vignette|John Fitzgerald Kennedy et son épouse Jacqueline Kennedy dans sa limousine présidentielle à Dallas Les théories sur l'assassinat de John F. Kennedy sont relatives aux circonstances entourant l'assassinat du président Kennedy le à Dallas. La grande majorité de ces théories sont basées sur des explications conspirationnistes de l'assassinat, en opposition avec les conclusions du rapport de la commission Warren, qui a conclu que Lee Harvey Oswald, est le seul responsable du meurtre commis à Dallas. Les théoriciens du complot estiment que l'assassinat du Président — et peut-être celui de son assassin — résultent de complots mis en place par des groupes en ayant à la fois les moyens et les motifs. Certaines des théories sont compatibles entre elles, d'autres sont exclusives les unes des autres ; cependant, toutes rejettent, à un degré ou un autre, les conclusions de la Commission Warren. Parmi les autres théories, certaines concernent les circonstances de l'autopsie, notamment sur l'éventualité de destruction de preuves, d'autres affirment que le film Zapruder montrant l'assassinat en direct a été falsifié, d'autres font un lien entre la mort de témoins de l'assassinat et l’événement.

En 1979, le Comité restreint de la Chambre sur les assassinats (House Select Committee on Assassinations), tout en affirmant la culpabilité d'Oswald, a conclu que le président Kennedy avait été « probablement assassiné à la suite d'une conspiration »..

Des sondages effectués au début des années 2000 ont indiqué qu'environ 20 % des citoyens des États-Unis d'Amérique croient qu'Oswald a agi seulVoir notamment ce sondage de ABC News ou celui de Fox News en 2003, et que donc environ 80 % d'entre eux croient à une forme de conspiration. L'expression de coup d'État est également utilisée.

Certaines de ces théories ne sont pas toujours le fait de personnes désintéressées. Le KGB soviétique est notamment largement soupçonné d'avoir lancé et alimenté certaines de ces théories dès 1964 à des fins de déstabilisation et en vue de porter le discrédit sur son principal ennemi qu'est l'État américain, et particulièrement la CIA qui fut l'adversaire direct des services soviétiques..

Éléments historiques Cet assassinat et le rapport de la Commission Warren rendu public en , ont nourri immédiatement de multiples thèses complotistes qui ont été d'abord médiatisées en Europe, par exemple en France avec Léo Sauvage, et plus précisément au Royaume-Uni où notamment Bertrand Russell Bertrand Russell, « 16 Questions on the Kennedy Assassination », The Minority of One, 6 septembre 1964, p. 6-8. compare le cas de Lee Harvey Oswald avec l'affaire Dreyfus.. Dans les années 1966-1967, une poignée de citoyens et journalistes américains (, Mark Lane, , Richard Popkin, , Edward Jay Epstein, , …) correspondant entre eux, critiquent le rapport Warren qui cacherait selon eux la vérité et diffusent des rumeurs selon lesquelles des agences gouvernementales (CIA, FBI…) réduiraient au silence des témoins directs ou indirects de la mort de JFK. Ils remettent en cause la théorie de la balle unique, le et les interprétations du film Zapruder . La plupart de ces auteurs de théories du complot viennent de la et sont des victimes directes du maccarthysme ou ont défendu des victimes du maccarthysme, période de l'histoire américaine marquée par les attaques des républicains contre les démocrates de gauche accusés de corruption et de faiblesse à l'égard du communisme..

Dans les décennies suivantes, l'assassinat a donné lieu à une production littéraire pléthorique dans laquelle une communauté de Warren report critics (« critiques du rapport Waren ») amateurs et professionnels développent des thèses complotistes contradictoires qui incriminent une multitude de participants opposés les uns aux autres. .

Enfin, depuis le tournant du , .

Vincent Bugliosi, dans publié en 2007, recense une centaine de théories, liste qui seraient impliquées dans le magnicide, et assassins autres qu'Oswald..

En 2013, cinquante ans après l'assassinat de Kennedy, 59 % des Américains continuent de penser qu'il est le résultat d'une conspiration..

