Manuel Machado Ruiz, connu sous le nom de Manuel Machado, né à Séville le et mort à Madrid le , est un poète et dramaturge espagnol et le frère d'Antonio Machado, avec qui il collabora à de nombreuses reprises.
Il fut l'un des représentants les plus importants du modernisme en Espagne.
Biographie Premières années vignette|gauche|redresse|Antonio et Manuel Machado en 1883. Manuel Machado était le fils d', folkloriste sévillan connu qu'on surnommait Demófilo, et d'Ana Ruiz Hernández. Il eut pour frères Antonio Machado, également poète, et José Machado.
Il hérita de son père l'amour du caractère populaire andalou. Né au de la rue San Pedro Mártir, il passa son enfance dans le Palacio de las Dueñas, où sa famille avait loué une des habitations pour particuliers. À 9 ans, il déménagea avec sa famille à Madrid, étant donné que son grand-père paternel avait obtenu une chaire à l'université centrale. Le désir de tous était de voir les trois frères faire leurs études à l'Institution libre d'enseignement, dirigé par Francisco Giner de los Ríos, grand ami du grand-père de Manuel.
Jeunesse thumb|155px|Maison de Madrid où Manuel Machado vécut de 1917 à sa mort. Manuel Machado fit ses études à Madrid et y obtint une maîtriseÉquivalence académiques français - espagnol, sur it-sudparis.euÉquivalences entre diplômes français et espagnols, sur mfe.org en philosophie et lettres. Par la suite, sa famille ne retourna à Séville qu'en de rares occasions, mais Séville et l'Andalousie allaient demeurer pour lui une référence vive, bien qu'éloignée, car ses parents aimaient leur terre.
À Madrid, il commença à publier ses premières poésies et collabora à divers projets de la vie littéraire madrilène avec des écrivains comme et Juan Ramón Jiménez.
Le , il fut cofondateur de l'Association internationale des amis de l'Union soviétique, créée à une époque où la droite condamnait les récits concernant les conquêtes et les problèmes du socialisme en URSS.
Maturité Au fil des ans, Machado devint directeur de la bibliothèque municipale (l'actuelle bibliothèque historique municipale) et du musée d'histoire de Madrid. Il créa diverses revues littéraires de courte durée et collabora à des journaux d'Europe et d'Amérique.
Il contribua avec ferveur à la poésie moderniste, entendue dans son aspect coloriste, décadent et cosmopolite, en lui donnant une touche andalouse qui particularise sa poésie. On a souvent opposé ce côté moderniste à la génération de 98.
En 1936, en pleine guerre civile, il fut désigné pour occuper un fauteuil à l'Académie royale espagnole.
Collaboration avec son frère Antonio Les frères Manuel et Antonio écrivirent ensemble diverses œuvres dramatiques d'ambiance andalouse. Son œuvre la plus remarquable est la pièce de théâtre , portée au cinéma à deux reprises. Les frères Machado créèrent aussi , , , , et . Mais la guerre civile les sépara en les plaçant dans des camps opposés. L'œuvre poétique des deux écrivains est très différente, mais on constate un certain parallélisme. Ainsi, tous deux composèrent leurs poèmes autobiographiques (l' de Manuel et le d'Antonio) en (alexandrins de quatorze syllabes métriques) formant des , quatrains à rimes croisées.
Dictature de Franco Lors de l'entrée des troupes de Francisco Franco à Madrid en 1939, Manuel lui dédia un poème élogieux, , qui lui valut la reconnaissance du régime. Après la guerre, il retrouva son poste de directeur de l'hémérothèque et du Musée municipal de Madrid et prit sa retraite peu après. Il continua d'écrire de la poésie, dont la majeure partie a un caractère religieux. Sa foi catholique se raviva pendant son séjour à Burgos grâce à la dévotion de sa femme et à l'influence de prêtres tels que Bonifacio Zamora. Le poète continua d'écrire le panégyrique de personnalités et de symboles du franquisme, ce qui lui valut le mépris de critiques et de poètes postérieurs, qui le considérèrent comme un traitre à la cause républicaine.
Manuel Machado mourut à Madrid le .
Répercussions Après sa mort, l'Espagne s'ouvrit dans les années 1960 et 1970, où l'on apercevait déjà la fin du franquisme. La jeunesse antifranquiste chassa de son esprit les poètes protégés par le régime et embrassa ceux qui moururent ou qui vivaient encore en exil. C'est pourquoi l'œuvre et la figure de Manuel Machado furent éclipsées par celles d'Antonio Machado, plus proches du goût du moment.
Critique Un mérite indiscuté de Manuel Machado fut de faire connaître le et de le rénover. La connaissance de ce chant lui venait de sa famille, car son père, Demófilo, avait recueilli les paroles anonymes des chants flamencos dans son livre . Manuel Machado écrivit des poèmes idéaux pour le chant en utilisant des couplets, des et des soleá. Il créa une nouvelle variante de ces dernières, où le vers central avait un nombre disproportionné de syllabes (9, 10, 11 ou plus) et qu'il appela « ».
Il écrivit aussi des romances octosyllabiques, des quatrains, des et des sonnets. Il renouvela ces derniers en utilisant une variante (le ) généralement en vers octosyllabiques, mais, dans le intitulé , en vers trisyllabiques.
Le vers de Machado est vif, agile et expressif et garde des traces du Parnasse et des poètes maudits français. Les poètes qui l'influencèrent le plus furent Paul Verlaine et Rubén Darío, qui l'honora de son amitié et l'apprécia.
Œuvre Poésie thumb|Édition de Alma. Museo. Los cantares, sous la direction de Gregorio Pueyo et dont la couverture est l'œuvre de Juan Gris. Alma (1901). Caprichos (1902). Los cantares (1905). El mal poema (1909). Apolo (1911). Ars moriendi (1921). Cadencias de cadencias. Nuevas dedicatorias (1943) Horario (1947)
Théâtre El hombre que murió en Madrid (1941).
Avec la collaboration de son frère Antonio : (1926). (1927). (1928). (1929). (1931). (1932). (1928. Joué en 1941)
Traductions Paul Verlaine, Fiestas galantes (1911, trad. de Fêtes galantes) Spinoza, Ética (1913, trad. d’Éthique) Vauvenargues, Reflexiones y máximas (1914, trad. Réflexions et maximes) Descartes, Obras completas (1920, trad. Œuvres complètes) Victor Hugo, Hernani (1928, en collaboration avec Antonio Machado et , trad. de Hernani) Conan Doyle, El campamento de Napoléon (192?, trad. de ) Edmond Rostand, El aguilucho. Drama en cinco actos (1932, en collaboration avec Luis de Oteiza, trad. de L'Aiglon)
Notes et références
Annexes
Bibliographie
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Articles connexes Littérature moderniste espagnole Génération de 98 Antonio Machado
Liens externes
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