Vincent de Kerleau est un religieux et diplomate breton du , né au château de l'Isle à Moustéru vers 1400, mort en novembre 1476Dom Morice (Histoire ecclésiastique et civile de la Bretagne, II, 155) le fait mourir le 30 octobre 1476, mais son testament (Arch. dép. du Morbihan, 3 H 8, fol. 199-200) est daté du 6 novembre.. Il est notamment évêque de Léon, ambassadeur à Rome, chancelier de Bretagne, chargé de mission en Angleterre.

Biographie Il appartenait à la famille noble des Kerleau de l'Isle. Entré dans l'Ordre cistercien, il fut supérieur de l'abbaye de Bégard (à partir de 1443) et de l'abbaye de Prières (à partir de 1467). Le , il fut nommé évêque de Léon par le pape Sixte IV, mais il resta jusqu'à sa mort abbé commendataire des deux établissements cisterciens. Il avait chargé Bégard d'une pension de deux cents ducats d'or pour Pietro Riario, cardinal de Saint-Sixte.

En 1456, il fut envoyé en ambassade à Rome par le duc Pierre II de Bretagne, et il y retourna ensuite plusieurs fois, chargé par le pape en 1458 de collecter de l'argent en Bretagne pour une croisade contre les TurcsCf. dans le catalogue des abbés de Bégard : « Vincentius de Kerleau, electus abbas de Begar 1443, legatus in Armoricam a Calisto papa ad pecunias pro bello in Turcas colligendas anno 1458 [...] ». Dom Morice, Histoire, vol. II, 63. Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, Les papes et les ducs de Bretagne : essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, Paris, de Boccard, 1928 (2 vol.), 660-661, 691.. En 1467, il fut nommé premier président de la Chambre des comptes du duché par le duc François IIDom Morice, Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire ecclésiastique et civile de la Bretagne, vol. II, col. 1733., et il exerça ensuite la fonction de chancelier de Bretagne pendant une période de disgrâce de Guillaume Chauvin. À partir de 1468, il joua un rôle important dans la diplomatie bretonne : envoyé deux fois en mission auprès du roi Édouard IV d'Angleterre (en 1468 et en 1472)Dom Morice, Mémoires, vol. III, col. 136, 169. Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, François II, duc de Bretagne, et l'Angleterre, Paris, de Boccard, 1929, 97, 115-116, 136., il se rendit également en 1468/69, à Bruges et à Saint-Omer, auprès de Charles le TéméraireGeorges Chastellain, Chronique des ducs de Bourgogne, éd. Kervyn de Lettenhove, Bruxelles, Heusser, 1874 (8 vol.), vol. V, 378, 460-461.. Dans une lettre datée de 1471, le roi Louis XI lui-même reconnut son habileté diplomatiqueJoseph Vaesen et Étienne Charavay (éds.), Lettres de Louis XI, roi de France, Paris, Renouart, 1883-1908 (10 vol.), vol. IV, 289., et il s'adressa à lui pour conclure une trêve avec le duc de BourgogneDom Morice, Mémoires, vol. III, col. 254-262.. En 1471, il joua un rôle dans les pourparlers de mariage entre Charles de Valois et Marie de BourgognePhilippe de Commynes, Mémoires, Genève, Droz, 2007 (2 vol.), vol. I, 210. Dom Morice, Mémoires, vol. III, col. 225-226, 240-243..

On ne sait s'il est mort à Rome ou en Bretagne, ni s'il est inhumé dans la cathédrale de Saint-Pol-de-LéonDom Taillandier, « Catalogue historique des évêques et abbés de Bretagne », Histoire ecclésiastique et civile de la Bretagne, vol. II, Paris, Delaguette, 1756, 137..

Notes et références

Catégorie:Personnalité politique liée à la région Bretagne Catégorie:Personnalité bretonne du XVe siècle Catégorie:Évêque de Léon Catégorie:Cistercien Catégorie:Décès en novembre 1476 Catégorie:Chancelier de Bretagne Catégorie:Président de la chambre des comptes de Bretagne