Oscar Palmer Robertson (né le à Charlotte dans le Tennessee) est un joueur de basket-ball américain ayant évolué dans le championnat américain de la National Basketball Association (NBA) de 1960 à 1974 au poste de meneur. Il est surnommé .

Champion NBA en 1971 avec les Bucks de Milwaukee, franchise qu'il a rejointe en début de saison après une carrière avec les Royals de Cincinnati, il est sans conteste l'un des joueurs les plus complets de sa génération. Nommé une fois (MVP) (meilleur joueur de la saison) lors de sa carrière, il est aussi l'un des trois joueurs de l'histoire de la ligue (avec Russell Westbrook lors de la saison 2016-2017 et Nikola Jokić lors de la saison 2024-2025) à avoir enregistré un triple-double de moyenne sur une seule saison (en 1961-1962 avec 30,8 points, 11,4 passes décisives et 12,5 rebonds). Il termine à de nombreuses reprises meilleur passeur de la ligue. Il est par ailleurs champion olympique en 1960 avec une équipe des États-Unis qui est introduite au . Il est également introduit à titre individuel au sein de celui-ci et au sein du .

Biographie

Jeunesse et débuts dans le basket-ball Petit-fils d'un ancien esclave, Oscar Robertson nait à Charlotte dans le Tennessee avant de rejoindre Indianapolis, avec ses parents — son père est exploitant d'abattoir et sa mère esthéticienne — et ses deux frères Bailey et Henry, où la famille habite dans un quartier pauvre et ségrégationniste. Ses parents divorcent peu après.

Robertson, qui joue au basket-ball depuis l'âge de sept ans, sport qu'il pratique avec un ballon fabriqué de chiffons liés par des bandes de caoutchouc ou une balle de tennis, fait la connaissance de Tom Slet, ancien joueur de l'université Butler qui s'occupe des jeunes du quartier. Celui-ci le prend sous son aile. Robertson s'entraîne du matin au soir, répétant sans cesse ses tirs depuis différentes positions.

Il rejoint le lycée de , nom nommé en souvenir de Crispus Attucks, une des victimes noires du Massacre de Boston du . Celui-ci est le seul lycée à accueillir des noirs jusqu'au début des années 1950. Il voit en 1951 son frère Bailey marquer le point qui donne la victoire 81 à 80 lors d'une finale régionale à ce même lycée. Ne pouvant jouer lors de sa première année en sa qualité de , Oscar Robertson débute en 1954, terminant la saison en demi-finale de l'État face aux de La saison 1954 des de a fait l'objet d'un film sorti en 1986.. L'apport de l'entraîneur Ray Crowe est fondamental sur la carrière d'Oscar Robertson : celui-ci privilégie les fondamentaux, qu'il fait répéter sans cesse, et interdit toute fantaisie, comme le dribble dans le dos. Il interdit également à ses joueurs de parler sur le terrain. Il oblige également ses joueurs à étudier, mettant comme condition à la participation aux matchs l'assiduité aux cours et l'obtention des diplômes. Lors de la troisième année dans l'école, Robertson conduit son équipe au titre de champion de l'État, en ne concédant qu'une seule défaite sur la saison. Ce titre est le premier titre de l'État pour le lycée de la ville d'Indianapolis, mais surtout, c'est le premier titre d'État remporté par une équipe composée uniquement de noirs. L'équipe du lycée termine la saison suivante invaincue en trente-et-une rencontres, ce qui porte à quarante-cinq la série de victoires consécutives, record de l'école. En 2009, Robertson refuse l'honneur d'avoir son numéro retiré pour ce lycée : il désire l'être au sein de l'équipe entière, et en compagnie de son entraîneur, Ray Crowe, déjà décédé.

