Jeanne de Laval-Tinténiac ou encore Laval-Châtillon, morte le , dame héritière de Châtillon, d'Aubigné, Courbeveille, dame héritière de Tinténiac, de Bécherel et de Romillé, fille de Jean de Laval-Châtillon et d'Isabeau de Tinténiac, et petite-fille paternelle d'André de Châtillon et d'Eustach(i)e de Bauçay. Elle possédait Meslay, Montsûrs, Olivet, Courbeveille, Bouère dans la baronnie de Laval, et Aubigné et plusieurs autres lieux en Bretagne.
Famille Son écusson était : d'or a la croix de gueules chargée de cinq coquilles d'argent et cantonnée de seize alérions d'azur: Vécu entouré d'une bordure de sable besantée d'argent.; comme son père Jean de Laval-Châtillon. thumb|right|100px|Bertrand Du Guesclin mariée à la chapelle de Montmuran en 1374 à Bertrand Du Guesclin, Comte de Longueville, sans postérité, puis, mariée avec dispenseLe roi de France sollicita la dispense nécessaire auprès du pape d'Avignon, dans l'obédience duquel se tenait alors la France. Le contrat est signé dans la salle du château de Meslay, en présence de Jean de Laval-Châtillon, père de la future, de Guy de Laval, seigneur de Pacy, de Guy de Laval, seigneur de Loué, de Jean et de , de Guillaume de Mathefelon, etc. le avec , son parent au Comme le prouva l'enquête faite par Jean de Coesmes, seigneur de Montjean, Jean de Feschal, seigneur de Thuré, Jean Robinard, Jean d'Anthenaise, Henri des Arcis et Guy de Mathefelon, archidiacre de Sablé., dont : un enfant décédé en 1398 ; Guy (mort en 1404), seigneur de GavreMalcolm Walsby, The Counts of Labal : Culture, Patronage and Religion in Fifteenth-and Sixteenth-Century France, 2007, 220 ; Anne (1385 - ), dame et unique héritière de LavalAndré Duchesne, Histoire de la maison de Montmorency, ., baronne héritière de Vitré, vicomtesse héritière de Rennes, de Châtillon, de Gavre, d'Acquigny, d'Aubigné, Courbeveille, dame héritière de Tinténiac, de Bécherel et de Romillé, mariée le à Jean de Montfort, seigneur de Kergolay, mariage où furent présents plusieurs évêques et les plus grands seigneurs de BretagneAbbé Angot, « Saint-Gervais et Saint-Protais de Brée, monographie paroissiale. », 1884 . De ce mariage sont issus : , André de Lohéac, Louis de Laval, Jeanne de Laval, épouse en 1424 de , Catherine de Laval (Dame de Chauvigny), épouse de Guy III de Chauvigny-Châteauroux, vicomte de Brosse.
Histoire Jeanne est douairière du comté de Longueville, que avait donné à son premier époux, Bertrand du Guesclin. Elle est à l'origine de la reconstruction de la Chapelle des Trois-Maries de Montsûrs.
Jeanne est douairière de la baronnie de Vitré, à la mort de son second époux, de Laval.
Le mariage d'Anne, sa fille Le mariageAmbroise Ledru, Anne de Laval. d'Anne de Laval, sa fille, veuve de au début de l' à Guy TurpinLe mariage d'Anne de Laval avec Guy Turpin, seigneur de Tennie et de la Renaudière est souvent présenté comme inexact. En effet, un autre Guy Turpin épousera une autre Anne de Laval, fille de . sera l'objet d'une lutte acharnée.
Selon Jeanne de Laval-Tinténiac, ce mariage a été fomenté par Isabelle de Couesmes (la mère de Guy Turpin ; fille de Guillaume Couesmes et d'Eustach(i)e d'Usages, elle-même fille d'Eustach(i)e de Bauçay et de son mari Guillaume d'Usages)On trouve dans le procès-verbal dressé au sujet de cette affaire, que concernant Isabelle et sa fille présentes à Laval : on leur donna congié, car il y avoit bien cause, et trop y avoient esté., qui faisait partie du proche entourage d'Anne. Contrairement à la volonté de sa mère qui veut la marier à Geoffroy de MalestroitAnne qui refuse ce mariage forcé indique que Geffroy de Malestrait, qui est forme et debilis et cousin germain de Jehenne, lequel mariage estoit mal séant., Anne choisit Guy Turpin, Dit Anne […] que Jehenne a conceu haine pour le mariage fait d'elle et de Turpin, qui est bon chevalier, fort et sage. Pour ce mariage, le roi de France, le duc de Bretagne et le comte de Penthièvre donnent leur agrément. Il en est de même pour le comte du Maine et duc d'Anjou qui indique qu'Anne est subgecte sans moien du roi de Sicile lui a requiz ou à ses officiers qu'elle fust mise en sa main, ce qui fut fait. Il n'en est rien de Jeanne de Laval, sa mère, qui refuse ce mariage, et qui entame une lutte acharnée avec sa fille.
