Gérard Longuet, né le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est un haut fonctionnaire et homme politique français.

Député puis sénateur de la Meuse et titulaire de nombreux mandats locaux en Lorraine, il est ministre sous les deux premières cohabitations. Il est nommé ministre de la Défense et des Anciens Combattants sous le gouvernement de François Fillon.

Libéral-conservateur, Gérard Longuet est également président du Parti républicain dans les années 1990, vice-président du mouvement Les Réformateurs et président du groupe UMP au Sénat.

Biographie Famille et études Gérard Edmond Jacques Longuet est le fils de Jacques Longuet, commandant de la base aérienne 113 entre 1952 et 1954, et de Marie-Antoinette Laurent, assistante sociale.Who's Who in France, édition 2013, ..

Après un cursus scolaire au lycée Henri-IV de Paris, Gérard Longuet entame des études de droit et de lettres à l'université Panthéon-Assas.. Il est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (promotion 1966). Il est titulaire d'un diplôme universitaire d'études littéraires en sociologieAntoine Weexsteen, « Longuet Gérard, Edmond, Jacques », notice biographique sur le site du Comité d'histoire de La Poste., puis un diplôme d'études supérieures (DES) en science politique (1968).

Il a épousé Brigitte Fossorier et il a quatre filles : Tiphaine, Élise, Aurore, Marguerite. Il est le beau-frère par alliance du milliardaire Vincent Bolloré.

Un engagement à l’extrême droite Au printemps 1964, il prend part, en compagnie d'Alain Madelin, à la création du mouvement d'extrême droite Occident, souvent impliqué dans des affrontements violents contre l'extrême gauche.

Le , Gérard Longuet participe à un commando d'Occident qui attaque des étudiants d'extrême gauche du Comité Vietnam national à l'université de RouenLibération du Frédéric Charpier, Génération Occident : de l'extrême droite à la droite, éd. du Seuil, 2005, .. Parmi les nombreux blessés, Serge Bolloch – il deviendra vingt ans plus tard journaliste au Monde – est dans le coma, le crâne fracasséYves Bordenave, « Mai 68, lorsque le groupuscule d’extrême droite Occident voulait en découdre avec les “bolchos” », Le Monde, 23 avril 2018.. Le , il est condamné à francs d'amende comme co-auteur de « violence et voies de fait avec armes et préméditationle Monde du 12 juillet 1967 Frédéric Charpier, op. cit., 142. », en même temps que douze autres militants de l'extrême droite – dont Patrick Devedjian, Alain Madelin, Alain RobertNicolas Lebourg, « Une ligne vraiment très droite », Politis, 1143, semaine du 10 au 16 mars 2011, ..

Après la dissolution d'Occident par le Conseil des ministres en , il rejoint ensuite le Groupe union défense (GUD), un autre groupuscule d'extrême droite mené par Alain Robert, dont il écrit la charte, puis Ordre nouveau, destiné à rassembler les nationalistes.

En 1969, il devient attaché de presse pour le Conseil national du patronat français, l'ancêtre du Medef..

En 1971, il fait partie avec Claude Goasguen de la direction d'Ordre nouveau, dissous par décret du Conseil des ministres le pour « atteinte à la sûreté de l’État »Abel Mestre et Caroline Monnot, « Archives de la police, Ordre nouveau et la sûreté de l’État », Droite(s) Extrême(s) / lemonde.fr, 30 mai 2010..

Énarque Il entre à l'École nationale d'administration (ENA) en 1971 et en sort en 1973 (promotion François-Rabelais).

Entre-temps, en 1973, il rédige le premier programme économique du Front national. Gérard Longuet déclare à ce propos : « [Alain Robert] m'a amicalement demandé d'écrire un "programme économique solide" [...] À l'époque, Ordre nouveau n'avait pas 50 énarques sous la main. Comme il ne m'a donné aucune orientation, j'ai fait ce que je voulais et j'ai rédigé une plaquette libérale qui est devenue le programme économique du FN : ouvert à l'économie d'entreprise et à l'économie de marché », et ajoute : « je savais que Robert [Alain Robert] et lui [Jean-Marie Le Pen] étaient sur deux planètes différentes : le premier, totalement dénué d'ego, voulait créer un parti de droite musclé ; le second n'avait pas d'idées affirmées, mais un ego surdimensionné. »..