Carrière universitaire Sollicité par de nombreuses universités, plus de trente, il choisit l'université de Cincinnati. Il devient le cinquième joueur noir des Bearcats de Cincinnati. À cette époque, les joueurs de première année, aussi désignés sous le nom de , ne peuvent disputer la saison NCAA avec leur université. Toutefois, sont présents pour voir Robertson et les autres joueurs de première année disputer un match de préparation contre l'équipe universitaire, rencontre où il inscrit 37 points, prend 17 rebonds et fait 8 passes. Robertson débute donc en deuxième année, avec 28 points, 15 rebonds, 14 passes lors de sa première rencontre. Le surnom de est alors inventé par Dick Baker, un reporter de Cincinnati. Dans une période où les médias ne sont pas encore développés, Robertson utilise sa première apparition au Madison Square Garden, déjà reconnu comme haut lieu du sport, pour réaliser une grande performance en en inscrivant 56 points contre Seton Hall. Durant cette saison, il inscrit 50 points ou plus à trois autres reprises, dont une performance à 56 points contre Arkansas lors du tournoi final de la NCAA. Il termine la saison avec des moyennes de 35,1 points et 15,2 rebonds, devenant le premier joueur de deuxième année à terminer avec la meilleure moyenne de points sur la saison. Lors de la demi-finale régionale opposant Cincinnati aux Wildcats de Kansas State, les Bearcats sont menés d'un point lorsque Robertson obtient deux lancers francs. Après avoir réussi le premier, Robertson donne des consignes à ses coéquipiers sans s'apercevoir que les arbitres sont déjà à huit secondes de décompteÀ cette époque, un joueur a dix secondes pour tirer son lancer franc.. Il tire rapidement son deuxième lancer et le manque, ce qui oblige les deux équipes à disputer une prolongation. Cincinnati perd celle-ci, Robertson quittant le terrain sur faute alors que quatre minutes sont encore à disputer. Pour sa première saison de compétition universitaire, il est récompensé de nombreux titres, dont les titres de , , et le titre de Le titre de est établi à partir des trophées décernés par différents organismes., figurant aussi dans la . vignette|Oscar Robertson dans sa dernière année universitaire La saison suivante, les statistiques de Robertson sont de 32,6 points, 16,3 rebonds et 6,9 passes. Cincinnati s'impose face aux Horned Frogs de Texas Christian University puis aux Wildcats de Kansas State pour atteindre le du championnat NCAA 1959. Opposés aux Golden Bears de la Californie, Robertson et ses coéquipiers s'inclinent sur le score 64 à 58 puis s'imposent 98 à 85 dans le match pour la troisième place. Lors de ce match, il inscrit 39 points, dont 22 en première mi-temps, prend 17 rebonds et offre 10 passes décisives. C'est le premier joueur à réussir un triple-double dans un universitaire, performance qui sera uniquement réalisée par la suite par Magic Johnson lors du 1979. Il est de nouveau unanimement reconnu comme le meilleur joueur universitaire : aux titres de , , il ajoute le titre , premier lauréat et celui de .

Robertson commence sa dernière saison universitaire par un triple-double : 45 points, 22 rebonds et 10 passes dans une victoire de 45 points face aux Sycamores d'Indiana State. Les Bearcats concèdent une seule défaite en phase régulière, 91 à 90 face à Bradley. Pour la seconde année consécutive, Cincinnati se qualifie pour le de cette saison 1960. L'université doit toutefois de nouveau s'incliner malgré un triple-double de Robertson (18 points, 10 rebonds et 10 passes). Il réussit le même triple-double lors du match de la consolante, remporté par les Bearcats sur le score de 95 à 71.

Lorsqu'il quitte le monde universitaire, il est alors le meilleur marqueur de l'histoire, dépassé ensuite par Pete Maravich. Sa moyenne de points en carrière (33,8), le place au troisième rang de l'histoire de la NCAA. Il détient également de nombreux records de son université : il est ainsi le détenteur des six meilleures performances à la marque de celle-ci, six performances à 50 points ou plus dont un record à 62 points. Il détient les meilleures performances au nombre de tirs marqués, 23, de tirs tentés, 36, de lancers francs réussis, 22 dans une rencontre où il établit le record de lancers tentés avec 25, et le nombre de lancers réussis sans échec lors d'une rencontre, 14. Ses 13 passes réussies contre Kansas State en 1959 le place au troisième rang de l'école, le premier à son départ. Il réussit 10 triple-doubles durant sa carrière universitaire.

