Les îles Andaman-et-Nicobar (bengali : আন্দামান ও নিকোবর দ্বীপপুঞ্জ, hindi : अंडमान और निकोबार द्वीपसमूह, tamoul : அந்தமான் நிக்கோபார் தீவுகள், telugu : అండమాన్ నికోబార్ దీవులు, espagnol : Islas Andamán) constituent l'un des huit territoires de la république de l'Inde.
La superficie totale de ces îles est d'environ . Elles sont situées à environ au sud-est de l'État d'Andhra Pradesh, en Inde continentale, et au sud-sud-ouest des côtes méridionales de la région d'Ayeyarwady, en Birmanie. Le territoire suit d'abord une orientation plutôt sud-sud-ouest, puis sud-sud-est, pour se terminer à au nord-ouest de l'île indonésienne de Sumatra. Elles comprennent deux groupes d'îles, les îles Andaman et les îles Nicobar, séparés par le nord et tous deux compris en totalité dans la mer d'Andaman.
La capitale du territoire est Port Blair.
Géographiquement, les îles Andaman-et-Nicobar font partie de l'Insulinde. Elles séparent la mer d'Andaman, à l'est, du golfe du Bengale, à l'ouest.
Toponymie thumb|300px|left|Les îles Andaman. Selon certaines sources, l'origine du nom Andaman proviendrait de Handuman, la forme malaise du nom du dieu hindou HanumanVoir page 6 in Andaman and Nicobar Islands, R.C. Temple, Imperial Gazetteer of India-Provincial, Asian Educational Services, 1996.
Toutefois, une étymologie alternative est plus souvent avancée. Andaman viendrait de la traduction du sanskrit nagnamanaba, signifiant « homme nu », le mot Nicobar venant lui aussi du tamil nakkavaram signifiant « nu »Voir page xii in The land of naked people: encounters with Stone Age islanders, Madhusree Mukerjee, Houghton Mifflin Harcourt, 2003. Ceci semble corroboré par l'appellation chinoise désignant ces contrées, Ch'u luan-wu (litt. « pays des montreurs de testicules »)Voir page 26 in Andaman and Nicobar Islands, challenges of development, V. Suryanarayan & V. Sudarsen, Konark Publishers, 1994Voir page 520 in India and South-East Asia socio-econo-cultural contacts, A. Chakravarti & N. Bhattacharyya, Ed. Punthi Pustak, 1998. Il est possible que ces dénominations aient leur source dans l'observation de loin des Andamanais, populations autochtones des îles qui, jusque vers la fin du , vivaient en effet nus.
Voici quelques îles : South Sentinel Island, North Sentinel Island, Petite Andaman...
Histoire
Premiers habitants Des études archéologiques estiment l'arrivée des premiers humains dans l'archipel il y a plus de . Cependant, des études génétiques et anthropologiques mettent en évidence que les populations autochtones de l'archipel des Andaman ont été isolées des autres populations dès le Paléolithique moyen.
À la suite de cela, les Andamanais se sont diversifiés dans des groupes territoriaux distincts linguistiquement et culturellement.
Ère pré-coloniale Au , Rajendra Chola , roi indien de la dynastie des Chola, conquiert les îles Andaman pour les utiliser comme base navale stratégique pour contrer l'influence grandissante de Sriwijaya, situé dans l'île de Sumatra en Indonésie. Il a appelé les îles Timaittivu (« îles impures » en tamoul).
Au , les îles ont fourni une base maritime temporaire pour les navires des Marathas. L'amiral Kanhoji Angria a établi sa suprématie navale avec une base dans ces îles.
Époque coloniale Les Britanniques utilisèrent l'archipel comme prison pour les membres du mouvement pour l'indépendance de l'Inde. Cet emprisonnement s'appelait le Kalapani et ce bagne était surnommé la « Sibérie de l'Inde britannique ».
C'est en 1789 que les Britanniques établirent une base navale et une colonie pénitentiaire sur les îles. En 1796, ils l'abandonnèrent en raison d'épidémies de paludisme. Mais après la révolte des cipayes de 1857 en Inde contre la Compagnie anglaise des Indes orientales, les autorités britanniques voulurent une prison sécurisée dans une région éloignée. Ils entreprirent la même année sa construction à Port Blair, la capitale des îles Andaman et Nicobar.