Étant l'un des aux réunions du Club de l'horloge, il en est nommé membre d'honneur..

De ses engagements à l'extrême droite dans les années 1960-1970, il dit : .

Carrière politique au sein de la droite parlementaire Nommé sous-préfet durant l'été 1973 à sa sortie de l'ENA, il est d’abord directeur de cabinet des préfets de l'Eure (1973-1974), puis de la Somme (1974-1976) et enfin de Jacques Dominati, secrétaire d’État auprès du Premier ministre Raymond Barre (1977-1978).

En 1978, il est élu député de la de la Meuse sous les couleurs de l'Union pour la démocratie française-Parti républicain. Il perd son mandat en 1981 après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

Membre du conseil général de la Meuse pour le canton de Seuil-d'Argonne de 1979 à 1992, il en devient vice-président de 1982 à 1986. Il est également élu conseiller municipal d'opposition de Bar-le-Duc en 1983.

En 1984, il est élu député européen, en sur la liste UDF-RPR menée par Simone Veil. Comme tous les membres du Parti républicain, il siège au sein du groupe Libéral et démocratique (LD), devenu en 1985 le groupe Libéral, démocrate et réformateur (LDR), présidé par Simone Veil. Il est membre de la Commission des affaires sociales et de l'emploi de 1984 à 1985, puis de celle de l'énergie, de la recherche et de la technologie de 1985 à 1986, et participe à la délégation pour les relations avec les États du Golfe à partir de 1985.

Il reste membre du Parlement européen jusqu'à son entrée au gouvernement en 1986..

Gouvernement Sous le gouvernement de la première cohabitation, mené par Jacques Chirac et formé en 1986, il est chargé des Postes et Télécommunications comme secrétaire d'État puis ministre délégué, auprès du ministre de l'Industrie, des Postes et Télécommunications et du Tourisme Alain Madelin.

Quittant son ministère après la victoire socialiste aux présidentielle et législatives de 1988, il retrouve, à la faveur de cette élection, son siège de député de la Meuse.

Dans les années 1980, avec d'autres quadragénaires du Parti républicain (Alain Madelin, Jacques Douffiagues ou Claude Malhuret) de la « bande à Léo » (ainsi appelée en référence à son chef de file, François Léotard), puis du groupe des réformateurs et du mouvement Force unie, au sein de l'UDF et du RPR, il appelle à un renouvellement générationnel des dirigeants de la droite parlementaire en remettant en cause l'autorité sur celle-ci de Jacques Chirac et de Valéry Giscard d'Estaing.

Il est trésorier de 1982 à 1988, puis secrétaire général de 1988 à 1990 et finalement président du Parti républicain de 1990 à 1995.

En 1992, il devient président du conseil régional de Lorraine. À ce poste, il appuie la création de la LGV Est, en particulier la construction de la gare de Meuse TGV..

En 1993, il est appelé au gouvernement par Édouard Balladur, retrouvant le portefeuille des Télécommunications avec le ministère de plein exercice de l'Industrie, des Postes et télécommunications et du Commerce extérieur. En tant que tel, c'est lui qui autorise Bruno Lasserre, alors directeur général des Postes et télécommunications à créer une troisième licence de téléphonie mobile en ouvrant le réseau hertzien à un troisième opérateur, Itineris et SFR se partageant le marché Quand Bouygues révolutionnait le mobile, Le Monde économie, 26 avril 2012.. Les auditions commencent en , et aboutiront à l'entrée sur le marché de Bouygues Telecom.

