vignette|300px|L' au cours du grand incendie de Meireki représenté dans le , par . Les fonctionnaires confondent d'anciens détenus avec des évadés de prison et ferment la porte. Les personnes qui cherchent refuge n'ont alors pas d'autre choix que d'escalader les murs de la ville et tombent dans le canal en dessous. vignette|300px|Carte d'Edo dans les années 1840. La Sumida-gawa est représentée en bas à droite.

Les incendies à Edo ont lieu dans l'ancienne capitale du Japon , à présent Tokyo, durant l'époque d'Edo. La ville d'Edo est caractérisée par de fréquents grands incendies comme le dit l'expression . Même dans les temps modernes, le vieil Edo reste encore dans les mémoires comme la . La ville a cette particularité qui la distingue du reste du monde d'être composée de vastes zones urbaines régulièrement rasées par le feu. Les grands feux d'Edo sont comparés aux dieux chinois du feu et et aussi plaisamment décrits comme des « feuilles d'automne ».

Il y eut plus de quatre-vingt-cinq incendies historiques dans l'histoire de la ville d'Edo.

Fréquence des incendies Durant les 267 années entre 1601 (Keichō 6), l'année suivant la , et 1867 (ère Keiō 3), l'année du , Edo est ravagé par 49 grands incendies. À titre de comparaison, pendant la même période, les grands incendies à Kyoto, Osaka et Kanazawa se montent seulement à neuf, six et trois respectivement, ce qui indique combien Edo se démarque des autres métropoles au Japon.

Si les petits incendies sont également inclus, des 1798 incendies qui surviennent au cours de ces 267 années, 269 ont lieu entre 1601 et 1700, 541 de 1701 à 1800 et 986 de 1801 à 1867. À mesure que s'accroît la population, Edo prospère et le nombre d'incendies augmente proportionnellement. En particulier, les 17 années entre 1851 (Kaei 3) et 1867 connaissent 506 incendies, auxquels contribue fortement l'instabilité de l'ordre public causée par l'administration inefficace du shogunat Tokugawa.

Grands incendies représentatifs Il y a plus de quatre-vingt-cinq « incendies historiques » dans l'histoire de la ville d'Edo.

Le tableau suivant répertorie certains grands incendies représentatifs dans l'histoire d'Edo à l'origine de pertes et de dommages catastrophiques. Les trois qui ont lieu au cours des époques Meireki, Meiwa et Bunka sont appelés les . Outre les grands incendies, il existe aussi une série de petits incendies continus qui entraînent des pertes et des dommages plus importants qu'un seul grand sinistre.

+ Grands incendies représentatifs à Edo Date du calendrier Tenpō Nom Victimes Dommages Année Mois Jour Français Japonais Morts Disparus Villes Maisons de samouraï Temples et sanctuaires Maisons de chōnin Keichō 6 (1601) Intercalaire 11 2Premier grand incendie documenté à Edo. La ville entière est détruite. Kan'ei 18 (1641) 1 29 ou 30 Incendie d'Oke-machi sont établies après ce sinistre. 400+ 97 123 Meireki 3 (1657) 1 18–19 Grand incendie de MeirekiÉgalement appelé . C'est le pire incendie de l'histoire d'Edo. Plus de la moitié d'Edo est concernée et le château de la ville perd son tenshu (donjon). Ce sinistre a des répercussions importantes sur la planification urbaine et le système de lutte contre l'incendie d'Edo. peut-être Tenna 2 (1682)La date est le dans le calendrier grégorien, bien que Tenna 2 coïncide pour l'essentiel avec 1682. 12 28 Grand incendie de TennaÉgalement appelé l'. Voir ci-dessous. 830–3500 241 95 Genroku 11 (1698) 9 6 Incendie de Chokugaku 3000 326 308 232 Genroku 16 (1704)La date est le dans le calendrier grégorien quoique Genroku 16 coïncide pour l'essentiel avec 1703. 11 29 Incendie de Mito-samaS'ajoutant aux dommages causés par le survenu six jours auparavant, la zone de destruction est supérieure à celle du grand incendie de Meireki. 275 75 Enkyō 2 (1745) 2 12 Incendie de Rokudō 1323 Hōreki 10 (1760) 2 6 Incendie d'Hōreki 460 80 Meiwa 9 (1772) 2 29 Grand incendie de Meiwa 4060 904 Bunka 3 (1806) 3 4 Grand incendie de Bunka 1200 530 80 80 Bunsei 12 (1829) 3 21 Grand incendie de Bunsei 2800 Tenpō 5 (1834) 2 7 Incendie de KōgoLa série d'incendies dure six jours. 4000 Kōka 2 (1845) 1 24 Incendie d'Aoyama 800–900 126 400 187 Ansei 2 (1855) 10 2 Incendie de tremblement de terreLe de magnitude 7.0 frappe Edo le même jour et provoque des sinistres dans de nombreux endroits pour évoluer en ce grand incendie. 4500–

