L'hôtel de Bretonvilliers est le nom attribué aux vestiges d'un ancien hôtel particulier bâti de 1637 à 1642 sur l'île Notre-Dame (actuelle île Saint-Louis) à Paris en France et dont la majeure partie fut démolie en 1874.

Localisation Il est situé rue de Bretonvilliers et rue Saint-Louis-en-l'Île, dans le de Paris.

Il occupait un vaste terrain (environ 6000 mètres carrés), sur la pointe est de l'île Saint-Louis, à proximité de l'actuel pont de Sully, du boulevard Henri-IV et de l'hôtel Lambert, qui subsiste. Son site offrait un point de vue dégagé en perspective sur la Seine, et l'hôtel passait pour être le mieux situé de tout Paris.

Histoire Dessiné par l'architecte Jean Androuet du Cerceau, pour le compte de Claude Le Ragois de Bretonvilliers (1582-1645), secrétaire au Conseil du roi Louis XIII, financier ayant des intérêts dans les fermes, ce palais avec jardins et terrasses fut édifié de 1637 à 1642, avec six plus petits hôtels de rapport, par l'architecte Pierre Le Muet. Cette construction prend place lors du lotissement de l'actuelle ile Saint-Louis.

Disposé entre cour et jardin, l'hôtel comporte une cour, entièrement entourée de bâtiments, ouvrant sur la rue de Bretonvilliers. Le corps de logis principal occupe le fond de cette cour ; un jardin le borde sur le côté opposé, à l'Est, jusqu'à la pointe de l'île. Une longue aile en retour, dont le premier étage est occupé par une grande galerie, ferme le jardin sur son côté Nord, en le séparant de la rue Saint-Louis-en-l'Île. Une petite cour de dépendances bordait la cour d'honneur, entre celle-ci et la rue Saint-Louis-en-l'Île.

Les décors de l'hôtel sont de Simon Vouet en 1643 (Le Temps vaincu par l'Amour, Vénus et l'Espérance) et de Sébastien Bourdon en 1663 pour la Grande Galerie, avec la participation de Jacques-Antoine Friquet de Vauroze. Œuvres de Mignard et Poussin.

La grande galerie était longue de 33 mètres et haute de 8 mètres. Elle fut terminée dans les années 1660, après la galerie de l'hôtel Lambert voisin. Son plafond, peint par Sébastien Bourdon, retraçait la légende de Phaéton. Les peintures des trumeaux représentaient trois vertus théologales, quatre vertus morales et les arts libéraux, personnifiés par des figures féminines. Face aux croisées ouvrant sur le jardin, des paysages complétaient son décor. Ces ornements passaient pour le chef d'œuvre de Sébastien Bourdon en matière de grand décor.

Claude Le Ragois de Bretonvilliers mourut en son hôtel en 1645, de même que son épouse Marie Accarie, en 1653. Pendant son veuvage, cette dernière fit réaliser des travaux complémentaires et des embellissements qui rendirent célèbre la maison appartenant à Madame de Bretonvilliers, dont la façade sur jardin tournée vers la Seine fut gravée par Israël Silvestre en 1652. Les travaux furent poursuivis par ses héritiers, notamment son fils Bénigne Le Ragois de Bretonvilliers († 1700), maître et président des comptesHôtel de Bretonvilliers in A. Jal: Dictionnaire critique de biographie et d'histoire: errata et supplément ..., Plon, Paris, 1872, p. 280 en ligne où est aussi revelé que les actes d'inhumation respectives des époux Le Ragois de Bretonvilliers furent inscrits sur les registres de la paroisse Saint-Louis et qu'au moment du décès de Madame, survenu en 1653, le nom de Bretonvilliers était déjà attribué à la rue qui passait devant son hôtel particulier, en l'île Notre-Dame..

La famille Le Ragois de Bretonvilliers occupe l'hôtel jusqu'en 1711, puis le loue au maréchal de Tallard, mais Bénigne III Le Ragois y habite de 1714 à 1719.

L'hôtel est loué par les Bretonvilliers à partir de 1719 à la Ferme générale, qui y transfère ses bureaux : Bureau Général des Aydes, Bureau Général des Privilégiés par arrêt du . L'Hôtel accueille le Bureau du Comité préparatoire du Conseil de la Ferme dont Lavoisier est membre. La Ferme y dispose d'une imprimerie où exerce en 1740 le libraire imprimeur Gilles Lamesle. Monsieur Marin de La Haye, fermier général y loue des locaux.

La Ferme générale fait cloisonner et entresoler la grande galerie pour la diviser en bureaux. Les locataires successifs font de l'hôtel un usage qui conduit à négliger, voire dégrader les somptueux décors du grand siècle.

Charlotte Bénigne Le Ragois de Bretonvilliers (1741-1824), veuve du marquis de Montmirail, ayant émigré, l'édifice est saisi pendant la Terreur. En 1793, le bâtiment est occupé par une Manufacture de fusil, partagé et enfin vendu par loterie en .

Toujours loué au début du , l'hôtel fut détruit en partie en 1840 puis en 1874 pour l'édification du pont de Sully et le percement du boulevard Henri-. Il n'en subsiste qu'un pavillon et les immeubles de rapport voisins.

Protections Le pavillon à arcade est classé au titre des monuments historiques depuis le , alors que la totalité de l'hôtel est inscrit au titre des monuments historiques depuis cette même date.

Galerie Autres vues

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jean Marot, Recueil des plans, profils et élévations des [sic] plusieurs palais, chasteaux, églises, sépultures, grotes et hostels bâtis dans Paris et aux environs par les meilleurs architectes du royaume desseignez, mesurés et gravez par Jean Marot, vues 64, 65, 66, 67 et 68 (Voir) Claude de Montclos, La Mémoire des ruines - Anthologie des monuments disparus en France, 1992, Paris, Mengès, 320 pages, pages 168-173 ; Jean-Charles Forgeret (dir. Béatrice de Andia et Nicolas Courtin), L'hôtel Le Ragois de Bretonvilliers, in L'Ile Saint-Louis, 1997, Paris, Action artistique de la ville de Paris, 254 pages, pages 168-175.

Articles connexes Liste des monuments historiques du arrondissement de Paris Liste des hôtels particuliers parisiens

Liens externes Hôtel de Bretonvilliers (www.economie.gouv.fr)

Bretonvilliers Catégorie:Monument historique dans le 4e arrondissement de Paris Catégorie:Monument historique classé en 1986 Catégorie:Monument historique inscrit en 1986 Bretonvilliers