thumb|244px|Le Premier ministre de l'Inde, Narendra Modi et le président chinois, Xi Jinping, lors de la visite diplomatique que ce dernier a effectué en Inde en septembre 2014.
Les relations entre la Chine et l'Inde, ou relations sino-indiennes ou relations indo-chinoises, sont les relations bilatérales entre la république populaire de Chine (RPC) et la république de l’Inde. Historiquement, l’Inde et la Chine ont des relations depuis plus de , mais les relations modernes commencent réellement en 1950, lorsque l’Inde a été parmi les premiers pays à mettre fin à leurs liens officiels avec la république de Chine (Taïwan) et à reconnaître la république populaire de Chine comme le gouvernement légitime de la Chine continentale. La Chine et l’Inde sont les deux pays les plus peuplés et avec la plus grande croissance économique du monde. Leurs influences diplomatiques et économiques respectives ont augmenté l’importance de leur relation bilatérale.
Le début des relations culturelles et économiques entre la Chine et l’Inde remonte à l’Antiquité. La route de la soie a été non seulement une importante route commerciale entre l’Inde et la Chine, mais a aussi facilité la propagation du bouddhisme de l’Inde vers l’Asie de l'est. Pendant le , le commerce d’opium toujours plus florissant entre la Chine et le Raj britannique a déclenché la première et la seconde guerre de l'opium. Et pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Inde et la Chine ont toutes deux joué un rôle crucial pour enrayer la progression de l'empire du Japon.
Les relations entre la Chine et l’Inde contemporaines sont caractérisées par des , qui ont provoqué trois conflits militaires : la guerre sino-indienne de 1962, en 1967 et . Toutefois, depuis la fin des années 1980, les relations entre les deux pays se sont apaisées et ils ont reconstruit avec succès des liens diplomatiques et économiques. En 2008, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l’Inde et les deux pays ont également étendu leurs coopérations stratégique et militaire., The Hindu, 27 January 2011..
En dépit de liens économiques et stratégiques de plus en plus étroits, il y a plusieurs obstacles à surmonter pour l’Inde et la Chine; le premier étant le grand déséquilibre des échanges commerciaux entre les deux pays, en faveur de la Chine. Les deux pays n’ont toujours pas réussi à régler leurs différends frontaliers et les médias indiens rapportent régulièrement des incursions militaires chinoises en territoire indien. De plus, la frontière sino-indienne est très fortement militarisée, que ce soit du côté chinois ou du côté indienAK Antony admits China incursion, DNA, 28 September 2011.. En outre, l’Inde reste très méfiante au sujet des importantes relations stratégiques que la Chine a avec le Pakistan, tandis que la Chine a exprimé des préoccupations concernant les activités économiques et militaires indiennes dans la mer de Chine méridionale, une zone revendiquée par plusieurs paysChina warns India on South China Sea exploration projects, The Hindu, 15 September 2011..
En juin 2012, la Chine a déclaré que, de son point de vue, les « liens sino-indiens » pourraient être le plus « important partenariat bilatéral de ce siècle ».. Cependant, l’Inde n’a pas répondu à cette initiative chinoise avec le même enthousiasme, car les médias indiens affichent souvent une position belliqueuse et houleuse contre la Chine. Alors qu'ils étaient les Premiers ministres de leurs pays respectifs, le Chinois Wen Jiabao et l'Indien Manmohan Singh se sont fixé comme objectif d’accroître les échanges bilatéraux entre leurs deux pays pour arriver à de dollars avant 2015.. En 2022, le commerce entre l'Inde et la Chine atteint un niveau record de 135,98 milliards de dollars.
Selon un sondage réalisé par BBC World Service Poll en 2014, 33 % des Indiens ont un point de vue positif sur la Chine et 35 % un point de vue négatif. Les Chinois, eux, sont 27 % à avoir un point de vue positif sur l’Inde et 35 % à avoir un point de vue négatif2014 World Service Poll British Broadcasting Corporation. Toujours en 2014, une enquête d'opinion menée par le Pew Research Center montre que 72 % des Indiens craignaient que les disputes territoriales entre la Chine et les pays voisins ne conduisent à un conflit militaire.
