thumb|Contrôle du territoire nord-américain par les Premières Nations aux environs de 1600. L'histoire des Premières Nations, les premiers occupants du continent nord-américain, au Canada remonte à au moins .. En effet, les Premières Nations s'établissent au travers du territoire canadien entre Leur histoire est d'abord caractérisée par une forte adaptation à l'environnement naturel. C'est pourquoi, on peut, selon Alfred Kroeber, distinguer dix aires culturelles autochtones en Amérique du Nord, dont six se trouvent représentées dans le territoire canadien actuel : l'Arctique, la zone subarctique, la côte nord-ouest, le Plateau, les Prairies et les forêts du nord-est. Plusieurs nations se sont développées avec leurs propres langues, cultures, pratiques religieuses et traditions.
L'histoire des contacts avec les Européens en Amérique du Nord commence avec la pêche et la chasse à la baleine, puis continue avec la traite des fourrures. Elle se poursuit également avec les missions chrétiennes. La colonisation du territoire canadien par la France et le Royaume-Uni changea radicalement le mode de vie des Premières Nations.
Plusieurs politiques d'assimilation culturelle ont été mises en place sous l'administration des colonies et ensuite par le gouvernement canadien devenant de plus en plus souverain à partir de 1867. Celles-ci ont été abandonnées dans les années 1970 et 1980 au profit du multiculturalisme canadien.
Période paléoaméricaine
Le continent américain fut le dernier des continents à être occupé par les humains. Les plus anciennes traces de vie humaine au nord du continent se trouvent en Alaska. Elles remontent à environ et sont en rapport culturel avec les cultures d'Asie du Nord-Est. La phase glaciaire qui a duré plus de auparavant n'a pas permis de séjour. En outre, l'immense calotte glaciaire qui bloquait l'Alaska vers le sud n'aurait pas permis aux habitants d'aller vers les zones plus tempérées du sud, le corridor nord-sud entre les Rocheuses et la baie d'Hudson n'ayant été libéré des glaces que vers .
vignette|droite|Migration en trois étapes à partir du détroit de Béring. Les études génétiques semblent indiquer que l'origine de tous les peuples amérindiens remonte à une racine unique qui s'est répandue rapidement le long de la côte et ne s'est diffusée vers l'intérieur du continent qu'à partir de là.. Ceci est également appuyé par des études sur l'histoire climatique.. D'autres études montrent plutôt que l'occupation du continent nord-américain a eu lieu à peu près simultanément par deux groupes distincts partant du détroit de Béring il y a environ , un groupe suivant la côte ouest et l'autre suivant le corridor libre de glaces, preprint, (PDF, ).
des plus anciens artefacts ont été découverts dans le Yukon, dans les grottes de BluefishLes os de mammouth d'Old Crow présumés travaillés par l'homme sont en discussion. Cf. .. Cette culture arctique précoce – selon le point de vue nommée tradition paléoarctique sibéro-américaine, tradition Béringienne, ou complexe de Denali – s'étend dans des conditions un peu plus favorables le long de la côte vers le sud, peut-être aussi le long de la rivière Yukon, et aussi le long du corridor sans glaces. Dans la Charlie Lake Cave, une grotte près de Fort St. John au nord de la Colombie Britannique, on a trouvé des outils datés d'environ À cette époque, les troupeaux de bisons migrent du sud vers les nouvelles prairies, et avec eux des chasseurs, qui utilisent des pointes de lance du type Clovis, semblables à celles de Indian Creek ou de Mill Iron au Montana. Cette découverte suggère une migration sud-nordCette hypothèse est supportée par les fouilles des grottes de Paisley dans l'Oregon, datant de plus de .. Dans la grotte de Charlie Lake, on a trouvé aussi deux corbeaux enterrés, l'un avec des présents, qui ont été enterrés il y a .. On a également trouvé des restes préarchaïques, ou paléoindiens aux lacs Vermillon près de Banff dans la vallée supérieure de la rivière Bow ( ) et sur le site de fouilles de Niska au sud-ouest de la Saskatchewan ( à ). Des trouvailles d'âge semblable n'ont pu être faites au Québec qu'en 2003., en Nouvelle-Écosse en 1996 près de Debert. Les trouvailles organiques ont été datées de ±47 BP, Ellis suppose la première occupation à partir de BP (, 242 sq.).. Dans le nord, les plus anciens restes humains ont été découverts en 1996 et datés d'environ Ils proviennent des trois grottes découvertes trois ans auparavant sur l'île du Prince-de-Galles en AlaskaCf. ..
thumb|Renne d'Amérique du Nord, ou caribou (angl. : caribou ou reindeer).
