Susana Trimarco, née en 1954, est une militante et défenseuse des droits humains argentine. Elle est la mère de María de los Ángeles Verón, une jeune Argentine de la province de Tucumán qui, selon plusieurs témoignages, a été enlevée et forcée à se prostituer par un réseau d'esclaves sexuels en 2002.
Biographie
À partir de 2002 et de l'enlèvement de sa fille María de los Ángeles Verón, dite Marita, âgée de 23 ans, Susana Trimarco mène une enquête personnelle sans l'aide de la police pendant plusieurs années. Sa recherche la conduit à se faire passer pour une proxénète afin de s'introduire dans des bordels, où elle rencontre des prostituées « d'à peine quatorze ans ».
Menacée de mort à plusieurs reprises, Susana Trimarco fonde en 2007 à San Miguel de Tucumán, capitale de la province du même nom, une association qui a permet la libération de quelque 400 jeunes femmes exploitées sexuellement.
En 2007, elle reçoit le prix international de la femme de courage.
Loi contre le trafic humain
L'enquête inédite de Susana Trimarco, flanquée de sa petite-fille Micaela, qui avait trois ans quand sa mère a été enlevée, sensibilise la société argentine à la traite sexuelle, en pleine expansion.
Cette sensibilisation conduit notamment à la promulgation d'une loi contre le trafic humain en Argentine, ainsi que le sauvetage de centaine de jeunes filles de la prostitution forcée.
Procès de Tucumán
En février et , Susana Trimarco témoigne au procès de treize personnes au tribunal de San Miguel de Tucumán, dont des policiers, accusés d'avoir enlevé Maria de Los Angeles « Marita » Verón pour la vendre à des trafiquants d'êtres humains.
Le parquet de Tucumán requiert à leur encontre des peines de douze à vingt-cinq ans de prison ferme. Des dizaines de femmes, victimes d'exploitation sexuelle, apportent des témoignages bouleversants, reconnaissant leurs tortionnaires sur le banc des accusés. L'une d'elles raconte avoir côtoyé Marita Verón, teinte en blonde, dans un bordel fréquenté par des notables de la province de La RiojaTraite sexuelle : les Argentins bouleversés par un jugement indigne, Le Monde, 14 décembre 2012.
Tous les accusés sont acquittés le , provoquant une forte indignation dans le pays. Trois juges invoquent « un manque de preuves », affirmant avoir agi « en absolue indépendance » et « avoir la conscience tranquille ». Susana Tirmarco déclare qu'elle souhaire poursuivre sa lutte jusqu'à obtenir « un nouveau procès avec des juges indépendants de l'argent et de la mafia ». Elle accuse les autorités de Tucumán d'être complices de la traite sexuelle et aussi des mafias de la drogue.
Trafic d'êtres humains en Argentine
Selon des groupes féministes, environ 600 femmes aujourd'hui sont portées disparues en Argentine, victimes de la traite sexuelle. L'Institut pour le développement et l'étude de politiques publiques avance le chiffre de exploitées sexuellement en Argentine, réparties dans . Elles viennent en majorité des lointaines provinces du Nord argentin et du Paraguay, mais aussi de Bolivie, du Pérou et de la République dominicaine.
Albert Londres a écrit, en 1927, Le Chemin de Buenos Aires (ou La Traite des Blanches). Par ailleurs, au début du , l'organisation juive polonaise de traite de Blanches, la Zwi Migdal, a vu une centaine de membres être condamnés par la justice en 1930, puis relaxés cinq mois plus tard, en , en raison de « preuves insuffisantes ».
Filmographie Documentaire Fragmentos de una Búsqueda (2009) de Pablo Milstein et Norberto Ludín. Série télévisée Vidas robadas (2008), Telefe.
Notes et références
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