La Fédération féminine française de gymnastique et d'éducation physique (FFFGEP) est une fédération sportive qui regroupe dans l'entre-deux-guerres les sections de gymnastique féminine de France. Si l'apparition de la pratique gymnique féminine suit de peu celle des hommes, sa structuration associative est plus tardive, en dépit des encouragements de la . Les premières sections féminines n'apparaissent au sein des sociétés masculines qu'à l'articulation des et s et les deux premières sociétés véritablement féminines ne sont fondées à Lyon qu'en 1910. Le mouvement s'accélère alors et dès 1912 apparaît une Union française de gymnastique féminine à laquelle la Fédération féminine française de gymnastique et d'éducation physique succède en 1921. Celle-ci fusionne en 1942 avec l'Union des sociétés de gymnastique de France au sein de l'actuelle Fédération française de gymnastique. Les fêtes fédérales annuelles marquent son existence alors que les contenus d'enseignements, inspirés des courants artistiques et hygiénistes, restent très loin de la technique actuelle.

Histoire Comme pour les hommes, les établissements d’éducation féminine font une place de plus en plus large aux exercices physiques au cours de la Restauration et du second Empire : le succès de l’ouvrage de Clias Callisthénie pour les jeunes filles en témoigne.. La Troisième République facilite ensuite le développement de cette gymnastique qu'elle charge chez les garçons d’assurer la transition entre l’école et l’armée et chez les jeunes filles de « donner aux hommes républicains des compagnes républicaines ».. Les premières sociétés françaises de gymnastique féminine apparaissant dès 1899 à Paris. et Valenciennes. puis au Havre en 1900. Ce sont des sections d'associations masculines jusqu'à l'apparition à Lyon en 1910 de deux associations spécifiquement féminines, la Société féminine de gymnastique de Lyon et l’Églantine de Lyon, cette dernière dirigée par Madame Ludin..

L'Union française de gymnastique féminine Celle-ci se révèle particulièrement active et une Union française de gymnastique féminine (UFGF) fédère l'ensemble des sections féminine lors d'une assemblée tenue à Lyon le . Celle-ci est déclarée à la préfecture de Lyon le . sous la présidence de Maître Podesta, fondateur de l'association havraise.. Le premier congrès des 2 et qui regroupe, à Lyon, trente-sept sociétés confie à Deauville l'organisation de la première fête fédérale féminine.. Celle-ci regroupe vingt-trois sociétés dont une du Danemark en 1913. La seconde fête se tient à Melun en , quelques jours avant le déclenchement des hostilités. En 1914, l' comptabilise quatre-vingts associations affiliées..

Le sport féminin proprement dit se développe également au sein de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). et à la fin de l'année 1916 deux associations parisiennes, Femina Sports et Académia, fondent une fédération dissidente destinée clairement à contrebalancer l'influence de l' : la Fédération des sociétés féminines sportives de France (FSFSF).. Celle-ci est fondée officiellement le 18 janvier 1918 et Alice MilliatBiographie d'Alice Milliat sur le site du Ministère de la jeunesse et des sports. en devient présidente l'année suivante. Alors que l' comptabilise 98 sociétés en 1920 la présidence passe à Robert Amy.

La Fédération féminine française de gymnastique et d'éducation physique L'année 1921 est celle de tous les changements. Les sections féminines qui participent depuis 1917 aux compétitions d'athlétisme de l' en cours de dissolution se regroupent quelque temps au sein d'une éphémère Fédération féminine française des sports athlétiques (FFFSA) avant de fusionner avec l' au sein d'une Fédération féminine française de gymnastique et sports (FFFGS) qui devient dans l'année même Fédération féminine française de gymnastique et d'éducation physique (FFFGEP). Robert Amy conserve la présidence du nouvel organisme jusqu'à sa fusion avec l'Union des sociétés de gymnastique de France (USGF) sur injonction du gouvernement de Vichy alors que la poursuit son propre chemin sous le sigle simplifié de FFSF (Fédération féminine sportive de France)..

