Agnès Saal, née le à Tunis, est une haute fonctionnaire française.
Elle a fait la plus grande partie de sa carrière au sein du ministère français de la Culture, mais également au sein de plusieurs institutions culturelles françaises. Elle est condamnée en 2016 pour détournement de fonds publics.
Biographie Famille et études Agnès Saal est la fille d’un commerçant en textile du souk de Tunis et d’une mère issue d'une famille de banquiers et de financiers originaires d'Italie, tous deux de familles juives installées en Tunisie depuis des générations, précédant la colonisation française. Après la guerre des Six Jours en 1967, ses parents, inquiets, préfèrent partir pour la France..
Agnès Saal étudie à l'Institut d’études politiques de Paris (IEP) (promotion 1978, section Relations internationales). et intègre l'École nationale d'administration (promotion Solidarité, 1983)Communiqué du ministère de la Culture pour sa nomination au Centre Georges-Pompidou, 23 août 2007..
Carrière professionnelle Elle est nommée au ministère de la Culture et devient cheffe du bureau de l'art lyrique à la direction de la musique, puis secrétaire générale de la Direction du développement culturel et enfin chargée de mission auprès du chef du service du personnel et des affaires sociales de la direction de l'administration générale.
En 1990, elle effectue sa mobilité au Conseil d'État.
Elle est nommée directrice administrative et financière du Centre national de la cinématographie (1990-1997).
Elle travaille ensuite au cabinet de plusieurs ministres de la Culture successifs du gouvernement Jospin : auprès de Catherine Trautmann comme conseillère budgétaire (1997-1998) puis directrice adjointe du cabinet (1998-2000) et à cette même fonction auprès de Catherine Tasca (2000-2001).
De à , elle est directrice générale de la Bibliothèque nationale de France. Puis, de 2007 à 2014, elle est directrice générale du Centre Pompidou.
Son nom circule pour être sa directrice de cabinet quand Aurélie Filippetti, dont elle est proche, est nommée ministre, poste qui est finalement attribué à Laurence EngelAlexandre Debouté, « Agnès Saal attendue à la tête de l'INA », Le Figaro, encart « Économie », 16 avril 2014, ..
En , la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, annonce la nomination d'Agnès Saal au poste de présidente de l'Institut national de l'audiovisuel« Nominations : Filippetti veut impliquer l'opposition », Le Figaro, 28 avril 2014.. Nommée par décret du Décret du 30 avril 2014 portant nomination de la présidente de l'Institut national de l'audiovisuel - Mme SAAL (Agnès), publié au Journal officiel du ., elle succède le suivant à Mathieu Gallet qui devient président de Radio-France. Elle s'engage à « une gestion janséniste »« Quand Agnès Saal promettait une gestion « janséniste » de l'INA », sur liberation.fr.. Le , Agnès Saal présente sa démission sur demande de la ministre après des révélations sur des factures de taxi.
À la suite de sa démission, elle retrouve un poste au ministère de la Culture, où elle est . Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique, dit comprendre toutes les réactions liées au nouvel emploi d'Agnès Saal, mais explique que .
Fin , elle est nommée haut fonctionnaire à l'égalité, à la diversité et à la prévention des discriminations auprès du secrétaire général du ministère de la Culture, pour une durée de trois ans« Agnès Saal nommée haut fonctionnaire à l'égalité et la diversité au ministère de la Culture », parismatch.com, 30 août 2018.. D' à , elle occupe le poste de haut fonctionnaire à la responsabilité sociale des organisations, auprès du secrétaire général du ministère de la Culture« Arrêté du 31 août 2021 portant nomination (administration centrale) », legifrance.gouv.fr, .. En , le ministère de la culture annonce que son mandat n'est pas reconduit., ce qui est perçu avec inquiétude dans le milieu culturel, et dénoncé comme un par Libération.. Irène Basilis la remplace..
Condamnation pour détournement de fonds publics En , Le Figaro, repris par de nombreux médias français, révèle qu’Agnès Saal serait suspectée d'un possible détournement de biens publics consécutif à ses notes de taxi. Plus de de frais de déplacement auraient été facturés à l'INA en dix mois. Son fils aurait également bénéficié indûment de plus de de frais de taxi pour ses déplacements privésEnguérand Renault, « Règlement de comptes à l'Institut national de l'audiovisuel », Le Figaro, 26 avril 2015.. Mis au jour par un rapport anonyme aux administrateurs de l'INAMarc Baudriller, « Voici le rapport qui a fait chuter la présidente de l'INA, Agnès Saal », Challenges, 28 avril 2015. et sous la pression de l'opinion, ces frais extrêmement élevés ont amené leur auteur à immédiatement rendre des comptes à ses collaborateurs et à s'engager à rembourser tout ce qui relevait des déplacements privés« L'incroyable note de taxis de la patronne de l'INA », sur leparisien.fr, 26-27 avril 2015.. Par ailleurs une enquête interne a été diligentée au sein de l'INA pour identifier le lanceur d'alerte..
