Le Programme nucléaire du Royaume-Uni, l'un des premiers au monde historiquement, voit l'inauguration d'une première centrale nucléaire en 1956, et fournissait en 2021 14,8% de l'électricité produite au Royaume-Uni. Le parc nucléaire du royaume comprend, en 2023, 9 réacteurs nucléaires opérationnels répartis sur 4 sites. Le combustible nucléaire est retraité dans l'usine de Sellafield (anciennement Windscale). Fin 2010, le gouvernement a donné son feu vert pour le lancement de projets privés de nouvelles centrales nucléaires dont la construction du premier réacteur, l’EPR d’Hinkley Point C 1, débute officiellement en .

Historique thumb|300px|Production d'électricité au Royaume-Uni de 1985 à 2020. Le nucléaire apparaît en vert. Le Royaume-Uni a été un pionnier dans l'utilisation de l'énergie nucléaire. La centrale de Calder Hall, inaugurée en 1956, est généralement considérée comme la première centrale nucléaire commerciale et, jusqu'en 1969, le parc nucléaire britannique était le plus important au monde.. À son maximum en 1997, l'énergie nucléaire contribuait à la production de 26 % de l'électricité du royaume. Depuis lors, du fait du vieillissement du parc, un certain nombre de réacteurs ont été mis à l'arrêt, et en 2009, la proportion d'électricité d'origine nucléaire était passée à environ 16 %. Tous les réacteurs Magnox sont arrêtés définitivement (le dernier en 2015) et les premiers réacteurs AGR mis en service ont plus de 40 années d’exploitation.

Le réacteur REP de Sizewell B, est le dernier réacteur à être mis en service ; il a été couplé au réseau pour la première fois en .

EDF Energy exploite les huit centrales nucléaires électrogènes en service au Royaume-Uni, pour une capacité totale de près de .

Le Royaume-Uni établit dans les années 2000 un programme de construction de nouvelles centrales nucléaires, ayant notamment pour objectif de rendre son mix électrique plus économique, fiable et propre et de réduire considérablement ses émissions de The Hinkley Point C case: is nuclear energy expensive?, Medium, 23 décembre 2019 : .

En , le gouvernement britannique a donné son feu vert pour permettre aux investisseurs privés de construire jusqu'à huit nouvelles centrales nucléaires. Toutefois, le gouvernement écossais, avec le soutien de son parlement, a déclaré qu'aucune de ces nouvelles centrales nucléaires ne pourra être construite en Écosse.

En , EON et RWE ont annoncé qu'ils se retiraient des projets nucléaires du Royaume-Uni. En , Hitachi rachète « Horizon Nuclear Power » la joint-venture créée par E.ON et RWE qui travaillait sur plusieurs projets de centrales nucléaires (site de la centrale nucléaire d'Oldbury et site de la centrale nucléaire de Wylfa). En Hitachi gèle le projet, faute d’accord commercial avec le gouvernement britannique.

En et en , EDF Energy a lancé la construction des deux réacteurs EPR d'Hinkley Point C 1. et C 2., et projette la construction de deux autres réacteurs EPR sur le site nucléaire de Sizewell.

Réglementation / Sûreté Organismes réglementaires Toutes les installations nucléaires du Royaume-Uni sont supervisées par l'Office for Nuclear Regulation (ONR) (« l'autorité de sûreté britannique »). La mission de l'ONR est d'assurer la protection des personnes et de la société contre les dangers de l'industrie nucléaireOffice for Nuclear Regulation An agency of HSE Health and safety in the nuclear industry : . Ce bureau est responsable de toute la réglementation du secteur nucléaire Royaume-Uni, il a été créé le , c'est une agence du Health & Safety Executive (HSE).

Au Royaume-Uni, le HSE est responsable de toutes les questions liées à la santé et à la sécurité. C'est un organisme de réglementation indépendantAbout HSE : .

Le démantèlement des installations nucléaires britanniques est assuré par la Nuclear Decommissioning Authority (NDA), autre organisme de réglementation indépendant. La NDA supervise aussi la gestion des déchets nucléairesAbout us, Nuclear Decommissioning Authority (NDA) : .