La période après la phase précoce est fréquemment désignée comme période archaïque, et séparée en deux tronçons. Ce sont les périodes archaïques ancienne (env. à ) et moyenne (env. à ). Puis on distingue la phase archaïque à l'ouest et la phase de Plano à l'est. On y rattache les cultures de l'Ohio, du Niagara et de l'Ontario du Sud. Le nombre des trouvailles est cependant faible, parce que le paysage a été sans cesse soumis à des modifications, ce qui détruisait la plupart du temps les restes culturels. On suppose que les membres de la culture du Plano suivaient les troupeaux de caribous vers l'est, toujours à la lisière des glaces. Sans eux, la vie était impossible au nord-ouestAu Yukon, dans les Territoires du nord-ouest et en Alaska il y a 46 caribou fences (barrières à caribous), qui servaient à la chasse en battue, et qui jouissent de la protection des monuments (cf. .. Les eskers formaient en outre de remarquables voies dans un paysage autrement infranchissable. Vers , les archaïques atteignent l'Ontario du sud. Là ils trouvent des propulseurs à javelots, une innovation technologique qui a probablement trouvé son origine vers dans le sud des États-Unis..
Une pointe de projectile (javelot ou flèche) de Nouvelle-Angleterre a été datée entre et Elle appartient sans doute à la même culture que celle du Vermont (Fouilles de John's Bridge v. 6000 ), où l'on a dégagé des perçoirs et des traces de maisons. Les cultures proches de la côte ne sont pas faciles à distinguer du point de vue archéologique. Les grands centres étaient le fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs. Les premiers grands monuments sont des tumulus, dont le plus ancien connu est l'Anse Amour ( ). Apparemment, une hiérarchie plus ou moins stabilisée s'est établie parmi les sociétés le long des lacs Érié, Huron (au sud), et Ontario, ainsi que du fleuve Saint-Laurent au-dessus de la ville actuelle de Québec. On ne peut que faire des hypothèses sur le fait que ce soit une région culturellement cohérente (appelée proto-laurentienne). Ses artéfacts datent d'entre et
Le groupe des cultures plano est clairement discernable, et orienté vers un tout autre environnement. Son nom est tiré des Grandes Plaines, et d'ailleurs trop restreint, car ces cultures couvrent l'immense espace entre les territoires éloignés de la mer de la Colombie-Britannique et des Territoires du Nord-Ouest jusqu'au golfe du Mexique. Peu avant intervient un changement dans le système d'armes caractéristique pour ces cultures. Les pointes des projectiles ne sont plus serrées dans des tiges fendues, mais enfoncées dans la tige. C'est en même temps la phase où les forêts étendues cèdent progressivement la place à des paysages d'herbages. Les matières premières de certains outils ou armes de pierre proviennent de loin dans le sud.
Initialement, les cultures plano recouvrent le territoire entre la rivière Saskatchewan Nord, le pied des montagnes Rocheuses, jusqu'à la rivière de la Paix en Colombie Britannique. Le Manitoba était encore sous une énorme calotte glaciaire, mais les premiers habitats isolés se développent, des refuges ou des reliefs habitables au-dessus de la surface des glaces (Nunataks), comme dans l'Alberta du sud. En 2001, on a trouvé dans un de ces refuges au sud de Calgary de petits chevaux, qui étaient apparemment chassés vers
Par un étroit corridor au sud de la calotte glaciaire, de nouvelles techniques parviennent vers l'ouest. Ce n'est que plus tard que cet immense territoire culturel se divise visiblement en deux sous-espaces : les cultures anciennes du bouclier canadien, et des grandes Plaines. Au lac de South Fowl, à la frontière entre l'Ontario et le Minnesota, des artéfacts en cuivre ont été trouvés, ce qui indique une métallurgie remontant à environ Seule la culture du bouclier moyenne (4000 à 1000 ) fournit des vestiges plus importants.
