vignette|300px|Carte des États-Unis avec le Texas en rouge. Cet article résume les faits saillants de l'histoire de l'État américain du Texas.

Le Texas est un État du Sud des États-Unis, le plus vaste du pays () après l'Alaska et le deuxième le plus peuplé derrière la Californie avec d'habitants.

Période précolombienne vignette|Flèches amérindiennes retrouvées dans le Alibates Flint Quarries National Monument. vignette|Principales ethnies amérindiennes vers 1500. En l'état actuel de la recherche, la présence humaine sur le territoire texan remonterait à . La période préhistorique, qui s’étend entre -9200 et le de notre ère, est connue grâce aux fouilles archéologiques entreprises depuis le début du . Les Paléoindiens qui vivaient à la fin du Pléistocène (vers 9200 – 6000 ) se rattachent aux cultures Clovis et Folsom : ils chassaient les grands mammifères aujourd’hui disparus du Texas tels que les mammouths et les bisons à longues cornes. Ils utilisaient des flèches propulsées par des atlatls. Ils se fournissaient en silex sur le site d’Alibates Flint dans le nord de l’État. Ils pratiquaient également la cueillette et étaient nomades.

Le changement climatique inaugura la période archaïque (vers 6000 – vers 700 ), marquée par l’extinction des mammifères géants, par une relative croissance démographique (à partir du millénaire ) et de la naissance des échanges. De nombreux pictogrammes dessinés sur les parois des grottes ou sur des rochers sont visibles dans l’État, notamment sur les sites de Hueco Tanks et de Seminole Canyon.

Certains groupes vivant à l’est du Texas commencèrent à se sédentariser dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, à pratiquer l’agriculture et à ériger les premiers tertres funéraires. Cette phase montre l’influence des civilisations qui s’épanouirent dans le bassin du Mississippi. La nation caddo se constitua entre 500 et 800 alors que les populations du Trans-Pecos à l’ouest du Texas furent influencées par la culture mogollon.

À partir du environ, l’arc et la flèche furent introduits, la fabrication de poterie se développa et les Amérindiens dépendirent de plus en plus du bison pour leur survie. Les objets en obsidienne retrouvés dans les divers sites texans montrent que les échanges devinrent de plus en plus éloignés du Texas, avec le Mexique ou les montagnes Rocheuses.

Avant l'arrivée des Européens, le Texas était occupé par plusieurs peuples amérindiens : Alabamas, Apaches, Atakapas, Bidais, Caddos, Comanches, Coahuiltecans, Cherokees, Choctaws, Coushattas, Hasinais, Jumanos, Karankawas, Kickapous, Kiowas, Tonkawas, et WichitasRupert N. Richardson, Adrian Anderson, Cary D. Wintz & Ernest Wallace, Texas: the Lone Star State, 9th edition, New Jersey, Prentice Hall, , pp 10–16.

Avec l’arrivée des Français et des Espagnols dans la région de l’actuel Texas se terminait la période préhistorique. Cependant, pendant encore plusieurs décennies, beaucoup d’Amérindiens conservèrent leur mode de vie jusqu’au , au moment où les missionnaires espagnols commencèrent l’évangélisation. L’introduction du cheval, d’objets en métal et en verre fit véritablement entrer les communautés dans l’histoire. C’est aussi à cette époque que les villages subirent des épidémies ainsi que les attaques des Apaches et des Comanches.

Le nom « Texas » vient du caddo « tejas » qui signifie « allié » ou « amiPhilippe Jacquin, Daniel Royot, Go West !, page 51Rupert N. Richardson, Adrian Anderson, Cary D. Wintz & Ernest Wallace, Texas: the Lone Star State, 9th edition, New Jersey, Prentice Hall, , p.1 »

