vignette|Blason d'Ambroise de Loré : Les armes de Loré portaient d'hermine à trois quintefeuilles de gueules.

Ambroise de Loré, (v. 1395, Oisseau – , Paris), chevalierLe Père Daniel trace ainsi son portrait dans son Histoire de France : , compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, prévôt de Paris, de 1436 à 1446, est né vers 1395 au château de LoréSur une paroisse que certains chroniqueurs appellent le Petit Oisseau, d'autres, comme Robert Triger, le Grand Oisseau — actuelle commune de Oisseau (Mayenne). Cette seconde hypothèse est la plus vraisemblable, Le Petit-Oisseau étant situé dans la Sarthe..

Origine et généalogie Origine

Fils de Ambroise de LoréLe père d'Ambroise, qui s'appelait déjà Ambroise, n'a pas laissé de traces. et Marie de Prez. Son grand-père était Robert de Loré, chevalier.

La mère de Loré, Marie de Prez, était la fille bâtarde de Guillaume de Prez et de Thiphaine Arnoul, chambrière réputée facile de Pré-en-Pail. On peut soupçonner Ambroise d'avoir, par ce mariage au-dessus de sa condition – car Guillaume de Prez était un grand personnage – fait une bonne opération. C'est Guillaume de Prez qui marie lui-même Marie à Ambroise .

Ambroise de Loré épousera Guillemette ou Guillemine de Courceriers, puis Catherine de Marcilly, baronne d'Ivry.

Descendance De son mariage avec Guillemette de Courceriers, il a un fils, Ambroise III de Loré, seigneur de Loré à Oisseau en Mayenne, et une fille, Marie de Loré. De son second mariage avec Catherine de Marcilly, baronne d'Ivry, il a deux filles: Ambroisine de Loré, dame de Muessy, mariée à Robert VII d'Estouteville Bulletin de la Société d'agriculture, sciences et arts de la Sarthe, page 708, 1867 et Jeanne de Loré, mariée à Jean de Sahurs, seigneur de Torbechet.

Famille de Loré

Outre ses enfants, Ambroise de Loré est à l'origine de 4 principaux rameaux : le dernier Loré fut Ambroise VIII de Loré, époux de Marie de la Jaille; ils avaient eu 3 enfants dont une fille seule survécut ; elle épousa en 1630 un dénommé Milhot, secrétaire de la Chambre du Roi, dont la postérité releva le nom de Loré sous le règne de Louis XIV et transmit le prénom d'Ambroise, devenu traditionnel. Cette seconde famille habitait alternativement Paris et Toulouse. Les armes de Loré portaient d'hermine à trois quintefeuilles de gueules, et Ambroise, qualifié dans les chroniques d'écuyer, tenait son fief du comte, puis duc d'Alençon.

Histoire Le parti des Armagnacs Il participe à la bataille d'Azincourt en 1415. Il suit le parti des Armagnacs durant la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons et reste attaché au dauphin Charles. Après différents combats au Bas-Maine, autour du château de Courceriers, nous le trouvons à Paris au nombre des compagnons de Tanneguy III du Chastel, qu'il aide le à soustraire le dauphin aux mains des Bourguignons, puis au poste du pont de Charenton, qu'il défend pendant que le dauphin se rend à Melun.

Le retour dans le Maine Les Anglais approchent et la situation devient critique :

Rappelé dans le Maine, il s'empare de Fresnay-sur-Sarthe, dont il est fait capitaine du château en 1418, continue la lutte avec vigueur avec Guérin de Fontaine, sous le commandement du seigneur de Beauveau, gouverneur de l'Anjou et du Maine, et pendant dix ans mène une rude guerre de partisan qui ne laisse jamais l'Anglais en sécurité et qui réconforte les populations opprimées. Il perd Beaumont, Fresnay-sur-Sarthe le , est fait prisonnier près de Villaines-la-Juhel, se réfugie, à peine délivré, dans la forteresse de Sainte-Suzanne, participe à plusieurs batailles, mène sa troupe dans des chevauchées héroïques, préside à des combats singuliers. Le commandement de Sainte-Suzanne, , lui est donné en 1422 en remplacement de Pierre Hérisson.

