La Foire internationale d'art contemporain ou FIAC (depuis 2024 Art Basel Paris) est une manifestation d'art contemporain annuelle, au mois d'octobre, à Paris. Cette exposition artistique et commerciale est le lieu de rencontre internationale entre galeristes, collectionneurs, conservateurs, directeurs de musées et personnalités du monde de l'art contemporain international.

Créée en 1974, elle se tient au Grand Palais jusqu'en 1998, puis au Parc des Expositions de la porte de Versailles. Elle est alors dirigée par Jennifer Flay à partir de 2003.. En 2006, la FIAC revient au Grand Palais et dans la Cour carrée du palais du Louvre. Elle s'arrête en 2022 au profit d'une nouvelle manifestation utilisant les mêmes dates et confiée au groupe suisse MCH, propriétaire de la foire Art Basel. La nouvelle manifestation est appelée Paris + puis Art Basel Paris. L'édition de 2022, qui a lieu au Grand Palais éphémère, sur le Champ-de-Mars, recense ; celle de 2024 retrouve le Grand Palais.

Historique

Conçue sur le modèle de la jeune foire de Bâle (Art Basel), la première FIAC a lieu du au sous la dénomination Salon international d'art contemporain, au Pavillon d'exposition de la Bastille (ancienne gare de la Bastille) à Paris.. Elle est ensuite rebaptisée Foire internationale d'art contemporain et se tient au Grand Palais avant d'émigrer (en raison des travaux) au parc des expositions de la porte de Versailles pendant de nombreuses années.

Organisation technique L’OIP (Organisation-Idées-Promotion), créée en 1974, est une société commerciale spécialisée dans l’organisation de salonsSalon nautique, Salon du livre, etc. et de la FIAC, dont elle assure aussi la gestion financière. Recettes : la location des stands (au mètre carré) et les entrées. En échange, elle installe et offre les stands clés en main (moquette, tissu sur les murs…), paie certains travaux et l'installation au Grand Palais (électricité) et doit une redevance à l’État sur le nombre des entréesIl n’y a pas de location du Grand Palais.. Commissaire général : Jean-Pierre Jouët, directeur artistique : Henri Jobbé-Duval. Le CoFIAC, association loi de 1901, coopte les galeries qui participent et détermine la ligne politique. Il est composé de Daniel Gervis (fondateur), Daniel Lelong (président), Denise René (vice-présidente), Jean-Robert Arnaud (secrétaire), Pierre Nahon (trésorier), Iris Clert, Michel Durand-Dessert, Karl Flinker, Elisabeth Krief, Patrice Trigano. Le groupe d'édition anglo-néerlandais Reed-Elsevier, via sa filiale Reed Elsevier France SA, rachète l'OIP en 1994.. La FIAC est alors réorganisée. Pour l’édition 2004, le repreneur dissout l’ancien comité de pilotage et nomme une directrice artistique, la galeriste parisienne Jennifer Flay.

La place de la FIAC sur le marché des années 2000 Dans les années 2000, le nombre de foires internationales se multiplie, obligeant les foires déjà présentes à innover. Le lancement de Frieze, foire londonienne fondée en 2003 par le magazine du même nom, constitue pour la FIAC un électrochoc. En effet, Frieze se déroule à la même période que la foire parisienne. L'effervescence et la jeunesse de Frieze remet en question les choix, sans doute trop muséologiques, de la foire parisienne.

Avec l'arrivée de Martin Bethenod et de Jennifer Flay, une nouvelle section consacrée à la jeune création est introduite, présentant des galeries ayant moins de trois ans d'existence. Jennifer Flay, personnalité néo-zélandaise respectée pour ses choix esthétiques tout au long des années 1990, opère aussi une sélection pointue de galeries françaises et internationales et attire de nouvelles galeries étrangères, permettant de rehausser le niveau de qualité de la FIAC et de lui donner un nouvel essor..

En 2006, la FIAC s'installe au Grand Palais ainsi que dans la Cour carrée du Louvre..

