L'église Sainte-Marguerite du col d'Ares est une église romane en ruines près du col d'Ares, dans la commune de Prats-de-Mollo-la-Preste, dans le département français des Pyrénées-Orientales. Site
Le col d'Ares est situé à l'Est des Pyrénées, sur la frontière entre l'Espagne et la France. Situé à , il permet de relier les vallées des fleuves Tech (au Nord, en France) et Ter (au Sud, en Espagne), grâce à une très ancienne route appelée RD 115 pour sa partie française.
La haute et moyenne vallée du Tech forme la région naturelle et historique du Vallespir, comarque catalane rattachée à la France par le traité des Pyrénées de 1659.
Le site de l'ancien hôpital et de la chapelle se trouve au bord de la RD 115, à quelques hectomètres en contrebas du col sur sa face nord, à environ d'altitude, près d'une source.
Toponymie
Le toponyme Ares, d'origine incertaine et très répandu dans le domaine catalan, est presque toujours associé à un col. La plus ancienne citation connue de ce col dans un texte date de 878, sous la forme .. Ara en latin désigne un autel ou un monument honorifique., il étaient fréquents au sommet des cols pour marquer le passage d'une armée ou honorer un dieu. Les historiens affirment que César, passant de la Gaule en Espagne, traversa ce col. En souvenir de la victoire de Munda, qui fit cesser les dernières résistances ouvertes, il fit élever un autel, ara, sur ce col qui porta le nom de collum de ara.
L'hôpital est cité pour la première fois en 1261 sous la forme . L'hôpital et son église sont dédiées à Sainte-Marie, ou Notre-Dame, jusqu'en 1586 où apparaît la dédicace à Sainte-Marguerite (), utilisée depuis, avec d'autres comme « chapelle de la bienheureuse Marie au col d'Ares » ou « ancien hôpital du col d'Ares »..
Le nom du site varie selon les sources contemporaines. Pour l'IGN, le lieu est nommé « Sainte-Marguerite (chapelle ruinée) » sur la carte topographie de 2003, puis Santa MargaridaCarte de randonnée IGN 2349 ET « Massif du Canigou » accessible via Géoportail.. La base Mérimée nomme l'ensemble « chapelle Sainte-Marguerite et hospice Sainte-Marie ou Notre-Dame du col d'Ares ».. Lluís Basseda préfère , proche de la Gran enciclopèdia catalana (.) et réserve Capella Santa Margarita pour la chapelle alors que Catalunya romànica, ouvrage écrit en catalan, use de .
Histoire
Elle est inscrite monument historique, ainsi que l'ancien hospice attenant depuis le ..
Architecture L'abbé Joseph Gibrat la décrit ainsi : « Cette chapelle est entièrement construite en pierres de taille sur un plan des plus simples. La nef est rectangulaire, à chevet plat : elle mesure, à l’extérieur, de longueur sur de largeur. Sur la façade méridionale est une porte plein-cintre dépourvue de sculptures; sur la façade Est, on voit une belle fenêtre romane. Les murs de la chapelle ont d’épaisseur. La nef intérieure à une largeur de . 30 : elle est couverte par une voûte en ogive obtuse. »
Une description architecturale plus précise est donnée dans la notice de la base Mérimée, en particulier sur la date probable de sa construction.
La légende du Roc del Frare
Dans la même commune de Prats-de-Mollo-la-Preste mais de l'autre côté du chef-lieu, près de la route menant à la station thermale de La Preste se trouve un rocher ressemblant à un moine priant, la tête recouverte d'une capuche, et appelé (littéralement, « roc du Frère » en catalan). La légende liée à ce rocher et à son nom est liée à l'hospice du col d'Ares..
Un soir d'hiver, les moines de l'hospice entendent des cris. Ils comprennent que des voyageurs sont en détresse. Deux d'entre eux, frère Romain et frère Michel, partent avec leur chien à la recherche des malheureux comme ils en ont l'habitude. Ils retrouvent dans la neige un homme d'âge mûr et sa fille tombés dans un ravin. L'homme, bien que fatigué, peut marcher, soutenu par frère Romain. Mais la jeune fille est blessée aux jambes, frère Michel doit la porter dans ses bras..
Dès son premier regard porté sur la jeune fille, frère Michel ressent un fort sentiment, qu'il prend tout d'abord pour de la pitié. Mais quelques jours plus tard, lorsque les voyageurs, rétablis, repartent, frère Michel en est bouleversé.
Pour oublier la jeune fille, son beau visage et le contact de son corps lorsqu'il l'a transportée, il se réfugie dans la prière et le difficile travail physique qu'impose un monastère de montagne. Mais la vision de la jeune fille continue de le hanter au point qu'un soir il quitte l'hospice sans savoir ce qu'il fait ni où il va. Il finit par se perdre dans la montagne vers La Preste..
Un orage éclate. Frère Michel croit voir dans les formes des arbres et des rochers illuminés par les éclairs des formes diaboliques. Satan apparait et le saisit par le bras gauche pour l'entrainer en enfer. Le moine, terrorisé, se débat et prie la Vierge Marie et son patron saint Michel de le secourir. Il sent une force le tirer par son bras droit, c'est saint Michel venu le défendre. La lutte entre le Bien et le Mal est indécise et dure longtemps.
Finalement, Dieu lui-même décide d'intervenir. Il sauve l'âme de ce pêcheur mais, en guise de pénitence et pour édifier les passants, il pétrifie le corps du moine en train de prier, qui devient ainsi le .
Notes et références
Annexes Bibliographie
Articles connexes Liste des monuments historiques des Pyrénées-Orientales
Liens externes
Marguerite, Col ares Col Ares Catégorie:Monument historique dans le Vallespir Catégorie:Monument à Prats-de-Mollo-la-Preste Catégorie:Monument historique inscrit en 2009 Marguerite, Col Ares Catégorie:Chapelle monument historique (France) Marguerite, Col ares