La SS « Hitlerjugend » ou la division « Hitlerjugend » (appellation allemande complète : la « Hitlerjugend » ; soit en français : la « blindée SS « Hitlerjugend ») est l'une des 38 divisions de la Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale. Elle fut engagée sur les fronts de l'Est et de l'Ouest. La plupart de ses membres étaient issus des Jeunesses hitlériennes (la Hitlerjugend) et étaient de la classe 1926.
Historique Création Au mois de janvier 1943, le SS-Gruppenführer Gottlob Berger propose au Reichsführer-SS Heinrich Himmler de constituer une division SS composée de membres des Jeunesses hitlériennes. Celui-ci approuve de manière enthousiaste et, dès le , un décret est émis pour l'incorporation des jeunes de la classe 1926 afin de constituer la division SS « Hitlerjugend ». Au poste de commandant de la division, Himmler désigne le SS-Oberführer Fritz Witt issu de la « Leibstandarte SS Adolf Hitler » (LSSAH), unité aguerrie au combat qui fournit également d'autres cadres pour la nouvelle division.
À la suite d'un concours, on adopte l'emblème de la division suivant : la rune Sōwilō (emblème de la Hitlerjugend ; cette rune lorsqu'elle est doublée devient l'emblème de la SS : 22x22px) associée à la clé de la LSSAH (qui elle-même est une référence à Sepp Dietrich, son premier commandant, car le mot allemand Dietrich signifie « passe-partout »).
vignette|300px|Le Generalfeldmarschall von Rundstedt inspectant la division à la frontière franco-belge (-).
L'unité est créée le . comme SS-Panzergrenadier-Division pour être la jumelle de la SS-Panzergrenadier-Division LSSAH dans le SS-PanzerkorpsHistorica, 1944 Les Panzers Tome 2.. Jusqu'au , plus de des Jeunesses hitlériennes sont appelés dans ses rangs, et reçoivent durant six semaines une formation militaire de base. Pendant leur formation au camp de Beverloo à Bourg-Léopold dans le secteur d'Anvers en Belgique, il est décidé de transformer la division, initialement prévue pour devenir une division de Panzergrenadiers, en une division blindée (Panzerdivision).
À la suite de la numérotation des unités de la Waffen-SS au , l'unité reçoit le numéro « 12 » et les deux régiments de Panzergrenadiers les numéros 25 et 26. En , la division est prête pour le baptême de feu. En , elle est transférée à Caen, en Normandie, où elle est placée au sein du Panzergruppe West.
Durant son transfert, quatre-vingt-six civils âgés de 15 à 85 ans, et sans aucun lien avec la Résistance, sont massacrés à Ascq par des membres de la division, sous le commandement de lObersturmführer Walter Hauck, en représailles à une attaque de train dans la nuit du au , qui n'avait néanmoins fait aucune victime..
Engagements en Normandie thumb|200px|Un membre de la division Hitlerjugend en Normandie (). Le débute avec l'opération Overlord la libération de la Normandie par les Alliés. La division « Hitlerjugend » est alors, avec la Panzerdivision, l'unité de réserve blindée stationnée le plus près des plages du débarquement. Mais à la suite des bombardements aériens intensifs dans cette zone, elle ne peut engager le combat que vers près d'Évrecy.
Le , la et la « Hitlerjugend » lancent une contre-offensive qui barre aux Britanniques et aux Canadiens la route de Caen.. La Hitlerjugend bloque ensuite l'offensive britannique vers Cuverville et Démouville.. Le , le de Panzergrenadiers SS, sous le commandement du SS-Obersturmbannführer Wilhelm Mohnke, atteint sa position à l'ouest de la troupe de Kurt Meyer. Le régiment fonce en direction de Norrey-en-Bessin et occupe ce village d'importance stratégique. Dans le même temps, des éléments de la division sous le commandement de Kurt Meyer massacrent des prisonniers de guerre canadiens à l'abbaye d'Ardenne..
Le , la Royal Navy ouvre le feu sur le PC de la division, situé à Venoix, et son commandant Fritz Witt est tué. Il est alors remplacé par Kurt Meyer qui, à l'âge de , devient le plus jeune commandant d'une division de la Seconde Guerre mondiale.
Au cours du mois de juin, et des dizaines de civils sont assassinés par des membres de la division « Hitlerjugend », qui « brille par sa barbarie ».. Meyer va être condamné pour crimes de guerre par la suite car il a ordonné à ses unités de « ne pas faire de prisonniers ». La division se trouve ensuite engagée lors de l'opération Epsom. Durant les trois premières semaines de la bataille, la division détruit 23 blindés alliés en combat rapproché.
La division reçoit ensuite l'ordre de reprendre Caen dans les quatre semaines suivantes, alors qu'elle a des effectifs moindres que l'ennemi et qu'elle ne peut compter sur aucun soutien aérien. Durant la première semaine de juillet, la division subit des pertes importantes, lors des opérations Windsor et Charnwood, et Meyer ignore les ordres qui étaient de tenir une ligne au nord de Caen. Une partie de la division part en direction de Saint-Lô qu'elle a l'ordre de défendre, puis elle se replie en direction du sud et se retrouve emprisonnée dans la poche de Falaise.
Le , la patrouille blindée de l‘Obersturmführer Walter Hauck est anéantie lors de combats dans la plaine de CaenBrochure du massacre d'Ascq, dossier pédagogique, textes : Sylvain Calonne, publication de la mairie de Villeneuve-d'Ascq, 2004.. Hauck est capturé mais parvient à s'échapper.
