Le est le de l'empire du Japon, nommé le par le Premier ministre Yoshirō Mori et officiellement investi par l'empereur le jour même. Il s'agit de la deuxième administration formée par Yoshirō Mori, à la suite de la victoire du Parti libéral-démocrate (PLD), qu'il préside et déjà majoritaire auparavant, aux élections législatives du . Comme le précédent gouvernement, il s'appuie sur une coalition de centre droit composée du PLD (centre droit, libéral conservatisme), du Nouveau Kōmeitō (centre d'inspiration bouddhiste) et du Parti conservateur (droite, néo-libéralisme et conservatisme).

Yoshirō Mori devient rapidement très impopulaire. S'il ne bénéficie pas particulièrement au moment de son entrée en fonction d'un état de grâce, les sondages faisant état en de taux de soutien à son premier gouvernement nouvellement formé avoisinant les 40 % et une insatisfaction oscillant autour des 25 %, sa cote de popularité ne cesse de chuter tout au long de son mandat pour atteindre au printemps 2001, selon plusieurs instituts, un taux d'environ 5,7 %, ce qui en fait l'un des Premiers ministres les plus impopulaires de l'histoire du Japon. Cette impopularité est due tout d'abord aux nombreux dérapages qui restent définitivement attachés à l'image de Yoshirō Mori, mais aussi à plusieurs incidents et scandales que son gouvernement a dû gérer.

Les dérapages verbaux du Premier ministre les plus représentatifs sont : dès le , il provoque une véritable levée de boucliers dans tout le Japon mais aussi à l'étranger pour avoir décrit le Japon, lors d'une réunion avec des chefs shinto, comme « la nation des dieux, avec l'empereur en son centre ». Cette déclaration fut vue par certains comme une apologie au statut divin des empereurs japonais d'avant-guerre et fut même jugée « dangereuse » par le chef de l'opposition Yukio Hatoyama « Japanese PM sparks holy row », BBC News, 16/05/2000. le , lors des funérailles d'État organisées pour son prédécesseur Keizō Obuchi, Yoshirō Mori ne réussit pas à accomplir correctement le rituel bouddhiste devant le sanctuaire funéraire d'Obuchi, alors que tous les chefs d'État étrangers présents, dont le président américain Bill Clinton, s'en sont parfaitement acquittés. lors de la campagne pour les législatives de 2000, il répond à un journaliste, qui lui faisait remarquer qu'environ la moitié des électeurs restaient encore indécis quant à leur choix de vote, que : « S'ils ne sont toujours pas intéressés par cette élection, ce serait très bien s'ils pouvaient juste dormir tout au long de cette journée (celle des élections) ». mais surtout, Yoshirō Mori a particulièrement choqué l'opinion publique pour n'avoir pas interrompu une partie de golf qu'il était en train de jouer lorsqu'il fut averti de l'incident de l'Ehime Maru (le , le bateau école japonais Ehime Maru est percuté par le sous-marin américain au large de l'île hawaïenne d'O'ahu et coule, entraînant la mort de ses 9 membres d'équipage dont 4 lycéens).

Le , le secrétaire général du Cabinet, et donc plus proche collaborateur du Premier ministre et personnage important du gouvernement, Hidenao Nakagawa est obligé de démissionner pour un scandale de mœurs. En effet, un hebdomadaire japonais l'avait accusé d'entretenir une relation extraconjugale, de consommer des stupéfiants et d'être proche d'une organisation d'extrême-droite, la Fédération de la Jeunesse du Japon. S'il a réfuté la plupart de ces accusations, notamment la proximité avec l'extrême-droite, le ministre a alors reconnu ne pas être « un saint », ce qui a été perçu comme un aveu notamment de l'existence d'une maîtresse « New blow for Japanese Government », BBC News, 27/10/2000.

