Le siège de Roses ou siège de Rosas se déroule du au à Roses, en Catalogne, dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole. Il oppose un corps d'armée franco-italien sous les ordres du général de division Laurent de Gouvion-Saint-Cyr à la garnison anglo-espagnole de la ville dirigée par le colonel Peter O'Daly. La citadelle capitule après un mois de siège, livrant plus de aux assaillants.
À l'été et à l'automne 1808, les troupes françaises du général Duhesme se retrouvent isolées dans Barcelone par les hommes de l'armée espagnole de Juan Miguel de Vives y Feliu. Avec , Gouvion-Saint-Cyr reçoit pour mission de dégager les forces de Duhesme. Le premier obstacle qui se dresse face à lui est le port de Roses, défendu par une citadelle installée sur un promontoire dominant la ville et par un château proche de la mer. Les de Roses sont pour la plupart des miquelets catalans, notamment ceux du colonel Juan Clarós, et des réguliers espagnols du régiment Fija de Roses. En dépit du soutien des navires britanniques et de la résistance de la milice catalane ainsi que des marins du capitaine Cochrane dans le château, la garnison ne peut empêcher les lignes de siège franco-italiennes de resserrer leur étau autour de la citadelle.
Les défenseurs de Roses se rendent finalement au général Honoré Charles Reille le . Les soldats et les civils à l'intérieur de la citadelle sont conduits en captivité à Figueras tandis que les défenseurs du château sont évacués par les Britanniques avant de rejoindre les forces espagnoles de Vives au sud. Quant à Gouvion-Saint-Cyr, il cherche à présent le moyen de contourner Gérone pour secourir Duhesme au plus vite. Le général français fait alors le pari d'une stratégie audacieuse mais risquée qui débouche sur la bataille de Cardedeu, le .
Contexte Les premières opérations En 1808, Napoléon, qui projette de renverser la famille royale d'Espagne, ordonne à ses troupes d'occuper plusieurs points stratégiques sur le territoire espagnol, parmi lesquels Barcelone. Le , un contingent français sous les ordres du général de division Giuseppe Lechi pénètre dans Barcelone, soi-disant pour participer à la lutte contre le Portugal. Lechi organise une revue militaire, dont il compte en réalité se servir comme d'un stratagème pour s'emparer plus facilement de la citadelle. Alors que ses soldats défilent devant la porte principale de la forteresse, ces derniers obliquent soudainement vers la gauche et se précipitent à l'intérieur de la place. Sans tirer un seul coup de feu, le troupes françaises reconduisent la garnison espagnole stupéfaite à l'extérieur de la citadelle et se rendent maîtresses des fortifications. Saint-Sébastien, Pampelune et Figueras tombent également aux mains des Français.. Le , la population de Madrid s'insurge contre l'occupant français lors du soulèvement du Dos de Mayo.
En , un corps franco-italien de hommes, sous les ordres du général de division Guillaume Philibert Duhesme, arrive à Barcelone. Il se compose de la division du général Joseph Chabran, forte de soldats en huit bataillons, de la du général Lechi, pourvue de soldats en six bataillons, de cavaliers répartis en neuf escadrons sous le commandement respectif des généraux de brigade Bertrand Bessières et François Xavier de Schwarz et de 360 artilleurs. Si les autorités françaises à Madrid pensent que Duhesme n'aura pas trop de mal à éradiquer la rébellion en Catalogne, elles sous-estiment largement l'ampleur de l'insurrection ; les miquelets, sortes de milices catalanes, se mobilisent ainsi en grand nombre pour harceler les Français. Dès le mois de juin, Chabran et Schwarz subissent une défaite à la bataille de El Bruc tandis que Duhesme essuie un échec devant Gérone.
Désormais conscient des difficultés rencontrées par ses troupes, Napoléon ordonne au général de division Honoré Charles Reille de venir en aide à Duhesme avec une division de renfort. Même si les hommes qui composent cette dernière sont de piètre valeur militaire et dispersés un peu partout dans le sud de la France, Reille rassemble promptement une partie de ses effectifs et parvient à dégager la garnison française de Figueras. Rejoint par le reste de sa division, il se dirige ensuite vers le port de Roses.