Des années 1970 aux années 2010 Les années 1970

1972 : devant le succès des foires d'art contemporain en Suisse et en Allemagne, Danièle Talamoni« Fiac : la édition », lesechos.fr, 22 octobre 2013. propose à la société spécialisée dans l’organisation de salons, la Spodex, d'en organiser une en France. Parallèlement, Madame Deliot et Jean-Pierre Jouet quittent la Spodex pour créer leur propre société, l’OIPOrganisations-Idées-Promotion.. 1973 : en février, l’OIP engage Danièle Talamoni pour démarcher les galeries de la rive gauche, sans succès. Accompagnée cette fois d'un adjoint, Henri Jobbé-Duval (), plusieurs maisons d’éditions françaises commencent à rejoindre le projet : Lahumière, Lacourière-Frélaut, La Ficelle, Taille-crayon, ainsi que des personnalités européennes (Nicolas Treadwell, par ex.). Le directeur de galerie, Daniel Gervis, accepte de participer à la première foire. 1974 : la première foire démarre fin janvier dans l’ancienne gare de la Bastille. Y sont présentées quatre-vingt galeries (Yvon Lambert, Iris Clert, La Galerie Melki avec le peintre Jean-Marie Ledannois) dont la plupart d’édition d'art. L'artiste Ben Vautier fait également partie de la première édition..

1975 : le succès de la deuxième foire (la première sous le nom de « Fiac ») montre le besoin d'un nouvel espace plus grand. Daniel Gervis crée le Cofiac (comité de la Fiac), composé de onze membres: Denise René à la présidence, Patrice Trigano à la vice-présidence, Yvon Lambert, Christophe Durand-Ruel, Elisabeth Krief, Nello Di Meo, Daniel Lelong, Pierre Nahon, Jean-Robert Arnaud, ainsi que deux galeries étrangères, l'anglaise Annely Juda et l'allemande Gmurzynska. pour convaincre Michel Guy (alors ministre de la Culture) d'accepter que le Grand Palais, qui normalement ne peut recevoir d'événements commerciaux, accueille la prochaine édition. 1976 : J.-P. Jouet et D. Gervis démarchent des galeries aux États-Unis. Une quinzaine acceptent, bientôt rejointes par les galeries françaises et européennes qui perçoivent l’enjeu financier. La FIAC assure ainsi ses arrières, renforce son image et devient un rendez-vous annuel..

Les années 1980

1982 : pour la première fois, la FIAC accueille la photographie et lui réserve un espace autonome.

1983 : plus de 170 exposants venus de 18 pays sont présents. Cette année-là, la FIAC enregistre sa 100 000ème entrée.. Élu président du comité de la FIAC fin 1983, Daniel Lelong succède à Daniel Gervis avec un nouvel objectif : « Faire de cette foire la meilleure possible et réaliser un équilibre. Il s’agit donc de développer les affaires, développer les rencontres entre marchands et collectionneurs ; puis faire en sorte que ceux qui sont simples visiteurs, sans intentions d’acheter, puissent avoir une meilleure compréhension de l’ensemble qui est présenté ; enfin, que les confrères étrangers soient plus présents et plus nombreux.» Trois itinéraires sont instaurés : le « rétrospectif », « l’aventureux » et « l’avant-gardiste ». 1984 : la FIAC devient un panorama du goût contemporain mais pas de l’art contemporain, qu'elle commence à ignorer de plus en plus. L’abus d'hommages à des artistes connus depuis des décennies (présence massive de la peinture des années 1960), l'absence d'artistes créateurs et le coût des stands repousse les galeries.