Le fonctionnement de la est calqué sur celui de son homologue masculine avec laquelle elle travaille en étroite collaboration. voire sous délégation et les fêtes fédérales sont la principale finalité du comité directeur. La première est organisée à Vichy en 1922, année où les effectifs remontent à adhérentes. Le , alors que sont comptabilisées, la est reconnue d'utilité publique.

vignette|Affiche de la 6e fête fédérale de la fédération féminine française de gymnastique, Rennes, 1924

Les fêtes fédérales féminines vignette|gauche|31 mars 1923, présentation des 71 sociétés sportives au cours de la fête fédérale vignette|redresse=0.9|Groupe de gymnastes de l'école Medau.|alt=Groupe de gymnastes de l'école Medau. AnnéeVille d'accueilFédérationAnnéeVille d'accueilFédération 1913 DeauvilleUFGF 1930 CharlevilleFFFGEP 1914 Melun UFGF 1931 Saint-NazaireFFFGEP 1915-1921 Néant : guerreUFGF 1932 VichyFFFGEP 1922 VichyFFFGEP 1933 LilleFFFGEP 1923 Monaco FFFGEP1934 NiceFFFGEP 1924 Rennes FFFGEP 1935 Saint-NazaireFFFGEP 1925 Clermont-FerrandFFFGEP 1936 EvianFFFGEP1926 Reims FFFGEP 1937 Clermont-FerrandFFFGEP1927 Montpellier FFFGEP 1938 DijonFFFGEP 1928 Roanne FFFGEP 1939 RoanneFFFGEP 1929 Dinard FFFGEP En gras les villes ayant organisé deux fois la fête fédérale féminine.

Contenus et technique Les contenus techniques enseignés dans les associations de la sont sous une double influence : celle de la gymnastique rythmique d'Irène Popard qui est la première femme diplômée du Cours supérieur de Paris de l' dirigée par Georges Demenÿ.. Elle étudie ensuite la méthode Dalcroze et donne ses premiers cours aux Éclaireuses de France parisiennes pendant la Grande Guerre avant d'ouvrir son propre établissement d'enseignement ; celle de Georges Hébert qui, à partir de 1919, se consacre particulièrement à l'éducation féminine à travers les Palestres, dont le premier établissement ouvre de Deauville.. Plus tard, l'influence des méthodes d'éducation physique féminines d'outre-Rhin se fait également sentir, en particulier celle de l'école de Heinrich Medau.. Les fêtes fédérales sont la vitrine de ces écoles alors que la pratique des agrès - cheval sautoir, barres parallèles et poutre - reste prudente et modérée..

Palmarès Ceux des premières fêtes fédérales de Deauville en 1913 et Melun en 1914 semblent introuvables et elles ne reprennent qu'en 1922. Outre les fêtes fédérales une Coupe nationale d’éducation physique féminine faisant état d’un classement individuel remporté 6 fois par Marcelle Courageux de Lille apparaît à partir de 1924. Bien que cette compétition soit organisée en dehors de la fête fédérale, nous avons pris le parti d'en signaler la lauréate de l'année dans le tableau ci-dessus.. AnnéeLieuChampion par équipeChampionne de la Coupe AnnéeLieuChampion par équipeChampionne de la Coupe 1922 Vichy Union gymnique (Dijon) 1931 Saint-NazaireLes Sévignettes (Tourcoing)Duvignac (Arcachon) 1923 MonacoLes Sévignettes (Tourcoing) 1932 Vichy Les Sévignettes (Tourcoing)Marcelle Courageux (Lille) 1924 Rennes Les Sévignettes (Tourcoing)Marie Musso (Monaco)1933 Lille Graziella club (Tourcoing) Marcelle Courageux (Lille) 1925 Clermont-Ferrand Société féminine de gymnastique (Lyon) Honorine Delescluse 1934 Nice Société municipale de gymnastique (Lille) Marcelle Courageux (Lille) 1926 Reims Société féminine de gymnastique (Lyon) Honorine Delescluse 1935 Saint-Nazaire Société municipale de gymnastique (Lille) Marcelle Courageux (Lille) 1927 Montpellier Fédération des amicales laïques (Lille) 1936 Evian Société municipale de gymnastique (Lille) Marcelle Courageux (Lille) 1928 Roanne Fédération des amicales laïques (Lille)Marie Brossier1937 Clermont-Ferrand Société municipale de gymnastique (Lille) Laffiteau (Clichy) 1929 Dinard Société féminine de gymnastique (Lyon) Marcelle Courageux (Lille) 1938 Dijon Société municipale de gymnastique (Lille) Lazzatti 1930 Chaleville Les Sévignettes (Tourcoing)Marie Khim1939 Roanne Société municipale de gymnastique (Lille)

En 1940 la est mise en demeure de fusionner avec l' au sein de la nouvelle Fédération française de gymnastique (FFG)., ce qui est fait en 1942. La première fête fédérale d'après-guerre organisée sous son égide à Nice en 1947. regroupe les filles et les garçons.. Les archives de la ayant sombré en Seine lors d’un déménagement, nous devons l'essentiel de ces informations aux ouvrages de Jean Latte. et Raymond Barull.

Références

Autres références :

Bibliographie

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