En 2024, Donald Trump s'engage à déclassifier les documents restants relatifs à l'assassinat de J.F. Kennedy en cas de retour au pouvoir, certains documents étant restés secrets lors de sa présidence précédente en raison de pressions de la CIA et du FBI, malgré une promesse similaire.

Théories principales de la conspiration Les chercheurs affirmant l'existence d'une conspiration se basent soit sur un examen critique des éléments matériels de l'affaire, parfois avec des outils plus modernes que ceux disponibles à l'époque de la Commission, soit sur un examen critique des actions des protagonistes, pour conclure qu'une conspiration est possible, vraisemblable ou certaine. Parmi les éléments ayant été présentés comme des indices de la conspiration, sont relevés les points suivants :

Lee Harvey Oswald Le fait que Lee Harvey Oswald, en tant que seul et unique membre du comité Fair Play for Cuba, a travaillé sous la direction de Guy Banister, membre de l'extrême droite, ancien du F.B.I. et de la Marine, financé par la C.I.A. pour les opérations anti-castristes et par le F.B.I. pour les actions anti-communistes. Il entraînait les anti-castristes, eux-mêmes formés militairement par la C.I.A., à l'infiltration des milieux pro-castristes.

Dans le carnet d'adresses d'Oswald figuraient plusieurs adresses d'activistes anti-castristes. La secrétaire de Guy Banister témoigna que ce dernier avait déclaré à propos de Lee Harvey Oswald : « Ne vous en faites pas pour lui, c'est un associé du bureau. »

L'action pro-communiste affichée de Lee Harvey Oswald, au sein même du quartier du renseignement au sein de la Nouvelle Orléans, avec les antennes du F.B.I., de la C.I.A et de l'O.N.I. (les services secrets de la Marine), n’entraîna aucune réaction, enquête ou surveillance, en pleine période anti-communiste des États-Unis et de lutte contre le régime de Fidel Castro à La Havane.

Les droits d'Oswald ne furent pas respectés au cours de sa garde à vue et notamment celui de disposer d'un avocat. Les autorités texanes repoussèrent toutes les propositions d'avocat. Or, présenté à minuit le à la presse, Oswald déclara : .

Le dossier militaire d'Oswald a été détruit en 1973, officiellement à la suite d'un « nettoyage de routine ». Ce fait fut découvert par le H.S.C.A. lorsqu'il en demanda la copie. Le dossier a été partiellement communiqué à la Commission Warren mais non au H.S.C.A..

La photo d'Oswald avec un Carcano et un journal communiste à la main, qu'Oswald lui-même qualifia de photomontage, est suspecte. Des experts de Scotland Yard et de la police canadienne noteront des anomalies : la photo a officiellement été prise au mois de mars, mais la végétation ne correspond pas ; de plus, les ombres du nez et de la silhouette d'Oswald n'ont pas le même angle, le journal n'est pas à l'échelle de son corps, la forme du menton ne correspond pas à celui du suspect et le poignet droit présente une excroissance osseuse que n'avait pas Oswald.

En 1975, une lettre écrite par Lee Harvey Oswald fut envoyée depuis Mexico au chercheur Rose Penn. Datée du , et destinée à un certain Mr. Hunt, elle indiquait qu'Oswald souhaitait obtenir des informations sur sa situation et souhaitait qu'aucune étape ne soit franchie par lui-même ou une quelconque autre personne.

Lors d'une perquisition le dans le garage de Ruth Paine, chez qui logeaient l'épouse et la fille d'Oswald à Irving, les policiers de Dallas découvrirent, parmi les affaires de Lee Harvey Oswald, un appareil photo Minox portant un numéro de série non public ; cet appareil était alors très prisé au sein des services secrets pour les activités d'espionnage. Les policiers auraient subi les pressions des agents du F.B.I. pour faire disparaître la mention de cet appareil de leur rapport, ou que le modèle soit modifié. Ces faits furent révélés par le Dallas Morning News en 1978.

