Jacques Abeberry, dit Jakes, né le à Biarritz et mort le à Cambo-les-Bains., est un cadre de banque de profession, un baryton, un danseur, un directeur de théâtre et une figure du mouvement abertzale en Pays basque français.

Biographie Jacques Abeberry naît à Biarritz le ., il est l'un des cinq fils de Jean Abeberry, boulanger biarrot, catholique de droite et Croix-de-feu, originaire d’Arcangues et d'Ernestine Etcheverry, institutrice fille d'instituteur, native de Halsou.

Il a été à l'âge de danseur et chanteur à Oldarra, dont il fut le directeur théâtral à l'âge de puis le directeur artistique en 1953 et aussi le président à partir de 1973.

Il est le directeur de publication dEnbata, un journal abertzale. dont il est l'éditorialiste depuis 1968« Q : La création d’Enbata a provoqué la confrontation entre différentes parties de la société. Quelles relations aviez-vous avec les acteurs du territoire ? R : C’est un mur d’incompréhension et, à la fois, ils voient que ce que nous disons a de l’avenir. Je me vois encore dans une réunion publique à Hendaye, organisée par la Chambre de commerce. On leur disait : "Ne regardez plus vers Paris, Paris vous tue. Il nous vide. De l’autre côté, c’est là qu’il y a des usines, des banques. Vous ne le voyez pas parce qu’il y a Franco, on ne peut pas y aller. Mais demain il ne va pas y être. Nous avons une petite Ruhr là". À trente cinq ans, devant tout le monde… On était un peu morpion, mais on en voulait. Ça a quand même mis un temps fou tout cela. » Source : Mediabask, le 22/02.2020, entretien avec Jakes Abeberry, , et est un des fondateurs d'Abertzaleen Batasuna (AB).

Il est le président d'honneur de « Biarritz autrement – Biarritz Bestelakoa » qu'il a contribué à fonder en 1989..

Alors qu'il est dans les années 1980 de presque tous les processus d’organisation des outils en faveur de la langue et la culture basques, une fois devenu second adjoint au maire de Biarritz chargé de la culture, il est le fondateur et président de Biarritz Culture (1991-2020)« Jakes Abeberry nous a quittés. Je ne vais pas répéter ici tout ce qui a été dit et écrit à propos de son parcours hors du commun. De l’immense apport de Jakes au Pays basque nord et au-delà au Pays basque tout entier. Sur le plan politique ou sur le plan économique. Mais aussi à Biarritz et plus particulièrement à la vie culturelle de Biarritz. Car Jakes était viscéralement biarrot. Un abertzale fervent pour sûr, mais d’abord biarrot. Il me semble - hormis des déclarations de Filgi Claverie rapportées brièvement dans Berria du 1 décembre 2022 - qu’il a été peu fait mention de l’engagement visionnaire et indéfectible que fut celui de Jakes en faveur du processus d’organisation des outils en faveur de la langue et la culture basques. » ..

Abertzalisme À la question , Jakes Abeberry répondait : ..

À , il entre aux ballets et chœurs basques Oldarra qui comptaient dans leurs rangs plusieurs réfugiés basques. C'est à Oldarra qu'il prend conscience de la « réalité basque ».

Pendant des années il aide des artistes comme Mikel Laboa à passer la frontière et à enregistrer des disques en basque puisque ceci est interdit sous le dictature franquiste.

Le , il est l'un des signataires de la charte d'Itxassou, qui pose les bases d'un abertzalisme à la française avec pour premier objectif la réunification du Pays basque dans une Europe unie. En 1986, à la création d'un nouveau parti abertzale de gauche, Euskal Batasuna (« unité basque »), il s'oppose au recours à la lutte armée en Pays basque français..

Lecteur, dès 1963, de L'Europe des ethnies de Guy Héraud, partisan des États-Unis d'Europe et tenant de la vision de l'Europe des régions, il demeure un observateur attentif de la construction européenne..

