Hans Kahle (né le à Charlottenburg, mort le à Ludwigslust) est un officier allemand, militant du parti communiste, officier des Brigades internationales pendant la guerre civile espagnole (sous le pseudonyme Hans Jorge). Il fut également journaliste et espionWP russe le définit comme espion dans 2 articles : celui sur Hans Kahle (Ганс Кале (нем. Hans Kahle; 22 апреля 1899(18990422), Шарлоттенбург — 1 сентября 1947, Берлин) — немецкий коммунист, агент советской разведки (псевдоним — Джордж) : Hans Kahle communiste allemand, agent des services secrets soviétiques, pseudonyme : George) - et celui sur "Liste des personnes décédées en 1947" (Список умерших в 1947 году 1 сентября — Ганс Кале (48) — советский разведчик : septembre - Hans Kahle, 48 ans, espion soviétique). Voir aussi l'article de WP ru "Вернер, Рут" (Ruth Werner). Il est brièvement chef de la "Volkspolizei" (police du peuple) en Allemagne de l'Est dans l'immédiat après-guerre.

Débuts Fils d'un officier supérieur, Hans Kahle entre à l'académie militaire impériale de Lichterfelde après ses études secondaires. Pendant la Première Guerre mondiale, il est incorporé dans la Reichswehr (Armée Impériale) comme cadet en 1917, dès sa sortie de l’école de Lichterfield. Il est nommé lieutenant, fait prisonnier par les Français en juillet 18 (alors qu'il effectue une patrouille), et libéré début 1920.

Après la guerre il abandonne l'armée, étudie le commerce, est ensuite employé à Mexico (1921-1926)selon WP ru : "Dans ce pays, il apprit à connaître le capitalisme dans toute sa splendeur" ("В этой стране он близко познакомился с капитализмом во всей его красе"). Kahle revient en Allemagne en 1927, et s'oriente vers le journalisme.

Il écrit pour le journal Deutsche Volkzeitung ("Journal du Peuple Allemand")selon WP de, "Deutsche Volkzeitung" est le titre de plusieurs journaux de gauche en langue allemande parus de 1866 à 1989. Voir ., est journaliste puis rédacteur de "Tribunal", l'organe de l’ IRH (Internationale Rote Hilfe, branche allemande du Secours rouge)Международная организация помощи борцам революции (МОПР, = DENR) : "Secours Rouge", organisation fondée en 1922 par le Komintern à Moscou sur le modèle de la Croix Rouge. Voir aussi Secours populaire français, chapitre III, 2. À noter que la branche allemande Rote Hilfe avait un home pour enfants à Worpswede, village d’artistes où Gustav Regler séjourna dans les années 1920, et connut sa deuxième épouse, la fille du peintre socialiste utopiste Heinrich Vogeler.. vignette| : grand "meeting de Pentecôte" du RFB (Roter Front-Kämpferbund, la milice du parti communiste allemand) au Lustgarten à Berlin. Noter les drapeaux rouges et le grand nombre de militants communistes en uniforme, jugulaire de la casquette au menton (signe de préparation à l’action) En 1928 Kahle adhère au parti communiste allemand (KPD), et à la branche paramilitaire du KPD, le Roter Frontkämpferbund.

Conscient de l’importance croissante de la radio, il est en 1932-33 président de la Freien Radiobund Deutschland ("Association des Radios Libres Allemandes")cf. article de WP de "Otto Stöber" et rédacteur en chef et éditeur du magazine hebdomadaire Arbeitersender ("L’émetteur des Travailleurs").

1933 : exil En 1933, quand les nazis prennent le pouvoir en Allemagne, Kahle s’exile en Suisse puis en France.

