Le château de Romans ou château des comtes de Romans-Ferrari est un ancien château fort, du ., reconstruit en grande partie au et remanié au , qui se dresse sur la commune de Romans dans le département de l'Ain en région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a succédé à une maison forte datant d'« à minima » du .

Situation Le château de Romans est situé dans le département français de l'Ain sur la commune de Romans, sur un monticule dominant la vallée du Renon.

Histoire Comme fief, Romans appartenait, en 942., à Hugues (de Bâgé ?). Ses successeurs l'inféodèrent sans doute à la famille de Varax, qui le possédait au . Au mois de , Huric de Varax reconnait le tenir d'Amé de Savoie, sire de Bâgé. Cette reconnaissance fut renouvelée, en 1280, par Henri de Varax et Étienne, son fils, et, en 1303, par Guillemette de Pressilly, veuve d'Étienne de Varax, en sa qualité de tutrice de ses enfants.

L'existence d'une maison forte à Romans est mentionnée dès 1280, possession d'Henri de Varax et d'Étienne son fils ; sans pour autant que la date de construction soit connue.

La seigneurie de Romans reste dans la famille de Varax jusqu'en 1560, époque où elle passe, par succession, à Anatoile de la Baume. Pierre-Marc de la Baume, fils d'Anatoile, la transmet, par testament, à Claude de Ponceton, seigneur de Francheleins, bailli de Bresse.

En vertu d'un testament du , Claude-François de Liobard, baron de Brion et de Bussy, recueille la succession de Claude II de Ponceton et reprend le fief de Romans, le . Par contrat du , Claude de Liobard, chevalier, vend la terre de Romans à Claude-César Ferrari, écuyer, conseiller du roi, receveur général du clergé de Lyon. La terre fut érigée en comté par lettres patentes de Louis XV, datées de , en faveur d'Étienne-Lambert de Ferrari, capitaine dans le régiment de Lyonnais et en récompense « des preuves de courage qu'il avait données, notamment dans les dernières campagnes d'Italie, à la bataille de la Madone, pendant le siège de Coni, où il fut blessé ».

Le château eut à subir quatre sièges pendant le et fut pillé et brulé par les troupes du duc de Bourbon qui s'en étaient emparé, en 1460, et l'avaient incendié en représailles des hostilités d'Antoine de Varax, seigneur de Romans, et de celles du Prince de Savoie son suzerainAimé Vingtrinier et H. Georg, Vieux châteaux de la Bresse et du Bugey, 1882.. Le château lui sera rendu contre une forte compensation.

Le château de Romans subit de ce fait des remaniements nombreux et une reconstruction presque complète dans le goût de l'époque, ce qui fit dans la suite attribuer sa construction au mais bien des parties sont plus anciennesDescription du château de Romans tiré du mémoire sur Romans de M. de La Bussière (époux de Marguerite de Romans-Ferrari) daté de 1912..

Propriétaires successifs Le château fut la résidence des Varax de la branche cadette qui étaient seigneurs de Romans, ainsi que des familles qui leur ont succédé. Cependant au début du le château n'était plus habité ni habitable. Une hypothèse est qu'il ait été ravagé par Biron en 1599, mais aucun document n'atteste ce point.

Claude II de Ponceton, qui fut seigneur de Romans pendant toute la seconde moitié du (1634 à 1679) entrepris de grandes réparations embellissant le château.

En 1718 lorsque les Ferrari acquirent le château il était encore en mauvais étatRapport d'experts commandés par le Notaire de Condeissiat, 30 mai 1718, archives de Romans., ils le réparèrent et en firent leur résidence d'été.

Après la Révolution française Durant la révolution le château subit d'importantes destructions. La grosse tour est en partie démolie, toutes les cheminées sont démolies et brisées, les murs de refend sont démolis, les fenêtres brisées, ainsi que les carrelages. Les parquets sont ravagés, et le toit est enfoncé en plusieurs endroits. Les réparations les plus urgentes sont faites après que le comte soit rentré en possession de ses bien le .

Une restauration importante du château eut lieu vers 1860. La forme générale du château ne fut pas modifiée. Le style fut adopté pour cette restauration, bien que quelques éléments au goût de l'époque y fussent ajoutés.