Notes

Causes des incendies Au cours de l'époque d'Edo, le feu est un élément indispensable de la vie quotidienne. Il est utilisé pour la cuisson et l'éclairage, ce qui en retour donne lieu à des accidents. Les incendies volontaires, dus à des motifs divers, sont une autre source de sinistres. La plus grande fréquence des grands incendies à Edo par rapport à d'autres villes provient de diverses raisons dont une dense disposition du logement urbain, une grande population, l'existence d'une classe sociale pauvre et les conditions météorologiques uniques d'Edo.

Matsunosuke Nishiyama, un chercheur qui a étudié les incendies Edo, en résume les causes telles que « Il n'est pas impensable qu'à Edo, probablement de nombreux habitants se réjouissent tout simplement du spectacle des grands incendies »; « L'absence d'un système politique unifié dans une métropole comme Edo est l'une des causes de la fréquence des grands incendies »; « Les , considérant que les incendies sont inévitables et leur propagation inexorable, sont satisfaits tant que leurs propres maisons ne sont pas à l'origine d'incendies ».

Croissance de la population vignette|Réplique d'un nagaya au musée Fukagawa à Edo

Après l'établissement du shogunat à Edo par , les résidences des daimyo (obligés des seigneurs) et des hatamoto (obligés les plus importants) sont construites autour du château d'Edo et hébergent un grand nombre de samouraï. Les commerçants et artisans nécessaires à la vie d'un samouraï migrent rapidement en masses vers Edo et provoquent une explosion de la population. Celle-ci augmente, passant d'environ en 1640 (Kan'ei 17) à environ en 1693 (Genroku 6) et à peu près en 1721 (Kyōhō 6). Contrairement aux vastes zones résidentielles des samouraïs, les chōnin sont confinés dans des zones beaucoup plus petites. La population croissante monte leur densité de population à un degré extrêmement élevé. Leurs résidences sont disposées de façon dense dans des zones très restreintes et les maisons en piteux état sont choses commune. L'espace vital par habitant, cuisine et toilette incluses, est généralement de la taille de six tapis tatami. En plus de cela, les matériaux de construction en bois et en papier se transforment facilement en combustible pour le feu. Toutes ces conditions conduisent naturellement à une forte probabilité d'accidents incendiaires.

Incendies volontaires vignette|Gravure du portrait de Yaoya Oshichi par (1867)

Les incendies criminels sont une des causes majeures des incendies d'Edo. La plupart des incendiaires arrêtés vivent une vie appauvrie en raison du coût élevé de la vie à Edo et de leur inadmissibilité à travailler comme serviteurs sous contrat faute de garant. Certains d'entre eux ont vu leurs maisons incendiées et ont peu à perdre à commettre des crimes. Parmi les 102 incendiaires arrêtés en 1723 et 1724 (Kyōhō 8 et 9), 41 sont Les hinin représentent la classe la plus inférieure et la plus discriminée dans le système de caste de la société japonaise à l'époque d'Edo. Les membres en sont généralement d'anciens détenus et des vagabonds. et 22 n'ont pas de résidence permanente enregistrées. La plupart d'entre eux viennent des classes sociales inférieuresIl est à noter que le nombre d'incendiaires arrêtés durant ces deux années est monté en flèche. Il est possible que certains d'entre eux sont en fait innocents.

