Paziols (en occitan Pasuòls ) est une commune française, située dans le sud-est du département de l'Aude en région Occitanie.

Sur le plan historique et culturel, la commune fait partie du massif des Corbières, un chaos calcaire formant la transition entre le Massif central et les Pyrénées. Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le Verdouble, la rivière du Mas de Ségure, la rivière Tarrasac, Rec del Fenouill, le ruisseau de la Coume, le ruisseau de la Trune, le ruisseau Mayrat et par divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : un site Natura 2000 (les « basses Corbières ») et quatre zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Paziols est une commune rurale qui compte en . Ses habitants sont appelés les Paziolais ou Paziolaises. vignette|Avec le Puigmal en arrière-plan|283x283px

Le patrimoine architectural de la commune comprend un immeuble protégé au titre des monuments historiques : la cave coopérative, inscrite en 2013.

Géographie Commune des Corbières située au pied du mont Tauch sur le Verdouble et sur le terroir Corbières (AOC). Elle est limitrophe du département des Pyrénées-Orientales.

Communes limitrophes

vignette|Le village.|283x283px|alt= Hydrographie La commune est dans la région hydrographique « Côtiers méditerranéens »., au sein du bassin hydrographique Rhône-Méditerranée-Corse.. Elle est drainée par le Verdouble, la rivière du Mas de Ségure, la rivière Tarrasac, Rec del Fenouill, le ruisseau de la Coume, le ruisseau de la Trune, le ruisseau Mayrat, Rec des Lanes, Rec du Guech, le ruisseau de Cabrils, le ruisseau de Coume Pouls, le ruisseau de la Boulière, le ruisseau de la Coste Longue, le ruisseau de la Coume de la Provence,, qui constituent un réseau hydrographique de de longueur totale..

Le Verdouble, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Soulatgé et s'écoule vers l'est puis se réoriente au sud. Il traverse la commune et se jette dans l'Agly à Estagel.

La rivière du Mas de Ségure, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune de Palairac et s'écoule vers le sud-est. Elle traverse la commune et se jette dans rivière Tarrasac sur le territoire communal, après avoir traversé .

La rivière Tarrasac, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune d'Embres-et-Castelmaure et s'écoule du sud-est vers le nord-ouest puis vers le sud. Elle traverse la commune et se jette dans le Verdouble sur le territoire communal, après avoir traversé .

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat méditerranéen et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Durban-Corbières à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Milieux naturels et biodiversité Réseau Natura 2000 vignette|Sites Natura 2000 sur le territoire communal. Le réseau Natura 2000 est un réseau écologique européen de sites naturels d'intérêt écologique élaboré à partir des directives habitats et oiseaux, constitué de zones spéciales de conservation (ZSC) et de zones de protection spéciale (ZPS). Un site Natura 2000 a été défini sur la commune au titre de la directive oiseaux : les « basses Corbières »., d'une superficie de , un site important pour la conservation des rapaces : l'Aigle de Bonelli, l'Aigle royal, le Grand-duc d’Europe, le Circaète Jean-le-Blanc, le Faucon pèlerin, le Busard cendré, l'Aigle botté..

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire. Deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. sont recensées sur la commune. : la « montagne de Tauch » (), couvrant du département., et la « plaine viticole de Tuchan » (), couvrant du département. et deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. : les « Corbières centrales » (), couvrant dont 54 dans l'Aude et 2 dans les Pyrénées-Orientales. ; le « massif du Fenouillèdes septentrional » (), couvrant dont 9 dans l'Aude et 5 dans les Pyrénées-Orientales..

Urbanisme Typologie Au , Paziols est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (66,4 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (65,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (63,5 %), cultures permanentes (27 %), zones agricoles hétérogènes (5,7 %), forêts (1,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,2 %), zones urbanisées (0,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Paziols est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts et séisme (sismicité modérée).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment le Verdouble, la rivière du Mas de Ségure et la rivière Tarrasac. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1987, 1992, 1995, 1996, 1999, 2005, 2009, 2013, 2014 et 2018, partie 1 - chapitre Risque inondation..

vignette|upright=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Paziols. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 67,3 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (75,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 449 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 94 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Toponymie

Histoire Paziols au Moyen ÂgePaziols (1580-1880, Trois siècles d'histoire locale. Bernard Péricon. À la fin du , Paziols appartenait pour la plus grande partie à la maison de Termes. Cette famille avait tenté de s'approprier le château de Paziols, mais l'avait restitué à l'abbaye de Lagrasse en 1208. Peu de temps après la croisade contre les Albigeois, les biens de Raymond de Termes, chevalier "faidit", et le village de Paziols qui en faisait partie, sont attribués au seigneur champenois Alain de Roucy. Le château reste la propriété de l'abbaye de Lagrasse avec laquelle le nouveau seigneur a également des démêlés de 1215 à 1221. Le rôle de l'abbaye de Lagrasse à Paziols semble se terminer vers 1248. Celle de Fontfroide, quant à elle, commence à mettre la main sur le village durant la première moitié du . À cette date, elle se voit donner quelques terres à Paziols par la famille de Cucugnan. Vers 1260, Olivier de Termes (auquel le roi de France a restitué la plupart de ses biens à la suite des croisades en Palestine) vend Paziols et d'autres lieux environnants aux religieux de Fontfroide. Par la suite, l'abbaye achète ou se voit céder des biens à Paziols par les familles d'Auriac, du Solier, etc. L'abbaye achète ensuite les droits de la famille Bosario sur un marécage appelé étang de Vaze. Peu à peu, les moines en viennent à s'approprier les moulins et les ruisseaux qui leur amènent l'eau du Verdouble, en les achetant à diverses familles nobles. Ensuite, l'abbaye de Fontfroide s'intéresse aux droits que les rois de France se sont réservés sur le village lors de la vente par Olivier de Termes. En juillet 1308, Philippe le Bel cède à Arnaud Noubel, abbé de Fontfroide, tous les droits réservés par les Rois ses prédécesseurs (haute, basse et moyenne justice, création de prisons, etc.). Enfin, l'abbaye, après les biens des nobles et du Roi, s'attaque aux possessions des habitants du village. En effet, les Paziolais possèdent un moulin au terroir de Padern, le moulin du Graminié. Le but de l'abbé de Fontfroide est de les contraindre à abandonner cet édifice pour qu'ils soient obligés d'utiliser celui qui lui appartient. En ce milieu du , tout ne va pas pour le mieux entre les religieux de Fontfroide et les habitants de la communauté de Paziols. Plusieurs procès sont en cours à propos des droits de pâture, du montant des dîmes et de l'obligation de moudre au moulin du seigneur. Ces procès donnent lieu à des conventions écrites dont certaines sont parvenues jusqu'à nous.