Les relations entre les États-Unis et Israël sont un facteur important dans la politique étrangère du gouvernement des États-Unis au Moyen-Orient depuis 1948. Les États-Unis maintiennent avec Israël une relation de proximité et de soutien via une aide financière annuelle et des accords militaires.

Les relations israélo-américaines

Un soutien important Avant même la création d’Israël, la communauté juive aux États-Unis s'active à rassembler des fonds et des renseignements pour créer le pays. Le soutien à Israël est marqué par de puissants groupes de pressions, composé à la fois de Juifs et de non-Juifs, dont le but est d'influencer la politique étrangère américaine au profit de l’État hébreu. Contrairement à ce qui prévaut généralement dans le reste du monde, où le lobbyisme est associé à une théorie du complot, le lobbyisme est aux États-Unis institutionnalisé .

La communauté juive américaine est bien organisée et constitue un électorat important. Les fondamentalistes protestants, nombreux dans les États du sud et du centre-ouest du pays, sont également un atout pour la cause sioniste.

Ils sont influencés par le concept biblique selon lequel la reconstruction de l’État hébreu en Palestine est la condition du retour de Jésus sur Terre. La relation israélo-américaine est parfois un objet de controverse, certains parlant même de véritable sujet politique tabou.

Relations militaires

vignette|225x225px| Le président américain Barack Obama avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en mars 2013. La coopération entre Israël et les États-Unis est très proche dans beaucoup de domaines d'activité militaire.

Les États-Unis supervisent la recherche-développement en armes d'Israël, contribuant au financement d'importants projets de défense israéliens comme le char d'assaut Merkava, le Dôme de fer et le chasseur IAI Lavi. Israël participe activement au développement de l'avion de combat F-35 Lightning. Les deux armées mènent conjointement des exercices pour tester leur bonne inter-opérabilité. En contrepartie, la sixième flotte américaine stationne à Haïfa et Israël assure la logistique et la maintenance pour les forces américaines déployées dans la région.

Les deux pays mettent également en commun leurs services de renseignements. Les États-Unis partagent notamment des données brutes sur les citoyens américains.

Histoire des relations américano-israéliennes

Pré-Israël Avant même la création d’Israël, la communauté juive sioniste aux États-Unis s'active à rassembler des fonds et des renseignements pour créer le pays En 1917, le président américain Woodrow Wilson souscrit à la Déclaration Balfour, qui exprimait le soutien de la Grande-Bretagne à la création d’un foyer national pour le peuple juif en PalestineThe Uncertain Friendship - The U.S and Israel from Roosevelt to Kennedy - Herbert Druks, mais ne fait quasiment rien pour la réalisation de ce projet.

L’implication américaine la plus significative à cette période – une commission d’enquête envoyée dans la région en 1919 par la Conférence de Paris sous la direction des Américains Henry Churchill King et Charles Crane«WORTH  LIVING AND WORTH GIVING » CHARLES R. CRANE ET LE PROGRESSISME WILSONIEN :LA PHILANTHROPIE COMME MOYEN DE RÉFORME aboutit à la conclusion que la population locale s’opposerait à une occupation sioniste durable, allant jusqu’à donner un avis défavorable à la création d’un État juif indépendant.

Post-Israël

Administration Truman (1945-1953) Le président Truman reconnait Israël le jour même de sa création, aussi bien pour des raisons électorales. que personnelles  malgré une opposition d'une partie du département d’État.. Des notes de son journal intime révèlent qu'il trouve les juifs cruels . L'AIPAC, premier lobby pro-israélien naît en 1951, trois ans après la naissance d'Israël. Il est à l'origine appelé Comité Sioniste Américain pour les Affaires PubliquesBard, Mitchell Geoffrey; Schwartz, Moshe (2005). 1001 Facts Everyone Should Know About Israel. Lanham, Maryland: Rowman & Littlefield. p. 148. . Retrieved March 22, 2012. . Contrairement à ce qui prévaut en France, où le lobbyisme est associé à une théorie du complot, le lobbyisme est aux États-Unis institutionnalisé .