La lutte contre les Anglais : prise du Mans et siège de Sainte-Suzanne

En 1422, avec le comte d'Aumale, le vicomte de Narbonne et le baron de Coulonches, il fait une campagne heureuse en Normandie. Deux combats sont livrés, l'un au-delà de Bernay, l'autre au retour, sur la route de Mortagne. Loré est à l'avant-garde dans la marche en avant, à l'arrière-garde dans la retraite. Au mois de septembre 1423, c'est lui qui, averti par la duchesse d'Anjou que les Anglais vont passer sur les frontières du Maine avec un convoi de bœufs et vaches enlevés des pâturages de l'Anjou, prévient le duc d'Aumale, prépare la bataille de la Brossinière et, le premier à l'escarmouche, décide la victoire par une attaque au flanc.

Il reprend Nogent et la Ferté-Bernard en 1424. Mais pendant l'été de 1425, le , son adversaire Thomas Montaigu, comte de Salisbury, comte du Perche et lieutenant-gouverneur de NormandieCes deux derniers titres, attribués par le pouvoir anglais, ne sont pas reconnus par les nobles français partisans des Valois. attaque Le Mans. L'historien anglais Desmond Seward le décrit comme ; il est, surtout, .

Jean Chartier relate ainsi l'attaque :

Sainte-Suzanne est donc prise le et Loré, son gouverneur, prisonnier avec la garnison, paie 200 écus pour sa rançon, puis se retire à Sablé pour reprendre la lutte sans défaillanceJohn Fastolf et les troupes anglaises occuperont Sainte-Suzanne durant quatorze ans.. La même année, Loré reprend le château de Malicorne. En 1426, Loré vient pourtant avec un détachement de 150 hommes jusqu'en vue de Sainte-Suzanne surprendre Henry Branch qu'il capture avec sa troupe entre les lieux-dits La Crousille et AmbriersL'abbé Angot relate ainsi cet épisode : "En 1426, pendant que John Fastolf tenait Sainte-Suzanne, un de ses capitaines, Henri Branche, s'était retranché avec cent chevaux au village d'Ambriers. Ambroise de Loré, qui venait de reprendre Malicorne et qui voulait se venger de la perte de sa capitainerie de Sainte-Suzanne, accourut de Sablé, se jeta sur les Anglais retranchés à Ambriers et les battit avant que la garnison voisine ait eu le temps de venir les secourir. Branche, que Bourdigné appelle Blanchebourne, fut emmené prisonnier à Sablé". ; et pousse même une pointe hardie jusque dans les faubourgs du Mans, qui tombent un instant entre ses mains.

Quand le connétable Arthur de Richemont quitte le Maine pour aller à Châtellerault pendant l'automne de 1427, Loré a maintenant le commandement, où il soutient une première attaque de John Fastolf, et qui devient son centre d'opérations.

À Sainte-Suzanne, Ambroise de Loré avait pour compagnon d'armes Bertrand de la Ferrière 15px, qui l'accompagnera aussi à la levée du siège d'Orléans.

Le , « par un exploit dont Laval devrait toujours se souvenir », dit l'abbé Angot, avec Raoul du Bouchet, Jean de Champchevrier, Jean de VilliersSeigneur du Hommet, capitaine de Pouancé au nom du Duc d'Alençon ; fils de Jean de Villiers et de Louise de Laval, époux de Catherine de Tesson. Les deux époux eurent leur sépulture dans l'abbaye de la Roë (1477). et une poignée de soldats guidés par le meunier des Trois-Moulins, Jean Fouquet« Homme de bien qui avoit déplaisir de ce que les Angloys estoient devenus seigneurs et maistres en icelle ville » de Laval, Jean Fouquet favorisa, en cachant leurs hommes dans les Trois-Moulins dont il était meunier, l'entreprise de Jean de Villiers, Jean de Champchevrier, Raoul du Bouchet et Bertrand de la Ferrière, le 25 septembre 1429, jour de la Saint Firmin, et contribua ainsi pour sa part à l'expulsion des Anglais. Un quai de Laval entre les deux ponts porte son nom., Bertrand de la Ferrière contribua à la reprise de Laval sur les Anglais.