Le président de la république populaire de Chine, Xi Jinping, a fait partie des grands leaders mondiaux qui se sont rendus à New Delhi pour rencontrer Narendra Modi, après son élection comme Premier ministre en 2014. Mais par la suite, l'insistance de l’Inde à vouloir aborder les problèmes de souveraineté en mer de Chine méridionale dans divers forums multilatéraux n’a pas aidé à apaiser les relations et à mettre fin à la suspicion envers la Chine de l’administration indienne et des médias.
Situation géographique thumb|300px|Carte de l'Asie du Sud et de l'Est. (La frontière entre la république populaire de Chine et la république de l'Inde au niveau de l'Arunachal Pradesh/ Sud du Tibet, est basée sur qui contrôle réellement le terrain plutôt que sur telle ou telle revendication.)
La Chine et l’Inde sont séparées par l’Himalaya et ont chacun une frontière commune avec le Népal et le Bhoutan, qui font office d’États-tampons entre les deux puissances. Certaines parties de la région contestée du Cachemire qui est revendiqué par l’Inde, sont revendiquées et administrées de fait soit par le Pakistan (Azad Cachemire et Gilgit-Baltistan), soit par la république populaire de Chine (Aksai Chin). Le gouvernement du Pakistan fait apparaitre l’Aksai Chin comme un territoire dont la plus grande partie est en Chine et qualifie la limite de cette zone de « frontière non-définie ». De son côté, l’Inde maintient que l'Aksai Chin est occupé illégalement par la république populaire de Chine. La Chine et l’Inde se contestent également la plus grande partie de l’Arunachal Pradesh.
Pour communiquer entre eux, la langue diplomatique souvent utilisée par les deux pays est l'anglais, mais il arrive que pour les échanges diplomatiques, des interprètes en mandarin et hindi interviennent. La Chine s'efforce le plus possible de nommer des ambassadeurs qui savent parler le hindi en Inde, de même, l'Inde envoie pratiquement toujours des ambassadeurs qui savent parler le mandarin en Chine. Certaines des grandes langues indiennes, dont le hindi, le tamoul, et le bengali, sont enseignées dans des universités Chinoises, et de même, en Inde, le mandarin est aussi enseigné en universités avec des langues variantes du mandarin, dont le cantonnais (Hakkha). L'anglais est l'une des langues officielles en Inde, ce qui explique son importance pour la diplomatie. Cependant, depuis les années 1990, les deux pays s'efforcent d'utiliser leurs langues nationales, à égalité avec l'anglais. Lors de rencontres internationales, ou d'échanges importants, tous les documents sont traduits en anglais, hindi, et mandarin, et plus rarement, en d'autres langues nationales.
Comparaison entre les deux pays
République de l'Inde République populaire de Chine Population1,210,193,422 1,339,724,852 (recensement de 2010) Superficie 3,287, 9,640, Densité de population 382/km² 139.6/km² Capitale New Delhi Pékin Plus grande ville Bombay Shanghai type de gouvernement République fédérale, Démocratie parlementaire République socialiste, parti unique Premier chef d'état Jawaharlal Nehru Mao Zedong Chef d'état actuel Narendra Modi Xi Jinping Langues officielles Hindi, Anglais, Assamais, Bengali, Gujarati, Kannada, Cachemiri, Konkani, Malayalam, Marathi, Meitei, Népalais, Odia, Pendjabi, Sanskrit, Sindhi, Tamoul, Telougou, Maithili, Dogri, Santali, Bodo et Ourdou (voir Langues officielles de l'Inde) Mandarin, Mongol, Tibetain, Ouïghour, Zhuang (voir Langues en Chine) Religions principales Hindouisme (79,8 %), Islam (14,2 %), Christianisme (2,5 %), Sikhisme (1,9 %) Bouddhisme (0,8 %), Jaïnisme (0,4 %) autres religions (0,6 %)2001 census retrieved 20010630. Voir également: Religion en Inde religions pratiquées par plus de 