Parmi les reproches sur ces notes de taxi, figure celui que, comme présidente de l'INA, elle a une voiture de fonction avec chauffeur ; son explication à ce sujet est qu'elle , qu'elle a un abonnement de taxi, n'a pas de permis de conduire et que le dispositif préexistait avant sa nomination« La PDG de l'Ina, Agnès Saal, a présenté sa démission », sur boursorama.com, 28 avril 2015.« Affaire Agnès Saal : trois questions pour comprendre le scandale des frais de taxi », sur francetvinfo.fr, 28-29 avril 2015..
À la suite de ces révélations, l'association de lutte contre la corruption Anticor menace de saisir la justice si Agnès Saal ne démissionne pas, tandis que la ministre de la Culture Fleur Pellerin demande le remboursement intégral de ces frais de déplacement« Frais de taxi : Anticor menace de saisir la justice si Agnès Saal ne démissionne pas », sur lexpress.fr, 28 avril 2015., la CFDT INA appelant à un contrôle de l’Inspection générale des finances.. En revanche, la CGT-Culture exprime son soutien à l'égard d'Agnès Saal..
Elle démissionne finalement de ses fonctions, à la demande de Fleur Pellerin, le . Début juin, la ministre décide de saisir la justice sur le sujet..
Ses avocats indiquent qu'Agnès Saal a remboursé une partie des frais de taxis (, dont les dépensés par son fils et de ) et
Dans une tribune publiée dans Libération le , trois des anciens d’Agnès Saal, Jean-Noël Jeanneney (ancien président de la BnF), Alain Seban (ancien président du Centre Pompidou) et Dominique Wallon (ancien directeur général du CNC), dénoncent son , témoignant de ses compétences professionnelles et ..
Le , le parquet de Créteil indique qu'Agnès Saal est suspectée d'avoir fait usage de taxis pour des motifs lors de son précédent poste en tant que directrice générale du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou...
D'après Renaud Revel, dans un billet publié le sur son blog Immédias hébergé par Lexpress.fr, les enquêteurs chargés de l'affaire auraient recensé près de de notes de taxi durant ses sept années à la direction du Centre Pompidou. Ces notes de frais seraient toujours en cours de vérification.. Selon le Centre Pompidou, interrogé par Le Figaro, , mais il ne souhaite pas intervenir davantage, la procédure étant en cours. Toujours selon ce journal, le montant serait plutôt de pour sept ans, dont pour la période allant de à .
Début , elle est exclue temporairement par décret de la fonction publique pour deux ans, dont six mois ferme sans traitementFrais de taxis : Hollande décrète l'exclusion temporaire d'Agnès Saal de la fonction publique, marianne.net, 4 janvier 2016..
Le , elle est convoquée devant le tribunal correctionnel dans le cadre d'une procédure de « plaider-coupable », accusée lorsqu'elle était présidente de l'INA. Les courses en taxi bénéficiaient essentiellement à ses enfants« Agnès Saal: les 685 courses de taxi qui se terminent au tribunal », Mediapart, 10 avril 2016.. Agnès Saal est condamnée à 150 jours-amende (à 30 euros par jour, soit d'amende) et de dommages-intérêts au profit d'Anticor. auxquels s'ajoutent trois mois de prison avec sursis pour des faits similaires lorsqu'elle était directrice du centre Georges-Pompidou.. En 2019, il lui est interdit de porter la Légion d'honneur et l'ordre national du Mérite pendant deux ans« Interdiction de porter la Légion d’honneur pour trois hauts fonctionnaires condamnés », Ouest-France, 19 juillet 2019..
Vie privée Agnès Saal est mère de trois enfantsMartine Kubler Mamlouk, « Interview d’Agnès Saal », sur femmesaaeena.com, juin 2010 .. Elle a été mariée à l'historien Pascal Ory ; le couple a eu une filleSur sylviebommel.com, page 72, en haut à droite..
Décorations (2005, suspendue pour deux ans en )Décret du 17 juillet 2019 relatif à la discipline des membres de la Légion d’honneur NOR : PRER1920959D... Sa promotion au grade d'officier (2015) a finalement été annuléeDécret du 17 juillet 2019 portant décision d’une non-réception dans le grade d’officier de la Légion d’honneur NOR : PRER1920962D... (2009, suspendue pour deux ans en ).Décret du 17 juillet 2019 relatif à la discipline des membres de l’ordre national du Mérite NOR : PRER1920961D..
Notes et références
Liens externes
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