Baraigne est une commune française située dans le nord-ouest du département de l'Aude, en région Occitanie.
Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du Lauragais, l'ancien « Pays de Cocagne », lié à la fois à la culture du pastel et à l’abondance des productions, et de « grenier à blé du Languedoc ». Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par le Fresquel, le ruisseau de Labexen et par un autre cours d'eau. vignette|285x285px
Géographie Localisation Commune de l'aire urbaine de Toulouse située en Piège dans le Lauragais. C'est une commune limitrophe avec le département de la Haute-Garonne.
Baraigne est une commune rurale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1975. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Toulouse. Ses habitants sont appelés les Baraignois et Baraignoises.
Communes limitrophes Baraigne est limitrophe de sept autres communes dont une dans le département de la Haute-Garonne.
Géologie et relief Au nord-ouest du département de l’Aude entre Fanjeaux et la limite de la Haute-Garonne, s'étendent des plateaux et des collines qui sont bien délimités par la plaine de Castelnaudary au nord et la plaine de l'Ariège au sud, cette région s'appelle La Piège. Elle est composée de puissantes couches calcaires qui portent le relief des plateaux du Lauragais. Les nombreux ruisseaux qui la traversent ont découpé ces plateaux en collines. Baraigne se situe sur le dernier vallon ouest où le Fresquel prend sa sourceLe contenu de cette section est inspiré du site de Baraigne sous licence Creative Commons Paternité-Partage des Conditions Initiales à l'Identique 3.0 Unported (CC-BY-SA), importé par l'auteur., juste avant le Seuil de Naurouze point culminant entre l'Atlantique et la Méditerranée. L'ingénieur de Louis XIV, Pierre-Paul Riquet y a installé là le point de partage des eaux et d'alimentation du canal du Midi.
Baraigne se situe en zone de sismicité 1 (sismicité très faible)Plan séisme.
Hydrographie La commune est pour partie dans le bassin de la Garonne, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne., et pour partie dans la région hydrographique « Côtiers méditerranéens », au sein du bassin hydrographique Rhône-Méditerranée-Corse.. Elle est drainée par le Fresquel, le ruisseau de Labexen et par un petit cours d'eau, constituant un réseau hydrographique de de longueur totale..
Le Fresquel, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et s'écoule d'ouest en est. Il traverse la commune et se jette dans l'Aude à Carcassonne, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ). Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Castelnaudary à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Baraigne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Toulouse, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (98,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53,1 %), zones agricoles hétérogènes (42,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports
Risques majeurs Le territoire de la commune de Baraigne est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité très faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
vignette|upright=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Baraigne. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (75,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 81 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 94 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Toponymie Le toponyme " Baraigne ", probablement d'origine gallo-romaine, proviendrait de "Varianus". Le premier témoignage manuscrit de la localité remonte à 1155, sous la forme de "Varanano". Et nous la retrouvons au fil des siècles sous différents toponymes :
Sancta Maria de Varanano, 1207 (Doat, 83, f.41) Verananum, 1207 (ibid., 5, f. 295) Varanhanum, 1240 (Pierre Bauville d'Avignonet) Honor de Varanhas, 1260 (ibid., f.174) Varagnanum, 1317 (Gall. christ., Xlll, Instr., C 254) Beata Maria de Baroha,1318 (Vidal p. 134) Ecclesia de Varanano 1318 (ibid., p. 160) Varanha, 1382 (arch. Aude, H 333) Varainhe, 1494 (Ibid., G90, f.31) Varaigne, 1550 (ibid., B 1982) Varagne, 1774 (Carte du canal royal) Baragne, 1781 (Carte diocèse St Papoul) Baragnie, 1866 (Carte de Cassini.) Baraigne à partir du .. Baragno (vulg.) Baranha (occitan).
Histoire Moyen Âge Les premières traces du village remontent au , après l’installation des Romains dans la région, le long de la voie Aquitaine qui reliait Narbonne à Toulouse. C’est en 1155 que le premier témoignage manuscrit de la localité apparait sous le nom de « Varanano » pour la construction de son église. En 1206, Vidal de Caumont vendit à l'abbé Auger ses droits sur l'église « Sainte Marie de Baraigne ».
Vers 1210-1225, la religion cathare s’installe dans le Lauragais. Garsende mère des seigneurs du Mas-Saintes-Puelles et « parfaite » du catharisme, y avait ouvert avec sa fille Gaillarde, une hospitalité hérétique. Elle fit l’éducation religieuse de son petit-fils Bertrand de Quiders et de sa nièce Géraude. Géraude, qui avait épousé Estieu de Roqueville seigneur de Baraigne, et que Garsende et sa fille allaient voir fréquemment à Baraigne vers 1215. Vers 1225, Estieu de Roqueville conduisit les deux femmes à Caillabel, près de Baraigne. Elles y restèrent quinze jours, puis de là partirent pour Montségur où elles périrent sur le bûcher. A la même date, Bernard de Mayreville chevalier diacre s'installa au Mas-Saintes-Puelles. Il y déploya une inlassable activité prédicante sur les villages de Laurac, Fanjeaux et Gaja la Selve vers le sud et de Baraigne à Saint-Michel-de-Lanès vers l'ouest.
Le « massacre d’Avignonet » a lieu le . Ce jour-là, à Avignonet-Lauragais des troupes venues de la région de Montségur massacrèrent pendant leur sommeil des Inquisiteurs et leur suite à coups de haches. C’est à Baraigne complètement acquis aux hérétiques cathares, qu’avant l’attaque elles se rejoignirent à l'abri du vallon. Le forfait accompli, les représailles furent terribles, le village n'y échappa pas. Les troupes de l'Inquisition le visitèrent, tous les cadavres présumés cathares furent exhumés du cimetière et brûlés sur un bûcher dressé sur le terre-plein derrière l'église devant le cimetière. Tous les "suspects" portèrent la croix d'infamie.
En 1473 et surtout en 1480-1481 les victimes de la peste bubonique furent nombreuses à Baraigne et dans les villages environnants.
Époque moderne En 1485 deux moulins à pastel étaient dénombrés. La région était prospère, la première construction du château de Baraigne date de ce moment-là. Sur la maison des maîtres "de Buisson", seigneurs des lieux.
La Guerre de religion n'épargna pas Baraigne et sa région. Partant du Mas-Saintes-Puelles où ils s'étaient établis en 1561, les protestants firent de nombreux raids sur les villes et villages voisins. Les pillages, les destructions de villages et de bourgs se multiplièrent. En 1572 toutes les églises du pays brûlèrent. A Baraigne seuls une partie de la nef et du clocher furent détruits.
Baraigne vécut la Révolution à travers une alternance de calmes relatifs, que lui procurait son isolement, et les violentes visites que lui firent les fervents révolutionnaires de la plaine. Le château et l'église furent pillés, les archives détruites.
En 1789 l'abbé Canut, curé résident, était originaire de Montferrand. Lorsque l'Assemblée Nationale décréta la constitution civile du clergé, il prêta serment à la Constitution. Devenu "prêtre jureur", il était considéré comme un citoyen ordinaire. Désigné comme membre du conseil municipal, il fut chargé en 1792, de tenir le nouvel état civil. Il continua comme il le faisait par le passé, d'inscrire les baptêmes, les mariages et les enterrements.