Administration Eisenhower (1953-1961) En 1956, le président égyptien Nasser nationalise le canal de Suez ce qui déclenche la crise de Suez. Le conseil de sécurité de l'ONU appelle Israël à se retirer, ce qu'Israël fait en partie. Eisenhower appelle à un retrait complet du Sinaï, sous peine de sanctions, ce qu'Israël accepte..

Administration Kennedy (1961-1963) En 1960, Kennedy, alors candidat à la présidentielle américaine prononce un discours devant la convention américaine sioniste.

Porté au pouvoir, les renseignements américains apprennent à l'administration Kennedy qu'Israël est, avec le soutien de la France, en train de mettre en place un projet nucléaire à Dimona dans le désert du Néguev. L'administration Kennedy y est opposée et cherche à rassurer Israël sur sa sécurité pour l’empêcher de développer un arsenal nucléaire, en vain. Kennedy met en place des accords militaires et étend les embargos sur les armes que les administrations Eisenhower et Truman ont mis en place.

David Ben Gourion, le premier ministre Israélien, assure aux États-Unis qu'Israël ne cherche pas à se doter de l'arme nucléaire . En 1961, des accords sont mis en place pour assurer des inspections américaines.. En visite aux États-Unis, Shimon Peres promet au président Kennedy que «Israël n'introduira pas d'armes nucléaires dans la région ». Les suspicions sur le programme nucléaire israélien au sein de l'administration Kennedy deviennent avec le temps de plus en plus intense, et les États-Unis exigent des inspections annuelles. Administration Johnson (1963-1969) À la suite de l’assassinat de Kennedy, l'administration de Lyndon Baines Johnson reste opposée au programme nucléaire Israélien. Le président Johnson augmente l'aide à Israël.. En 1967 éclate la guerre des Six Jours, Israël attaque l’Égypte, et la Jordanie. La Marine et l'Armée de l'air de Israël ouvrent le feu sur le , un navire de la NSA sous drapeau américain. L'administration Johnson pense d'abord que c'est l'Union Soviétique. Israël affirme que c'est un accident regrettable, présente ses excuses et dédommage les victimes, l'affaire est par la suite officiellement closehttp://thelibertyincident.com/docs/israeli/IDF-history-report-en.pdf. Une version contestée par de nombreux historiens et militaires qui affirment qu'Israël a ouvert le feu de façon délibérée..

En 1968, l'administration Johnson apprend qu'Israël dispose désormais d'ogives nucléaires. Administration Nixon (1969-1974)

L'administration de Richard Nixon envisage de faire pression sur Israël pour qu'ils signent le traité de non prolifération nucléaire, et acceptent des visites internationales pour démanteler leur programme nucléaire. Les diplomates américains, inquiets pensent que les armes nucléaires pourraient encore plus compliquer le processus de paix avec les pays arabes.

En 1969, le président Nixon passe un accord non écrit avec Golda Meir. Les États-Unis acceptent qu'Israël ne signe pas le traité de non prolifération nucléaire et ne réagiront pas aussi longtemps qu'Israël ne révèlera pas publiquement ses armes nucléaires au monde entier. Cet accord, resté secret jusqu'en 1991, sera suivi par tous les futurs dirigeants américains et israéliens