En 1934, il participe activement à la campagne de soutien du "Secours Rouge" aux mineurs des Asturies pendant leur soulèvementvoir l’article Asturies, § IV, 3 - et l’article de WP español "Revolución de 1934", sur la grève générale révolutionnaire en Espagne lancée début octobre 1934 par l’UGT contre le gouvernement radical-CEDiste. En réaction aux grèves et émeutes, la Catalogne (qui avait déclaré son indépendance), le Pays basque et les Asturies (3 grandes régions industrielles du nord de l’Espagne) sont occupés par l’armée (Marocains et Légionnaires déjà commandés par Franco), et on comptera (prêtres, patrons, officiers, hommes politiques, puis ouvriers lors de la répression), la ville d’Oviedo détruite, des milliers d'arrestations….

En 1936 Kahle travaille au bureau parisien du comité qui organise les Brigades Internationales (voir Brigades internationales, § I, 3). Puis il se rend en Espagne.

Guerre civile espagnole vignette|Le "Mémorial aux ", par Fritz Cremer, en bronze, de 6 m de haut, érigé dans le parc de Friedrichshain (Berlin-Est en 1968). Noter les symboles : beret et long manteau (image de l’exilé communiste allemand post-1933), position semi-couchée, visage austère, poing serré et épée brandie (pour l’esprit de lutte indomptable)sur le culte des Brigades internationales en RDA dans les années 1950-1960, voir Arnold Krammer : The Cult of the Spanish Civil War in east Germany, Texas A&M University, Jal of Contemporary History October 2004 vol. 39 no. 4 531-560 , http://jch.sagepub.com/content/39/4/531.abstract Citation : "Pour les réfugiés politiques allemands et autrichiens qui luttaient en Espagne avec la République, se porter volontaire n’était pas seulement une réponse à un appel à l’aide : ils transformaient leur façon de s’opposer au nazisme. Les volontaires des bataillons Ernst Thälmann, Edgar André, Hans Beimler, et 12 févrierUn "Bataillon 6 février" a existé dans les Brigades Internationales, nommé lui aussi d'après le sursaut populaire suivant le début des émeutes de février 1934 en France. étaient les premiers citoyens du Reich qui s’opposaient à Hitler sur les champs de bataille.". in Germans against Hitler, "Journal of Contemporary History" Vol 4, Number 2, 1969, .

Sous le pseudonyme de "Hans Jorge"d'après "Hans" et "George", ses deux prénoms. Hemingway dans Pour qui sonne le glas (début du § 1) fait remarquer au "général Golz" que son pseudonyme est difficilement prononçable en espagnol. Hans Jorge est encore plus difficile à prononcer : un H guttural-aspiré puis 2 jotas Kahle est chef du bataillon Edgar Andréselon l’article de WP de "Edgar-André-Bataillon", qui cite le ↑ Journal of Contemporary History Vol 4, Number 2, 1969, (voir http://www.tagderbefreiung.de/bilder/thaelmlist.pdf) (composé surtout de volontaires germanophones) de l’automne 1936 à ; il est ensuite nommé commandant de la Brigade internationaleLes dates de promotion varient selon les sources. Les changements d’affectation des chefs des BI étaient très fréquents, variant selon leurs succès militaires et les appréciations et manœuvres des politiques..

Kahle et ses hommes défendent tout d’abord vigoureusement Madrid de l'invasion des fascistes lors de la bataille de la Casa de Campo (9 et 1936)selon WP es, qui cite Hugh Thomas, Historia de la Guerra Civil Española, 1976, Barcelona, Círculo de Lectores. . . Selon http://www.drafd.de/?Hans_Kahle , Kahle était "un militaire prudent et un chef ferme, aimé et respecté de ses hommes, toujours aux avant-postes; même les anarchistes ennemis de la discipline suivaient ses ordres". À noter que toutes ces qualités, qu’il possédait aussi, n’ont pas empêché Kleber (Manfred Stern) de tomber en disgrâce ; il est vrai qu’il avait eu l’imprudence de se laisser interviewer par des journalistes occidentaux, qui avaient chanté ses louanges d’une façon trop dithyrambique au goût des commissaires politiques, puis lors de la bataille de la Cité Universitaire : du 15 au , 50 % des brigadistes tombent mais l’avance nationaliste est stoppée. Le bataillon Edgar André (ainsi que la BI) est retiré vers l’arrière le ; reformés et reposés, les brigadistes reviennent au front le . La ligne de front se stabilise ensuite.

