilleurs mobiles, puis semi-sédentaires. La pratique de la poterie, apparue au moins vers 14000 AEC. chez des chasseurs-cueilleurs, a fait évoluer la notion de « néolithique ».. Ils ont utilisé la céramique pour des objets variés, vases, très grande quantité de figurines, masques aux formes parfois complexes et décorées par des empreintes, des incisions et des reliefs appliqués, sans jouer sur des terres de différentes couleurs qui auraient permis la peinture, mais parfois en effectuant le décor par des tracés géométriques de laque sur la céramique préalablement laquée, elle-même.

Poterie Les premières poteries du proto-Jōmon (11000-7000 AEC), découvertes sur l'ensemble du Japon et servant à la cuisine, sont caractérisées par un fond pointu ; le décor en lignes horizontales creuses peut être parfaitement maîtrisé, et réalisé à l'aide des doigts ou de spatules sur l'argile frais. Elles servent essentiellement à cuire longtemps glands et marronsLaurent Nespoulous in .. Plus tard apparurent des poteries à fond plat et circulaire dans le sud de l'Hokkaidō et le nord du Tōhoku. Ces poteries possèdent de hautes parois et une ouverture plus large que la base.

Après cette période initiale, des poteries non réservées à la cuisine auront un rôle cérémoniel et pourront être utilisées lors des enterrements, où elles étaient placées au côté du défunt ou faisaient office d'urne funéraireYoshiya Shinagawa dans .. Vers 4000-3000 le décor couvre certaines jarres à bec verseur et il s'enrichit d'une multitude de motifs réalisés par de nombreux outils, dont des cordes et des bambous retravaillés. Le décor de la poterie Jōmon était souvent formé par des empreintes d'un bambou, taillé et appliqué ou trainé sous différents angles, ou d'une corde roulée, simple ou tressée, mais aussi par bien d'autres procédés astucieux où le polissage sert de faire-valoir aux motifs imprimés/incisés.

vignette|170px|Jarre de type « couronne », style « flammèches » « No 1 ». H. env. . Jōmon moyen (3000-2000 AEC). L' se caractérise, vers 3000-2000 AEC, par des villages permanents et des vases à bords hauts et extraordinairement travaillés. Elles sont toujours montées aux colombins mais la lèvre disparait sous d'énormes volutes très décorées, et de hautes protubérances comme si des flammes en avaient servi de « modèle » insaisissable. Ce décor proliférant ne permet plus d'utiliser le vase pour en verser le contenu, ce qui semble leur retirer la fonction de vase à verser, mais pourrait indiquer d'autres fonctions données à ces céramiques. L'invention des potiers ne cesse pas ensuite, certains motifs (2000-1000) font preuve d'une simplicité élégante au décor géométrique « minimaliste » (grands chevrons et spirales, lèvre divisée en quatre « vagues »). La forme « théière » apparait au cours de ce Jōmon récent, comme la forme « en corne », à deux ouvertures.

Représentations anthropomorphes

Environ appelées dogū () et domen ont été modelés dans l'argile et cuits. Les caractères qui les distinguent sont partagés au sein du groupe qui les a produit. Il est difficile de distinguer des caractères généraux à ces figurines et des masques, si ce n'est qu'ils sont très fortement stylisés et témoignent ainsi de l'esprit créatif des groupes qui les ont élaborés.