Les années 1990 1991 : début de la crise du marché de l’art. Personne ne s’attendait à voir s’assombrir aussi rapidement le climat euphorique qui régnait sur le marché depuis l’automne 1987. À la foire de Chicago en , et en juin à Bâle, est observé un certain manque de réactivité. En septembre, la crise est confirmée pour de bon. Les galeries sont moins fréquentées, les foires jouent un rôle primordial sur le marché de l’art contemporain. 1994 : la FIAC installée à l’espace Eiffel-Branly, dans le , à la fermeture du Grand Palais, a vu le nombre de ses exposants décliner, tout comme la qualité des œuvres présentées. 1995 : réorganisation du COFIAC, dont les membres étaient autrefois élus à vie, se compose de 23 français et étrangers ; un bureau de neuf membres sélectionne les participants de la foire. L’espace « Jeunes galeries » est fermé. La vingt-deuxième édition est marquée par deux événements significatifs : la réduction de sa durée à six jours (au lieu de dix précédemment) et la diminution du nombre de participants (120 contre 140 en 1994). Cette édition s’est tenue dans un contexte animé par un fort vent de contestation : « trop francophone, antidémocratique, mal sélectionné, trop chère » selon des galeristes « dissidents » ayant décidé de retirer leur participation.. 1996 : Véronique Jaeger est élue commissaire général de la FIAC (en juin). Elle est à la fois interlocutrice du COFIAC et des galeries et joue un rôle important lors de la , qui grâce à d’importants efforts d’animation et de promotion, a rendu à la foire parisienne sa place parmi les grandes. Naissance d’un comité d’organisation de la FIAC, présidé par Yvon Lambert. Par souci d’internationalisation, 60 % des galeries sont étrangères, plus jeunes ce qui donne du renouveau et un nouvel éclat à la foire. Les organisateurs ont encouragé la présence de jeunes galeries ayant moins de neuf ans d’activité en leur accordant une remise de 10 % sur la location du stand. Les cinq plus grandes foires (Bâle, Cologne, Madrid, Chicago, Paris) se sont regroupées au sein d’une association, l’IcafaAssociation internationale des foires d’art contemporain. qui, dotée d’une charte, se veut « garante de soutien et d’encouragement… en partenariat avec des galeries compétentes, engagées et sérieuses ». Cette année-là, le Président de la république, Jacques Chirac, fait un discours pour affirmer l'importance de la FIAC pour le rayonnement culturel de Paris.. 1997 : Un comité d’expertise est mis en place pour vérifier l’authenticité et la provenance des œuvres exposées. Un secteur intitulé « Perspectives » est créé avec 30 jeunes galeries (dont la moitié d'étrangères) dont une partie des frais d’expositions sont pris en charge. Couvrir l’ensemble du , tel est l’un des buts que se fixent les organisateurs. 1999 : La FIAC est transférée à la porte de Versailles. Le nouvel espace de conférences Le Café des Arts favorise les rencontres avec les artistes et un secteur spécifique pour l’édition, forme d’art originale et accessible par tous, est mis en place.

Les années 2000 2000 : la FIAC impose des one-man shows à ses exposants. Elle accueille, cette année-là, 23 pays et 195 exposants. Le prix Marcel-Duchamp est lancé par l'ADIAFAssociation pour la diffusion internationale de l'art français.. présidée par Gilles Fuchs. Cette association rassemble 200 collectionneurs et passionnés, et contribue au rayonnement de la scène française en confirmant la notoriété d'un artiste résidant en France. La direction artistique et le graphisme sont confiés à La Compagnie Bernard Baissait. 2001 : création du « vidéo cube », nouvel espace consacré à l'art vidéo. 2002 : Henri Jobbé-DuvalDirecteur artistique chargé du rôle de relais avec la profession. a été remercié par Reed Expositions France et a rejoint la direction d’Art Paris (Foire nationale). Soutenu par l'espace Paul Ricard, Perspectives représente le secteur prospectif de la FIAC. Il est l'occasion donnée à de jeunes galeristes et artistes de se faire découvrir. Il a pour vocation de déterminer les courants et les enjeux de la création contemporaine. 14 galeries de 7 pays différents ont pu présenter de jeunes talents éclectiques. 900 artistes issus de 48 pays sont représentés par 169 galeries, réparties en 5 secteurs (One man show, Group show, Perspectives, Édition et Vidéo cube).