Mais Yoshirō Mori a dû également subir une forte instabilité au sein de son propre parti, notamment à travers ce qui fut appelée la « rébellion Kato », du nom du député réformateur néo-libéral Kōichi Katō qui a mené la fronde. En effet, le , l'opposition décide de déposer une motion de censure contre le gouvernement. Or, rapidement, Kōichi Katō annonce qu'il pourrait la voter pour protester contre la gestion opaque du PLD par le « groupe des 5 » et les nombreux dérapages du Premier ministre et de son cabinet. Il est bientôt rejoint en ce sens par son allié de longue date Taku Yamasaki avec lequel il avait fondé au début des années 1990 un trio réformateur complété par Jun'ichirō Koizumi qui affirme alors quant à lui son soutien à Mori, issu de la même faction que lui. Quoi qu'il en soit, si les factions Katō et Yamasaki font partie des plus petites du PLD, le vote de la motion de censure par ses membres entraînerait son adoption et donc la chute du gouvernement : en effet, la coalition gouvernementale dispose d'une majorité de 272 élus sur 480, soit 31 de plus que la majorité absolue et une marge de manœuvre assez faible puisque les deux factions rebelles comprennent, une fois leurs effectifs cumulés, 64 représentants. Finalement, lors du vote le , Katō et Yamasaki ainsi que 40 partisans de leur fronde (dont 36 de leurs factions respectives) ne se déplacent pas, choisissant ainsi de ne pas apporter leur voix à la motion (qui est donc rejetée, par 190 voix pour et 237 contre) tout en marquant leur désaccord avec l'équipe gouvernementale.

Il remanie son gouvernement le , et le est mise en place l'importante réforme du gouvernement centrale préparée par son prédécesseur et votée en 1999, qui transforme profondément les administrations ministérielles. Quelques mois plus tard, après avoir survécu à une nouvelle motion de censure déposée par l'opposition le , Yoshirō Mori annonce le sa démission de la présidence du PLD et du poste de Premier ministre. Son gouvernement reste en fonction jusqu'à l'élection de son successeur, le réformateur et populaire Jun'ichirō Koizumi, le .

Composition

Les membres du précédent Cabinet maintenus à leurs postes sont indiqués en gras, ceux ayant changé d'attribution en italique.

Premier ministre fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Premier ministre Yoshirō Mori PDJ (Seiwakai) Représentant Ishikawa ()

Composition initiale (du au )

Ministres, chefs d'un ministère fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Ministre de la Justice Okiharu Yasuoka PLD Kinmirai Représentant Kagoshima () Ministre des Affaires étrangères Yōhei Kōno PLD Taiyūkai Représentant Kanagawa () Ministre du Trésor Kiichi Miyazawa PLD Kōchikai Représentant Hiroshima () Ministre de l'Éducation et de la CultureDirecteur général de l'Agence des Sciences et des Technologies Tadamori Ōshima PLD Banchō-ken Représentant Aomori () Ministre de la Santé et des Affaires sociales   également ministre d'État chargé des Retraites Yūji Tsushima PLD Heiseikai Représentant Aomori () Ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Yōichi Tani PLD Shisuikai Représentant Hyōgo () Ministre du Commerce international et de l'Industrie   également ministre d'État chargé de l'Exposition internationale Takeo Hiranuma PLD Shisuikai Représentant Okayama () Ministre des TransportsDirecteur général de l'Agence de développement de Hokkaidō   également ministre d'État chargé de l'Nouvel aéroport international de Tōkyō Hajime Morita PLD Kōchikai Représentant Shikoku (proportionnelle) Ministre des Postes et Télécommunications Kōzō Hirabayashi PLD Heiseikai Représentant Chūgoku (proportionnelle) Ministre du Travail Yoshio Yoshikawa PLD Kōchikai Conseiller Préfecture de Niigata Ministre de la ConstructionDirectrice générale de l'Agence nationale du Territoire   également ministre d'État chargée de la Tsukuba Science City,de l'aménagement du territoire et de la délocalisation de la capitale || Chikage Ōgi || PC || - || Conseillère || Proportionnelle nationale |- | Ministre des Affaires intérieuresPrésident de la Commission nationale de sécurité publique || Mamoru Nishida || PLD || Heiseikai'' Représentant Shikoku (proportionnelle)

