James Gillespie Blaine, né le à West Brownsville et mort le à Washington, est un homme politique américain. Membre du Parti républicain, il représente le Maine à la Chambre des représentants des États-Unis de 1863 à 1876, présidant cette assemblée de 1869 à 1875, puis au Sénat des États-Unis de 1876 à 1881.
Blaine exerce à deux reprises la fonction de secrétaire d'État des États-Unis, d'abord en 1881 dans les administrations des présidents James A. Garfield et Chester A. Arthur, puis de 1889 à 1892 dans l'administration du président Benjamin Harrison. Il est avec Daniel Webster l'un des deux seuls secrétaires d'État à avoir occupé le poste sous trois présidents différents. Blaine cherche sans succès à être désigné candidat du Parti républicain aux élections présidentielles de 1876 et 1880 avant de réussir en 1884. Lors de cette élection, il est battu de justesse par le candidat démocrate Grover Cleveland. Blaine est l'une des principales figures du Parti républicain du dernier quart du et, en particulier, de sa faction réformiste modérée, plus tard connue sous le nom de « ».
Blaine est né à West Brownsville dans l'ouest de la Pennsylvanie et s'établit dans le Maine, où il devient journaliste, après avoir terminé ses études. Surnommé « l'homme magnétique », c'est un orateur charismatique à une époque où l'éloquence est prisée. Au commencement de sa carrière politique, il soutient le président Abraham Lincoln et l'effort de guerre de l'Union dans la guerre de Sécession. Pendant la Reconstruction, Blaine est un partisan du droit de vote des Noirs mais s'oppose à certaines des mesures les plus coercitives des républicains radicaux. Initialement en faveur de tarifs douaniers élevés, il œuvre plus tard à leur réduction et au développement du commerce international. En raison de son intérêt pour la promotion et la construction des chemins de fer, Blaine est notoirement soupçonné de corruption dans l'attribution des chartes ferroviaires, en particulier après la révélation des lettres Mulligan. Bien qu'aucune preuve formelle de corruption n'ait jamais fait surface, ces allégations perturbent sa campagne présidentielle en 1884.
En tant que secrétaire d'État, Blaine est une figure transitoire, marquant la fin d'une ère isolationniste en politique étrangère et préfigurant les débuts du Siècle américain. Ses efforts pour développer le commerce et l'influence des États-Unis amorcent le virage du pays vers une politique étrangère plus active. Pionnier de la réciprocité tarifaire, il encourage une plus grande implication dans les affaires latino-américaines. Expansionniste, la politique de Blaine conduit en moins d'une décennie à l'acquisition de colonies dans le Pacifique et à l'établissement de la domination américaine dans les Caraïbes.
Jeunesse et débuts en politique
Famille et enfance James Gillespie Blaine naît le à West Brownsville, dans l'ouest de la Pennsylvanie, troisième enfant d'Ephraim Lyon Blaine et de son épouse Maria Blaine, née Gillespie. Il a deux sœurs aînées, Harriet et Margaret. .. Le père de Blaine est un homme d'affaires et propriétaire terrien pennsylvanien et la famille vit dans un relatif confort.. Du côté de son père, Blaine descend de colons irlando-écossais qui se sont installés en Pennsylvanie en 1745.. Son arrière-grand-père, aussi nommé Ephraim Blaine, a été commissaire-général sous les ordres de George Washington durant la guerre d'indépendance des États-Unis.. La mère de Blaine et ses ancêtres sont des catholiques irlandais qui ont immigré en Pennsylvanie dans les années 1780. .. Les parents de Blaine se sont mariés en 1820 selon le rite catholique, bien que son père soit resté presbytérien. Selon un compromis commun à l'époque, les Blaine élèvent leurs filles dans la foi catholique de leur mère et leur fils dans celle, protestante, de son père. .. Une cousine de Blaine, Angela Gillespie, est une religieuse catholique et la fondatrice de la branche américaine des Sœurs de la Sainte-Croix.. En politique, le père de Blaine soutient le Parti whig..