Explorations européennes Arrivée des Espagnols vignette|Carte représentant l'expédition de Francisco Vásquez de Coronado. L’exploration de l’actuel Texas par les Espagnols commença par la voie maritime. En 1519, Alonso Álvarez de Pineda longea les côtes du golfe du Mexique avec quatre navires. Alors qu’il cherchait un passage vers l’Asie via l'océan Pacifique, Álvarez de Pineda dessina la première carte du rivage nord du golfe du MexiqueDonald E. Chipman, Spanish Texas, 1519-1821, Austin, TX: University of Texas Press, 1992, , p. 243. Le , le conquistador espagnol Álvar Núñez Cabeza de Vaca, survivant de l’expédition de Pánfilo de Narváez, fut le premier Européen à fouler le sol du futur Texas. Il fut suivi par Francisco Vásquez de Coronado qui explora le nord en 1541 à la recherche d’or et de pierres précieuses, recherche qui se révéla infructueusePierre Lagayette, L’Ouest américain. Réalités et mythes, Paris, Ellipses, 1997, , p.11. L’année suivante, les survivants de l’expédition d’Hernando de Soto arrivèrent par l’est en 1542. D’autres voyages furent menés depuis le Mexique actuel dans les années 1580-années 1590, puis à partir du Nouveau-Mexique au notamment par les Franciscains. L’exploration depuis le Nouveau-Mexique fut entravée par la révolte des Indiens Pueblos dans les années 1680.

Texas français

vignette|gauche|redresse|René-Robert Cavelier de La Salle fondateur de la colonie française du Texas. vignette|L'expédition de La Salle en Louisiane en 1684, Theodore Gudin, 1844. La Belle est à gauche. À la fin du , les Espagnols furent concurrencés par les explorateurs français qui partaient de la Louisiane française. En 1685, le Français René-Robert Cavelier de La Salle débarqua dans la baie de MatagordaLiliane Crété, La vie quotidienne en Louisiane (1815-1830), Paris, Hachette, 1978, , p.17 et fit construire le Fort Saint-Louis en février. Deux de ses navires furent détruits par des tempêtes (La Belle a été retrouvée). La Salle et ses hommes tentèrent de retrouver le fleuve Mississippi qu’il avait descendu quelques années avant ; certains allèrent jusqu’au Río GrandeDavid J. Weber, The Spanish Frontier in North America, Yale Western Americana Series, New Haven, CT: Yale University Press, 1992, , p.149, d’autres jusqu’à la Trinity RiverDonald E. Chipman, Spanish Texas, 1519-1821, Austin, TX: University of Texas Press, 1992, , pp.83–84.. L’expédition tourna mal et La Salle fut assassiné au cours d'une mutinerie en mars 1687, sur les côtes du TexasPierre Lagayette, L’Ouest américain. Réalités et mythes, Paris, Ellipses, 1997, , p.14. La petite colonie de Saint-Louis ne résista pas longtemps aux épidémies et à l’hostilité des Amérindiens. Mais la France continua à revendiquer le Texas jusqu’au traité de Paris en 1763.

Avertis de la présence française aux portes de la Nouvelle-Espagne, les Espagnols envoyèrent une dizaine d’expéditions entre 1685 et 1689 afin de trouver Fort Saint-Louis. Ces expéditions permirent de continuer l’exploration du Texas et de cartographier précisément les côtes de la région. C’est finalement Alonso de León qui retrouva en 1689 Fort Saint-Louis qui avait été déserté par les Français. L’année suivante, l’Espagnol revint sur ces lieux au cours d’un deuxième voyage et détruisit le campement français. En 1739-1740, deux frères d’origine française, Pierre et Paul Mallet, découvrirent une route naturelle reliant La Nouvelle-Orléans à Santa Fe. Ils furent arrêtés par les autorités espagnoles en 1751.

Le Texas espagnol (1690-1821)

Le Texas fut intégré à la colonie de Nouvelle-Espagne jusqu’à l’indépendance du Mexique en 1821. L'installation des Espagnols, qui commença réellement au répondait à l'expansion de la colonie française de Louisiane à l'est et au souci de préserver les mines d'argent du Mexique. Elle se manifesta par l'installation de colons, la fondation de forts et de missions. Elle se heurta à l'hostilité des Amérindiens.