Les dépendances subirent davantage de modifications. On construisit vers 1837 des bûchers et magasins à bois du côté nord de la basse cour pour remplacer les anciens bâtiments à bois situés vers l'église que Guillaume César avait donné par testament pour y établir la Cure. Le bâtiment qui ferme la cour du côté nord fut achevé en 1860-1861. Les bâtiments fermant le côté est de la basse cour, et ou se trouvait le pont-levis furent incendiés par la foudre en 1858. Ils ne furent pas reconstruits, les débris servirent à combler le fossé.

À la mort du dernier comte de Romans en , il lègue ses bien à la comtesse de Dormy. En 1926, elle crée la fondation Comte Romans-Ferrari pour venir en aide aux enfants atteints de tuberculose, en lien avec le centre anti-tuberculeux de l’Indre..

Le préventorium Romans-Ferrari est ouvert au château. Avec la disparition progressive de la maladie, il est reconverti en centre de rééducation fonctionnelle, puis le centre se spécialise dans les soins aux enfants grands brûlés, traumatisés crâniens et polytraumatisés. En 1966, de nouveaux bâtiments sont construits à l'emplacement des anciens jardins.

Depuis 2007, le château abrite le foyer d'accueil médicalisé Romans-Ferrari pour adultes polyhandicapés.

Liste des seigneurs de Romans right|thumb|120px|Armes de la Maison de Varax : écartelé de vair et de gueules. Ulrich ou Hurie de Varax (vivait en 1250)Samuel Guichenon , Seconde Partie , Troisième partie et , "Table des Généalogies des familles nobles de Bresse contenues en la troisième partie" .. Henri de Varax et Étienne son fils (vivaient en 1280). Guillaume de Varax : (vivait en 1332). Henri II seigneur de Varax et de Romans (vivait en 1367). Étienne de Varax : auteur de la Branche des seigneurs de Romans, lors de son mariage avec Claudine de Saint-Amour, le . Antoine I de Varax : seigneur de Romans et de Chassignol (vivait en 1431). Antoine II de Varax : seigneur de Romans, Villette, le Bouchoux, Bailli de Bresse. (marié en 1477). Pierre de Varax : écuyer, seigneur de Romans et Villette, coseigneur du Bouchoux. (marié en 1518). François de Varax : écuyer, seigneur de Romans (vivant en 1543). Philibert de Varax : Seigneur du Bouchoux puis de Romans et Villette. Mort non marié en 1560. Anatoile de La Baume, dit Moricaut (marié en 1549 avec Isabeau de Varax héritière de Philibert de Varax). Aymé de La Baume-Varax seigneur de Romans, le Bouchoux. Marié le 5 oct 1577 avec Claude de Ponceton. Pierre Marc de la Baume-Varax. Il teste le instituant Claude de Ponceton son cousin germain pour héritier universel. Claude de Ponceton-Varax : Chevalier, seigneur de Franchelins, Vuris, puis Romans, le Bouchoux et Villette. Marié le avec Jeanne de Montconnys. Claude II de Ponceton-Varax : Écuyer, seigneur de Franchelins, Romans, le Bouchoux, Villette, Gerlans, et la Verne. (marié le 14 oct 1661). Claude Francois de Lyobard : baron de Bussy et Brion, puis seigneur de Romans et dépendances. Époux de Claude de Ponceton fille de Alexandre de PoncetonFrançois-Alexandre de La Chenaye-Aubert , .. Claude de Lyobard : baron de Bussy et de Brion. Né au château de Bussy le . Vend les terres de Romans et les droits seigneuriaux à Claude César Ferrary le . Claude César Ferrary : Écuyer, seigneur de Romans, St-André-le-Bouchoux, Gerland, Villette. Né à Lyon le , épouse Claudine de Riverieulx de Varax le Nicolas Viton de Saint-Allais , ..