Processus de certification des nouveaux réacteurs nucléaires Le GDA (Generic Design Assessment, en français : évaluation générique de la conception), est le processus de certification. C’est une démarche volontaire de l’entreprise qui souhaite faire valider le design du réacteur par l’autorité de sûreté britannique. Le GDA se déroule en quatre étapes : étape 1 : mise en place du processus (déroulement et attentes de l’autorité de sûreté) ; étape 2 : évaluation technique globale de la conception ; étape 3 : évaluation de la sûreté et de la sécurité ; étape 4 : analyse des éléments et études justificatifs.

Centrales nucléaires en service

En 2021, la production d'électricité d'origine nucléaire s'élevait à 14,8 % de l'électricité produite au Royaume-Uni.

Le , le Royaume-Uni compte 9 réacteurs nucléaires opérationnels, répartis sur 4 sites (8 réacteurs AGR et un REP, tous exploités par EDF Energy) pour une capacité nette de , et 2 EPR en construction à Bridgwater (centrale nucléaire d'Hinkley Point). Par ailleurs 36 réacteurs sont à l'arrêt définitif..

Réacteurs arrêtés définitivement et en cours de démantèlement La Nuclear Decommissioning Authority (NDA), créée en , supervise et gère le démantèlement des anciennes installations nucléaires du RoyaumeAbout us, Nuclear Decommissioning Authority (NDA)..

Incidents et accidents Windscale - Accident de 1957

L'accident se produit dans l'un des réacteurs graphite gaz à uranium naturel du site. Lors d'une opération d'entretien du graphite, un incendie nucléaire se produit et dure plusieurs jours., pendant lesquels des produits de fission, essentiellement 740 téra-becquerels (740 mille milliards de becquerels) d'iode 131, sont rejetés à l'extérieur. Le nuage radioactif parcourt ensuite l'Angleterre, porté par les vents, puis touche le continent sans que la population ne soit avertie. L'accident de Windscale se classe au niveau 5 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES).

Après cet accident, Windscale est débaptisé et devient Sellafield.

Chapelcross (Dumfries et Galloway) - Fusion partielle du cœur en mai 1967

En 1967, le réacteur a connu une fusion partielle, lorsqu'un assemblage combustible a été partiellement bloqué en raison de la présence de débris de graphite. Le combustible a alors surchauffé et le revêtement s'est rompu, entrainant un dépôt de contamination dans le cœur. Le réacteur affecté a été redémarré en 1969 après nettoyage. Des fusions similaires se sont produites sur les réacteurs français de St Laurent A1 et A2, de conception comparable, en 1969 et 1980Partial meltdown at Chapelcross, KARE (association antinucléaire), 1967 : « Following refuelling, a channel of fuel overheated and melted »..

Sellafield (ex-Windscale) - Accident de 2005

Le , de solution radioactive furent découverts dans une pièce en béton armé (conçue afin de recueillir les fuites) à l’usine de traitement de Thorp à la suite d'une fuite dans une canalisation. Malgré la quantité importante de matière radioactive découverte ( de combustible nucléaire dont de plutonium), l'enquête a estimé que la concentration était insuffisante pour déclencher un accident de criticité , Health and Safety Executive, 2005 : . L'évènement a été classé au niveau 3 sur l'échelle internationale des événements nucléaires (INES)Les échelles de classement des incidents et accidents nucléaires et des événements en radioprotection « Niveau 3 :… 2005 : détection d’une fuite radioactive sur une tuyauterie dans l’installation de retraitement du combustible Thorp à Sellafield (Royaume-Uni). » , ASN.HM Nuclear Installations Inspectorate Quarterly statement of nuclear incidents at nuclear installations, Health & Safety Executive : .