Première attaque sur Roses vignette|gauche|upright|Le général de division Honoré Charles Reille.
Reille dispose en tout de et deux canons, soit les deux bataillons du d'infanterie de ligne, les 560 hommes des Chasseurs des Pyrénées-Orientales, deux compagnies du d'infanterie suisse, 700 gendarmes et réservistes départementaux et divers bataillons de marche et de conscrits. La ville de Roses est gardée par 800 hommes du régiment Fija de Roses et 400 miquelets. S'y ajoutent du colonel Juan Clarós, déployés dans les collines avoisinantes. Les défenseurs reçoivent en outre l'appui opportun d'un navire de guerre britannique, le HMS Montagu, dont le capitaine Robert Otway envoie ses marins à terre afin de prêter main-forte aux Espagnols. Reille tente une première attaque le , mais ses troupes sont repoussées avec une perte de 200 hommes ; les pertes espagnoles sont minimes.
À la suite de cet échec, Reille fait mouvement en direction de Gérone. Lorsqu'il arrive sur place, il se joint à Duhesme pour entamer le . Pendant ce temps, réguliers espagnols en provenance des îles Baléares, sous le commandement du marquis Del Palacio, débarquent à Tarragone. Nommé capitaine-général de la Catalogne, Del Palacio unit ses troupes régulières aux masses d'irréguliers catalans pour entamer le blocus de Barcelone le . Le général Lechi, qui commande les soldats italo-suisses présents dans cette ville, redoute d'être confronté à tout moment à une révolte de la population. Bientôt contraint d'abandonner ses avant-postes, en particulier le château de Montgat, ses rapports à l'attention de son supérieur, le général Duhesme, se font de plus en plus alarmants..
Duhesme, qui dispose pourtant de devant Gérone, doit s'avouer vaincu lorsque ses lignes de siège sont attaquées sur ses arrières par les troupes du général Caldagues. Renonçant à ses projets de conquête, Duhesme ordonne la retraite sur Barcelone tandis que Reille retourne à Figueras. En longeant la côte, les troupes impériales sont bombardées par la frégate britannique HMS Imperieuse du capitaine Thomas Cochrane, ce qui les force à s'éloigner du rivage. Après avoir jeté huit canons de campagne à la mer et abandonné leurs bagages, les hommes de Duhesme se retirent dans les montagnes et parviennent finalement à Barcelone le . En octobre, Napoléon constitue un nouveau corps d'armée, avec à sa tête le général de division Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, afin de se porter au secours de Barcelone.
Les forces disponibles pour la campagne vignette|Le général de division Laurent de Gouvion-Saint-Cyr, commandant en chef le en Catalogne.
Le français de Saint-Cyr comprend six divisions d'infanterie et trois brigades de cavalerie. La de Chabran, la de Lechi et les brigades montées de Bessières et de Schwarz sont enfermées dans Barcelone avec Duhesme et par conséquent indisponibles ; Gouvion-Saint-Cyr ne dispose donc en pratique que de la de Reille à 12 bataillons, de la de Souham à 10 bataillons, de la du général de division Pino à 13 bataillons, de la de Chabot à trois bataillons et de la brigade de cavalerie du général de brigade Jacques Fontane, forte de deux régiments, un de dragons et un de cavalerie légère. À cet ensemble s'ajoute un régiment de dragons sans affectation. En comptant les troupes de Duhesme bloquées dans Barcelone, l'effectif du se monte à hommes. Pour parvenir à ce total, l'Empereur a été contraint de dégarnir en partie les garnisons stationnées en Italie, dont de l'artillerie de siège qui arrive à la frontière espagnole le ..