Le mariage d'Anne avec Guy Turpin en 1416 n'est pas accepté par sa famille et plus particulièrement sa mère pour plusieurs raisons : Guy était cousin issu de germain d'Anne<ref>Ou 'remuez de germain de la dicte Anne</ref>. Il s'agissait donc d'un mariage consanguin condamnable par l’Église, sans dispense de consanguinitéLa dispense n'était pas encore été accordée, même si Anne et Guy Turpin envoyèrent une demande au pape.. La condition modeste de Guy Turpin par rapport à la famille de Laval puisqu'il n'amène ni fortune, ni prestige. Jeanne de Laval indique que ceste matière touche grandement l'anneur d'elle, de sa fille et de tout l'ostel de Laval Jeanne, sa mère, n'a pas été avertie de ce mariage, pendant qu'elle cherchait un époux à sa fille. Anne reconnaît qu'elle n'a pas averti sa mère :Et selle n'a en ce eu le conseil de sa mère.
Le mariage est donc l'objet d'une controverse entre Anne et sa mère, dont il reste un procès-verbal dressé devant le Parlement de Paris en .
Selon Elise James, les faits ne sont pas toujours très clairs :
Anne partage son pouvoir avec Guy Turpin, qui use du titre de seigneur de Laval pendant un temps.
Anne ne semble plus revendiquer ce mariage au-delà du procès effectué par sa mère. À la suite de ce procès, Jeanne ne laisse pas sa fille vaquer seule à son gouvernement mais l'assiste à plusieurs reprises, notamment dans le procès intenté par au sujet de la garde des enfants d'Anne de Laval et de . Cette entente n'est pas pour Elise James toujours des plus calmes.
Le sort des enfants Pour l'Art de vérifier les datesChronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, , ., les enfants, à la mort de leur père en 1414, étaient mineurs, il y a procès pour leur tutelle entre , leur aïeul, et Anne, leur mère.
Le , de Montfort profitant du grabuge apporté par Anne de Laval, fait valoir ses prétentions à obtenir la garde de ses petits-enfants. Il profite de la discorde de la mère et la fille pour la confusion des dites Anne et Jeanne est bon qu'il ait ladite garde, faisant ainsi courir le risque qu'il les éduque et les marie à sa convenance, ou pire, qu'il récupère leur héritage par leur mort accidentelle car ceulz de Montfort seroient leurs héritiers s'ilz estoient mors.
Jeanne et Anne s'allient alors plus ou moins, contre cette menace commune. La garde des enfants était alors confiée à Jeanne de Laval-Tinténiac et le gouvernement de leurs terres héritées de leur père à Louis de LoignyLettres royaulx […] commis la dicte Jehanne à la garde des enffans et messire Loys de Loigny au gouvernement des terres d'iceulx.. Anne est encore alors sous la protection du roi puisqu'elle ne parle pas en son nom propre, mais accompagnée de Guillaume d'Orenge.
Depuis le pourparlé du second mariage, la garde des enfants appartient à Jeanne et c'est à elle avant tout de défendre son statut de tutrice. Anne fait valoir le droit : Dans la coutume d'Anjou et du Maine, un remariage n'empêche pas la garde des enfantsPar la coutstume d'Anjou et du Maine, dont est Laval, la mère ne pert point la garde de ses enfans par soy remarier, comme le conteste Raoul de MontfortIl est précisé que « ne sont pas Turpin et Anne ensemble. Les enfants sont d'abord de Laval avant d'être de Bretagne.
Il est précisé que ladicte Anne emploie ce que dit la dicte dame Jehanne. Anne confirme les dires de sa mère, et rajoute que la dicte requeste ne se doit point adrecier contre elle […] n'a mie la puissance ne la garde de ses dits enfans, mais est enfermée par le fait de la dite dame Jehanne, sa mère.
