La religion principale au Royaume-Uni est le christianisme. Cependant, on assiste à une forte diminution de la pratique religieuse et à une baisse de l'influence des religions dans la société. On retrouve ce phénomène de sécularisation dans les autres pays occidentaux.
En 2009, on a dénombré davantage de pratiquants catholiques ( fidèles assistant chaque dimanche à une messe catholique) que de pratiquants anglicans (), soit une première depuis le ...
Selon le recensement de 2021, les habitants du Royaume-Uni se déclaraient à 46,5 % chrétiens, 37,8 % sans religion, 6,0 % musulmans, 1,6 % hindous, 0,8 % sikhs, 0,4 % juifs et 0,4 % bouddhistes.
Avant le christianisme Préhistoire de la Grande-Bretagne, liste des sites préhistoriques en Grande-Bretagne, Préhistoire de l'Écosse, Préhistoire de l'île de Man Âge du bronze britannique (de -2500 à -800) : Sites mégalithiques au Royaume-Uni, dont sites mégalithiques en Angleterre, dont Stonehenge Avebury et sites associés, ou Silbury Hill ou Cercle de Brodgar... Âge du fer britannique (de -800 à + 100) : mythologie celtique, religion des Celtes, druide, art celte, et donc une partie du folklore anglais Langues au Royaume-Uni, histoire de la langue anglaise, langues celtiques, scots, cornique...
Christianisme
Repères historiques avant la Réforme anglaise de 1530 L'histoire du christianisme en Grande-Bretagne commence à l'époque romaine : , Bretagne (province romaine) (40-410). La romanisation s'accompagne d'une première christianisation. Le polythéisme romain s'accommode d'autres pratiques religieuses (Isis, Mithra, Cybèle), dont témoignent des exemples de fanum : (, etc.).
Le diocèse des Bretagnes (296-410), au sens administratif de regroupement de provinces du Bas-Empire romain, concerne les territoires au sud du Mur d'Hadrien. Le concile d'Arles (314) accueille trois évêques de Grande-Bretagne. Selon Sulpice Sévère, trois évêques bretons sont attendus au concile de Rimini en 359. Pélage (350-420), qui développe la doctrine du pélagianisme (condamnée dès 411 par trois conciles), est d'origine bretonne insulaire. Il existe également de nombreux .
L'histoire de l'Angleterre anglo-saxonne (400-1066) débute avec la colonisation de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons. Le christianisme celtique (christianisme irlandais, histoire de la religion en Écosse, pierres pictes) concerne la Grande-Bretagne post-romaine (400-600). L'expansion du christianisme au Moyen Âge se fait par des missions écossaises et irlandaises : Heptarchie, Vikings dans les îles Britanniques Paganisme anglo-saxon, Mission grégorienne (597-653), Augustin de Cantorbéry, Æthelberht (roi du Kent), conversion de la Northumbrie Christianisme dans l'Angleterre anglo-saxonne, liste de saints anglo-saxons, Concile de Whitby (664), Histoire ecclésiastique du peuple anglais (731), Chronique anglo-saxonne (vers 890) Art insulaire, enluminure insulaire, art anglo-saxon, enluminure anglo-saxonne, hautes croix, architecture anglo-saxonne (religieuse) Réforme bénédictine anglaise (960-990), concile synodal de Westminster (970), Regularis concordia (970)
La religion dans l'Angleterre médiévale est essentiellement représentée par le catholicisme romain. La conquête normande de l'Angleterre (1066-1075) bientôt suivie par l'invasion normande du pays de Galles (1067) et l'invasion normande de l'Irlande à partir de 1169 ouvrent une nouvelle période également dans le domaine religieux : Dévastation du Nord de l'Angleterre, Domesday Book Littérature anglo-normande, architecture romane normande (religieuse) Laudabiliter (1155), bulle pontificale du seul pape d'origine anglaise Adrien IV Architecture gothique anglaise (religieuse, 1180-1520)
Plus tardivement, la (1291-1292) clarifie les positions financières de l'Église catholique romaine.