Coincés dans Barcelone, les de Duhesme sont dans une situation critique, mais Del Palacio ne mène pas les opérations avec une grande vigueur. Il ordonne même à Caldagues de s'établir sur une ligne de de long avec et , alors que lui-même, resté à Tarragone, se trouve éloigné du théâtre des opérations. À Barcelone, Duhesme ne reste pas inactif et envoie régulièrement des contingents battre la campagne environnante à la recherche de nourriture et de fournitures diverses pour ses soldats. Les excursions s'arrêtent néanmoins après qu'un de ces contingents ait été sévèrement malmené par les Espagnols le . Le 28, Del Palacio est démis de ses fonctions par la junte catalane et remplacé par le capitaine général Juan Miguel de Vives y Feliu. Le nouveau commandant en chef est un vétéran de la guerre du Roussillon, ayant notamment commandé l'aile gauche espagnole lors de la bataille du Boulou en 1794.. Le , Vives attaque les avant-postes français. Ce premier heurt est suivi d'une période d'accalmie jusqu'au , date à laquelle une offensive coordonnée par Vives contraint les Français à se réfugier à l'intérieur de l'enceinte de Barcelone..
À l'automne 1808, l'armée espagnole de Catalogne, forte de , déploie une avant-garde, quatre divisions et une réserve. Commandant l'avant-garde, le brigadier général Mariano Álvarez de Castro a sous ses ordres en cinq bataillons et un escadron d'une centaine de cavaliers. Le maréchal de camp Caldagues est à la tête de la , dotée de sept bataillons d'infanterie (), de quatre escadrons de cavalerie (400 hommes) et de six canons servis par 70 artilleurs. Le maréchal de camp Gregorio Laguna, aux commandes de la , dispose de en cinq bataillons avec 200 cavaliers formant deux escadrons, auxquels s'ajoutent sept bouches à feu servies par 84 artilleurs. La , sous le commandement du colonel Gaspar Gomez de la Serna, aligne cinq bataillons pour un total de tandis que la sous le colonel Francisco Milans del Bosch présente un effectif de en quatre bataillons. La réserve se compose de 777 fantassins, 80 cavaliers et 48 artilleurs avec quatre canons...
Forces en présence lors du siège vignette|gauche|Infanterie de ligne et infanterie légère de l'armée du royaume d'Italie. Lors du siège de Roses, les 13 bataillons italiens de la division Pino forment une part importante des troupes du général Reille.
Les effectifs de Gouvion-Saint-Cyr pour cette campagne se montent à . Le général en chef laisse à Reille le soin de mener les opérations de siège tandis que lui-même avec le gros des troupes se tient prêt à repousser toute tentative de secours. Reille dispose de sa propre division et de celle du général italien Pino, soit un total de en 24 bataillons soutenus par quatre batteries d'artillerie à pied. La , sous les ordres directs de Reille, comprend le léger, les , et de ligne à un bataillon, quatre bataillons du régiment de Perpignan, le bataillon valaisan, un bataillon de Chasseurs des Montagnes et la de réserve, également pourvue d'un seul bataillon. La de Pino, placée sous le commandement de Reille, s'articule autour des léger, léger et de ligne italiens forts de trois bataillons chacun, de deux bataillons du de ligne et des et de ligne italiens à un seul bataillon.
Face aux Franco-Italiens, la garnison de Roses peut compter sur soldats et 58 canons, commandés par le colonel Peter O'Daly. Les troupes régulières y sont représentées par 150 hommes du régiment d'infanterie Ultonia, une compagnie du régiment suisse Wimpffen, un demi-bataillon du léger de Barcelone et 120 artilleurs. Au cours du siège, un petit bataillon supplémentaire du régiment Borbon vient renforcer les défenseurs. Le reste de la garnison se compose des formations de miquelets (« tercios ») Berga, Figueras, Igualada et Lerida. La Royal Navy fournit un appui naval avec le HMS Excellent, un navire de sous le commandement du capitaine John West. Pendant le siège, l’Excellent est remplacé par le HMS Fame, un 74 canons aux ordres du capitaine Richard Bennett. Deux bombardes, le HMS Meteor et le HMS Lucifer, sont également présentes au large de la côte. Cette flottille est tardivement rejointe par la frégate HMS Imperieuse du capitaine Thomas Cochrane.
Le siège