10 % de la population totale: Athées, religion traditionnelle et Taoïsme, Bouddhisme. religions pratiquées par moins de 10 % de la population totale : religions des minorités ethniques, Christianisme, Hindouisme, Islam. Voir également: Religion en Chine PIB (nominal) (2016) d'US$ d'US$ PIB (nominal) par habitant (2015) 1,604 US$ 8,141 US$ PIB (PPA) (2016) d'US$ d'US$ PIB (PPA) par habitant (2016) 6,658 US$ 15,424 US$ Indice de développement humain (2014) 0.609 (moyen) 0.727 (élevé) Réserves de change (septembre 2016) d'US$ 3, d'US$ Budget de la Défense d'US$ (2,5 % du PIB) d'US$ (2012) (2,0 % du PIB) Effectifs militairesSoldats: réservistes : Soldats : approximativement réservistes :
De l'Antiquité à l'indépendance de l'Inde
Antiquité thumb|Le xiangqi, aussi appelé échecs chinois, est, comme les échecs occidentaux, censé être issu du chaturanga, un jeu d’échecs indienHenry Davidson, A Short History of Chess, .. Les traces écrites et archéologiques indiquent que ce jeu peut avoir été joué dès le avant notre ère. Les premiers contacts connus entre la Chine et l’Inde ont été écrits au avant notre ère et le bouddhisme a été transmis de l’Inde vers la Chine au de notre èreIndian Embassy, Beijing. India-China Bilateral Relations - Historical Ties.. Les échanges via la route de la soie sont le premier contact économique entre les deux régions.
Mais la Chine et l’Inde avaient déjà établi des relations avant la transmission du bouddhisme. Ainsi, on trouve des références à un peuple appelé les Chinas dans la littérature indienne antique. Le Mahabharata, la grande épopée épique indienne du avant notre ère, fait référence à un lieu nommé « China », ce qui peut être une référence à l'État de Qin, qui deviendra plus tard la dynastie Qin. Chanakya (c. 350-283 avant notre ère), le Premier ministre de l'empire Maurya, parle de la soie chinoise en utilisant les termes « cinamsuka » (robe de soie chinoise) et « cinapatta » (lot de soie chinois) dans son Arthashastra.
Dans le Shiji, Zhang Qian (d. 113 avant notre ère) et Sima Qian (145-90 avant notre ère) font référence à un endroit nommé « Shendu », qui est peut-être la vallée de l’Indus, une zone qui correspond maintenant à la province de Sindh dans l'actuel Pakistan. En effet, à cette époque, cette vallée portait le nom de « Sindhu » en sanskrit. Lorsque le Yunnan fut annexé par la dynastie des Han au , les autorités chinoises ont noté l'existence d'une communauté d'indiens « Shendu » dans la régionTan Chung (1998). A Sino-Indian Perspective for India-China Understanding..
Moyen Âge thumb|Le temple Shaolin, à Dengfeng, Henan, Chine. Dès le , beaucoup de savants et de moines indiens se sont rendus en Chine, tels que Batuo (vers 464-495), le premier abbé du temple de Shaolin et Bodhidharma, fondateur du bouddhisme Chan/Zen. Dans le même temps, plusieurs érudits et moines chinois se sont également rendus en Inde, comme Xuanzang (b. 604) et I Ching (635-713); tous deux ayant étudié à l’Université de Nalanda dans le Bihar. Une fois rentré en Chine, Xuanzang a écrit Rapport du voyage en Occident à l'époque des Grands Tang, un récit de son voyage en Inde, qui a plus tard inspiré l'écrivain Wu Cheng'en de la dynastie Ming, lorsqu'il a écrit La Pérégrination vers l'Ouest, un des « Quatre livres extraordinaires » de la littérature chinoise.
Dynasties tamoules thumb|250px|l'empire Chola, à l'époque du règne de Rajendra Chola I, vers 1030.
Les rois de la dynastie Chola ont eu des bonnes relations avec les Chinois et de très nombreuses pièces de monnaie chinoises antiques ont été trouvées au cœur de l'empire Chola, c'est-à-dire les districts de Thanjavur, Thiruvarur et Pudukkottai de l'État de Tamil Nadu, en Inde méridionale..