Le soulèvement de la Ruhr est un bref soulèvement d'une partie de la gauche allemande pour mettre en échec le putsch de l'extrême droite et d'une partie de la droite du . Un bras armé du KPD est également mis sur pied : l'Armée rouge de la Ruhr (en allemand : Rote Ruhrarmee) dirigé par le « général rouge de la Ruhr » Max Hoelz. Le soulèvement a été écrasé par l'armée de Weimar dès le début du mois d'avril.

Historique du soulèvement thumb|left|Théâtre des opérations et villes sous contrôle de l'Armée rouge de la Ruhr lors du soulèvement, 17-23 mars 1920. Le , l'Armée rouge de la Ruhr attaque le Freikorps Lichtschlag du capitaine Hasenclever, partisan du putschiste Wolfgang Kapp. Elle capture armes et munitions et du Freikorps Lichtschlag. Le putsch est vaincu et la République est donc rétablie.

Le , des conseils ouvriers sont mis en place et prennent le pouvoir dans certaines villes de la Ruhr. La citadelle de Wesel est attaquée par les partisans socialistes le . Dès lors les autorités allemandes dressent un ultimatum, demandant la fin des grèves ouvrières et du soulèvement communiste. La tentative de résoudre le différend par la négociation échoue et le gouvernement allemand ordonne à l'armée (Reichswehr) de réprimer et de mettre un terme au soulèvement socialiste. Le général Oskar von Watter est chargé de réprimer l'insurrection. Une nouvelle grève générale mobilise (75 % de la population active de la région) et les troubles s'étendent par ailleurs à Düsseldorf et Elberfeld en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Les insurgés de l'Armée rouge de la Ruhr étaient souvent des vétérans de la Première Guerre mondiale et ceux-ci voyaient l'instauration de la République de Weimar comme la possibilité d'obtenir l'autonomie, voire l'indépendance de la Ruhr et d'établir un gouvernement socialiste.

Le , les unités de la Reichswehr envahissent la Ruhr et le soulèvement communiste prend fin dans le Nord. 150 à 300 partisans socialistes sont tués, des perquisitions, des arrestations de masse et des condamnations à mort par les cours martiales allemandes s'ensuivent.

Bilan et pertes thumb|left|Des insurgés de l'Armée rouge de la Ruhr abattus. Au second plan se tiennent des soldats de la Reichswehr. Le , les combats prennent fin. Au total plus de socialistes/communistes et allemands (paramilitaires y compris) furent tués lors du soulèvement. L'Armée rouge de la Ruhr est dissoute, dissuadant toutes nouvelles actions armées contre le gouvernement. Toutefois, la répression du soulèvement ne marqua pas pour autant la fin des violences : entre 1919 et 1922, on dénombre au total politiques en Allemagne, dont le ministre des Affaires étrangères Walther Rathenau (tué par des militants d'extrême droite).

Conséquences politiques La France, opposée à l'intervention de l'armée allemande sans contrepartie, réagit à celle-ci en envoyant ses forces d'occupation en Allemagne occuper temporairement à partir du Francfort et Darmstadt.

En , une scission intervient au sein des socialistes, et l'aile gauche de l'USPD rejoint le KPD. Au cours du congrès de scission, l'aile gauche avait et l'aile droite 156. Le KAPD est également scindé : une partie importante des militants quitte alors l'organisation pour fonder l’Union générale des travailleurs d'Allemagne - Organisation unitaire (AAUD-E). En 1922, une nouvelle scission intervient entre la « fraction d’Essen » (liée à l'Internationale communiste ouvrière) et la « fraction de Berlin ».

Ces scissions plombent le jeune parti qui ne rassemble plus que . Les communistes de l'USPD et du KPD parviennent en revanche à obtenir lors des élections législatives de face au SPD () et au DVNP de droite nationale-conservatrice ().

Annexes

Notes et références

Bibliographie Erhard Lucas, Märzrevolution 1920. 3 Bände. Verlag Roter Stern, Francfort-sur-le-Main 1973–1978. . Diethart Kerbs, Die Rote Ruhrarmee März 1920. Nishen, Berlin 1985, . Karl Grünberg, Brennende Ruhr., RuhrEcho, Bochum 1999, . Adolf Meinberg, Aufstand an der Ruhr. (Reden und Aufsätze), hrg. von Hellmut G. Haasis und Erhard Lucas, Verlag Roter Stern, Francfort 1973, . Kurt Kläber, Barrikaden an der Ruhr. (Erzählungen), mit einer biographischen Notiz von Theo Pinkus, Verlag Roter Stern, Francfort 1973. George Eliasberg; Der Ruhrkrieg von 1920. Schriftenreihe des Forschungsinstituts der Friedrich-Ebert-Stiftung. Neue Gesellschaft, Bonn/Bad Godesberg 1974, . Hans Spethmann, Die Rote Armee an Ruhr und Rhein. 3. Auflage. Hobbing, Berlin 1932. Klaus Tenfelde, Bürgerkrieg im Ruhrgebiet 1918 bis 1920 dans Karl-Peter Ellerbrock: Erster, Weltkrieg, Bürgerkrieg und Ruhrbesetzung. Dortmund und das Ruhrgebiet 1914/18-1924, Gesellschaft für Westfälische Wirtschaftsgeschichte e.V., Dortmund, Kleine Schriften, Heft 33, Dortmund 2010. .

Articles connexes République de Weimar Révolution allemande de 1918-1919 Révolte spartakiste de Berlin (1919) République des conseils de Bavière (1919) Putsch de Kapp (1920) Action de Mars (1921) Octobre allemand (1923)

Liens externes LeMO – Artikel zum Ruhraufstand bzw. Märzaufstand 1920. Deutsche Revolutionen Bauernkriege, 1848, 1918, Märzrevolution 1920. 13. März 1920 - Rote Ruhrarmee.

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