Chef du secrétariat et du bureau du Cabinet fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Secrétaire général du CabinetDirecteur général de l'Agence de développement d'Okinawa   également ministre d'État chargé de l'Égalité entre sexes   et des Technologies de l'information (jusqu'au 27/10/2000) Hidenao Nakagawa (démission 27/10/2000)Yasuo Fukuda (à p. 27/10/2000) PLD Seiwakai Représentants Hiroshima ()Gunma ()

Ministres d'État ne dirigeant pas un ministère fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Ministre d'État, Président de la Commission de la reconstruction financière Kimitaka Kuze (démission 30/07/2000)Hideyuki Aizawa (à p. 30/07/2000) PLD KōchikaiTaiyūkai ConseillerReprésentant Proportionnelle nationaleTottori () Ministre d'État, Directeur général de l'Agence de Gestion et de Coordination   également ministre d'État chargé de la Réforme du gouvernement central Kunihiro Tsuzuki Kōmeitō - Conseiller Proportionnelle nationale Ministre d'État, Directeur général de l'Agence de Défense du Japon Kazuo Torashima PLD Seiwakai Représentant Nagasaki () Ministre d'État, Directeur général de l'Agence de planification économique   également ministre d'État chargé de la Coordination des transports,   des commémorations du Passage au nouveau millénaire   et des Technologies de l'information (à p. 27/10/2000) Taichi Sakaiya - - - - Ministre d'État, Directrice générale de l'Agence de l'environnement   également ministre d'État chargée des Problèmes environnementaux mondiaux Yoriko Kawaguchi - - - -

Conseiller spécial auprès du Premier ministre

fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Conseiller spécial auprès du Premier ministre à la Réforme éducative Hirofumi Nakasone PLD Shisuikai Conseiller Préfecture de Gunma

À la suite du remaniement (du au )

Ministres, chefs d'un ministère fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Ministre de la Justice Masahiko Kōmura PLD Banchō-ken Représentant Yamaguchi () Ministre des Affaires étrangères Yōhei Kōno PLD Taiyūkai Représentant Kanagawa () Ministre du Trésor Kiichi Miyazawa PLD Kōchikai Représentant Hiroshima () Ministre de l'Éducation et de la CultureDirecteur général de l'Agence des Sciences et des Technologies Nobutaka Machimura PLD Seiwakai Représentant Hokkaidō () Ministre de la Santé et des Affaires socialesMinistre du Travailégalement ministre d'État chargé des Retraites Chikara Sakaguchi Kōmeitō - Représentant Tōkai (proportionnelle) Ministre de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche Yoshio Yatsu PLD Shisuikai Représentant Gunma () Ministre du Commerce international et de l'Industrieégalement ministre d'État chargé de l'Exposition internationale Takeo Hiranuma PLD Shisuikai Représentant Okayama () Ministre des TransportsMinistre de la ConstructionDirectrice générale de l'Agence de développement de HokkaidōDirectrice générale de l'Agence nationale du Territoire   également ministre d'État chargée de l'Nouvel aéroport international de Tōkyō,   de la Coordination des transports, de la Tsukuba Science City,   de l'aménagement du territoire et de la délocalisation de la capitale Chikage Ōgi PC - Conseillère Proportionnelle nationale Ministre des Postes et TélécommunicationsMinistre des Affaires intérieuresDirecteur général de l'Agence de Gestion et de Coordination Toranosuke Katayama PLD Heiseikai Conseiller Préfecture d'Okayama

Chef du secrétariat et du bureau du Cabinet fonction Personnalité Parti Faction Diète Circonscription Secrétaire général du Cabinet   également ministre d'État chargé de l'Égalité entre sexes Yasuo Fukuda PLD Seiwakai Représentant Gunma ()

Ministres d'État ne dirigeant pas un ministère