Jouant un rôle auprès de Patxi Noblia. dans la création de l'entreprise Sokoa, Jakes Abeberry est connu aussi pour son engagement au sein du collectif abertzale Izan qui anima cinq chantiers (revendication institutionnelle, présence abertzale aux élections, développement économique, échanges transfrontaliers, culture).

Du chantier de développement économique initié par Izan, naîtront en Hemen., une association d'animation économique à but non lucratif, et Herrikoa, société de capital-risque créée en et ayant vocation à soutenir l'emploi en Pays basque.

En 1981, la création d'un département basque prônée dans la motion politique accompagnant la charte d'Itxassou de 1963 est reprise par François Mitterrand dans la « 54. La décentralisation de l’État sera prioritaire. Les conseils régionaux seront élus au suffrage universel et l’exécutif assuré par le président et le bureau. La Corse recevra un statut particulier. Un département du Pays basque sera créé. La fonction d’autorité des préfets sur l’administration des collectivités locales sera supprimée. L’exécutif du département sera confié au président et au bureau du conseil général. La réforme des finances locales sera aussitôt entreprise. La tutelle de l’État sur les décisions des collectivités locales sera supprimée. » de ses 110 propositions pour la France pour l'élection présidentielle de 1981.

Il fait partie de la centaine de personnes qui se réunissent en septembre 1981 lors des premières Assises de la langue et la culture basques tenues au Musée Basque de Bayonne, des Assises suivies par un texte intitulé « Pour un statut de la Langue et la Culture Basques » paraphé par 23 associations et 2 syndicats..

Quand 25 associations culturelles basques se fédèrent en avril 1984 dans Pizkundea« Quelques mois plus tard, la fédération Pizkundea (Renaissance) regroupant l'essentiel des associations culturelles basques qui œuvrent plus particulièrement dans les domaines de l'action culturelle et patrimoniale sera créée. Cette fédération jouera le rôle d'interlocuteur entre mouvement culturel basque et pouvoirs publics durant la décennie qui suivra » . avec pour président Jean Haritschelhar, Jakes Abeberry en est le secrétaire général..