La plupart des prisonniers étaient des opposants politiques aux Britanniques. La prison comprenait conçues pour l'isolement ; chaque cellule mesurait de long, de large avec une fenêtre de ventilation unique à du sol. Le nombre de prisonniers qui sont morts entre ses murs est estimé à plusieurs milliers, en raison de mauvais traitements, tortures, conditions de vie et de travail très difficiles.
Seconde Guerre mondiale Les Britanniques occupèrent l'archipel jusqu'à ce que les Japonais s'en emparent au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les îles furent alors placées sous l'autorité du Gouvernement provisoire de l'Inde libre dirigé par Subhash Chandra Bose (ou Netaji).
Avec l'indépendance de l'Inde en 1947, l'archipel devint un territoire de l'Union.
Tsunami en 2004 alt=Localisation de l'épicentre du tsunami de 2004|366x366px|Localisation de l'épicentre du tsunami de 2004|vignetteLe , l'archipel a été dévasté par le tsunami qui a suivi un tremblement de terre. On estime à le nombre de personnes mortes lors de la catastrophe.
L'archipel proche de l'épicentre a subi de nombreux dégâts.
Les dégâts créés lors de la catastrophe ont été accentués par le fait que les littoraux des îles Andaman et Nicobar étaient pratiquement dépourvus d’infrastructures et demeuraient à l’écart de tout investissement en matière de prévention des risques. De plus, le fait que les îles appartiennent à l'Union indienne alors qu'elles se situent loin n'a pas aidé à la réactivité des secours.
Les autorités indiennes se sont inquiétées que les Grands Andamanais aient péri dans le tsunami mais ils s'en sont sortis indemnes. Ils ont eu le temps de se réfugier à l'intérieur des terres et selon des anthropologues ils auraient été avertis du danger grâce à la « nature » (notamment par les animaux).
Néanmoins, leur habitat a été gravement endommagé. Comme ils se nourrissent de ressources naturelles, la destruction des littoraux peut être très dangereuse pour leur survie. En effet, certaines mangroves où ils pêchaient ont été entièrement dévastées.
Géographie
thumb|Carte topographique des îles Andaman-et-Nicobar|492x492px
Le territoire est formé de deux archipels : les îles Andaman et les îles Nicobar. Il compte plus de , parmi lesquelles 38 sont habitées de manière permanente. La plupart de ces îles (environ 550, dont 26 habitées) appartiennent à l'archipel des îles Andaman, les îles Nicobar ne comptant que (12 habitées). Les Andaman sont séparées des Nicobar par les du .
La superficie totale des îles Andaman est d'environ , celle des îles Nicobar d'environ .
Les îles sont desservies par des aéroports celui de port Blair, Car Nicobar AFS et l'INS Baaz ce sont aussi des bases des forces armées indiennes en développement pour assurer le trafic maritime.
Démographie Selon le recensement de l'Inde de 2011, la population du territoire de l'Union des îles Andaman et Nicobar était de , dont (53,25 %) étaient des hommes et (46,75 %) étaient des femmes. Le sex-ratio était de pour .
La population vit majoritairement dans les îles Andaman. En effet, seulement 10 % de la population vivait dans les îles Nicobar.
Les îles Andaman sont aujourd'hui habitées par une majorité de Bengalis hindouistes venus du Bengale oriental (actuel Bangladesh) lors de la partition des Indes en 1947. De son côté, le gouvernement indien a incité la population à venir s'installer sur l'archipel en offrant des terres. Il en est résulté un très fort accroissement de la population des îles. Ainsi la majorité de la population est hindouiste, mais on trouve aussi beaucoup de chrétiens et une importante minorité musulmane.
L'archipel est également peuplé par une population indigène qui vit relativement isolée. (On définira ici indigène comme une personne appartenant à une population implantée dans un pays avant sa colonisation).