Durant la bataille de Normandie, les pertes de la division Hitlerjugend atteignent 31 % de son effectif, soit . Si ce taux est important, parmi les de la Heer (armée de terre), de la Luftwaffe (armée de l'air) et de la Waffen-SS engagées sur ce front, , dont aucune n'appartient à la Waffen-SS, ont des taux de pertes dépassant les 50 % de leur effectif, voire les 100 % pour la d'infanterie..
La retraite Dans la nuit du au , alors que la « Hitlerjugend » repasse dans le Nord, un de ses camions bascule dans la rivière Thon à Étréaupont.. Ce camion rempli d'archives contient tous les rapports des gradés responsables du massacre d'Ascq, qui vont pouvoir servir au procès qui se tiendra après-guerre.
Durant les semaines qui suivent, les restes de la division reculent jusqu'à la frontière franco-belge. Kurt Meyer est fait prisonnier par des résistants belges le . En , le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer est nommé à la tête de la division, et poursuit sa remise en état dans l'Eifel en lien avec la .
En novembre, la division est transférée à Nienburg où elle est reconstituée. Meyer est remplacé par le SS-Obersturmbannführer Hugo Kraas. Sous son commandement, la division est intégrée à la blindée, commandée par le SS-Oberst-Gruppenführer Sepp Dietrich, au sein de laquelle elle participe à la bataille des Ardennes.
L'opération Wacht am Rhein, qui débute le , est rapidement stoppée par la solide résistance des troupes américaines. Malgré de nombreuses tentatives, les Allemands ne parviennent pas à percer en profondeur leurs lignes de défense. La division participe alors au siège de Bastogne jusqu'au , mais elle est, comme les autres unités allemandes, refoulée sur sa position de départ.
Hongrie et Autriche Le , la blindée est transférée en Hongrie afin de dégager Budapest dans laquelle du de montagne de la Waffen-SS sont assiégés.
La division atteint la ville au mois de février, quelques jours seulement avant que celle-ci ne soit prise par les Soviétiques. La division continue de combattre près de la ville de Gran située sur le Danube.
Elle doit ensuite participer à l'opération qui consiste à reprendre les champs de pétrole du lac Balaton (opération Frühlingserwachen). . Après quelques succès initiaux, l'opération est arrêtée à la suite de la contre-offensive soviétique.
La division bat ensuite en retraite jusqu'à Vienne qu'elle atteint à la mi-mars. En , elle est capturée en Autriche par les Américains.
Crimes de guerre
Massacre d'Ascq (France). Exécution de prisonniers de guerre canadiens les 7 et en France. Massacre de civils, pillages et incendies à Anhée (Belgique) le ..
Composition SS-Panzer-Grenadier-Regiment 25 SS-Panzer-Grenadier-Regiment 26 SS-Panzer-Regiment 12 SS-Panzer-Artillerie-Regiment 12 SS-Kradschützen-Regiment 12 SS-Flak-Artillerie-Abteilung 12 SS-Nebelwerfer-Abteilung 12 SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 12 SS-Panzerjäger-Abteilung 12 SS-Panzer-Pionier-Bataillon 12 SS-Panzer-Nachrichten-Abteilung 12 SS-Versorgungseinheiten 12 SS-Instandsetzungstrupp 12 SS-Nachschubtruppen 12 SS-Wirtschafts-Battalion 12 SS-Sanitäts-Abteilung 12 SS-Kriegsberichter-Zug (motorisé) 12 SS-Feldgendarmerie-Trupp 12 SS-Feldpostamt (motorisé) 12
Commandants successifs Du au : SS-Brigadeführer Fritz Witt Du au : SS-Brigadeführer Kurt Meyer Du au : SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer Du au : SS-Brigadeführer Fritz Kraemer Du au : SS-Brigadeführer Hugo Kraas
Notes et références Notes
Références
Annexes Bibliographie Études historiques Bibliographie en langue française consacrée à la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend". Yves Buffetaut, La Bataille de Caen, de la cité martyre à la ville libérée, in Militaria Magazine Hors Série , Histoire & Collections, . Stephan Cazenave, Les unités de Flak de la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie 1944, in 39/45 Magazine , Éditions Heimdal, . Stéphane Delogu, La division Waffen-SS Hitlerjugend, de l'endoctrinement de masse aux combats en Normandie, in Ligne de Front , Éditions Caraktère, . Stéphane Delogu, Les jeunes "lions" de Kurt Meyer, enquête sur les massacres de prisonniers canadiens en Normandie, in Ligne de Front , Éditions Caraktère, . Jean-Philippe Mavournel, Le baptême du feu de la "jeune garde" d'Hitler, la 12. SS-Panzer-Division "Hitlerjugend" en Normandie, in Batailles & Blindés , Éditions Caraktère, . . . Jean-Claude Perrigault, Le SS-Obersturmbannführer Hubert Meyer, in 39/45 Magazine , Éditions Heimdal, .
Sur le massacre d'Ascq Docteur Jean-Marie Mocq La SS Hitlerjugend massacre Ascq, cité martyre (album historique), Ed. Heimdal, 1994.
Récits historiques romancés .
Articles connexes
Liste des unités de la Waffen-SS
Liens externes SS Panzer Division Hitlerjugend entry at Axishistory.com. 12. SS-Panzer-Division Hitlerjugend.
Catégorie:Unité de la Waffen-SS 1*12 Division SS Catégorie:Unité allemande ayant pris part à la bataille des Ardennes