À la mi- Kahle mène le bataillon Etkar André au secours des forces de Kleber (Manfred Stern) lors de la seconde bataille de la route de La Corogneselon l’article de WP es "Segunda batalla de la carretera de La Coruña" : les nationalistes attaquent avec le même objectif que fin , mais ils sont gênés par un brouillard intense (qui les empêche d’utiliser chars, avions et artillerie) et freinés par la résistance acharnée de la Columna Barceló. Après la prise de Boadilla del Monte par les franquistes, les hommes des et BI arrêtent l'ennemi au prix de pertes très importantes. vignette|Bataille pour Madrid : couper la "carretera de La Coruña" (route de La Corogne) était un objectif que les nationalistes n’ont pu atteindre malgré 3 assauts successifs (du au ). Ils ont ensuite attaqué de l'autre côté de la ville, sur le rio Jarama, au sud-est de Madrid, afin d’essayer de couper les routes de Barcelona et de Valencia (Valencia était alors la capitale administrative de la République espagnole, le gouvernement ayant quitté Madrid)

Lors de la offensive nationaliste ( bataille de la route de La Corogne), du 3 au , dans le brouillard et un froid terrible, 13 bataillons de regulares nord-africains et de légionnaires (sur les 16 bataillons que compte la División Reforzada de Madrid nationaliste) sont lancés contre les républicains. Le bataillon Etkar André (comme d’ailleurs les bataillons "Thälmann", "Commune de Paris" et "Garibaldi") est décimé après sa résistance acharnée à Las Rosasselon l’article de WP es "Tercera batalla de la carretera de La Coruña", qui cite Martínez Reverte, Jorge (2004) La batalla de Madrid. Barcelona: Crítica. , mais au nord-ouest de Madrid le font est stabilisé.

Par la suite, Kahle et ses hommes participentdans l’article "batalla del Jarama", WP es cite les chefs des combattants républicains : José Miaja, Sebastián Pozas, Vicente Rojo, Juan Modesto, Ricardo Burillo Stholle, , Enrique Líster, Valentín González, Hans Kahle, Robert Merriman encore à la défense contre l’encerclement de Madrid lors de la sanglante () bataille du Jarama ( 1937) : les nationalistes attaquent à l’Est, pour couper Madrid de Valencia et Barcelona. Le , le généralissime républicain José Miaja ordonne aux Brigades internationales N° XI, XII, XIV et XV de contre-attaquer dans le secteur compris entre Arganda del Rey et Morata de Tajuña. La progression des nationalistes est arrêtée (mais au prix d’énormes pertes chez les Républicains), le front est stabilisé, les combattants s’enterrent dans un système de tranchées et de casemates.

Huit jours après Jarama, les alliés italiens de Franco attaquent, au nord-est de Madrid cette fois. Lors de la bataille de Guadalajara (8 au ), c’est le bataillon Edgar André (associé aux bataillons Thälmann et Commune de Paris) qui, dès le provoque le premier arrêt dans la rapide avance de la colonne blindée italienneselon l’article de WP en "Battle of Guadalajarra", § II, 2. Les considérables moyens mécaniques lancés par les Italiens sont détaillés dans l'article de WP en "Spanish Civil War, 1937" (§ "March 8") : 250 tanks, 180 canons, 4 compagnies de mitrailleuses motorisées, de très nombreux camions… Une chanson satirique espagnole (entonnée aussi bien par les nationalistes que par les républicains) recommandera d'ailleurs aux Italiens d'avoir à l'avenir "menos camiones, y màs cojones" ("moins de camions, et plus de c…lles"). Par la suite, lors de la contre-attaque républicaine ( et jours suivants) les hommes de la BI aident ceux de Enrique Líster à repousser les Italiens.

En 1937 Kahle laisse le commandement de la BI à Richard Staimer : il est nommé lieutenant-colonel de la "17a. División del Ejército Popular de la República"Les brigadistes étrangers nommés à de hauts grades de l'armée républicaine espagnole n'ont pas été nombreux..