Sélection des États-Unis

Après sa saison universitaire, Robertson retrouve la sélection américaine. C'est sa deuxième apparition sous ce maillot : il a en effet déjà porté le maillot de la sélection durant l'été 1959 lors des jeux panaméricains disputés à Chicago. L'équipe des États-Unis remporte cette compétition en terminant invaincue, six victoires avec comme plus faible écart quatorze points face au Brésil. Robertson est le meilleur marqueur de son équipe avec une moyenne de 16,5 points par match devant Jerry West.

Il remporte la médaille d'or aux Jeux olympiques d'été de 1960. Avec 17 points par match, il termine meilleur marqueur, avec Jerry Lucas, de son équipe. Trois autres joueurs de cette sélection, qui est introduite au Basketball Hall of Fame en 2010, ont une moyenne de points supérieure ou égale à dix points : il s'agit de Jerry West, Terry Dischinger et Adrian Smith. Cette sélection compte dix joueurs qui évolueront ensuite en NBA. Quatre de ses joueurs obtiendront le titre de de manière successive : Robertson en 1961, Walt Bellamy en 1962, Terry Dischinger en 1963 et Jerry Lucas en 1964. Il réalise son meilleur total de points lors du Le champion olympique est le vainqueur d'un groupe de quatre équipes, qualifiées après un groupe de demi-finale qualifiant deux équipes par groupe. Le résultat opposant les deux équipes qualifiées en demi-finale est conservé dans le classement du . Les quatre équipes sont l'Italie, le Brésil, l'URSS et les États-Unis. lors de la rencontre contre l'Italie avec 22 points.

Carrière professionnelle

Royals de Cincinnati En 1960, il est choisi par les Royals de Cincinnati comme territorial pickLe repêchage « géographique », ou , en vigueur de 1950 à 1965, permet à une franchise de retenir un joueur formé à proximité de l'implantation de l'équipe professionnelle, la zone étant limitée à 50 miles autour de sa salle.. Ce choix est également reconnu comme numéro un de la Draft 1960 de la NBA, Cincinnati possédant le premier choix de cette édition de la draftle terme de repêchage est également utilisé dans les parties francophones de l'Amérique du Nord.. Son salaire, plus des primes lui permettant d'atteindre , constitue déjà un salaire important pour un joueur de la ligue.

Son apport est tout de suite important : il termine la saison au premier rang des passeurs avec un total de 690 passes, ce qui le place également au premier rang à la moyenne de passes par match avec 9,7. Sa moyenne de points est de 30,5, troisième derrière les 38,4 de Wilt Chamberlain et 34,8 de Elgin Baylor. Cette moyenne est la troisième performance pour un Le terme de recrue est utilisé dans les pays francophones d'Amérique du Nord pour désigner un joueur effectuant sa première saison. : il est seulement devancé par Wilt Chamberlain qui a réalisé une moyenne de 37,6 en 1959-1960 et Walt Bellamy qui réalise 31,6 en 1961-1962. Sa moyenne de passes est la deuxième de l'histoire pour un derrière les 10,6 passes réalisées par Mark Jackson en 1987-1988. Il est naturellement désigné (débutant de l'année), ce qui lui octroie également une place dans le premier cinq des débutants, . Il fait surtout partie du premier cinq de la ligue, aux côtés de Bob Cousy, Elgin Baylor, Bob Pettit et Wilt Chamberlain. Malgré sa présence, les Royals terminent quatrième et dernier de la Division Ouest avec un bilan de 33 victoires pour 46 défaites de la saison 1960-1961. Robertson reçoit par ailleurs sa première élection pour le , recevant même le titre de pour des statistiques de 23 points, 9 rebonds, 14 passes en 34 minutes. Ces 14 passes constituent alors le nouveau record pour un match de , battant le précédent record de Bob Cousy avec 13 passes.