Les sécrétions vaginales sont, pour cet article, l'ensemble des sécrétions produites par la partie inférieure de l'appareil génital féminin (et femelle de manière générale), quelle qu'en soit l'origine : glandulaire, vaginale ou cervicale. Dans la vie courante, le terme s'applique habituellement aux sécrétions vaginales et cervicales. Ces sécrétions varient en fonction du cycle menstruel, comme l'augmentation des sécrétions vaginales par l'écoulement de la glaire cervicale en période préovulatoire. Les sécrétions glandulaires ne se manifestent qu'au cours du rapport sexuel et dans des situations d'excitation sexuelle importante.

Ces sécrétions ont quatre fonctions : l'auto-nettoyage du vagin, l'immunisation contre les agents externes, la lubrification et la facilitation de la reproduction.

Ces sécrétions, notamment celles sécrétées lorsque la femme est en état d'excitation sexuelle physiologique (issues des glandes vestibulaires ou de la paroi vaginale), peuvent être désignées par le terme « cyprine », formé à partir du surnom latin Cypris (déesse Aphrodite).

Types de sécrétions vaginales Trois principaux types de sécrétions sont distinguésJ.-M. Bohbot, « Les sécrétions vaginales », Pelvi-périnéologie, , , , , Résumé en ligne. .

Sécrétions des glandes vestibulaires Les sécrétions lubrifiantes émises par les glandes vestibulaires majeures (ou glandes de Bartholin) ne sont pas, à strictement parler, des sécrétions vaginales car ces glandes sont situées dans le vestibule et avant l'hymen qui sépare la vulve du vaginTordjman G. (1988), « La lubrification vaginale : approche physiologique », Cahiers de sexologie clinique , , , (4 ref.) Ed: Expansion scientifique publications, Paris. : ces sécrétions sont émises sous l'effet de l'excitation sexuelle et sont un mucus et lubrifiant anatomique. Ce mucus facilite les pratiques sexuelles par pénétration vaginale. Après un accouchement, la chute du taux d'œstrogènes et/ou des déchirures de vaisseaux sanguins alimentant le vagin peuvent entraîner une moindre capacité d'excitation sexuelle et de congestion vasculaire vaginale Marie Vazquez, « Évaluation de l’influence des sutures sur les dyspareunies », mémoire en vue de l’obtention du diplôme d’État de sage-femme .. L'augmentation du taux de prolactine durant l'allaitement peut aussi diminuer la lubrification vaginale.Une sécheresse vaginale (c'est-à-dire le manque ou l'absence de lubrification vaginale) peut causer une dyspareunie voire un vaginismeEVANS R (1995), « La sécheresse vaginale », Cahiers de sexologie clinique , , , ., ainsi qu'Marie-Hélène Vallée (2006), « Effet de la publication des résultats de l'étude de la sur l'utilisation de l'hormonothérapie de remplacement par les femmes testées pour une prédisposition génétique au cancer du sein », mémoire de maîtrise en pharmacie pour l'obtention du grade de maître es sciences. (M. Se.) Université Laval, faculté de pharmacie, Laval, Québec. (voir )..

Lors de l'éjaculation féminine, certaines femmes peuvent expulser une très grande quantité d'un fluide incolore, inodore et insipide avant et/ou au cours d'un orgasme dont l'apparence est identique à celle de l'eau. Ces sécrétions sont produites par les glandes vestibulaires mineures (glandes para-urétrales ou glandes de Skène) situées de part et d'autre de l'urètre, et par de l'urine issue de la vessie. Ce phénomène peut survenir plusieurs fois au cours d'un rapport sexuel et est d'ailleurs parfois ressenti par la femme comme une perte d'urine. D'après Sandra Saint-Aimé, Sexologue-Clinicienne, Présidente du Syndicat National des Sexologues-Cliniciens, il ne s'agit pas d'une expérience commune à toutes les femmes : certaines femmes le vivent et d'autres pas et ce n'est en aucun cas une anomalie. Ce phénomène éjaculatoire est parfois appelé familièrement "femme fontaine".