Les premiers établissements vignette|Mission San Antonio (Alamo). Le plus ancien établissement européen du Texas fut fondé en octobre 1680 par des conquistadors, des frères franciscains et des Amérindiens Tigua : Ysleta dans l'ouest du Texas actuel, sur le Rio Grande.

En 1690 fut fondée la mission franciscaine de San Francisco de los Tejas dans l’est du Texas à San Pedro Creek (comté de Houston), en territoire nabedache. Mais face à la menace indienne, les religieux durent quitter le site quelques années plus tard.

En 1700, un premier poste fut occupé à Juan Bautista, sur le cours inférieur du Río Grande. Un gouverneur fut installé et de nouveaux presidios furent construits plus à l'est (Fort Taovaya, Los Adaes, San Augustin de Ahumada, San Luis de Amarillas...).

En 1716 fut fondée la mission Concepcion. La mission de San Antonio de Valero fut inaugurée en 1718. Elle fut transformée à partir 1803 en poste militaire qui prit le nom d'Alamo en raison de l'arrivée d'un détachement venu de la région d'El Alamo, dans l'État de Coahuila (Mexique). D'autres établissements religieux suivirent par la suite, comme la mission San Juan Capistrano (1731) ou la mission Nuestro Señora del Espíritu Santo de Zúñiga (1732). Sous l’impulsion de José de Escandón, plusieurs villages de colons furent fondés entre 1749 et 1755 dans la Nouvelle-Santander, qui correspondait au sud du Texas et au Tamaulipas mexicain.

L'exploration du Texas se poursuivit tout au long du : elle fut le fait des contrebandiers et des coureurs des bois qui nouaient des contacts avec les Amérindiens. L'Américain Zebulon Pike explora une partie du territoire texan en 1806-1807.

Relations avec les puissances voisines vignette|Modifications de frontières après le traité d'Adams-Onís de 1819. vignette|Comanches à l'attaque. George Catlin, 1834. Le Traité de Paris (1763) qui met un terme à la guerre de Sept Ans entre les puissances européennes, modifia considérablement la géopolitique de l’Amérique du Nord. La France perdit le Canada et la Louisiane. La Nouvelle-Orléans et la rive occidentale du Mississippi furent remises à l'Espagne. La Nouvelle-Espagne n’eut dès lors plus à craindre la présence française. Les Espagnols cherchèrent à relier La Nouvelle-Orléans à Santa Fe en traversant le Texas. Ils doivent également faire face aux raids apaches et comanches. Ainsi le la bataille d'Arroyo de Soledad vit la victoire des Espagnols commandés par Juan de Ugalde et de leurs alliés amérindiens, sur les Apaches Mescaleros, Lipans et Lipyans.

Après leur indépendance en 1783, les États-Unis s’agrandissent vers l’ouest ; en 1795, la navigation commerciale sur le Mississippi fut ouverte aux AméricainsJacques Binoche, Histoire des États-Unis, Paris, Ellipses, 2003, p. 70.. La vente de la Louisiane en 1803 consacra l’accroissement du territoire américain. L’influence américaine fut également marquée par l’arrivée d’aventuriers comme Philip Nolan (1771-1801), de marchands, de scientifiques comme William Dunbar ou Peter Custis. Le traité d'Adams-Onís de 1819 fixa la frontière entre les territoires américain et espagnol.

Mise en valeur du Texas Au , la colonie du Texas souffrait de sous-peuplement : il y avait 500 Tejanos en 1731, à peine en 1760Philippe Jacquin, Daniel Royot, Go West !, page 54. La métropole encouragea pourtant l'installation de nouveaux colons en leur offrant le titre d'hidalgo ou des avantages financiers. Elle permit à des Anglo-Saxons de s'installer au Texas : ils étaient recrutés par des agents appelés empresarios, tels que Haden Edwards ou Moses Austin.

L'essor économique peina à venir à cause de l'isolement et du monopole du commerce avec l'Espagne : les colons tiraient quelques ressources des échanges avec les Français ou les Amérindiens. Ils pratiquaient l'élevage extensif ou l'agriculture en utilisant la main d'œuvre locale.