Aimée Batier, née le à Versailles et morte le État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 à Eyragues, est une résistante et femme politique française.

Biographie

Fille d'un adjudant à l’école militaire de l’artillerieAudrey Joncquemat, Les réformes législatives promouvant les droits des femmes en France de 1965 à 1975 : la parole est aux députées, Université Rennes 2, 2021, , elle épouse à 20 ans André Roy. Veuve, elle se remarie avec Vincent Abeille dont elle divorce en 1948. Elle a deux enfantsEncyclopédie des femmes politiques sous la Ve République, 1996. Elle est docteure en pharmacie et en médecine depuis l'entre-deux-guerresNotice biographique sur le site de l'Assemblée nationale.

Aimée Batier est résistante sous l'Occupation. Elle est d'abord courrier et agent de liaison avant de prendre davantage de responsabilités à Paris dans le réseau Gallia, créé en 1943Lily Amidon, Une Résistance Égale: The Gendering of Resistance in World War II France, University of California Irvine, 2024. Ce réseau fondé en zone sud est lié au Bureau central de renseignements et d'action (BCRA) gaulliste de Londres et dirigé par le Lyonnais Henri Gorce-Franklin, cousin d'Aimée Batier. Le BCRA ordonne à Gorce au printemps 1944 de constituer son antenne en zone Nord en réseau autonome : ce sera le réseau Darius. Il confie la tâche à Louis Gentil, qui va être secondé par Aimée Batier et Jean Delore, déjà responsables de l'antenne parisienneJean-Philippe Meysonnier, « Le réseau Gallia à Lyon, 1943-1944 », Bulletin de l'Institut d'histoire du temps présent, 1995, suppl.8reseaugallia.org, réseau Darius.

Entrée en Résistance sous le pseudonyme de « Jeannine » (ou « Jeanine »), elle est arrêtée en alors qu'elle était le chef adjoint du réseau Darius. Déportée au camp de Ravensbrück par le convoi des , elle est libérée et rapatriée en « M. ROGER FREY A CHOISI SON NOUVEAU SUPPLÉANT », Le Monde, 2 février 1967.

Elle est désignée comme liquidateur du réseau Darius après la guerreRésistance-police, août 1951. Elle devient la secrétaire générale du Comité d'action de la Résistance (CAR) en Résistance police, juin 1953, Paris-presse, L'Intransigeant, 16 mai 1953, France-Soir, 10 février 1954. Une autre ancienne résistante la remplace en , Marie-Madeleine Fourcade. Aimée Batier est en 1954 la seule femme membre du jury du Prix littéraire de la Résistance, décerné par le CARRésistance-police, mai 1954.

À la fin de la République, au temps de la « traversée du désert » du général de Gaulle, elle reste gaulliste et rejoint le comité de rédaction, appelé aussi le conseil consultatif, d'un nouveau journal gaulliste, Le Télégramme de Paris, fondé en 1955 et dirigé par Jacques Dauer. Elle y figure aux côtés de deux autres femmes, de généraux (Henri Navarre, Jean Touzet du Vigier, Cherrière et Lanusse) et d'anciens résistants comme Michel Debré ou Maxime Blocq-MascartJacques Dauer (entretiens avec Stéphane Giocanti), Le hussard du Général, La Table Ronde, 1994 (Dauer la présente faussement comme ayant été déportée à Dachau)..

PharmacienneArchives commerciales de la France, 9 mai 1950 puis médecin-inspecteur du ministère des Anciens combattants, elle est conseillère technique adjointe de ce ministèreAmicale de Mauthausen, mai 1964, n° 115, . Désignée par le préfet de Paris en 1964 membre du conseil d'administration de l'office des H.L.M. de la Ville de Paris« Les anciens administrateurs désignés par le préfet sont éliminés du nouveau conseil », Le Monde, 25 mars 1964, elle est ensuite présidente de cet office, et, à partir de , membre du Conseil économique et social.

Elle apporte son soutien au général de Gaulle lors de l'élection présidentielle de 1965, en signant un manifeste de 102 personnalités féminines en sa faveur« DES PERSONNALITÉS FÉMININES APPELLENT A VOTER POUR LE CHEF DE L'ÉTAT », Le Monde, 20 décembre 1965.

Le gaulliste Roger Frey, ministre de l'Intérieur, la choisit en comme suppléante pour les futures élections législatives de mars 1967Profession de foi de Roger Frey pour le premier tour, avec un encart présentant sa suppléante (photographie): .. Le parti gaulliste de l'époque, l'Union pour la nouvelle République (UNR), présentait alors peu de candidates. Lors de la préparation des élections législatives de 1967, le Premier ministre Georges Pompidou, chef de la majorité, a reçu une note de son conseiller technique chargé des questions électorales au sein de son cabinet : « Je sais que je suis le seul de mon avis. Mais je maintiens que nous aurons un problème politique quand la liste de nos candidats sortira dans la presse. Nous serons le mouvement faisant le moins appel aux femmes. Or, c’est pour nous qu’elles votent de préférence ». Pompidou commenta en marge : « Il faut en effet quelques femmes, au moins comme suppléantes. En particulier recommander la chose aux ministres ». La recommandation du Premier ministre a donc été suivie d'effet en ce qui concerne Frey et Aimée BatierSabrina Tricaud, « Candidates et élues gaullistes au Palais-Bourbon de 1958 à 1973 », Histoire@Politique, 2012/2 n° 17.

Frey est réélu et désigné à nouveau ministre à l'issue des élections. Aimée Batier lui succède donc comme députée de la 11ème circonscription de Paris en mai« Les vingt-quatre suppléants des ministres sont désormais députés », Le Monde, 10 mai 1967Audrey Joncquemat, Les réformes législatives promouvant les droits des femmes en France de 1965 à 1975 : la parole est aux députées, Université Rennes 2, 2021, Pierre Manenti, Les barons du gaullisme, Passés/Composés Humensis, 2024. La dissolution de 1968 voulue par le général de Gaulle à la suite des événements de mai 68 met un terme à sa courte carrière parlementaire car Roger Frey récupère son siège de député.

Mandats Députée de Paris (1967-1968)

Décorations à titre militaire : elle aurait été la première femme à recevoir les insignes de commandeur de la Légion d'honneur selon un article du Monde ; officier en 1952Le Figaro, 13 juin 1952.

(décret du )

Bibliographie Véronique Helft-Malz, Paule H. Levy, Encyclopédie des femmes politiques sous la Ve République, Paris, éditions Patrick Banon, 1996 (Lire en ligne)

Liens externes

Sa fiche sur le site de l'Assemblée nationale Notice d'Aimée Germaine Batier sur le site francaislibres.net

Articles connexes

Paris Liste des députés de Paris

Notes et références

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