Sécrétions vaginales Il existe une sécrétion vaginale permanente, produite par les lactobacilles protégeant le vagin contre les infections. Il en existe aussi une intermittente, sécrétée par l'intermédiaire de l'épithélium vaginal : celui-ci ne contient pas lui-même de glandes sécrétoires, mais quand l'excitation sexuelle est importante, les vaisseaux sanguins de la muqueuse vaginale gonflent et libèrent un liquide transsudat qui « percole » (transsudation) au travers de la muqueuse à partir du système veineux et se mélange aux autres sécrétions vaginales.

Glaire cervicale La glaire cervicale est émise par des glandes situées dans le fond du vagin, au niveau du col de l'utérus, dites glandes endocervicales. Elles sécrètent continuellement (un peu comme la salive dans la bouche ou les larmes dans les yeux) une petite quantité d'un liquide légèrement mucilagineux (visqueux) qui s'écoule le long de la paroi du vagin. Ce liquide entraîne avec lui d'éventuels germes (bactéries, champignons) et surtout un grand nombre de cellules mortes issues du renouvellement de la muqueuse vaginale. Il entraîne aussi les résidus de menstruations (règles). La glaire cervicale empêche aussi la progression des spermatozoïdes en dehors des périodes propices à la fécondation. En période d'ovulation, la glaire cervicale se fait plus liquide et plus abondante pour laisser plus facilement les spermatozoïdes remonter les voies génitales de la femme et optimiser leurs chances de rencontrer l'ovule.

Composition Les sécrétions vaginales contiennent de l'eau, de la pyridine, du squalène, de l'urée, de l'acide acétique, de l'acide lactique, des aldéhydes, des cétones, des complexes d'alcools et de glycols, ainsi qu'une abondante flore bactérienne.

Le fluide est généralement clair et ressemble plus au liquide pré-éjaculatoire masculin qu'au sperme. Il peut présenter une grande variété de textures, goûts, couleurs et odeurs, suivant l'état d'excitation sexuelle, la phase du cycle menstruel, la présence d'infections, la consommation de drogues, l'alimentation et des facteurs génétiques.

Les sécrétions vaginales sont acides avec un pH normal compris entre 3,8 et 4,5 . .. Fonctions Ces sécrétions ont plusieurs fonctions et origines qui interagissent de manière complexe.

Elles évoluent (qualitativement et quantitativement) dans le temps selon le cycle de l'ovulation, ainsi que de l'adolescence à la période post-ménopause Hale GE, Hughes CL, Burger HG, Robertson DM, Fraser IS, « Atypical estradiol secretion and ovulation patterns caused by luteal out-of-phase (LOOP) events underlying irregular ovulatory menstrual cycles in the menopausal transition » Menopause; 2009 Jan-Feb; 16(1):50-9 (résumé). ou selon certaines circonstances (grossesse).

Épuration Les sécrétions vaginales forment un flux relativement constant. Ce flux emporte hors du corps les déchets métaboliques de la microflore vaginale (métabolites, métabolites secondaires…), les matières détritiques issues du renouvellement des parois utérines (les règles) ou issues des muqueuses du col ou du vagin (élimination des cellules mortes) ; ce sont elles aussi qui contribuent à éliminer les restes d'éjaculat (sperme).

Lutte contre l'infection La lutte contre l'infection dépend essentiellement de la flore vaginale qui produit du peroxyde d'hydrogène, de l'acide D-lactique et/ou de l'acide L-lactique et de très nombreux peptides antimicrobiens.

Parmi les constituants volatils des sécrétions vaginales humaines (qui évoluent au cours du cycle de l'ovulation, et qui modulent l'odeur de ces sécrétions), on trouve toujours de l'acide lactique (c'est le composé acide majeur, et constant, accompagné en moindre quantité d'acide acétique. S'y ajoutent parfois des acides aliphatiques C3-C5 et de nombreuses molécules qui sont des déchets métaboliques de la microflore et de son hôte

