Paul Antoine, né le à Waltzing (Arlon) (Belgique) et mort à Bruxelles le , est un peintre et graveur belge.

Biographie

Paul Antoine passe sa jeunesse à Saint-Léger (Gaume) et suit des études secondaires à Arlon. Il fréquente les cours du soir de dessin et de peinture de Paul Breyer (1905-1968) à l’Académie des Beaux-Arts d’Arlon (de 1941 à 1943). Il y rencontre les peintres Roger Greisch (1917-1999), Paul Schrobiltgen (1923-1980), le sculpteur Jean Godard (1921-1967) et le poète Arthur Praillet (1912-1992)Serge Goyens de Heusch, Paul Schrobiltgen, Bruxelles, Fondation pour l'Art Belge Contemporain, 1991, dépôt légal : D-1991-3614-1, ..

Il s’établit à Bruxelles en 1946. En 1949, il s’inscrit à l’Académie de Dessin et des Arts Décoratifs de Molenbeek (atelier de Frans Depooter). De 1950 à 1955, il fréquente à l’Académie d’Etterbeek les cours du soir d’Albert Philippot (1899-1974), expert de la peinture des et siècles, qui l’initie aux différents matériaux et techniques de peinture et de 1952 à 1955, l’atelier de Léon Devos (1897-1974) à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles. En 1957 a lieu sa première exposition personnelle à la Galerie Apollo à Bruxelles.

Il fréquente à cette époque le cours du soir de sculpture abstraite de Jacques Moeschal à l’Académie de Bruxelles. Il y rencontre Charles Drybergh (1932-1990) – jeune peintre abstrait – avec lequel il se lie d’amitié. Ce dernier lui C. Masschelein, Paul Antoine - Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, .. C’est grâce à lui également qu’il expose à la galerie Le Zodiaque à Bruxelles en 1960 et en 1962.

Il reçoit une distinction au « Prix Olivetti », au « Prix de la Jeune Peinture Belge » (1961) - année où Charles Drybergh reçoit le prix et où sont également distingués Gisèle Van Lange et Paul SchrobiltgenSerge Goyens de Heusch, Paul Schrobiltgen, 1991, déjà cité, . - et au « Prix suisse de peinture abstraite » (1962).

En 1963, il expose à Paris à la Galerie de Beaune dirigée par Suzanne de Coninck. Il participe ensuite à plusieurs expositions avec le groupe d'artistes de la galerie à Paris, dans d’autres villes françaises, à Rome, Madrid et Istanbul notamment (de 1963 à 1970).

À partir de 1963, il se forme, en autodidacte, à la gravure et à la lithographie. Il abandonne rapidement la lithographie et développe surtout la gravure (eau-forte, pointe sèche et gravure sur bois). Il utilise cette technique parallèlement au dessin et à la peinture jusqu’en 2000 et laisse un œuvre gravé importantPhotothèque BALaT, Bruxelles. En 1964 et 1965, il participe à l’exposition itinérante L’Art d’aujourd’hui en Belgique organisée par le Crédit Communal de Belgique Catalogue d'exposition, L'Art d’aujourd’hui en Belgique, exposition itinérante : peinture-sculpture-arts graphiques, Bruxelles, Pro Civitate, 1965.. Il a ainsi l’occasion de rencontrer nombre d’artistes contemporains. Des liens d’amitié se tissent avec plusieurs d’entre eux et particulièrement avec Émile Salkin dont il reste proche jusqu’au décès de celui-ci en 1977. De 1966 à 1987, il est professeur de peinture à l’Académie d’Ixelles.

Il participe en 1967 avec Marianne Berenhaut, Thierry de Villers, Jacques Simon, et Bernard Villers à la création du groupe ECOBU dont l’objectif est de rassembler des peintres et des sculpteurs partageant une vision commune de l’art et de la société. Ce groupe, relativement éphémère, expose à Bruxelles et à Charleroi en 1967 et à Paris en 1968. Il reste un ami proche du peintre Thierry de Villers (1914 - 2002). Il participe à plusieurs rencontres internationales de peintres et séjourne ainsi à Prilep en Macédoine yougoslave (Monastère de Treskavets) en 1969 et en 1973, à Golub-Dobrzyn en Pologne en 1978 et à Flühli-Sörenberg en Suisse en 1989. Il est un visiteur assidu des musées européens, fait de nombreux séjours en France (Bourgogne, Vaucluse, Pyrénées), à Corfou et à Rhodes, desquels il ramène des croquis, base d’œuvres plus élaborées réalisées en atelier.