Dungeness B Le , lors des opérations de renouvellement du combustible de la centrale de Dungeness-B1, une mesure inadéquate (utilisation de materiau interdit) prise par l’équipe d’exploitation a affaibli la protection contre un potentiel accident de criticité. Il n'y a pas eu de rejet ni d'endommagement d'élément combustibleEvénement Ines 2 lors du renouvellement du combustible à Dungeness-B1 - Nuclear Forum - 07 juillet 2009. Cet incident a été classé au niveau 2 de l'échelle INES« During 2009 we had one nuclear safety event rated INES Level 2 (…). The INES Level 2 incident occurred at our Dungeness B power station (…)», EDF Energy..

Traitement des déchets Les déchets nucléaires britanniques sont traités dans le complexe nucléaire de Sellafield situé sur la côte de la mer d'Irlande dans le comté de Cumbria au nord-ouest de l'Angleterre.

Opinion publique En , plus de deux cents manifestants ont bloqué le site d'Hinkley Point C pour protester contre le projet d'EDF Energy de construire deux nouveaux réacteursHinkley Point power station blockaded by anti-nuclear protesters, The Guardian, 3 octobre 2011..

En , trois cents manifestants anti-nucléaires sont descendus dans les rues de Llangefnia, contre le projet de construction d'une nouvelle centrale nucléaire à WylfaHundreds protest against nuclear power station plans, E.Hearn / Online Mail, 25 janvier 2012..

Après une chute de 12 % à la suite de Fukushima, les opinons favorables à l'énergie nucléaire sont rapidement remontées et en , un sondage YouGov a révélé que 63 % des sondés s'accordaient pour que l'énergie nucléaire fasse partie du mix énergétique du Royaume (61 % en 2010) ; l'opposition au nucléaire est tombée à 11 %UK popular support for nuclear power rises « 63 pct Britons support nuclear as part of energy mix » - 02 juillet 2012.

En , un sondage YouGov publié dans le Sunday Times a constaté que le nucléaire était le choix le plus populaire pour répondre aux besoins énergétiques futurs de la Grande-BretagneNuclear tops YouGov poll for Britain's future energy needs - 11 février 2013 .UK public favours nuclear over renewables, Energy Live News, 11 février 2013..

Nouveaux projets / rentabilité du nucléaire Aspects technico-économiques La politique actuelle du gouvernement britannique impose que la construction de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni soit pilotée et financée par le secteur privéNews Huhne outlines nuclear power deal, BBC, 13 mai 13 mai 2010.. Cela transfère la responsabilité de tels projets à l'investisseur-exploitant, tout en réduisant (sans l’éliminer) la participation du gouvernement ainsi que son implication à long terme (licence / autorisation d’exploitation, déconstruction et déchets nucléaires).

En , le gouvernement britannique indique qu'il prendra des mesures pour encourager les opérateurs privés à construire de nouvelles centrales nucléaires afin de répondre aux futurs besoins énergétiques tout en déclarant qu'il n'y aura pas de subventions pour l'énergie nucléaire. Le gouvernement espère que la première centrale sera opérationnelle avant 2020 afin de prendre la relève des centrales nucléaires actuelles vieillissantesNew nuclear plants get go-ahead, BBC, 18 janvier 2008..

En , selon le Times, Wulf Bernotat (PDG d’E.ON) déclare que le coût de chaque nouvelle centrale nucléaire au Royaume-Uni pourrait atteindre 6 milliards d’euros (4,8 milliards de livres sterling), soit beaucoup plus que l'estimation du gouvernement (2,8 milliards de livres). Le remplacement des dix centrales nucléaires britanniques pourrait donc atteindre 48 milliards de livres sans compter le coût de la déconstruction des réacteurs mis à l'arrêt ni celui du traitement des déchets nucléaires.

En 2010, le Daily Telegraph rapporte que des incitations supplémentaires sont nécessaires pour convaincre les entreprises privées de construire des centrales nucléaires au Royaume-Uni: garantie du prix du kWh « propre » (sans ), garantie d’évacuation de la production, etc.More incentives needed for nuclear', says Energy Minister Charles Hendry, Daily Telegraph, 5 novembre..