Daniel Goa, né le à la tribu de la Haut-Coulna dans la commune de Hienghène (Nouvelle-Calédonie), est un homme politique français et indépendantiste kanak.

Élu à l'Assemblée de la Province Nord depuis 2002 et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie depuis 2009, il préside l'Union calédonienne (UC) du au et est maire de Hienghène du au .

Controverses

Conduite en état d'ivresse Le , Daniel Goa a été impliqué dans un accident de la route, en percutant un autre véhicule stationné devant l'école primaire de Pouembout.

Les Gendarmes arrivés sur place, ont alors constatés que Daniel Goa avait un taux de 1,6 gramme dans le sang, après avoir effectué un contrôle d'alcoolémie.

Le président de l'UC est condamné à 6 mois de suspension de permis de conduire, et à 200 jours-amende équivalent à 240 000 Francs CFP, lors d'une audience en CRPC le .

Récidive Le au matin, durant une opération de contrôle routier de la gendarmerie, sur la commune de Voh, Daniel Goa a été une nouvelle fois contrôlé positif à l'alcool. Cette fois son taux d'alcoolémie été de 0,8 grammes dans le sang, et son véhicule immédiatement immobilisé. Son permis lui avait été restitué quelques jours auparavant, après 6 mois de suspension.

Finalement, Daniel Goa est condamné en CRPC à 6 mois de prison avec sursis, à l'annulation de son permis de conduire, et à une amende de 200 000 F cfp.

État d'ébriété Le , Daniel Goa a vécu une nuit agitée. Tout a commencé par une chute à la Baie de la Moselle à Nouméa, où il s’est blessé à la tête. Les pompiers l’ont pris en charge et conduit au Médipôle. Là, un dépistage d’alcoolémie a révélé un taux de 3,5 grammes d’alcool par litre de sang.

À la suite de cet incident, Daniel Goa a passé la nuit dans la cellule de dégrisement du commissariat central de Nouméa. La police nationale a confirmé cette information.

Propos polémiques Lors du comité directeur de l'Union Calédonienne à Koumac le , Daniel Goa a pris la parole pour tenir des propos polémiques.

Il a alors affirmé que : . Mais également que :

Pour lui, l'ouverture du corps électoral implique que , faisant allusion aux tragiques événements de 1984 et 1988.

Pour Sonia Backès et le groupe des Loyalistes, un , et décident de porter plainte contre Daniel Goa pour appelle à la haine et à la violence, ainsi qu'à la sédition.

Une enquête a été ouverte le , par le procureur de la république de Nouvelle-Calédonie Yves Dupas.

Le , dans le contexte des violentes émeutes qui secouent l’archipel depuis le , il déclare à l’occasion du comité directeur de l’UC à Canala que « la souveraineté ne pourra être qu’immédiate, pleine et entière et non négociable, prévoyant notamment une déclaration de souveraineté pour le , jour de la prise de possession française . L’UC indique également dans son communiqué que les méthodes de l’État sont « dignes de la Gestapo », refusant toute mission du dialogue, à l’instar de l’Union Nationale pour l’Indépendance (UPM - Palika) qui appelle à l’apaisement et dont le membre et président du gouvernement local Louis Mapou a appelé dans une déclaration solennelle à lever tous les barrages et à cesser les exactions, se disant « très triste » de la situation actuelle et demandant une aide plus importante de l’État . Saluant l’initiative du président Mapou, les loyalistes ont encore une fois sévèrement condamné les propos de Daniel Goa, déclarant dans un communiqué qu’il n’y aura « aucune indépendance imposée aux Calédoniens qui l’ont clairement refusée à trois reprises », déclarant les discours de M. Goa « irresponsables et haineux ».

Militant indépendantiste et communiste Son engagement politique commence en 1973, lorsqu'il adhère aux « Foulards rouges », un groupe de jeunes militants nationalistes kanak et de gauche inspirés par le mouvement de Mai 68 et emmenés par Nidoïsh NaisselineY. MAINGUET, entretien avec D. GOA, « "Si on plaçait les légitimités au second plan ?" », Les Nouvelles Calédoniennes, 30/11/2012.

Mais il doit quitter bientôt la Nouvelle-Calédonie pour la France métropolitaine, où il réside entre 1975 et 1988 pour y faire, notamment, son service militaire, puis y suivre une formation en mécanique, des études de droit à Nantes en 1982 ou travailler dans une usine de montage en Vendée. Ainsi, il n'est pas en Nouvelle-Calédonie pendant la période des « Évènements » qui voit s'affronter violemment, entre 1984 et 1988 surtout, partisans et opposants à l'indépendance de cet archipel. Il n'abandonne pas pour autant ses activités politiques, devenant membre en 1978 du Parti communiste français (PCF). Il se rend d'ailleurs à deux reprises en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS), pour des formations en économie politique à Moscou.

Un cadre de l'Union calédonienne

De retour en Nouvelle-Calédonie, il est employé dans un premier temps au service « Retraites » de la Caisse de compensation des prestations familiales, des accidents du travail et de prévoyance des travailleurs salariés (CAFAT), l'équivalent local de la Sécurité sociale. La même année, il adhère à l'Union calédonienne (UC), le plus vieux parti de l'archipel (créé en 1953 avec à l'origine un discours autonomiste) qui a pris officiellement position en faveur de l'indépendance à partir de 1977 et est l'une des principales composantes (sinon la principale) du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) qu'il a contribué à fonder en 1984.