En 1978, il devient membre effectif de l’Académie luxembourgeoise et reçoit les Prix Louis Clesse (1987) et Marie-Louise Rousseau (1988).

Il travaille à Bruxelles et expose régulièrement jusqu’à quelques mois avant sa mort en 2010.

Œuvre

En 1955, à sa sortie de l’Académie, il réalise – en dessin comme en peinture – des paysages, des portraits, des coins d’ateliers. S’y révèle son intérêt pour les rapports de formes, de couleurs et de valeurs. Il se consacre ensuite à des dessins non figuratifs réalisés au fusain qui seront exposés une première fois en 1957 à la galerie Apollo à Bruxelles.

Ses tentatives pour trouver une équivalence picturale à ces recherches graphiques ne lui conviennent pas ; il ne parvient qu’à « une sorte d’expressionnisme assez stérile » selon ses propres termesC. Masschelein, Paul Antoine - Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, .. De cette période, seules quelques peintures sur panneau, qui ont comme thème l’arbre, sont conservées. À partir de 1960, il passe à la non-figuration en dessin et en peinture. Il réalise de grande peintures non figuratives, proches de l’esprit des lavis qui expriment un lyrisme débordant et coloré; il les travaille à même le solC. Masschelein, Paul Antoine - Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, ..

Quelques années plus tard, il se dit déçu par l’abstraction lyrique gestuelle qui « n’est fondée que sur une subjectivité immédiate et inconsciente (…) et n’est motivée que par la simple pulsion » C. Masschelein, Paul Antoine - Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, .. Il abandonne alors toute non-figuration qui, d’une façon ou d’une autre, n’est pas issue du réel. Il en extrait les éléments essentiels : les rapports de valeurs et de lumière, les formes, les structures, les compositions.

À partir de 1967, il réalise de grandes œuvres sous forme d’assemblages. Collectif, Serge Goyens de Heusch (dir.), siècle. L’Art en Wallonie, Tournai, Renaissance du Livre, 2001, . En parallèle, il retourne à la toile en 1970. Naissent de nouvelles œuvres de tendance abstraite où le thème de la femme est prépondérant.

Dans les années 1980, il se lance dans la réalisation de grandes aquarelles simples, limitées à l’essentiel, qui évolueront vers des compositions de plus en plus libres et abstraitesC. Masschelein, Paul Antoine - Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, .. En 1985, commence une longue période où il produit essentiellement des lavis à l’encre de chine rehaussés de crayon de couleur. Il utilisera cette technique durant les quinze années qui suivent avant de revenir à l’huile en 2000. Ses sources d’inspiration sont diverses : visages, corps, nativité mais aussi la nature: étendue de neige dans la montagne, arbres, couleurs chaudes des couchers de soleil, les vignes de Gigondas, les champs de Bourgogne…

Ses œuvres figurent dans les collections de l'État belge, de la communauté française de Belgique, du cabinet des estampes de Bruxelles et des provinces du Brabant wallon et du Luxembourg, dans la Collection Belfius, au musée des beaux-arts de Tournai, au Musée L (Louvain-la-Neuve) Serge Goyens de Heusch, Art belge au siècle, Bruxelles, Racine, 2006, . , au Famenne & Art Museum (Marche-en-Famenne), au musée Marthe Donas (Ittre) et dans de nombreuses collections privées.