Liste des comtes de Romans-Ferrari right|thumb|Armes des comtes de Romans-Ferrari : d'azur au lion couronné d'or. : Chevalier, comte de Romans-Ferrari, seigneur du Bouchoux, Gerland, Villette, la Verne et St Georges-de-Renon. Baptisé à Lyon le . Il obtient en l’érection de Romans en comté par lettres de patente du Roi Louis XV et le titre de comte sous le nom de Romans-Ferrari. Il épouse Marguerite Gertrude Charrier de la Roche le , la sœur de Louis Charrier de La Roche et dont le père est Seigneur de la Roche-JulliéFrançois-Alexandre de La Chenaye-Aubert , Tome VII.. : Chevalier, comte de Romans-Ferrari, seigneur de Villette, Gerlans, la Verne, St André le Bouchoux. Né à Lyon le . Premier page de Madame la Dauphine en 1764, officier de dragons en 1767, démissionnaire en 1777 pour "vaquer à la régie de ses biens et à la tutelle de ses onze frères et sœurs dont le plus jeune avait 11 ans". Épouse Hyacinthe Françoise de La Frasse de Sury le . : né à Lyon le , officier de cavalerie, chevalier de l'ordre royal de la légion d'honneur ; épouse Hippolyte-Catherine de Louvat. , né à Lyon le . Hérite la terre de Romans de son oncle Guillaume-Francois en 1858. Maire de Romans pendant 38 ans (à partir de 1858)La disparition provisoire de Romans comme commune (1802-1808), consulté le 11/12/2013. Mort le . Épouse Marie-Laure Bernard de Montessus de Rully. , né à Romans le , décédé chef de bataillon à Commercy le sans alliance.

Description thumb|left| A - La grosse tour qui doit dater du ou siècle B - Tour et Murs rasés au pour faire une terrasse qui existe encore C - Muraille est, abattue après 1793. La porte était garnie de machicoulis et précédée d'un pont levis. D - Était la cuisine en 1639 E - Tour carrée dont le rez-de-chaussée est occupé par la cuisine en 1789. Elle était en 1639 sans toiture ni plancher F - Escalier sous lequel est le puits G - Salle basse en 1639 H - Chambre de monsieur en 1639 I - Arrière chambre de monsieur en 1639 J - Tour qui contenait en 1639 un cachot K - Murs de terrasse datant du L - au bucher vouté M - au remise voutée N - au chambre de valet voutée O - au grande écurie voutée P - au petite écurie Q - au chambre voutée R - prison S - Bâtiment détruit en 1858 par la foudre et qui contenait au : en a, un escalier en b, une écurie en c, un cabinet a une fenêtre en d, deux chambres en e, un manège ce bâtiment servait au logement du châtelain T - Entrée du château précédée d'un pont-levis U - Jardins V - Guérite toujours existante en 2012 X - Pont allant au verger et qui en 1718 était ruiné et en partie tombé dans le fossé

La forteresse médiévale Le château de Romans est construit en briques en boutisse dont il subsiste des vestiges qui ont été réemployés dans le logis « moderne » en pierres.

Au Moyen Âge, la forme du château était un quadrilatère irrégulier, clos de murailles de d'épaisseur. L'enceinte était flanquée de trois tours rondes et d'une tour carrée au nord est. Elle était ceint de fossés d'une largeur d'environ . L'entrée du château était placée dans la face Est. Elle était précédée d'un pont-levis à bascule, et fermée par une porte de bois et une herse. Elle était surmontée de mâchicoulis en torchis formant bretèche.

La grosse tour ronde qui se trouvait au sud-est de l'entrée et qui existe encore à moitié de sa hauteur, doit être la partie la plus ancienne du château. Elle a d'épaisseur de murailles, et un escalier, dans l'épaisseur du mur, qui desservait à partir du premier, les étages supérieursMarquis d'Avèze, La Bresse, sa culture et ses étangs etc., Bourg-en-Bresse, 1811.Antoine Charles Nicolas de Lateyssonnière , ..

Les cours Les murailles de faces sud et ouest de cette enceinte, ainsi que la tour de l'angle sud-ouest, ont été rasés probablement au pour dégager le corps de logis adossé à la muraille nord. La cour intérieure fut légèrement agrandie et forma la terrasse qui existe encore aujourd'hui. La muraille de la face est fut abattue après 1793 et remplacée par un mur bas surmonté d'une grille.