Selon les biographes de Blaine, son enfance est et il s'intéresse très tôt à l'histoire et à la littérature. . .. À treize ans, il s'inscrit au , alma mater de son père située non loin à Washington, en Pennsylvanie. .. Blaine est membre de la , l'un des clubs de débat de l'établissement.. Il réussit sur le plan académique, finissant parmi les premiers de sa promotion et prononçant le discours de bienvenue en . .. Après avoir obtenu son diplôme, il envisage de s'inscrire à la faculté de droit de Yale mais décide finalement de chercher un emploi à l'ouest. ..
Enseignant et journaliste vignette|Les bureaux du Kennebec Journal à Augusta à l'époque où Blaine est rédacteur en chef. En 1848, Blaine est embauché comme professeur de mathématiques et de langues anciennes au de Georgetown, dans le Kentucky. Bien que, âgé de dix-huit ans, il soit plus jeune qu'un grand nombre de ses étudiants, Blaine s'adapte bien à sa nouvelle profession. .. Il en vient à apprécier son État d'adoption et devient un admirateur du sénateur du Kentucky Henry Clay. Il fait également la connaissance d'Harriet Stanwood, native du Maine, qui enseigne non loin au . .. Ils se marient le . Blaine envisage à nouveau d'étudier le droit mais préfère rendre visite à sa famille en Pennsylvanie avec sa nouvelle épouse. .. Ils vivent ensuite avec la famille d'Harriet Blaine à Augusta, dans le Maine, pendant quelques mois, et ont là-bas leur premier enfant, Stanwood Blaine, en 1851. Le jeune ménage s'établit peu après à Philadelphie où Blaine obtient en 1852 un emploi à la , aujourd'hui , où il enseigne les sciences et la littérature..
Les bibliothèques de Philadelphie offrent à Blaine une dernière occasion de commencer à étudier le droit mais, en 1853, il reçoit une offre plus tentante : devenir rédacteur en chef et copropriétaire du , publié dans le Maine. Blaine a été plusieurs fois en vacances dans l'État d'origine de sa femme et s'est lié d'amitié avec les responsables du journal. Lorsque son fondateur, , prend sa retraite, Blaine est invité à acheter le titre en tandem avec le co-rédacteur en chef Joseph Baker. Blaine accepte sans tarder et emprunte la somme nécessaire aux frères de son épouse.. En 1854, Baker vend ses parts à , un pasteur local. .. Le Kennebec Journal est favorable au Parti whig, ce qui correspond aux opinions politiques de Blaine et Stevens. Ce choix du métier de journaliste, aussi inattendu soit-il, lance la longue carrière politique de Blaine. .. Son acquisition du Kennebec Journal coïncide avec le déclin du Parti whig et l'émergence du Parti républicain, que Blaine et Stevens soutiennent activement dans les pages de leur publication. .. Le journal est un succès financier et Blaine peut bientôt investir ses revenus dans des mines de charbon en Pennsylvanie et en Virginie, établissant les bases de sa future fortune. ..
Carrière politique dans le Maine Homme de presse favorable aux républicains, Blaine est naturellement amené à s'impliquer dans les activités du parti. En 1856, il fait partie des délégués à la première . .. Blaine, se sentant proche de la faction conservatrice du parti depuis les débuts de celui-ci, soutient la désignation en tant que candidat à l'élection présidentielle du juge de la Cour suprême John McLean contre l'ancien sénateur de Californie John C. Frémont, plus radical, qui est finalement choisi. Blaine se voit offrir l'année suivante le poste de directeur du , qu'il accepte, cédant ses parts du Kennebec Journal peu de temps après. .. Il continue cependant de vivre à Augusta avec sa femme et ses enfants. Bien que leur premier-né, Stanwood, soit mort en bas âge, Harriet et Blaine ont eu deux autres fils les années suivantes : Walker, en 1855, et Emmons, en 1857. Ils ont par la suite quatre autres enfants : Alice, James, Margaret et Harriet.. Blaine renonce à cette époque à sa confession presbytérienne et adopte celle de son épouse, devenant membre de la à Augusta..