Lors de l'assemblée constitutive, le 25 juin 1984, de l'association Centre Culturel du Pays Basque, trois représentants de Pizkundea (Ramuntxo Camblong, Jean Haritschelhar, Jakes Abeberry« Toujours présent Jakes, entré par la moindre porte ou fenêtre entrebâillée. Pourtant, ce n’était pas les moments les plus apaisés pour œuvrer en faveur de la langue et la culture basques. La création du Centre Culturel du Pays basque brisa quelque peu immédiatement l’unité de Pizkundea : Seaska, AEK et l’association Arroka quittèrent la fédération faisant état de leur désaccord. Pour Jakes, l’attitude de l’association culturelle basque de Biarritz Arroka ne fut pas, on s’en doute, une nouvelle réjouissante. » .) sont nommés au conseil d'administration aux côtés des douze représentants des collectivités publiques et de l'État (ville de Bayonne, département des Pyrénées-Atlantiques, région Aquitaine, ministère de la culture, préfet des Pyrénées-Atlantiques)« Une équipe professionnelle sous la responsabilité d'un directeur est mise en place, les associations représentées par la fédération Pizkundea acceptent de jouer le jeu en participant notamment aux travaux de commissions de travail consultatives. Premiers échanges entre associations culturelles basques et collectivités publiques. Mais rapprochement sous haute surveillance. En effet, si le poste de président de cette structure culturelle (juridiquement, il s'agit d'une association loi de 1901) est "laissé" à un représentant du monde culturel basque, douze des quinze sièges du conseil d'administration sont occupés statutairement par des représentants des quatre membres fondateurs ! De plus, la vision de l'Etat est celle d'un centre d'action culturelle de type classique, répondant peu ou pas du tout à l'époque aux préoccupations et priorités exprimées par les acteurs culturels basques. Incompréhensions, conflits, rupture du dialogue. Fin 1988, le Centre Culturel du Pays Basque cesse ses activités. » .« Après deux premières années prometteuses, la situation se tendit à l’intérieur du Centre culturel du Pays basque. À partir de 1986, le virage désastreux que donna le nouveau directeur Dominique Burucoa au projet du Centre conduisit les représentants du monde culturel basque, dont Jakes Abeberry, à mener la politique de la chaise vide au sein son Conseil d’administration. Les questions soulevées par les 3 centres culturels du Pays basque intérieur Uhaitza, Haize Berri et Eihartzea, l’éviction de la candidature de Manex Goyhenetche au poste de littérature au sein du Centre et bien d’autres problèmes envenimèrent la situation et en 1988, l’expérience du Centre Culturel du Pays basque cessa. Durant toute cette période conflictuelle, le soutien de Jakes Abeberry à la démarche commune de Pizkundea fut sans faille. Sans détours mais avec un sens diplomatique inégalable. » .. Les représentants de Pizkundea essayent en vain d'introduire cinq amendements aux statuts de l'association, notamment pour en changer le nom pour celui de Centre culturel basque« Les représentants de Pizkundea proposent cinq amendements aux statuts. Tous sont rejetés. Le Centre continuera, notamment, de s'appeler « Centre Culturel du Pays Basque » et non « Centre culturel basque », comme le demandent les associations. Vaine querelle de mots ? « Pas du tout, nous dira, au cours de notre enquête, Jakes Abeberry, adjoint au maire de Biarritz, et qui était alors l'un des délégués de Pizkundea. Ce n'était pas du tout innocent. En appelant ce Centre « du pays basque », ils pouvaient programmer n'importe quelle manifestation artistique. Alors que s'il s'était agi d'un Centre « culturel basque », le Conseil d'Administration aurait été contraint de promouvoir un effort artistique basque ». À quoi Maurice Touraton, qui était alors délégué de la ville de Bayonne au Conseil d'Administration, répondra : « En fait, il fallait rester ouvert au maximum de possibilités ». » ..

En 2010, la fête surprise organisée à l'occasion de son a rassemblé plus de deux cents personnes et a eu un écho dans la presse locale.. Quelques jours après paraissait un grand portrait de lui dans le journal Sud Ouest..

Le , jour de son , il est l'invité de Radio Kutzu, l'émission humoristique dominicale de France Bleu Pays Basque..

Carrière politique Élu pour la première fois en 1983, il est demeuré conseiller municipal à Biarritz jusqu'au et a longtemps été deuxième adjoint au maire, d'abord chargé de la culture (1991-2001) puis du développement et des infrastructures urbaines (2001-2008).

Lors des élections municipales et communautaires (à la Communauté d'Agglomération Pays basque) de mars 2020, il est le candidat de la liste des 35 candidats et deux suppléants qui se présentent à Biarritz sous le nom d'''Euskal Herrian Vert et Solidaire.

Cette liste obtient 12,34 % des suffrages exprimés au premier tour du 15 mars 2020 et décide, le juin 2020, de s'allier avec la liste Biarritz Nouvelle Vague qui elle a obtenu 16,22 % des suffrages.. Jakes Abeberry est de nouveau le candidat de cette liste dénommée Biarritz Nouvelle Vague Verte et Solidaire - Olatu Berria qui se présente dans une quadrangulaire au second tour du 28 juin 2020.. Le 28 juin 2020, la liste Biarritz Nouvelle Vague Verte et Solidaire - Olatu Berria termine deuxième avec 26,30% des voix et compte cinq élus..

À partir des élections de 1989, l'action municipale qu'il mène se fait à la tête de la liste abertzale ouverte à la société civile dénommée « Biarritz Autrement – Biarritz Bestelakoa ». Il obtient 12 % des voix en 1989 puis 14,5 % des voix en 1991 lors des élections consécutives à la mise en minorité de Bernard Marie au sein du conseil municipal sur la question de la destruction du casino municipal et de l'édification de résidences à la place.