En 1977, à la suite de l'entrée en vigueur de la loi sur la liberté de l'information, la C.I.A. dut reconnaître détenir dans ses archives un dossier dit « 201 » sur Lee Harvey Oswald, un tel dossier signifiant que la personne concernée est habilitée à exercer des activités d'espionnage et d'infiltration. Ce fait fut communiqué en 1978 lors de l'enquête du H.S.C.A., qui demanda à avoir accès au dossier, mais celui-ci parvint vide au comité, alors qu'il aurait dû contenir une trentaine de documents. En outre, un ancien agent de la C.I.A. a indiqué qu'Oswald était rémunéré par celle-ci depuis son passage sur la base d'Atsugi au Japon. Victor Marchetti, dont l'ouvrage sur la C.I.A. fut partiellement censuré à sa sortie, indiqua : « Concrètement, si Oswald avait un dossier 201, c'est qu'il était agent. »

De même, les enregistrements des conversations téléphoniques d'Oswald au consulat soviétique, faits par la C.I.A. et datant d', ont été détruits lors d'un « nettoyage de routine » peu avant l'ouverture de l'enquête du H.S.C.A. en 1978. Des photos de la caméra de la C.I.A., présentées comme preuves, montraient un homme se faisant passer pour Oswald, afin semble-t-il de le piéger. Plusieurs personnes, dont un employé de l'ambassade du Mexique et une particulière, assurent avoir rencontré un autre Lee Harvey Oswald plus âgé (35 ans) et à la voix différente de celui qu'ils virent et entendirent nier sa culpabilité à la télévision après son arrestation le .

Jack Ruby Au cours de la conférence de presse du procureur Wade le , Jack Ruby, propriétaire du night-club Le Carrousel et futur assassin d'Oswald, intervient pour corriger le nom du groupuscule pro-castriste Fair Play for Cuba, dirigé par Oswald et dont il était le seul et unique membre. La Commission Warren ne demande ni enquête ni éclaircissement à ce sujet.

Témoins de l'assassinat La mise à l'écart par la Commission Warren de tous les témoignages indiquant, selon les cas : plus de trois coups de feu ; la présence de tireurs ailleurs que dans le Texas School Book Depository, et notamment sur le Grassy Knoll (Abraham Zapruder et 12 autres personnes témoignèrent qu'un des tirs ne provenait pas du dépôt de livres) ; la présence de complices ; l'odeur de poudre (sénateur Ralph Yarborough) ; la présence de lumière et de fumée derrière la barrière de bois juste après les tirs (témoignage de Lee Bowers).

C'est notamment le cas du témoignage du Sheriff Robert Craig qui déclara avoir vu Lee Harvey Oswald sortir du Texas Book Depository et monter dans un véhicule de type break de couleur beige avec trois autres hommes à son bord avant de prendre la fuite, conduit par un homme d'origine sud-américaine. Son témoignage ne fut pas retenu par la Commission Warren et il dut quitter les forces de l'ordre. J.C. Price, Sam Holland, James Altgen et Seymour Weitzman témoignèrent également de la présence d'hommes derrière la barrière en bois. Le Sherif Decker, juste après les tirs, donna ordre à ses agents d'investir la butte gazonnée. Un nombre important de témoins coururent également dans cette direction.

A également été mentionnée, la présence sur le lieu de l'attentat de personnes dont l'identité n'a jamais fait l'objet d'enquête.

Sécurité du président La sécurité du président à Dallas, plus réduite que d'ordinaire, notamment le fait qu'aucun agent du Service Secret n'entourait la limousine, et que les mesures de sécurité pour une apparition publique du président, d'ordinaire très draconiennes (fenêtres fermées, tireurs d'élite sur les toits) n'aient pas été appliquées. De même, le code du Secret Service fut enfreint puisqu'il interdisait les virages à plus de 120° (maximum 90°) afin d'éviter de ralentir le véhicule et de faire des passagers des cibles plus facilement accessibles. Enfin, une unité de l'armée fut maintenue au repos alors qu'elle aurait dû renforcer le dispositif de sécurité présidentiel.