En 1858, Blaine est candidat aux élections de la Chambre des représentants du Maine et remporte un siège. Il est candidat à sa réélection en 1859, 1860 puis 1861 et l'emporte à chaque fois à une large majorité. Ces responsabilités supplémentaires poussent Blaine à réduire son implication dans le Portland Daily Advertiser en 1860 et, rapidement, il cesse toute activité journalistique. .. Entre-temps, son influence politique grandit lorsqu'il devient président du comité républicain du Maine, remplaçant son ancien associé Stevens. Blaine n'est pas délégué à la mais, partisan enthousiaste d'Abraham Lincoln, il s'y rend tout de même. De retour dans le Maine, il est élu président de la Chambre des représentants de l'État en 1861 et réélu en 1862. Lorsque la guerre de Sécession éclate en 1861, il soutient l'effort de guerre du président Lincoln et s'assure que la Chambre et le Sénat du Maine votent la formation et l'équipement d'unités militaires destinées à rejoindre l'armée de l'Union. ..
Chambre des représentants (1863-1876)
Élection Blaine envisage de se présenter aux de la Chambre des représentants des États-Unis dans le en 1860 mais accepte de se retirer lorsque l'ancien gouverneur déclare vouloir s'y présenter également.. Morrill est élu mais, après qu'un redécoupage électoral a placé Blaine dans le pour les , il l'autorise à se présenter. Mettant en avant son soutien à l'effort de guerre dans sa campagne, Blaine l'emporte à une large majorité bien que le Parti républicain perde un nombre important de sièges à l'échelle nationale en raison des faibles succès militaires de l'Union à cette date. . .. Lorsque Blaine prend ses fonctions en , au début du , l'armée de l'Union a renversé le cours de la guerre par ses victoires à Gettysburg et Vicksburg. ..
Durant son premier mandat, Blaine prend peu la parole, se contentant pour l'essentiel de soutenir l'effort de guerre de l'administration Lincoln. Il affronte à plusieurs reprises le meneur de la faction radicale des républicains, le Pennsylvanien Thaddeus Stevens, d'abord au sujet du paiement des dettes que l'État a contractées pour financer la guerre, puis à propos de la politique monétaire, spécifiquement des nouveaux billets verts, dits « », émis par l'Union depuis 1861. .. En outre, Blaine s'exprime en faveur de la clause de commutation des peines incluse dans la loi sur la conscription militaire votée en 1863 et propose un amendement constitutionnel qui autoriserait le gouvernement fédéral à taxer les exportations, mais il n'est pas adopté.
Reconstruction et impeachment vignette|James Blaine photographié entre 1860 et 1875. Blaine est réélu en 1864 et, lorsque le se réunit en , la Reconstruction des États confédérés défaits est désormais le principal enjeu. .. Bien qu'il ne fasse pas partie de la commission chargée de rédiger la première version du quatorzième amendement, Blaine fait savoir que, selon lui, seule l'approbation des trois quarts des États unionistes devrait être requise pour le ratifier, plutôt que celle des trois quarts de tous les États. Il n'est pas suivi et cette prise de position le place inhabituellement du côté des radicaux.. Le Congrès, dominé par les républicains, intervient en outre dans la gouvernance des États du Sud reconquis, dépose les gouvernements installés par le président Andrew Johnson et leur substitue des gouvernements militaires sous son contrôle.. Blaine vote ces nouvelles mesures plus sévères mais se montre aussi favorable à un certain degré d'indulgence envers les rebelles lorsqu'il s'oppose à un projet de loi qui aurait interdit aux sudistes de s'inscrire à l'Académie militaire des États-Unis. Blaine vote pour la destitution du président Johnson en 1868, bien qu'il s'y soit opposé dans un premier temps. .. Plus tard, Blaine a exprimé ses doutes quant à la validité des accusations portées contre Johnson, écrivant dans ses mémoires que à leur sujet, mais il se conforme aux instructions de ses chefs..
Politique monétaire