John Wyclif (1330-1384), célèbre religieux réformateur (l'Étoile du Matin), précurseur du protestantisme (hussitisme et anabaptisme), publie sa traduction en anglais de la Bible (Bible de Wyclif (1382-1384), General Prologue of the Wycliffe Bible). Ses thèses sont rapidement condamnées, interdites, jugées hérétiques, particulièrement au concile de Constance (1414-1418). Une partie de ses disciples conséquents, les Lollards (the poor priests, pauvres prêcheurs), dont Wat Tyler, John Wrawe et John Ball, également attachés aux questions temporelles, à la manière du mouvement vaudois, est à l'origine de la révolte des paysans anglais de 1381 : Tradition de Pierre le laboureur.
La dissolution des monastères (1535-1539) (Liste des monastères dissous par Henri VIII d'Angleterre) et l'iconoclasme protestant (à l'époque d'Edward Seymour) scellent la fin du christianisme catholique en Grande-Bretagne : anticatholicisme au Royaume-Uni, liste des martyrs catholiques de la réforme anglaise.
Anglicanisme Le Royaume-Uni n'est officiellement pas un pays laïc à l'image par exemple de la France, mais présente une synthèse audacieuse entre affirmation du caractère religieux de l’État britannique et liberté de conscience et de culte. En effet, l’État britannique présente une église établie, l’Église d'Angleterre, qui n'hésite pas à intervenir dans le champ de la politique nationale et donner son avis sur les évolutions d'orientation politique, sociétale, voire économique.
À partir de la Réforme du , où l'Angleterre tourne le dos au catholicisme (réforme anglaise, schisme anglican, anglicanisme), sous le règne de Henri VIII, l’État qui avait déjà un droit de regard sur la nomination des évêques accroît son influence sur une Église désormais entièrement sous son contrôle : désormais, à chaque vacance épiscopale, le chapitre de la cathédrale doit en informer le monarque qui produit un « congé à élire », autorisation officielle de procéder à l'élection d'un nouvel évêque, assorti d'une missive précisant le nom du candidat favori du roi, parfois sans même consulter l'archevêque de Cantorbéry.
L'Église d'Angleterre a sa propre histoire. Ainsi, lors de la Restauration Stuart : complot papiste (1678), Exclusion Bill (1678-1681), Act of Settlement 1701, en lien avec les événements politiques, diplomatiques ou guerriers. Les autres grandes églises anglicanes au Royaume-Uni sont l'Église épiscopalienne écossaise, l'Église au pays de Galles, l'Église d'Irlande, autonomes, et participant à la Communion de Porvoo.
Par peur d'allonger la liste des martyrs protestants durant la réforme anglicane, des dissidents religieux quittent l'Église d'Angleterre, et le Royaume-Uni : persécutions Mariales et exilés mariaux (1554-1558). Les plus célèbres dissidents sont les Pères pèlerins, qui émigrent en Amérique, à bord du Mayflower en 1620.
Au avec la parlementarisation croissante du système politique, les attributions traditionnelles du Roi sont transmisses au Premier ministre, ce qui inclut le pouvoir de nomination des évêques, et l'influence du roi se limite désormais à un simple véto. La Reine Victoria désapprouvait par exemple les nominations d'évêques « politiques » dont les sensibilités étaient trop affirmées. Cette dernière entra en conflit avec Lord Roseberry en 1895, accusé de favoriser des évêques ayant des liens avec le Parti Libéral.
Au , l'influence du monarque dans le processus de nomination devient purement nominal, alors même que l'influence de l'archevêque de Cantorbéry, elle s'affirme, notamment à travers la figure de Randall Davidson, titulaire de la charge de 1903 à 1928.