Les anticorps Cette fonction immunitaire semble plutôt liée aux sécrétions de la région du col de l'utérus ou région cervicale ; les sécrétions directement issues de la paroi vaginale semblent peu appropriées à la production d'anticorps Vaerman JP, Férin (1975), Local immunological response in the vagina, cervix and endometrium; J. Acta Endocrinol Suppl (Copenh); 1975; 194:281-305 ([résumé]).). Les immunoglobulines IgC et IgA varient au cours du cycle d'ovulation Usala SJ, Usala FO, Haciski R, Holt JA, Schumacher GF (1989), IgG and IgA content of vaginal fluid during the menstrual cycle; J Reprod Med. 1989 Apr; 34(4):292-4 (résumé).. Par exemple, le taux d'IgG augmente après la menstruation, et diminue en phase ovulatoire et est relativement faible durant presque toute la phase lutéale. À certains moments les taux d'IgG ou d'IgA sont identiques dans la glaire cervicale et dans les sécrétions vaginales, à d'autres moments, ils diffèrent , et le taux d'anticorps varie en fonction de l'existence de la vaccination contre le papillomavirus Nardelli-Haefliger D, Wirthner D, Schiller JT, Lowy DR, Hildesheim A, Ponci F, De Grandi P, « Specific antibody levels at the cervix during the menstrual cycle of women vaccinated with human papillomavirus 16 virus-like particles » J Natl Cancer Inst. 2003 Aug 6; 95(15):1128-37 (résumé).…). Il n'y a pas de lien direct entre le volume de fluide vaginal et la concentration en IgG. Les IgA sont bien moins présents que les IgG dans les fluides vaginaux (à tous les moments du cycle) et ils sont au plus bas au milieu de la phase lutéale.

Lubrification Les sécrétions vaginales, quand elles ont une consistance mucilagineuse adéquate, favorisent la pénétration et les mouvements du pénis ou de l'objet pénétrant dans le vagin et facilitent le plaisir sexuel.

Reproduction De la ménarche à la ménopause, la composition (en glycogène, par exemple Ayre, W.B. 1951. The glycogen-estrogen relationship in the vaginal tract. J. Clin. Endocrinol. Metab. 11:103. Bo, WJ 1970. The effect of progesterone and progesterone-estrogen on the glycogen deposition in the vagina of the squirrel monkey; Am. J. Obstet. Gynecol. 107:524., chez la femme comme chez les autres mammifères femelles Gregoire, AT, Kandil, O et Ledger, WJ 1971. The glycogen content of human vaginal epithelial tissue; Fertil. Steril. 22:64.), la consistance et le volume de fluide sécrété par le col, le vagin et la région vulvaire varient selon les moments du cycle (et selon le degré d'excitation sexuelle). La lubrification vaginale existe à tout moment du cycle en cas d'excitation, notamment en plus du flux menstruel. Ces variations facilitent la remontée des spermatozoïdes vers l'utérus et les trompes au moment de l'ovulation, mais non le reste du temps Usala SJ, Schumacher GF (1983), Volumetric self-sampling of cervicovaginal fluid: a new approach to ovulation timing; Fertil Steril. 1983 Mar; 39(3):304-9 (résumé)..

Chez un certain nombre d'espèces (ceci est encore discuté chez l'être humain notamment concernant la fonctionnalité de l'organe voméronasal Wysocki CJ, Preti G, Anat Rec A Discov (2004), Facts, fallacies, fears, and frustrations with human pheromones; Mol Cell Evol Biol. 2004 Nov; 281(1):1201-11. ou de manière plus générale Comfort, A. 1971. Likelihood of human pheromones. Nature 230:432., mais bien démontrée Curtis RF, Ballantine JA, Keverne EB, Bonsall RW et Michael, « Identification of primate sexual pheromones and the properties of synthetic attractants » Nature. 1971;232:396. Epple G, « Olfactory communication in South American primates. Odors: evaluation, utilization and control » Ann. N. Y. Acad. Sci. 1974;237:261. . Keverne B, « Sex attractants in primates » New Sci. 1974;61:22. chez certains primates non humains), l'odeur de ces fluides a aussi une valeur de « chémosignal » (voir ci-dessous).

Fonction phéromonale La fonction phéromonale est reconnue chez de nombreux mammifères chez lesquels elle joue un rôle plus ou moins important selon l'espèce considérée. Mais, comme plus généralement le rôle ou l'importance des phéromones, elle est encore discutée chez l'être humain Anonymous, 1971. « A human pheromone? » Lancet 1:279..