En 1973, éclate la guerre du Kippour. Le gouvernement israélien est informé d'une attaque imminente par le roi Hussein de Jordanie et aurait été informé par le propre gendre du président Nasser. Henry Kissinger, le secrétaire d’État américain prévient que si Israël attaque en premier de façon préventive, alors aucune aide ne viendrait des États-Unis. Israël est durement touché et le ministre de la défense Moshé Dayan, persuadé que la survie d’Israël est en jeu, demande au premier ministre l’autorisation d’engager les préparatifs pour une « démonstration » de la capacité nucléaire d’Israël. Henry Kissinger explique que bien que juif lui-même, il n'allait pas en tant que chef de la diplomatie américaine trahir les propres intérêts des États-Unis. Les organisations juives sionistes du monde entier lui reprocheront d’être un traitre ou un juif antisémite. Dans des enregistrements audios dévoilés par la suite, Henry Kissinger lâche devant le président Richard Nixon "bâtards de juifs" et "Y a-t-il un seul peuple dans le monde qui soit aussi égoïste que les juifs ? Aucun"https://myaccount.nytimes.com/auth/login?URI=www-nc.nytimes.com/aponline/2011/11/17/us/politics/AP-US-Kissinger.html&REFUSE_COOKIE_ERROR=SHOW_ERROR.

En , le sénateur démocrate de l'Arkansas William Fulbright dénonce la « subordination » du Sénat des États-Unis à Israël. Selon lui, autour de 80 % des parlementaires agissent constamment et délibérément au service des intérêts israéliens.

Administration Ford (1974-1977)

Administration Carter (1977-1981)

Le président Jimmy Carter mène une politique pro-israélienne et destitue Andrew Young de sa fonction d'ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, lui reprochant d'avoir rencontré des représentants de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

En 2006 pourtant, il affirme qu’Israël est un État « d'apartheid », estimant que ce terme se justifie par « les barrières grillagées, les détecteurs électriques et les blocs de béton installés par les autorités israéliennes le long de la frontière avec la Cisjordanie. » Il estime également que la critique d’Israël est devenue quasiment impossible aux États-Unis : « il y a dans ce pays une formidable intimidation qui réduit nos concitoyens au silence », un silence observé par les « individus ou personnes candidates à des fonctions électives mais aussi par les médias d'information ». Il est durement attaqué par la presse américaine pour ces déclarations ; le New York Post estime que « de président raté, il est devenu un ami des tyrans de gauche, détracteur global de tout ce qui peut représenter les intérêts légitimes de l’Amérique. » L’Anti-Defamation League fait publier des annonces dans différents journaux accusant l'ancien président d’être antisémite. Plusieurs dirigeants du Parti démocrate, tels que Howard Dean (président du parti) et Nancy Pelosi (présidente de la Chambre des représentants) prennent alors leurs distances avec Carter.

Administration Reagan (1981-1989) Ronald Reagan est le premier candidat à l'élection présidentielle à faire obtenir moins de 50 % du vote juif que son opposant démocrate

Pendant sa présidence, Reagan reçoit des lettres du lobby sioniste AIPAC qui demande de l'argent pour Israël.

Pendant la guerre civile libanaise, l'ambassadeur des États-Unis au Moyen-Orient, Morris Draper exige un retrait israélien. Le premier ministre israélien Menahem Begin affirme qu'Israël maintient l'ordre à Beyrouth et le ministre de la défense Ariel Sharon répond qu'ils luttent contre la terreur :

"Que vous l'ayez pensé ou pas… Quand l'existence et la sécurité sont en jeu, tout est de notre responsabilité, on ne laissera jamais personne d'autre décider pour nous. (...) M. Draper, vous craignez d'être soupçonné d'être de mèche avec nous ? Niez-le et on le niera"

Quelques jours après la rencontre, a lieu le Massacre de Sabra et Chatila, l'ambassadeur américain Draper écrit à Ariel Sharon :

"C'est horrible. J'ai un représentant dans les camps qui compte les corps. Vous devriez avoir honte."

Dans ses mémoires, le secrétaire d'État américain Shultz affirme :

"Les Israéliens ont dit qu'ils entraient dans Beyrouth (…) pour éviter un bain de sang, il s'avère qu'ils l'ont facilité et peut-être même suscité, (...) le résultat brutal aura été que nous sommes partiellement responsables"

En 1982, une enquête du Congrès conduit l'administration Reagan à interdire la vente de bombes à fragmentation à Israël durant six ans.