En 1974, après consultation de l'archevêque et du président du Collège des Laïcs dans l'Église, Sir Norman Anderson, une nouvelle procédure est adoptée. C'est la création du (CAC), organe collégial chargé des nominations. Il est composé de deux archevêques (Cantorbéry et York) de six membres élus par le Synode général (trois par le collège des clercs et trois par le collège des laïcs) et enfin quatre membres du comité diocésain de l'évêché vacant. Cet organe produit une liste de deux noms (hiérarchisée) qui est soumise à appréciation du Premier ministre, celui-ci pouvant demander de renvoyer le dossier et d'examiner la candidature d'autres noms. Enfin, ce document doit être motivé et accomapgné d'un compte-rendu des travaux de l'organe.
Quoique l'anglicanisme soit présent dans tous les quatre pays du Royaume-Uni, le terme « religion d’État » s’applique seulement à l'Angleterre et son église. L'Église au pays de Galles, l'Église épiscopalienne écossaise et l'Église d'Irlande, les noms pour la communion anglicane dans leurs pays respectifs, ne sont pas églises établies.
Au , une forme de nationalisme chrétien revendique le maintien de l'Église d'Angleterre contre toute abolition de l'Église d'Angleterre et/ou de laïcité ou laïcisation (par séparation de l'Église et de l'État).
Les années 2000 révèlent deux mouvements au Royaume-Uni : Mouvement anglican continué (Communion anglicane traditionnelle), Réalignement anglican. Le pape Benoît XVI, pour le Vatican, établit un rapprochement, par constitution apostolique, créant une structure canonique destinée à des groupes d'Anglicans : Anglicanorum coetibus (2009).
Presbytérianisme Le bastion du presbytérianisme au Royaume-Uni est l'Écosse, où il est largement représenté par l'Église d'Écosse : confession de foi écossaise (1560). Au , l'Église garde sa théologie réformée, calviniste, et exerce un contrôle strict sur la moralité de la majeure partie de la population écossaise. Donc, elle a une influence non négligeable sur le développement culturel de l'Écosse.
L'Église d'Écosse est reconnue comme l'église officielle, mais pas l'église établie du pays, par la loi de 1921 sur l'Église d'Écosse (Church of Scotland Act 1921).
Dans le reste du Royaume-Uni, le presbytérianisme est très faible : Église presbytérienne en Irlande (1610).
Baptisme L’Union baptiste de Grande-Bretagne, une confession chrétienne évangélique baptiste, a été fondée par des baptistes réformés (baptistes particuliers, confession de foi baptiste (1644) et (1689) et des baptistes généraux (vers 1600) en 1832 Stephen R. Holmes, Baptist Theology, T&T Clark, UK, 2012, p. 51. Selon un recensement de l'union publié en 2020, elle disait avoir 1,895 églises et 111,208 membres Baptist World Alliance, Members, baptistworld.org, USA, consulté le 5 décembre 2020.
Pentecôtisme Les Assemblées de Dieu en Grande-Bretagne, une confession chrétienne évangélique pentecôtiste, ont été fondées à Birmingham en 1924Stanley M. Burgess, Eduard M. van der Maas, The New International Dictionary of Pentecostal and Charismatic Movements, Zondervan, USA, 2010, p. 340–341. En 2019, elles comptaient 500 églisesAssemblies of God in Great Britain, Who We Are, aog.org.uk, UK, consulté le 14 décembre 2019.
Catholicisme L'Église catholique (romaine) au Royaume-Uni, héritière d'une longue tradition, est organisée en huit provinces ecclésiastiques qui ne sont pas soumises à une juridiction nationale au sein d'une Église nationale autocéphale, mais sont soumises à la juridiction universelle du Pape, évêque de Rome, au sein de l'« Église universelle ».
Quelques autres confessions religieuses chrétiennes
Dissidents anglais (vers 1550), Non-conformistes (1566), Puritanisme (1559), Récusants... (mouvement protestant, 1651)... Quakerisme (vers 1650), , Méthodisme (1784) (1825) , Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours (1830, Mormons) (1844) , Armée du salut (1865) , (1879), Science chrétienne ou Science du Christ Nouveau mouvement religieux : Témoins de Jéhovah (années 1870), Étudiants de la Bible
Missions ultramarines