Les motivations des incendiaires varient mais la plus importante est le pillage. Les incendiaires de ce genre mettent le feu les jours de vent et profitent des troubles qui s'ensuivent pour commettre un vol. À part les pillages, les motifs fréquents découlent des relations sociales, telles que les domestiques qui cherchent à se venger de leurs maîtres et les rancunes nées de relations amoureuses avortées. Sont également enregistrés des cas où des marchands mettent le feu à des entreprises concurrentes et des enfants qui jouent avec le feu et même un cas avec une confession de « soudaine envie de mettre le feu ». Étant donné qu'un incendie signifie également du travail pour charpentiers, plâtriers et échafaudagistes lors des reconstructions qui suivent, certains d'entre eux se réjouissent lors de l'apparition et de l'aggravation des sinistres. En particulier, comme nombre de pompiers travaillent principalement comme monteurs sur toit, certains d'entre eux propagent intentionnellement le feu pour le plaisir de faire étalage en public de leur compétence en matière de lutte contre l'incendie ou en créant des occasions d'affaires pour eux-mêmes. Cela amène le shogunat à émettre des ordonnances d'avertissement et à exécuter des pompiers incriminés. Les incendiaires arrêtés sont exhibés dans les rues avant d'être brûlés vifs. Cependant, en dépit de la politique d'intolérance du shogunat vis-à-vis des incendiaires, les incendies d'origine criminelle ne sont jamais entièrement éliminés de Edo. Au cours de la période du bakumatsu, l'ordre public se détériore à proportion de l'incompétence croissante de l'administration du shogunat. En conséquence, le nombre des incendies criminels augmente considérablement.

Certains incendiaires deviennent des sujets de littérature ou de pièces de kabuki. Il s'agit notamment de , qui donne son nom au grand incendie de Tenna de 1683 (Tenna 3), dans lequel quelque personnes ont péri. O-shichi n'est pas responsable de l'incendie mais y perd sa maison. Elle trouve refuge dans un temple et y tombe amoureuse d'un page. Un an plus tard, elle essaie de lancer un incendie à partir du fantasme qu'un autre feu permettra aux deux d'être à nouveau réunis. Elle est arrêtée, jugée et exécutée par le feu. Son histoire est la base du d'Ihara Saikaku et du de Tsuruya Nanboku IV.

Conditions météorologiques La forte mousson d'hiver en provenance du nord est une condition météorologique unique à Edo. Elle contribue à de nombreux incendies d'hiver et de printemps qui ont lieu par temps sec provoqué par les vents du nord-ouest et du nord. Par ailleurs, de forts vents du sud au printemps et à l'automne sont une autre cause de grands incendies. Pour cette raison, les quatre équipes de établies par le shogunat en 1658 (Manji 1) sont stationnés au nord-ouest du château d'Edo pour le protéger des incendies qui se propagent de cette direction.

Lorsque les sinistres sont comptabilisés par mois, mars (du calendrier solaire) connaît le plus grand nombre de « grands incendies », suivi de février, avril et janvier. Ces quatre mois représentent 70 % de tous les grands incendies. Le grand incendie de Meireki, le sinistre le plus catastrophique dans l'histoire de Edo avec quelque victimes, a lieu le (le du premier mois de Meireki 3 dans le calendrier luni-solaire japonais Tenpō. Les chōnin d'Edo sont bien conscients de ce fait. En hiver, les femmes sont priées de se rendre dans les résidences de leurs parents dans la banlieue d'Edo et de revenir seulement après que la saison des incendies a passé, ce qui entraîne une fluctuation saisonnière de la population. En 1725 (Kyōhō 10), la population au cours du sixième mois, est plus importante de individus que durant le quatrième mois. Plus de 90 % de la population en surplus est composée de femmes.

Mesures préventives contre les incendies du shogunat Tokugawa vignette|Tokugawa Yoshimune