Le Magic City était un lieu de loisirs situé aux 67 et 91 du quai d'Orsay face au pont de l'Alma, à Paris. D'abord parc d'attractions et zoo humain à son ouverture en 1911, il devient lieu de bal après la Première Guerre mondiale et notamment haut lieu homosexuel jusqu'en 1934, puis finit par être détruit en 1942.
Histoire
Construction
Zoo humain et parc d'attraction
Le site possédait une grande piste de danse avec orchestreParis dans les années vingt. Voir une photo de la salle de bal reproduite sur la base Commons.. Elle était située au premier étage du 180 rue de l'UniversitéL'encyclopédie du Tango - Magic City..
Le lieu sert aussi de zoo humain, fréquenté majoritairement par les classes populaires et peuplé de personnes venues de Bontoc et présentées comme « coupeuses de tête »...
. Gandhi y tint aussi une conférence le Le Temps du 21 février 1925 ..
Le Magic City est réquisitionné par les autorités militaires en 1915 puis démantelé après la Première Guerre mondiale dans le cadre d'un plan de rénovation urbaine.. Il n'en reste alors que deux salles de bal, situées au 180 rue de l'Université.
Bals des travestis vignette|Publicité de 1920 pour le bal de la Mi-Carême du Magic City. La préfecture de Paris n'autorisant le travestissement qu'à deux occasions, le Mardi-Gras et la Mi-Carême, ces deux jours sont choisis pour l'organisation, à partir des années 1920Le bal de la Mi-Carême 1920 est annoncé dans la rubrique Spectacles et concerts, Le Petit Parisien, jeudi de la Mi-Carême 11 mars 1920, , . Voir l'annonce du bal reproduite sur la base Commons., de bals des travestis fréquentés par plus de 2 500 personnes : hommes travestis en femmes, femmes travesties en hommes, hommes homosexuels en tenue masculine, lesbiennes butch avant l'heure en costume ou smoking, hommes déguisés en lesbiennes, prostitués, mais aussi touristes, mondains, personnalités des arts, du barreau et de la politique et curieux David Higgs, Queer Sites: Gay Urban Histories Since 1600, éditions Routledge, 1999, .. Des personnalités y ont leurs habitudes, tels que Tristan TzaraTristan Tzara, par François Buot - 2002., Joséphine Baker et Mistinguett. Ces bals sont les plus grands évènements homosexuels du Paris d'alors. et figurent dans la littérature de l'époque, tels que le roman de 1929 L'Hôtel du Nord Eugène Dabit, R. Denoël, L'Hôtel du Nord, .. Brassaï y réalise un reportage photographique en 1931Agence photographique..
Le clou de ces bals à l'esthétique déjà camp est le concours de costumes, où figurent des personnages ancêtres des drag queens : déguisements de duchesses en crinoline, soubrettes, Merveilleuses, matrones de la Rome antique, Carmen, garçonnes, gommeuses de café-concerts, marins d'opérette, voyous à casquettes et foulards, gigolettes, mais aussi créatures androgynes en robes Vionnet ou Lanvin et imitations de Marlene Dietrich, Greta Garbo, Mae West, Joan Crawford ou des Dolly Sisters.
Malgré leur popularité, ces bals ne font pas l'unanimité parmi les minorités sexuelles et de genre de l'époque : ainsi, l'artiste lesbienne et non-binaire Claude Cahun regrette la prépondérance de la séparation entre homosexuels passifs et actifs, calquée sur une reproduction de rôles de genre femme/homme, qui y règne.
Ces évènements se font sous surveillance policière : ainsi, dans un rapport du , la préfecture de Paris décrit en détail un déguisement du bal : .. Cette surveillance se fait conjointement avec les autres lieux d'homosocialité de Paris, tels que le bal des Troglodytes, permettant à la police de connaître finement les réseaux homosexuels d'alors ; cette connaissance se couple d'arrestations, la grande majorité sans suite étant donné que l'homosexualité n'est alors pas légalement pénalisée.
Le , Magic City est fermé par décision des autorités sous la pression de ligues d'extrême droite Florence Tamagne, A history of homosexuality in Europe, éditions Algora Publishing, 2004, ..
1934 à 1942 Après la fermeture du parc d'attractions en 1934, la salle continue à être utilisée pour des événements, dont l'élection de Francine Constance, Reine des Reines de Paris 1935L'élection de la reine des reines de Paris, Le Matin, 23 mars 1935, page 9, . Voir l'article reproduit sur la base Commons.. La Mi-Carême continue à être fêtée à Magic-City. En 1937, c'est là qu'a lieu l'élection de la Reine du de ParisL'élection de la Reine du de Paris a lieu dans la salle de Magic City en février 1937. Elle est annoncée dans la rubrique Échos et propos, Aujourd'hui, Réunions, du journal Le Matin, 20 février 1937, page 2, .. En , la vaste salle de Magic-City accueille les journalistes du journal collaborationniste Je suis partout pour un grand meeting publicJe suis partout, 9 mai 1942, p. 3 : « Cinq mille Parisiens acclament à Magic-City les orateurs et les idées de Je suis Partout »..
La destruction de Magic City Réquisitionné au profit des autorités allemandes, Magic City est détruit en 1942 pour céder la place aux studios de télévision Fernsehsender Paris, qui deviendront plus tard Paris-Télévision et les studios Cognacq-JayFernsehsender Paris.« Adam Saulnier, journaliste d'art à l'ORTF : Biographie », page 75, par Gérard Streiff - 2008.. .
Références
Annexes
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Liens externes Photos de Magic City Reconstitution panomique
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