À l'ouest, l'occupation remontant au moins à 9000 a été recouverte par la Culture du plateau ancienne. On ne sait pas s'il s'agit là d'une immigration par le Fraser, ou à partir de l’intérieur des terres. Un cadavre de Gore Creek, âgé d'environ indiquerait cette seconde hypothèse. L'immigration à partir de la côte aurait pu avoir lieu vers 4250 Il ne semble cependant ne pas y avoir de lien avec les migrations croissantes de saumons le long de la côte ouest.
Les cultures côtières (cultures côtières du sud-ouest et du nord-ouest) le long de la côte ouest sont démontrées au moins jusqu'à 8000 Mais on ne sait pas dans quelle direction l'occupation a eu lieu, et d'ailleurs elles peuvent provenir d'une racine commune. La linguistique tendrait plutôt à favoriser une migration à partir du nord. Déjà la plus ancienne trouvaille sur l'île de Vancouver dans la Bear Cove, montre une très forte orientation vers la chasse aux mammifères marins, dauphins, phoques et otariesDes découvertes plus anciennes, et contestées, aux États-Unis, comme l'homme de Kennewick ne concernent pas jusqu'à présent le territoire canadien.. Une distinction frappante est celle entre groupes orientés vers la mer, avec des bateaux adaptés à la haute mer, et ceux qui se limitent à la pêche plus aisée au saumon. Mais beaucoup de restes proches de la mer ont été engloutis, car le niveau de la mer depuis 6000 est monté de . Cette inondation de grottes d'habitation a dû faire monter la pression d'émigration vers l'intérieur des terres. Alors, la côte du nord-ouest a pris une autre voie de développement. Là aussi, la montée du niveau de la mer a détruit des traces, à part Haïda Gwaïi. Cet archipel a été occupé au plus tard vers 7500 et il abrite, avec le peuple des Haïdas une des populations les plus sédentaires du monde. L'île de Dundas, plus à l'est, près de la côte, présente des traces d'occupation plus anciennes encore sur le site de Far West Point, qui présente des restes datés d'il y a , soit le record sur la côte de Colombie Britannique.
Le commerce le plus ancien démontrable, celui de l’obsidienne remonte à et est basé sur un dépôt sur le mont Edziza en Colombie Britannique du nordObsidienne du Mont Edziza, du Musée royal de Colombie-Britannique. La plus ancienne trouvaille chez les Tlingit, qui possédaient de l'obsidienne au plus tard en 8300 atteste de commerce d'obsidienne à longue distance. Cf. ..
Au nord-ouest, la situation des fouilles est si contradictoire que toutes les hypothèses formulées jusqu'à présent pour déterminer les différentes cultures ont échoué. L'extrême nord, y compris le Groenland n'a été occupé que ponctuellement à partir de 2500 et le nord de l'Ontario à partir de 2000
D'environ 4000 à 1000
À partir de 2500 des occupations sont démontrées par de nombreux amas coquilliers, et on distingue les premiers signes d'une différenciation sociale. Les traces d'habitation indiquent des agglomérations qui s'associaient de manière saisonnière avec des tribus parentes pour la chasse. Dans les plaines, on peut repérer les maisons et les villages. Apparemment, la chasse à l'arc se répand dans le nord, en provenance d'Asie. Elle chemine lentement à partir du nord-ouest, où elle s'arrête longtemps, puis vers la côte est, pour enfin atteindre l'extrême ouest par une large boucle : l'auteur y démontre sa présence en 3000 dans le territoire arctique, puis après un certain temps, vers le sud. Ses caractéristiques sont des pointes de projectile plus petites..