Expositions Expositions personnelles Liste établie d'après Masschelein (2007)C. Masschelein, Paul Antoine : Une œuvre pure, essentielle., Bruxelles, 2007, . : 1957 : galerie Apollo – Bruxelles 1960 : galerie Le Zodiaque – Bruxelles 1961 : galerie Helikon – Hasselt - Belgique 1962 : galerie Le Zodiaque – Bruxelles 1963 : galerie de Beaune (dirigée par Suzanne de Coninck) – Paris 1964 : galerie de l’APIAW (Association pour le Progrès Intellectuel et Artistique de la Wallonie) – Liège - Belgique 1965 : exposition dans son atelier – Bruxelles 1965 : Rockhurst College – Kansas City - États-Unis 1966 : galerie Kaleidoskoop – Gand - Belgique 1966 : galerie Al Veka (avec le peintre Erdal Alantar) – La Haye - Pays-Bas 1966 : galerie de la Maison des Anciens de l’Université de Louvain – Bruxelles 1968 : galerie du Crédit Communal – Namur - Belgique 1969 : Burbank Central Gallery, N. Glenoaks – Los Angeles - États-Unis 1970 : galerie de la Maison des Anciens de l’Université de Louvain (avec la peintre Gisèle Van Lange) – Bruxelles 1971 : galerie L’Œil Nu – Louvain - Belgique 1973 : galerie Le Capricorne – Soignies - Belgique 1975 : galerie Paul Delvaux – Wépion - Belgique 1980 et 1982 : expositions chez Nadine Delrue – Bruxelles 1984 : galerie Rez-de-Chaussée 28 (avec la peintre Gisèle Van Lange) – Namur - Belgique 1985 : Musée de la Parole (avec la céramiste Camille Majérus) – Bastogne - Belgique 1986 : exposition chez Nadine Delrue – Bruxelles 1987 : galerie 2016 – Bruxelles 1991 : rétrospective - Maison de la Culture – Arlon - Belgique 1992 et 1994 : galerie Albert Dumont – Bruxelles 1996 : galerie Juvénal - Fondation Bolly-Charlier (avec les peintres Patricia Dopchie et Nathalie Pirotte) – Huy - Belgique 1998 : galerie Albert Dumont (avec les peintres Jean-Marie Van Espen et Luc Mondry) – Bruxelles 2000 : rétrospective - Fondation pour l’Art belge contemporain – Bruxelles 2003 : l’Orangerie – Bastogne - Belgique 2003 : CACLB grange du Faing – Jamoigne - Belgique 2004 et 2008 : galerie Albert Dumont – BruxellesGalerie Albert Dumont Expositions posthumes : 2013 : galerie Albert Dumont – Bruxelles 2013 : Maison de la culture – Namur - Belgique 2017 : Espace Beau Site – Arlon - Belgique 2024 : Maison Stepman – Koekelberg

Expositions collectives Liste établie d'après art-info.beExpositions collectives, détails sur art-info.be : 1959, 1960 et 1963 : groupement des artistes Ardennes-Eifel – Prüm - Allemagne 1961 : exposition du prix Olivetti – Bruxelles 1962 : exposition du prix de la « Jeune Peinture belge » – Bruxelles 1962 : exposition du « Prix suisse de peinture abstraite » – Lausanne - Suisse 1963 : Trente peintres de l’école de Paris – Musée de Nantes - France 1963 : Exposition internationale d’Art contemporain – 1963 : L’art à la portée de tous – Musée de Verviers - Belgique 1964 : L’art d’Extrême-Occident – Musée de Verviers - Belgique 1964 : La gravure en Brabant – Bruxelles 1964-66 : L’art d’aujourd’hui en Belgique (exposition itinérante organisée par le Crédit Communal de Belgique, regroupant 112 artistes) – Anvers, Hasselt, Namur, Gand, Tournai, Verviers, Ostende, Liège, Bruxelles 1965 : Le Dessin en Brabant – Bruxelles 1965 : L’art abstrait – galerie S. de Coninck – Paris 1965 : Salon d’art sacré – musée d'art moderne – Paris 1965 : Dessinateurs (galleria Bianco e Nero) – Rome 1965 : Schèmes 1965 – musée d'art moderne – Paris 1965 : Peintres non figuratifs de la Province de Luxembourg – Martilly - Belgique 1966 : École de Paris (organisé par Suzanne de Coninck) – Istanbul 1966 : Peintres non-figuratifs – Académie des Beaux-Arts – Istanbul 1966 : Les arts plastiques et la musique – Abbaye de Stavelot - Belgique 1966 : Vingt ans d’APIAW – Musée des beaux-arts – Liège - Belgique 1966 : exposition d’ensemble - galerie St-Laurent – Bruxelles 1967 : Le Dessin en Brabant – Bruxelles 1967 : La critique nationale - galerie St-Laurent – Bruxelles 1967 : triennale internationale de gravure en couleurs – Grenchen (Suisse) 1967 : exposition de gravures – Fredrikstad (Norvège) 1967 : galerie Suzanne de Coninck – Paris 1967 : galerie Fabbri (avec le groupe Ecobu) – Charleroi - Belgique 1967 : peintres et sculpteurs du Luxembourg – Musée des beaux-arts de Mons - Belgique 1968 : exposition - Centre culturel gaumais – St-Léger - Belgique 1968 : La mer - galerie St-Laurent – Bruxelles 1968 : Petits formats de décembre - galerie de l’Apiaw – Liège - Belgique 1969 : Graveurs belges - galerie Régence – Bruxelles