Chalabre est une commune française du département de l'Aude en région Occitanie. Ses habitants sont appelés les Chalabrois.
Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du Razès, un pays historiquement très étendu, qui ne se résume aujourd'hui qu'aux collines de la Malepère et au bas Razès au centre et au sud, limité par le pays de Sault. Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Hers-Vif, le Blau, le Chalabreil et par divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (« Garonne, Ariège, Hers, Salat, Pique et Neste ») et quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Chalabre est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1836. Ses habitants sont appelés les Chalabrois et ses habitantes les Chalabroises.
Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques : l'église Saint-Pierre, classée en 1907, et l'hôtel de ville, inscrit en 1948.
Chalabre occupa une position stratégique dans la production et le commerce du drap, et abrita dès le XIVᵉ siècle des communautés juives qui se convertirent.
Géographie Localisation La commune est limitrophe du département de l'Ariège, elle est la "capitale" de la petite région du Quercorb.
Communes limitrophes
Géologie et relief
La superficie de la commune de Chalabre est de 1549 hectares. Son altitude varie de 357 à 646 mètres.
Chalabre se situe en zone de sismicité 3 (sismicité modérée)Plan séisme.
Voies de communication et transports Voies de communication Transports Hydrographie La commune est dans le bassin de la Garonne, au sein du bassin hydrographique Adour-Garonne.. Elle est drainée par l'Hers-Vif, le Blau, le Chalabreil, le ruisseau de Baillus, le ruisseau de Limoux, le ruisseau de Rieutort, le ruisseau du Taureau et par divers petits cours d'eau, qui constituent un réseau hydrographique de de longueur totale..
L'Hers-Vif, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Prades et s'écoule du sud vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans l'Ariège à Cintegabelle, après avoir traversé .
Le Blau, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Belvis et s'écoule vers le nord. Il traverse la commune et se jette dans l'Hers-Vif sur le territoire communal, après avoir traversé .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Pyrénées orientales, caractérisée par une faible pluviométrie, un très bon ensoleillement (), un air sec, particulièrement en hiver et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Benoît à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Milieux naturels et biodiversité Réseau Natura 2000 vignette|Site Natura 2000 sur le territoire communal. Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la directive habitats : « Garonne, Ariège, Hers, Salat, Pique et Neste »., d'une superficie de , un réseau hydrographique pour les poissons migrateurs, avec des zones de frayères actives et potentielles importantes pour le saumon en particulier qui fait l'objet d'alevinages réguliers et dont des adultes atteignent déjà Foix sur l'Ariège..
Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. sont recensées sur la commune. : le « cours de l'Hers » (), couvrant dont 32 dans l'Ariège, 7 dans l'Aude et 2 dans la Haute-Garonne., et le « lac de Montbel et partie orientale du bas pays d'Olmes » (), couvrant dont 15 dans l'Ariège et 4 dans l'Aude. et deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. : les « coteaux du Palassou » (), couvrant dont 43 dans l'Ariège et 5 dans l'Aude. ; « l'Hers et ripisylves » (), couvrant dont 32 dans l'Ariège, 7 dans l'Aude et 2 dans la Haute-Garonne..
Urbanisme Typologie Au , Chalabre est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (51,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (50,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (43,6 %), prairies (27,9 %), zones agricoles hétérogènes (23,3 %), zones urbanisées (4,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %), cultures permanentes (0,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Chalabre est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations et séisme (sismicité modérée).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le Blau et l'Hers-Vif, ou Grand Hers,. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1992, 1996, 2009, 2014 et 2020, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|upright=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Chalabre. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (75,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 605 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 94 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Toponyme
Histoire left|thumb|Situées au bord du Blau, ces maisons comptent parmi les plus anciennes de la commune.
Le village est fondé avant le et les terres appartiennent à la maison Trencavel. Après la croisade contre les Albigeois, les terres sont léguées à Pons de Bruyères, d'une famille venue en Languedoc avec Guy de Lévis et Pierre de Voisins, à la suite de Simon de Montfort dont ils étaient alliés et voisins des terres de Montfort-l’Amaury en Isle de France. Ses descendants furent seigneurs, barons puis marquis de Chalabre et sont étudiés en détail dans la page consacrée à cette famille dans l'armorial du Pays d'Oc consultable par ce lienvoir l'Armorial du Pays d'Oc|. En 1279, le village connaît d'importantes inondations. En 1350, les remparts sont terminés et forment une fortification complète autour du village. Le centre-ville est une bastide du . Cette bastide devient une place importante de la production drapière languedocienne et du commerce vers Marseille et le Levant, accueillant dès le XIVᵉ siècle des marchands juifs arrivés de Carcassonne, et, au XVIIᵉ siècle, de nombreuses confréries catholiques, à l'instar de celle des Pénitents bleus. De grandes dynasties drapières et financières languedociennes trouvent leurs origines au sein de ces marchands juifs chalabrois convertis au catholicisme. L'impasse de la Juiverie toujours existante est le témoin de cette époque florissante.
Chalabre a été, au , un centre industriel relativement important.
En 1837, les ouvriers du textile détruisent la mule-jenny qui détruit leurs emploisFrançois Jarrige, « Sabotage, un essai d’archéologie au XIXe siècle », Voies du soulèvement, 74, 2020, 28-41, consulté le 24 mars 2024..
La Gare de Chalabre a fonctionné de 1902 à 1939 sur la ligne de Moulin-Neuf à Lavelanet. Il y eut cependant une réouverture temporaire du service voyageur du au , la pénurie de transports routiers liée à la guerre conduisit à ajouter une voiture au train de marchandises subsistant. Le service marchandises perdura jusqu'en 1973.
left|255x255px|thumb|Le Chalabreil, l'une des trois rivières traversant Chalabre. centre|thumb|500x500px|Les Pyrénées ariégeoises, en partie visibles depuis Chalabre.
Politique et administration Découpage territorial La commune de Chalabre est membre de la communauté de communes des Pyrénées audoises , un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Quillan. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..