Antoine II Le Viste est un magistrat, un ambassadeur plénipotentiaire et administrateur français, né sans doute à Paris vers 1470, mort en Bretagne le .

Biographie Il est issu d'une vieille famille patricienne de Lyon, originaire de la vallée de la Bresle en Picardie (? ; une origine italienne est généralement évoquée) : Juhanet "dit lo Vito" de Vymes, fils de Guietan ou Guillaume de Vimes († en 1251) et petit-fils de Barthélémy de Vismes, était son arrière-arrière-arrière-arrière grand-père et l'un des fondateurs de la Confrérie de la Trinité de Lyon en 1306. Le fils de Juhanet, Bartholomei Lo Vito († vers 1340), était drapier et consul de cette ville. De ses quatre enfants, Jean (†1383), fut le premier Le Viste docteur en lois, puis son fils Jean II Le Viste († 1428 ; père d'Antoine — † av. 1457, marié en 1431 à Béatrix, dame d'Arcy, La Bussière et Saint-Sorlin (Saint-Sernin) en Brionnais : parents de Jean IV, lui-même père de Claude Le Viste, voir plus bas — et de Jean III Le Viste, † 1454), docteur en lois, fut chancelier du duc Louis II de Bourbon et conseiller du roi Charles VI.

Antoine II était le fils d'Aubert Le Viste († ; fils de Jean III et neveu d'Antoine Le Viste), sieur de Velly, grand rapporteur et correcteur de la Chancellerie royale en 1484, conseiller au Parlement de Paris reçu le ; sa mère était Jeanne Baillet, dame de Fresnes-lès-Rungis († ), fille de Jean II Baillet et de Colette de Fresnes (et sœur de Thibault Baillet, président à mortier au Parlement de ParisThibault Baillet était lui-même marié à une Jeanne Le Viste, fille de Jean IV Le Viste, sieur d'Arcy en Saône-et-Loire, président à la Cour des Aides de Paris († 1500), cousin germain d'Aubert Le Viste.). Sa sœur Jeanne Le Viste épousa en 1492 Jean Briçonnet (successeur de son beau-père comme conseiller au Parlement de Paris et trésorier du roi Frédéric de Naples, de la célèbre famille BriçonnetFrère du Jean Briçonnet qui fut conseiller clerc au Parlement de Paris à partir de 1491 et vice-chancelier du duché de Bretagne de 1514 à 1526, et neveu de Robert Briçonnet, archevêque de Reims et chancelier de France.).

En 1493, Antoine Le Viste devient rapporteur et correcteur à la Chancellerie, successeur de son père à ce posteAubert Le Viste avait lui-même succédé dans le poste à Thibault Baillet, quand celui-ci fut nommé président au Parlement de Paris.. En 1499, il se trouve auprès du chancelier Guy de Rochefort à Arras pour recevoir au nom du roi Louis XII l'hommage de l'archiduc Philippe le Beau. En 1500, il entre au Conseil de la ville de Paris. En 1508, il devient maître des requêtes de l'hôtel du roi. Il épouse Jacqueline Raguier de La Motte-Tilly d'Esternay († ), fille d'Antoine Raguier, trésorier des guerresPar sa femme Jacquette Budé, Antoine Raguier était l'oncle de l'humaniste Guillaume Budé, qui fut prévôt des marchands de Paris en 1522. (et sœur de Dreux Raguier, prévôt des marchands de Paris en 1506). Après la mort de sa première femme, il se remarie (avant 1526) à Charlotte Briçonnet († 1552 ; cousine germaine de Jean Briçonnet ci-dessus)Cousine germaine des deux Jean Briçonnet mentionnés plus haut..

thumb|Armes d'Antoine Le Viste En 1515, il est confirmé dans sa charge de maître des requêtes par François , et nommé en plus premier président du Parlement de Bretagne (institution dépendant alors du Parlement de Paris)Sur le repli de l'ordonnance du 27 juillet 1515, il s'intitule « maître des requêtes ordinaire de l'hôtel, premier président du Parlement de Bretagne ».. Il accompagne le roi en Italie à la bataille de Marignan, et d' à mai 1516 fait partie (avec Pierre de La Guiche) de l'ambassade envoyée aux Suisses (qui obtient notamment la signature du traité de Genève du ). En mai 1517, sa terre de Fresnes, héritée de sa mère, est érigée en châtellenie (il s'intitule désormais « chevalier »). Le , il est élu prévôt des marchands de Paris. Le , il est reçu quatrième président à mortier au Parlement de Paris. En 1525/26, il joue un rôle important à Paris pendant la captivité du roi consécutive à la bataille de Pavie. En avril 1527, il fait partie (avec Gabriel de Gramont, évêque de Tarbes, et le vicomte de Turenne) de l'ambassade envoyée en Angleterre auprès d'Henri VIII, qui conclut le le traité de Westminster.

Il préside en personne le Parlement de Bretagne (réuni alors au mois de septembre à Vannes) en 1517, 1530, 1532. Du au , il préside les Grands Jours de Tours. En 1523, il signe la révision de la coutume de Blois, et le il est chargé par le roi d'achever la rédaction des coutumes de Montargis, Lorris, Gien et autres lieux. En 1534, il est désigné pour rédiger les coutumes du Berry () et du Nivernais ().

Le , il se trouvait à Nantes au Conseil de Bretagne où était évoquée une affaire le concernant. Il y a lieu de croire que la mort le frappa avant qu'il ait pu se rendre à Vannes présider la session du Parlement de Bretagne de cette année-là. Selon le Journal d'un bourgeois de Paris sous le règne de François : « Audict an, en octobre, monsieur Le Viste, président de Paris et de Bretaigne, mourut audict pays de Bretaigne, où il estoit allé tenir les Grandz Jours, et fut son corps apporté inhumer à Paris, en l'église des Blancs Manteaux ». D'autres sources donnent le chœur de l'église Saint-Merri comme lieu de sa sépulture.

Antoine II Le Viste serait (selon des études récentes, alors que la tradition désignait plus volontiers son grand-cousin Jean IV, † 1500, fils d'Antoine Le Viste évoqué ci-dessus, et père de Claude Le Viste, † vers 1544, mariée 1° 1493 sans postérité à Geoffroy de Balsac, fils de Rauffet II et neveu de Robert de Balsac, puis 2° avec postérité à Jean de Chabannes-Vendenesse, frère aîné du maréchal Jacques II de La Palice) le commanditaire des tapisseries de La Dame à la licorne qui portent le blason des Le Viste ; en tout cas, c'est la fille d'Antoine II, Jeanne Le Viste, issue de ses noces avec Jacqueline Raguier, qui transmet la fameuse tenture à son mari Jean-René Robertet.

Sources Jules de La Martinière, « Le Parlement sous les rois de France, de 1491 à 1554 » (II : « Les présidents »), Annales de Bretagne, vol. 39, , 1930, 187-222. Tenture de La Dame à la licorne (Voir la parution en du roman de Jacky Lorette, Les heures bleues d’Anthoine Le Viste, commanditaire de La Dame à la licorne, aux éditions Sabres et Lys)

Notes et références

Catégorie:Personnalité de la Renaissance Catégorie:Magistrat français du XVIe siècle Catégorie:Conseiller au Parlement de Bretagne Catégorie:Conseiller au Parlement de Paris Catégorie:Juriste français du XVe siècle Catégorie:Juriste français du XVIe siècle Catégorie:Diplomate français du XVe siècle Catégorie:Diplomate français du XVIe siècle Catégorie:Décès en 1534 Catégorie:Prévôt des marchands de Paris