Théophile Kourkouas (en grec : Θεόφιλος Κουρκούας, vers 920-970) est un général byzantin du . Il est aussi le grand-père de l'empereur Jean Tzimiskès.
Biographie
Théophile est issu de la famille des Kourkouas, une lignée d'origine arménienne qui s'est imposée, au début du , comme l'une des principales familles de l'aristocratie militaire d'Anatolie. Son père se nomme probablement Romain et il est peut-être le petit-fils de Jean Kourkouas l'Ancien, commandant du régiment des Hikanatoi, qui participe à une conspiration contre l'empereur (867-886) dans les années 870. Théophile est vraisemblablement identifiable au personnage désigné dans les sources arabes et arméniennes contemporaines sous les noms dash-Shamīshāq et de Ch‘mššik, ce qui indique qu'il porte déjà le surnom ou le nom de famille de Tzimiskès, rendu célèbre plus tard par son petit-fils, l'empereur Jean Ier Tzimiskès (969-976). Bien que les sources byzantines affirment que ce surnom n'est attribué qu'au futur empereur et qu'il dérive du mot arménien désignant un type de petites sandales rougeâtres portées par les femmes d'Orient, il pourrait en réalité provenir de la rivière et de la ville homonyme de Chimichgezek, situées dans la partie méridionale du thème de Mésopotamie, où Théophile exerce vraisemblablement ses fonctions, peut-être comme stratège.
Théophile est le frère cadet du célèbre général Jean Kourkouas, nommé domestique des Scholes (c'est-à-dire commandant suprême des armées impériales) vers 923 par l'empereur Romain Ier Lécapène (920-944), fonction qu'il conserve pendant vingt-deux ans. Théophile est mentionné pour la première fois en 923, lorsqu'il réprime avec son frère la révolte du stratège de Chaldée, Bardas Boïlas. Il succède au rebelle vaincu comme gouverneur de cette province stratégiquement importante, charge qu'il exerce jusqu'aux environs de 940. À partir de 927, lorsque Jean Kourkouas lance une série ininterrompue de campagnes contre les émirats frontaliers musulmans des al-thughur, Théophile lui apporte un soutien efficace, en particulier dans la direction de l'Arménie médiévale, et s'impose comme son principal adjoint et lieutenant. Le Théophane Continué loue son excellence et sa bravoure, comparant ses exploits en Haute Mésopotamie à ceux du général Solomon, au service de Justinien Ier.
Selon le De administrando imperio, Théophile lance depuis la Chaldée plusieurs raids contre la région de Phasiane, c'est-à-dire la partie orientale de l'émirat de Qālīqalā ou de Théodosiopolis (l'actuelle Erzurum). À une date inconnue, il obtient également la soumission de l'émirat d'Avnik, dont le souverain est contraint d'envoyer son fils comme otage à Constantinople.
Théodosiopolis tombe finalement en septembre 949, après sept mois de siège. Théophile est alors nommé stratège du nouveau thème de Théodosiopolis et exerce cette fonction au moins jusqu'en 952. Son destin ultérieur est mal connu. Le Théophane Continué mentionne brièvement qu'il porte le rang de magistros et occupe la fonction de domestique des Scholes sous Nicéphore II Phocas (963-969), peut-être à titre honorifique. Selon Lisa Andriollo, il s'agit toutefois d'une mauvaise interprétation du texte, qui ferait en réalité référence à Jean Tzimiskès.
Le fils, dont le nom n'est pas connu, de Théophile épouse une sœur de Nicéphore II Phocas. Le couple a probablement plusieurs enfants, mais un seul est connu avec certitude : Jean Ier Tzimiskès, qui renverse et fait assassiner son oncle en 969, avant de régner comme empereur principal jusqu'à sa mort en 976.
Notes et références
Bibliographie
Catégorie:Général de l'Empire byzantin Catégorie:Date de décès non renseignée (Xe siècle) Catégorie:Militaire de l'Empire byzantin du Xe siècle Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Personnalité de l'Empire byzantin des guerres arabo-byzantines