Le est un quotidien grand format de langue anglaise publié à Bangkok depuis 1946, étant ainsi le plus ancien quotidien de Thaïlande.
C'est le journal de référence en langue anglaise, devant son concurrent le plus direct . Réalisé par une équipe internationale, le a forgé sa réputation sur la qualité de ses informations sur la péninsule indochinoise, en particulier la Thaïlande et la Birmanie.
C'est le quotidien des élites urbaines et des expatriés. Ce public visé composé essentiellement de haut revenus lui assure des rentrées publicitaires importantes.
Il est réputé conservateur.
Histoire Le journal a été créé par Alexander MacDonald, un ancien officier de l'OSS, et son associé thaïlandais Prasit Lulitanond. Son premier numéro est paru le . Il comportait quatre pages et coûtait , une somme considérable pour l'époque.
À l'époque, la Thaïlande était le seul pays d'Asie du Sud-Est à posséder une ambassade soviétique, et l'ambassade américaine considérait qu'il lui fallait un journal indépendant, mais de tendance pro-américaine, pour présenter ses points de vue. Certaines sources affirment que le financement initial provenait directement du département d'État des États-Unis, ou même de l'OSS elle-même. Cependant, sous la houlette de MacDonald, le s'est montré assez indépendant. Il a employé beaucoup de jeunes journalistes, dont Peter Arnett et T. D. Allman, qui ont ensuite acquis une notoriété internationale.
Dans un pays où la censure des médias est commune, le se définit comme comparativement libre. Cela s'est révélé faux dans plusieurs circonstances notables et le journal a souvent été accusé de s'autocensurer pour éviter la controverse ou d'entrer en conflit avec des intérêts puissants. Il ne critique jamais la monarchie thaïlandaise, ce qui serait impopulaire et constituerait un crime de lèse-majesté. Durant la Guerre du Viêt Nam, il gardait le silence sur les bombardements du Nord-Vietnam et du Cambodge à partir des bases aériennes américaines de Thaïlande (à cette époque, il n'en était pas question non plus dans la presse locale). Un autre exemple d'autocensure était, jusqu'à une date récente, sa réticence à dénoncer des personnalités puissantes et corrompues.
Alexander MacDonald a quitté la Thaïlande après un coup d'état militaire dans les années 1950, et la direction du journal a été reprise par le Canadien Roy Thomson. Il a depuis changé de main plusieurs fois. Ses actionnaires principaux sont la famille Chirathivat (propriétaire du conglomérat Central Group), le de Hong Kong and GMM Grammy, la plus grande société de médias et de divertissement de Thaïlande.
Un journal rival du soir, le , a été lancé dans les années 1960, mais le l'a racheté en 1971 et fermé au milieu des années 1980 pour cause de ventes déclinantes.
Aujourd'hui, son principal concurrent est , un quotidien à capitaux et direction thaïlandais. a plus de correspondants locaux et est plus royaliste que le . Il a aussi des liens avec le Parti démocrate et couvre plus le conflit dans le Sud de la Thaïlande. Le , par contraste, emploie plusieurs anciens activistes étudiants et rapporte les événements du point de vue de la classe moyenne urbaine, en se qualifiant de (journal de la famille). Pendant le mandat de premier ministre de Thaksin Shinawatra (2001-2006), le a suivi la ligne du gouvernement, renvoyant même sous sa pression un journaliste qui avait parlé des fissures des pistes de l'aéroport Suvarnabhumi et son supérieur Thai journalists protest ouster of editors, USA Today, 29 août 2005., tandis que The Nation faisait campagne pour la démission de Thaksin. Cela n'était pas l'expression d'un support inconditionnel pour le premier ministre, mais plutôt d'une sympathie pour certaines personnalités gouvernementales et de précautions à l'égard des annonceurs du journal.
Le possédait une section hebdomadaire, titrée (la chouette), consacrée à la vie nocturne à Bangkok. Celle-ci a été publiée de 1966 (dans le Bangkok World) à 2004 par l'éditorialiste Bernard Trink. La page du courrier des lecteurs est également un lieu d'échanges animés.
Le a, à partir du , révélé en « Une » au public les crimes du français Charles Sobhraj surnommé « le serpent » et a ainsi grandement favorisé la recherche et l'arrestation du tueur en série.
Diffusion Le journal est diffusé selon certaines sources à environ , à ou à d'après l'hebdomadaire Courrier international.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes The Nation Frise chronologique des journaux en langue anglaise publiés en Thaïlande Liste des archives de journaux thaïlandais numérisés en ligne
Liens externes
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