Siège d'Orléans

On signale ensuite sa présence à la cour dès la fin de mars ou, tout au plus tard, au début d'avril 1429. Le duc d'Alençon le rencontre près de la reine Yolande d'Anjou un jour où il vient s'entretenir avec cette princesse d'un convoi de vivres que l'on va diriger sur Orléans. Quand l'heure du départ fut venue, c'est sur lui que le dauphin jette les yeux pour conduire Jeanne d'Arc à Blois, où vont se concentrer les troupes. Il part ensuite pour rejoindre l'élite de la chevalerie française sous les murs d'Orléans. Il se distingue sous les yeux de Jeanne d'Arc et la suit à toutes les étapes glorieuses de la route de Reims, souvent à l'avant-garde et aux postes périlleuxCe guerrier ne fut pas immédiatement convaincu du caractère de la mission de Jeanne d'Arc : "Trop expérimenté, dit Robert Triger, pour s'abandonner aux illusions trompeuses [sic], il se défie d'abord de cette extraordinaire bergère devenue général, et aux injonctions formelles de Jeanne, il oppose des considérations stratégiques forts sages en apparence". (dans Revue historique et archéologique du Maine, 1901, tome 1, ).

C'est le , au soir, que Jeanne d'Arc fit son entrée à Orléans, amenant un premier convoi. Les vivres, malgré ce secours, allaient manquer : on décida d'aller en chercher à Blois, et Loré fut chargé de cette mission périlleuse. Il revint à Orléans le et fut assez heureux pour introduire, dans la ville, vivres et troupes, sans combat, sous les yeux de l'ennemi. Il fit donc partie des troupes qui accompagnaient Jeanne d'Arc depuis Blois où il a contribué à organiser le convoi de ravitaillement pour Orléans.

Le même jour avaient lieu la bataille et la prise de la bastille de Saint-Loup. Le , il participe avec fougue à l'assaut de la bastille des Augustins. Le 7, c'était la bastille des Tournelles que Jeanne d'Arc enlevait de vive force ; le 8, les Anglais déconcertés battaient en retraite. Loré prit part à tous les assauts.

Après la levée du siège d'Orléans, Jeanne d'Arc veut savoir dans quelle direction se replient les différents corps de l'armée anglaise : c'est Loré et de La Hire qu'elle détache en éclaireurs, avec une centaine de cavaliers, pour suivre et observer l'ennemi pendant près de huit lieues.

Le sacre de Charles VII

vignette|Batailles et opérations majeures en France entre 1415 et 1453.

Ambroise de Loré donne à l'avant-garde à Jargeau, à Meung-sur-Loire, à Beaugency. À la bataille de Patay le , il commande avec Étienne de Vignolles dit La Hire et Jean Poton de Xaintrailles les , qui tombant à l'improviste sur plus de Anglais retranchés derrière de lourds pieux ferrés, jettent dans leurs rangs un tel émoi et un tel désordre que les Anglais ne peuvent plus entendre à eux ordonner et mettre en bataille.

Dans la marche sur Reims, il apparaît toujours en première ligne. Il reçoit de Charles VII le commandement des troupes restées en camp lors de la capitulation de Troyes. Après le sacre du roi Charles VII, il poursuit la campagne et on le retrouve à l'avant-garde lorsque l'armée royale se dirige tantôt vers la Loire et tantôt vers Paris.

À l'avant-garde Avec Xaintrailles et 20 cavaliers, à travers futaies, taillis et ravins, il suit, il épie tous les mouvements de l'armée de Jean de Lancastre, qui s'avance vers Senlis, puis va reporter au roi les précieuses indications qu'il a pu recueillir. En cette circonstance, il ne tint pas à lui que les Anglais ne fussent complètement écrasés au passage d'une rivière qu'ils ne pouvaient traverser que deux à deux. Les Français ne pressèrent pas assez leur marche et ne purent pas profiter de l'occasion qui s'offrait ().

Gouverneur de Lagny Le , il rallie à Senlis Jeanne d'Arc et le duc d'Alençon, qui venaient de quitter Compiègne, sans l'agrément du roi, et se dirigeaient avec eux vers Paris. Mais le , Lagny-sur-Marne, place de première importance, qui commande le passage de la Marne, ayant fait sa soumission à Charles VII, Ambroise de Loré y fut nommé gouverneur. Il s'y rendit aussitôt. Ambroise de Loré, qui avait été reçu à grande joie par les habitants de Lagny, se mit aussitôt en devoir de les défendre contre les attaques des Bourguignons et des Anglais. Le , il voit à Lagny passer les troupes royales qui abandonnaient le siège de Paris, pour se replier sur la LoireC'est la dernière fois qu'il rencontre Jeanne d'Arc..