L'invasion de la Martinique en 1759 est menée par les Britanniques lors d’une opération militaire lancée pendant la guerre de Sept Ans, conflit d’ampleur mondial. Deux causes dominent dans cette expédition : la lutte contre les corsaires et la politique des gages en vue des négociations de paix futures..
L’île est sous un blocus anglais efficace depuis 1757, ne pouvant pas être secourue par la marine royale de Louis XV, inférieure en nombre et éparpillée sur trop de théâtres d’opération. Pour sa survie, l’île a donc développé une intense activité corsaire. Bien qu’on ne puisse chiffrer avec certitude la course antillaise de 1757 à 1760, elle est supérieure à celle du conflit précédent. On dénombre jusqu’à vingt corsaires français à la mer en même temps qui, en 1759, font plus de cent-quatre-vingt prises. L’intendant de la Martinique, Lemercier de la Rivière, écrit que, sans le secours des corsaires, l’île aurait dû se rendre par manque de vivres. Cette activité oblige les Anglais à maintenir à la mer aux petites Antilles vingt-quatre frégates, coût sans comparaison avec celui de la conquête d’une île. En outre, le gouvernement anglais ayant décidé de faire la conquête du Canada et des Indes et de les garder, il lui faut des gages à échanger lors des négociations de paix qui finiront par s’instaurer. La conquête des petites Antilles s’impose logiquement et devrait permettre à l’Angleterre de récupérer Minorque, perdue en 1756.
Le 14 janvier 1759, une importante force amphibie, sous le commandement du commodore John Moore et du général , se présente devant la Martinique avec dix vaisseaux de ligne et 8 000 hommes de troupe.. L’île, cependant, résiste. Maureville, sur le vaisseaux de 74 canon le Florissant a le temps de s’embosser devant le fort. Par ailleurs, les tirs de canons de la flotte britannique sont inefficaces contre la forteresse de Fort-Royal, à cause de sa position en hauteur sur les falaises, et aucun site approprié aux alentours ne permet d'effectuer un débarquement. Le gouverneur français François de Beauharnais n'a pas reçu de ravitaillement depuis des mois et, sans le savoir, le commandement britannique passe à côté d'une occasion de forcer une capitulation rapide si un siège de la place forte était mis en place. Moore et Hopson étudient plutôt la possibilité d'attaquer le principal port commercial de l'île, Saint-Pierre. Après un bombardement naval sans issue favorable le et qui n'a que peu d'effet sur les défenses de la forteresse, les Britanniques se replient et vont attaquer la Guadeloupe, lieu de repaire d’autres nombreux corsaires français. L'expédition là-bas aura plus de succès, et obtiendra une capitulation de l'île en .
En 1762, une nouvelle force britannique, beaucoup plus considérable, réussira à capturer la Martinique.
Notes et références
Voir aussi Sources et bibliographie
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