L'affaire est conclue en faveur d'AnneSans doute avec le soutien de Yolande d'Aragon., car la garde fut adjugée à celle-ci (Anne) par sentence de la justice du Mans, dont il y eut appel au Parlement, qui confirma ce jugement par un arrêt de l'.
Douairière Lutte contre les Anglais En 1417, les Anglais, maîtres de la Normandie, entrèrent dans le Maine, où ils font des ravages. Les principales places de la province étaient en état de défense. Yolande d'Aragon, reine de Sicile, comtesse d'Anjou et du Maine, vint en aide, en permettant à Anne de Laval de prendre les deux tiers de la taille qu'on levait en son nom dans les baronnies de Laval, Mayenne et Château-Gontier. Mais bientôt, réduite à ses seules forces, la comtesse d'Anjou, à l'exemple du duc de Bretagne et avec l'agrément du roi, conclut une trêve avec le roi d'AngleterreGerault, Notice sur Evron. Bourjolly. Dom Morice, Histoire de Bretagne, 1. 463, et Preuves, . 958. Dom Lobineau, . 533..
Anne de Laval, ayant mis des troupes sur pied, défait, en 1422, un de leurs partis, composé de quatorze cents hommes, au lieu-dit la Brossinière.
Un acte du Parlement de Paris indique comment le , plusieurs chevaliersJean Le Vexel, chevalier des Arcis, Philippot de Montchenoul, Jean et Guy d’Aubigné, Guillaume et Nicolas de Villiers, Gillet Baudouin, Geoffroy de la Roche, Jean Aspremont avec la complicité de Jean Burnoust, Jean Cordon et Guillaume Jourdain se retranchent dans le château de Meslay. Ils lèvent le pont-levis, et au moment où le capitaineJean du Puy. veut rentrer, le menacent de leurs traits, « ne le laissant pas même en paix dans la chapelle et la tour de la basse-cour où il s’était retiré ». Pierre d'Anthenaise réussit à les en chasser. Jeanne de Laval-Tinténiac donna ensuite la capitainerie à Jean de la Chapelle qui prend comme lieutenant Jean Burnoust. Celui-ci, réunissant autour de lui de nombreux routiers, en profite avec ses anciens compagnonsJean Cordon et Guillaume Jourdain. pour piller, tuer et violerAbbé Angot, Dictionnaire de la Mayenne, , ..
La plupart des places-fortes furent contraintes de subir le joug des Anglais. Le Mans fut pris deux fois ; Mayenne, Sainte-Suzanne, Saint-Célerin, et d'autres, eurent le même sort : Laval resta la dernière. Anne de Laval se voyant menacée, d'un siège, en 1424 manda tous les nobles qui devaient garde à sa ville, de venir faire le service. Mais, nonobstant leur résistance et leurs efforts, la ville fut emportée le (n. st.), et, six jours après, le château fut rendu par capitulation.
Pour acquitter la rançon à la suite de ce siège, Jeanne de Laval engagea une couronne d'or enrichie de pierreries et vendit à un Angevin sa terre de Savennières. Anne de Laval, retirée alors avec Jeanne, sa mère, au château de Vitré, s'obligea de payer une somme très considérable pour la rançon de la garnison. Cette conquête ne resta pas longtemps entre les mains des Anglais.
L'annelet d'or de Jeanne d'Arc
En , Jeanne d'Arc transmet un à Jeanne de Laval, veuve du connétable Bertrand Du Guesclin et aïeule de la maison de Laval, pour rendre hommage aux combats menés par sa famille contre les Anglais. La Pucelle regrette toutefois de ne pouvoir lui manifester son estime autrement que par ce modeste présent.
Peu de temps après, les seigneurs et André de Lohéac, petits-fils de Jeanne de Laval, rejoignent l'armée royale qui se rassemble à Selles-sur-Cher en vue de reconquérir les places fortes de la Loire avant d'escorter jusqu'à Reims afin que le souverain Valois y soit sacré roi de France..
La copie d'une lettre rédigée par les deux frères Laval en date du nous apprend ces détails mais il ne subsiste aucun autre renseignement relatif à l'aspect et au sort de cet annelet d'or.
Reprise de Laval Pour l'Art de vérifier les dates, le jour même de la cérémonie de son sacre ()Dans les mêmes temps la ville et le château de Laval étaient au pouvoir des Anglais., , dans un conseil nombreux qu'il tint, érigea la baronnie de Laval en comté, relevant nument du roi, par lettres qui furent vérifiées au parlement le .