Homme de cabinet

Daniel Goa obtient son premier mandat électif en étant élu le 11 juin 1995 conseiller municipal de sa commune natale de Hienghène, sur la côte Est de la Grande Terre et en Province Nord, siégeant dans la majorité du maire Daniel Fisdiepas, lui aussi membre de l'UC. Il est réélu en 2001 et en 2008.

Toujours en 1995, il devient chargé de mission auprès de Bernard Lepeu, une des figures de l'UC (dont il est le président de 1996 à 1999) et alors directeur de cabinet du président de l'Assemblée de la Province Nord, Léopold Jorédié, issu du même parti. Lorsque Lepeu est porté à la tête du mouvement le , Daniel Goa le remplace à la direction du cabinet de Jorédié à compter du Arrêté n° 22-97/PN du 24 janvier 1997 portant nomination du Directeur de Cabinet du Président de l'Assemblée de la Province Nord, JONC n°7202, 18/02/2007, p. 507. Il le reste jusqu'au Arrêté n° 09/99 du 17 février 1999 abrogeant l’arrêté n° 22/97 du 24 janvier 1997 portant nomination du Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée de la Province Nord, JONC n°7360, 09/03/1999, p. 999. Léopold Jorédié s'est en effet fait exclure en 1998 de l'UC pour avoir décidé de négocier la préparation d'un nouvel accord institutionnel avec les anti-indépendantistes et l'État pour éviter le référendum d'autodétermination, jugé dangereux par une grande partie de la classe politique de tout bord, ne respectant pas la consigne du parti, et plus généralement le FLNKS, qui avait conditionné toute reprise des discussions s'il obtenait satisfaction concernant un « préalable minier » dans la Nord (ce qui est chose faite au début de l'année 1998, ouvrant la voie à la signature de l'accord de Nouméa). Jorédié a ensuite créé, avec d'autres dissidents modérés du front indépendantiste, la Fédération des comités de coordination indépendantistes (FCCI) qui se met à coopérer dans les institutions avec le principal parti de la droite anti-indépendantiste, le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR) du député Jacques Lafleur. Daniel Goa, resté fidèle à la ligne directrice, majoritaire, de l'UC définie par Bernard Lepeu, rompt donc à cette occasion avec Léopold Jorédié.

Chef de l'UC à la Province Nord

Lors des élections provinciales du , les premières organisées dans le cadre du nouveau statut défini par l'accord de Nouméa, Daniel Goa est candidat en septième position sur la liste intitulée « FLNKS » (mais en réalité essentiellement composée de l'UC, deux autres composantes du front indépendantiste ayant constitué des listes rivales : d'une part l'Union nationale pour l'indépendance, ou UNI, emmenée par le Parti de libération kanak, dit Palika, du maire de Poindimié Paul Néaoutyine, et d'autre part l'Union progressiste en Mélanésie, UPM, de Daniel Gopoea) dirigée par Bernard Lepeu dans le NordComposition des listes candidates aux élections provinciales de 1999, site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Cette liste arrive en deuxième place, avec voix soit 22,53 % des suffrages exprimés et 6 sièges sur 22 à l'Assemblée provinciale (dont 4 des 15 également envoyés au Congrès), contre votes (27,95 %) et 8 conseillers à l'UNI. Daniel Goa n'est donc pas élu dans un premier temps Publication des résultats de l'élection des membres du Congrès et des Assemblées de Province du 9 mai 1999, JONC n°7 377, p. 2022-2023.

Daniel Goa fait son entrée dans l'Assemblée provinciale du Nord le à la suite du décès de Yannick Weiry, élu en troisième position sur la liste Lepeu en 1999Elections provinciales de 1999, site officiel du Congrès de la Nouvelle-Calédonie. Il devient dès lors le chef du groupe de l'UC dans cette institution, poste qu'il conserve jusqu'à aujourd'hui, ainsi que président de la commission de la culture, des sports et des loisirs (qu'il garde jusqu'en 2009)« Les tribus affichent leur histoire », Les Nouvelles Calédoniennes, 10/12/2002. Il s'insère ainsi dans une nouvelle génération de dirigeants de l'UC, emmenée par Pascal Naouna et également incarnée par Charles Pidjot dans le Sud, Néko Hnepeune aux Îles Loyauté ou encore Gilbert Tyuienon, avec le soutien de Bernard Lepeu, qui a pris le contrôle du parti en 2001 (aussi appelés « G7 », en référence au groupe politique distinct de celui appelé « FLNKS » qu'ils ont fondé en 2000 au Congrès et qui est constitué de sept membres). Ils incarnent alors une ligne plus dure à l'égard du RPCR ou de l'État (boycottant en 2003 à la fois le Comité des signataires de l'accord de Nouméa et la visite du président de la République Jacques Chirac), demandant une application sans concessions de leurs revendications concernant l'accord de Nouméa (notamment pour le gel du corps électoral pour les élections provinciales), mais aussi une demande de renouvellement générationnel face à la « vieille garde » incarnée alors par Rock Wamytan ou Richard Kaloï et des attaques vives contre l'UNI de Paul Néaoutyine (qui pour sa part prône une application certes stricte de l'accord de Nouméa mais sur une ligne plus consensuelle et de concertation permanente avec les anti-indépendantistes).