Bien que la population soit composée de 26 % de Bengalis, de langue bengalie, les langues de l'administration sont l'hindi et l'anglais. Entre 15 % et 20 % de la population maîtriserait à des degrés divers l'hindi. Comme l'anglais ou l'hindi, le bengali n'est pas une langue autochtone, mais elle est présente dans l'archipel surtout depuis 1947 et 1971-1973 et la guerre d'indépendance du Bangladesh contre le Pakistan avec la fuite de nouveaux réfugiés hindous du Bengale oriental.
Population indigène La population indigène est constituée de plusieurs ethnies. Ils sont cependant tous des chasseurs-cueilleurs et sont aussi appelés « Négritos ». Le nom générique de Négritos vient de leur apparence physique. Leur physionomie est nettement distincte de celles des peuples asiatiques qui les entourent ; plus petits, avec une peau très foncée. Certains anthropologues les considèrent comme les premiers humains ayant quitté l'Afrique et, d'après des tests ADN, leurs plus proches parents seraient les Bochimans du désert du Kalahari (Afrique australe).
Les cinq ethnies recensées sur les îles Andaman, ou Andamanais, d'apparence et de mode de vie très similaires, sont regroupées en deux groupes :
Les : à l’arrivée des Britanniques il y a , les Grands Andamanais représentaient une population de . Lorsque les Britanniques prirent possession des archipels, en 1848, des Grands Andamanais moururent en défendant leur territoire, ou succombèrent au choléra ou au paludisme. Puis l'Inde, en 1947, instaura une relation de dépendance forcée, qui fragilisa leur culture. L'introduction de la monnaie mit fin au système de troc. Puis, au nom de leur « préservation », ils furent déplacés, dans les années 1970, sur Strait Island, et logés dans des maisons préfabriquées. Devenus sédentaires, les Grands Andamanais ont cessé de chasser et de pêcher. Ils dépendent depuis entièrement des aides du gouvernement pour leur alimentation maintenant constituée de dal (lentilles), de riz - dal bhat ou de biscuits. Ils ne sont aujourd’hui plus que 52 selon l'ONG Survival International qui lutte pour leur survie. Ainsi, on les considère comme le plus petit peuple au monde en nombre de personnes. Leur acculturation progresse notamment car les enfants apprennent l'hindi.
Un groupe Onge-Jarawa, regroupant : Les Sentinelles : la population sentinelle compte entre 50 et . Ils n’ont établi aucun contact amical avec le monde extérieur, et sont d'ailleurs considérés comme le peuple le plus isolé du monde. Ils vivent sur leur propre île (l'île de North Sentinel) d’une superficie de et s’attaquent à quiconque s’en approche. De ce fait, les informations les concernant sont très fragmentaires.vignette|429x429px|Déclin de la population indigène des îles Andaman entre 1800 et 2004 Les Jarawa ou Ya-eng-nga : ils sont eux aussi restés volontairement isolés des colons qui se sont installés sur leurs îles au cours des cent-cinquante dernières années, faisant preuve d’une hostilité constante envers les envahisseurs cherchant à empiéter sur leurs terres et chassant leur gibier. Leur nombre est passé de avant la colonisation britannique à moins de trois cents aujourd'hui. Les Jarawa ont conservé leur culture, dans une réserve située au nord de Port-Blair. Les autorités ont constitué un groupe de contact chargé d'effectuer la médiation entre les indigènes et l'administration, afin de protéger les Jarawa des braconniers, venus de Thaïlande ou de Birmanie, qui pêchent des crabes et des tortues géantes, mettant en péril les ressources alimentaires et risquent d'introduire des maladies. Mais la médiation se fait difficilement. Pour protéger les Jarawa, la proposition d’interdire l'accès à leur réserve a été faite. Mais cela impliquerait de fermer la route qui traverse leur forêt. En 2004, la Cour suprême indienne a ordonné sa fermeture, après une plainte déposée par l'ONG Survival International mais cette décision n'a pas été mise en œuvre. "Nous sommes l'Humanité" est un film documentaire sur des chasseurs Jarawa, tourné par Alexandre Dereims et Claire Beilvert, un journaliste et une photographe de presse française , qui ont réussi à les rencontrer.