Inquiété pour le financement du Parti républicain et la construction de sa villa, il doit démissionner du gouvernement Balladur en , et entame un retrait médiatique tout en restant à la tête de la région Lorraine. Il est mis en examen en 1995 dans l'enquête sur le financement occulte du Parti républicain.. Il bénéficie d'un non-lieu le , en partie grâce à la loi d'amnistie de 1990 sur les financements politiques, certains faits reprochés représentant un financement illégal de parti politique, mais la loi d'amnistie ne permet des poursuites que pour « des faits d'enrichissement personnel.« L'ex-ministre UMP Gérard Longuet blanchi », Journal du dimanche, 8 mars 2010. ».

Renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « recel d'abus de crédit » dans une affaire concernant la construction de sa villa de Saint-Tropez (Var), il est relaxé en première instance, puis par la cour d'appel de Paris, en . Mis en garde à vue en pour recel de corruption dans l'affaire des marchés publics d'Île-de-France, il est également relaxé, en « Pas de prison ferme au procès des marchés publics », TF1-LCI, 26 octobre 2005..

Durant ces années, il est administrateur de sociétés d’ingénierie informatique et de conseil, il préside la société Herbemont-César et Associés à partir de , et fonde en une holding spécialisée dans le conseil, Sokrates Group., dont il est le président. Il est également réélu à la tête de la région Lorraine en 1998, tout en réintégrant la même année le conseil général de la Meuse désormais pour le canton de Fresnes-en-Woëvre (il le reste jusqu'en 2001). En désaccord avec le départ de l'UDF de Démocratie libérale (DL, nouveau nom depuis 1997 du Parti républicain), il participe à la création du Pôle républicain, indépendant et libéral (PRIL) qui fusionne en avec Force démocrate et les Adhérents directs de l'UDF pour donner naissance à la « Nouvelle UDF ». Il en est pendant quelques mois le vice-président, aux côtés de François Bayrou. Il soutient la candidature de ce dernier à l'élection présidentielle de 2002.

Après son entrée au Sénat à la faveur des élections de 2001 et son adhésion à l'Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2002, il revient sur le devant de la scène politique, en prenant, le , la tête de l'Association des régions de France (ARF), alors qu'un accord devait permettre qu'après Jean-Pierre Raffarin, entre 1998 et 2001, la présidence aille au socialiste Alain Le Vern« La gauche claque la porte », Le Point, 12 juillet 2002..

À la suite de la « vague rose » des régionales de 2004, il perd les présidences de la Lorraine et de l'ARF. L'année suivante, il prend celle de l'Agence de financement des infrastructures de transports de France (AFITF).

vignette|gauche|Gérard Longuet lors d'un meeting de Nicolas Sarkozy en 2012. De 2008 à 2009, il fait partie du Comité pour la réforme des collectivités locales. Il est élu président du groupe UMP au Sénat le , succédant à Henri de Raincourt, nommé ministre chargé des Relations avec le Parlement.

En , il est membre de la commission sénatoriale d'enquête chargée de l'affaire Benalla.

Gouvernement de François Fillon Pressenti pour entrer dans le troisième gouvernement Fillon à l'automne 2010, Gérard Longuet l'intègre finalement en devenant ministre de la Défense et des Anciens Combattants en remplacement d'Alain Juppé, alors nommé ministre des Affaires étrangères après la démission de Michèle Alliot-Marie le . Sa nomination permet de rééquilibrer « politiquement » le gouvernement Fillon en donnant un poste clé à l'aile centriste et libérale de l'UMP, chose qui était réclamée, après le départ de plusieurs ministres centristes trois mois plus tôt. Gérard Longuet quitte son mandat parlementaire le mois suivant et est remplacé à la présidence du groupe UMP au Sénat par Jean-Claude Gaudin.

Lors des élections sénatoriales de 2011, il est réélu sénateur dans la Meuse au premier tour de scrutin avec 50,51 % des voix. Il décide néanmoins de conserver sa fonction ministérielle, et ne pouvant donc siéger au Sénat, il ne prend pas part au vote du pour l'élection de son président. Il est remplacé le par son suppléant, Claude Léonard.